SCÈNE XVII
LES MÊMES
sapience. Voici le lieu.
les matrones. 11 est convenable pour conserver leurs resles.
sapience. O lerre, je le confie le soin de ces tendres fleurs de mes entrailles; réchauffe-les dans ton sein matériel jusqu'au jour de la résurreclion, où elles reprendront leur verdeur avec un éclat plus vif. El vous, ô Christ, comblez en attendant Luis
SAP
DICl'IONNAIItt: DtS MYSTERES.
SCL
amen de splendeurs el donnez, à .leurs os la paix cl le repos !
U I : à MATRONES, Vllieil.
sapience. Merci «le votre lion té cl des consolations que vous m'avez données dans mon abandon.
LES MATRONES. VoulcZ-VOUS (]UC IlOUS TCSlioPS ÎCÎ
avec vous?
svpie.vce. Non.
LES MATRONES. Pourquoi non?
sapience. Vos soins pour moi vous deviendraient à charge. C'est assez d'avoir passé trois nuits avec moi. Allez en paix et rentrez chez vous avec, ma béné fiction.
ies matrones. Voulez-vous venir avec nous?
bapience. Nullement.
les matrones. Quelle idée avez-vous ? que lerczvous?
sapience. Je veux rester ici ; peut-être ma demande sera-t-elle accomplie et mes désirs exaucés.
les matrones. Quelle demande, quels désirs?
sapience. Seulement de mourir en Jésus-Christ au sitôt que j'aurai Qui ma prière.
les matrones. Eh bien, il f..ul que nous 'attendions pour vous ensevelir.
sapience. A votre gré. — Adonaî Emmanuel, loi «pfavanl les temps la divinité du Père universel a engendré, et qui , dans les temps, es né d'une vierge! Toi dont les deux natures forment miraculeusement un seul Christ, sans que la diversité de ces natures détruise l'unité de la personne, ni que l'unité de la personne confonde la diversité des natures ! Sois réjoui de l'aimable sérénité des anges et de la douce harmonie des astres ! Sois loué par la science de toul ce que l'on peut savoir et par tout ce qui est composé de la matière des éléments! Car seul, avec le Père et le Saint-Fsprit, tu as une forme immatérielle. Parla volonté du Père et la coopéra? lion du Saint-Esprit, lu n'as pas dédaigné de le faire bouline, passible dans ta nature humaine et impassible dans ton essence divine inattaquable. Pour qu'aucun deccux qui croient en loi ne péril, et pour que tout fidèle eut la vie éternelle, lu n'as pas dédaigné le calice de notre mort, anéantie par la résurrection! Dieu parfait, homme véritable, je me rappelle que lu as promis à tous ceux qui, par respect pour ton saint nom, renonceraient à l'usage des biens terrestres et le préféreraient aux alfeel ons de parenté charnelle, une récompense au centuple et le cadeau des couronnes de la vie éternelle (42G). C'est dans cet espoir, c'est sous l'influence de celle promesse, el selon les ordres, que j'ai agi jusqu'ici el perdu sans murmure les enfants auxquels j'avais donné le jour. Eh bien, ô Saint, ne larde pas à dégager la parole; lais qu'au plus tôt délivrée des liens corporels, je sois reçue par mes tilles dans le ciel. Je n'ai p;is hésité à te les offrir en sacrifice, afin d'obtenir, quand elles te suivent, ô Agneau de la Vierge', el quand elles chantent le iiottveau cantique, la joie de les entendre, et afin d'avoir ma part de bonheur dans leur triomphe. El enfin, quoique je ne puisse dire avec elles les chants des vierges, je puis néanmoins le louer éternellement, ô loi qui n'es point le Père, mais qui es de même
(i"2") < C'est ici une allusion aux paroles de saint Matthieu, plutôt qu'une citation textuelle. Voy. Euang. c. xix, v. 29. » (M. Magnin.)
(i-27) Ce dénouement me parait avoir un frappant caractère de solennité cl de grandeur. Celle vieille mère éplorée, cette llécube calme et chrétienne qui, après avoir enterré de ses mains ses trois filles offertes au ciel, se relire à l'écart et n'émet qu'on vœu, celui de mourir après une courte el fervente prière, el qui meurt comme elle l'a souhaité, me semble rappeler un autre grand et noble type de
nature que lui! ô maître de l'univers avec le Père ci lé Saint-Esprit '. 6 régulateur unique du système supérieur, moyen et inférieur '. ô loi qui règnes et domines durant les siècles infinis des temps immortels (427). (Elle expire»)
les matrones. Recevez son aine, ô Seigneur! Amen.
