‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 973 sur 1429 · ANTIOCHUS, HADRIEN · texte numérisé non relu

ANTIOCHUS, HADRIEN

antiochus. Tout ce qui vous concerne, ô empereur Hadrien, votre repos, l'accomplissement de vos souhaits, votre puissance, le salut de l'empire, le bonheur des peuples, la paix des provinces, étant l'objet de Ions mes soins, je m'efforce d'arracher proinp- Icmenl et d'anéantir toutes les causes de troubles dans la république, donl voire àmc aurait à souffrir.

hadriem. Et vous n'avez pas tort; car voire bonheur est attaché à notre prospérité : nous vous élevons sans cesse d'années en années à de plus grands honneurs.

antiocuus. J'en rends grâces à voire bonié paternelle. Aussi à peine vois-je surgir quelque obstacle à votre pouvoir, que, loin de le dissimuler, je vous le dénonce sans relard.

hadrien. Rien, bien, vous ne serez pas accusé de lèse-majesté, pour avoir caché ce qui ne devait point l'être.

antiocuus. Une accusation de cette nature est le moindre de mes soucis.

d'une légende. Je m'étais trompé. Un assez grand nombre d'auteurs grecs el latins ont mentionné l'histoire de celte mère intrépide et de ses trois jeunes filles. Les Bollandisies, à la date du !" août (Aem Sanctor.; Augusl., 1.1, p. 16), donnent une notice des écrivains qui ont parlé de ces courageuses héroïnes, el regrettent que, hors leur martyre , on ignore ce qui les concerne. En effet, tous les «géographes, sauf le déclama leur Métapnrasie, n'ont accordé qu'un très-petit nombre de lignes à celle histoire. Hrolsvitha a eu rarement moins de secours. Il faut encore remarquer qu'elle a nu soin particulier de faire parler chaque personnage suivant le caractère que son nom suppose. > (1d.)

(410) « C'est le litre que les légendes donnent a Auiiochiis. > (1d.)

SAP

SVP

hadrien. Nous le pensons. Mais dites-nous si vous ne savez rien de nouveau.

antiochus. Unefetnmeélrangèrc e?t arrivée depuis peu dans Home, accompagnée de trois jeunes enfants qui sont nés d'elle.

ihdrien. De quel sexe sont ces enfants?

antiochus. Tous trois du sexe féminin.

Hadrien. El l'arrivée de ces faibles femmes pourrait-elle causer quelque dommage à l'Etat,?

antiochus. Oui; un irès-grand.

HADRIEN. Quoi doilC ?

antiochus. Le renversement de la paix publique.

Hadrien. Comment cela?

antiochus. Et qu'y a-t-il de plus capable de rompre la concorde civile que les différences de religion?

hadrien. Rien n'est plus grave, rien n'esl plus funeste, en effet, comme le prouve assez la situation du monde romain, souillé eu tous lieux par les flots impurs du sang chrétien.

antiochus. ÉIi bien, celte femme, que je vous dénonce, exhorte les citoyens a abandonner le culte de nos ancêtres, et à se vouer à la religion chrétienne.

hadrien. El ses paroles soni-elles bien reçues?

antiochus. Trop bien; car déjà nos femmes nous trailcut avec tant de bailleur et de mépris qu'elles ne daignent plus prendre place à nos tables, encore bien moins partager nos lils.

hadrien. Vraiment, alors il y a danger.

antiochus. C'est voire devoir , empereur , de veiller au salut de l'Etal (420).

hadrien. J'en conviens. Faites conduire ici colle femme; c'est devant nous-même que celte affaire sera vidée; nous verrons si elle cédera.

antiochus. L'ordre m'en est-il donné? La ferai-je conduire ici?

hadrien. Oui, sans doute.

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