SCLAFFARDS (Les). — L'élection de l'abbé des Scia/fards, propre à la fêle tics Fous, élait pratiquée dans le diocèse de Viviers, au milieu du xiv siècle, avec des rites étranges et sacrilèges que nous a conservés Du Cange. Il dit avoir tiré ce fragment d'un Ordinaire du diocèse de Viviers, datant de 1303.
«(Le 17' "décembre , lotis les Sclaffaras cl tout le bas clergé s'assemblent pour élire VAbbé. ) Quand il esl élu, on chante le Te Deum; lus compagnons l'enlèvent ensuite, et le portent avec des cris de joie en un lieu où loute la compagnie s'est réunie pourboire; on le met sur une estrade préparée tout exprès pour lui, on l'y installe et on l'y fait asseoir. A son entrée, tout le monde se lève, même l'évoque , s'il est présent... Après boire, VAbbé commence a chanter, ou son premier chantre, accompagné par les Sclaffards et les clercs... d'autres l'ont les répons... Cela dure jusqu'à coque, a force décrier (clamando, e fort cridar), l'un des deux partis fasse taire l'autre... C'est un tumulte ell'rayant de cris, de sitllets, de quintes du toux, d'éclats de rire, de hurlements, auxquels se mêlent toutes sortes de mouvements de mains... Le côté du VAbbé dit : lieras ! Lu parti opposé : Et polie polierno. Le côté do VAbbé: ad fons sancti bacon. Les autres: Kyrie eleison. Quand le tapage a cessé, le Portier s'avance et dit cette formule : « De « par Mgr. l'Abbé et ses conseillers, on fait « savoir que tout homme doit suivre son « Abbé partout où il ira, sous peine d'avoir « sa culotte coupée. » L'Abbé et sa suite se ruent alors hors du logis, les plus jeunes chanoines et les enfants de chœur en tète, et vont visiter avec VAbbé les chanoines et l'évoque. Quiconque lus rencontre, est tenu de se découvrir. (Ces visites durent du 17 décembre à la veilla de Noël.) L'Abbé doit porter un manteau ou un tabard ou une chape, avec un large chapeau. (S'il se passe quelque chose d'inconvenant, c'est lui qui décide et punit.)
« (A la lute des Innocents, on élisait un Evéque.) Aussitôt élu, il était porté par lus Sclaffaras, clochettes en tète, à l'évèehé, où, soit que VEvéque fût absent ou présent, les uorles devaient être toutes grandes ouvertes;
maternité courageuse, la vénérable duchesse Oda, qui consacra cinq de ses filles à Dieu, en vil mourir quatre et, ne devançant la dernière que de peu d'années, descendit, en priant, dans la tombe. Ilrolsvi- Iha, dans son poème sur la fondation du monastère de Gandersheini a rappelé avec ('motion la glorieuse vieillesse d'Oda et les tombeaux de la mère et des filles... Je nie figure que Hrolsvilha et ses compagnes, en attendant la béatification de leur digne fondatrice, aimaient à la glorifier par anticipation, sous le nom cl sou. les tiaiis de Sapience. > (lp.)
SIK
on le niellait sur le balcon, et de là il donnait sa bénédiction.
«(A la fête de S. Etienne), YEvêque des Fous assistait aux matines, à la grand'messe et aux vêpres, avec son chapelain, pendant trois jours de suite, assis sur la chaire do marbre épiscopale, parée à l'ordinaire... (On lui donnait chapes de soie et mitre, prises nu vestiaire, son chapelain s'y habillait aussi, il était précédé de cierges toutes les fois qu'il marchait dans l'église...) Après lus matines, la messe et les vêpres, son chapelain disait : Silence , silence, silence. — Le choeur. Dco gratias. — L'Évèquë des Fous. Adjutorium nostrum, etc. — Le choeur. Qui fectt, etc. L'ÉvÊque : SU nomen, etc. Benedicat vos divina majeslas, Pater, et Filius, et Spirilus sanctus.Ou donnait les Indulgences:
De par Mossenhor l'Evesque
One Dieus vos don lie grau mal ai oese.e {jeun)
Avec una plena ualasla de pardos
E dos das de raycba de sol lo mémo.
« (Une autre formule d'Indulgences était récilée à la Fête de saint Jean l'évangéliste.)
Hossenhor ques ayssi presenz Vos doua xx balastas de mal de dens lia vos aulras douas atressi Doua i<» coa de rossi. »
(Du Cange, Gloss. Inf. et mcd. Lut., édil. Henschel; Paris, Didol, G vol.
in-i°, v" Kalcndœ.)
SÉBASTIEN [Sum).— L'abbé de Larue, dans ses Essuis historiques sur les bardes, les jongleurs et tes trouvères normands et anglo-normands (Caen, Mancel , 1834-, in-8", 3 vol., t. 1", p. 1C5), fait mention d'un Miracle de Saint Sébastien, qui aurait été représenté à Caen, vers 1520.
SEMEUR (Le), En 1431, à l'entrée d'Henri IV, roi d'Angleterre, à Paris, parmi les mystères-pantomimes qui furent représentés « par personnaiges , sans parler, » Enguerrand de Monslrelet cile le « Bon hoinni qui semait son blé » à la porte Saint Denis. Le personnage du semeur est reproduit dans divers mystères qui eurent les honneurs de représentations publiques, et avec beaucoup d'originalité et de force dans les Trois llois du manuscrit de Sainte- Geneviève.— Voq. Trois Kois (le geu des), II. 2".
SEPT VERTUS ET LES SEPT PECHES MORTELS (Les). — On représenta à Tours e 25 juillet 1390, Le Gieus des sept vertus et des sept péchiez mortels, {Congrès scientifiqu" de France, xv* session, t. 1" p. 121.)
SEVER1N(Saixt).— Le Mystère de saint Siverin est une partie de celui des Trois Doms qui fut représenté les 27, 28 et 29 mai 1309 à Romans , et dotit le manuscrit, connu encore en 1787 (Journal de Paris, 1787, ii° -2tiï, p. 114S), est aujourd'hui perdu.
SIEGE D'ORLEANS (Le Mystère du). — xv* 'siècle — « Cet ouvrage, dontl'auteur est inconnu n'a pas moins de vingt-cinq mille vers. Il est conservé à la bibliothèque du Vatican parmi les manuscrits de la reine de Suède, occupant à lui seul tout lo manuscrit 1022 de celle collection, qui est un
petit in-folio en papier, composé de 509 .euillets et écrit en cursive gothique du commencement du xvi" siècle
« M. Paul Lacroix est le premier, à ma connaissance, qui ait signalé aux curieux le mystère du siège d'Orléans et cela dans le septième volume de ses Dissertations sur quelques points curieux de l'histoire de France (Paris, 1839). Depuis, un érudit allemand, M. Adelbert Relier, en donna une notice plus étendue, accompagnée d'extraits, Jans un livre qui parut à Manheim en 1844 sous le litre de Romvurt. Enfin, j'ai moimême entre les mains un volumineux cahier de "notes prises sur le manuscrit du Vatican par M. Salmon, élève de l'école des Chartes. Grâce à ces notes, aussi bien qu'aux indications de MM. Lacroix et Keller, j'ai pu me faire une juste idée de la valeur que présente , comme document liistorique , l'ouvrage en question.
« Cette valeur est nulle, je me hâte de le dire, non parce que l'auteur s'est éloigné de l'histoire, mais au contraire parce qu'il l'a suivie de trop près. Sa pièce n'est autre chose que le journal du siège, dialogué et mis en vers , avec une exposition dont l'idée est empruntée à la Chroniaue de la Pucelle.
« L'ouvrage commence ainsi sur lo premier feuillet du manuscrit :
Le Mistère du Siège d'Orléans, composé et compillé en la manière cy après déclarée. Et premièrement Sallebry commance en Angleterre et dit ce qui en suit :
l'rcs linolx cl très puissnns seigneurs, Vous remercy des grans honneurs Dnni vous a pieu ainsi me faire, Quant vous- autres, princes greigneurs.
Oui estes les conservateurs De lout nosire territoire, Me vouloir Paire commissaire Estre [et] lieutenant exemplaire :
C'est de lleniy noble roy île renom.
Pour le jour d'uy n'est de si noble a (Ta ire. I) ■ France est roy, il en est tout notoire, El ifEngleterre qui est son propre nom. Or suis-je dont , par la voslrc sentence, Soo lieutenant par la voslre ordonnance Esleil par vous, pour conduire sa guerre; Haut plusors soui de vostre appartenance Plus suflisant et de magnificence Pour besoigner mieulx et savoir conquerra; Mais puisqu'ainsi l'avez volu requerra Obeyr veiil à vous Ions sans enquérie Et y vaquer de tout mon pansement.
Sur les François nous devons tous acquerre. Que de bon droit nous appartient leur (eue El leur royaulme aussi entièrement, etc., etc.
« Ce discours tenu devant les lords est fort long, et plus longues encore sont les reparties qui le suivent. La fin de tout cela est d'amener en scène le duc d'Orléans, alors prisonnier à Londres, qui conjure Salisbury d'épargner les villes et terres de son domaine. Le général anglais promet, puis change de propos aussitôt qu'il a mis le pied en France. Telle est l'exposition.
« La Pucelle ne parait qu'au tiers environ de l'ouvrage (f° 172 du manuscrit). On