BAST
BATA
Pour ce qui est de la musique, elle aussi était vive, alerte, et d'une humeur agréable. On lui aurait bien souhaité un peu plus d'originalité, une mélodie non plus abondante et plus facile, mais plus fraîche et plus personnelle ; telle qu'elle était cependant, on la reçut aussi favorablement, parce qu'en somme livret et musique cadraient de leur mieux, que l'en semble était agréable, et que les spectateurs de l'Opéra-Comique retrouvaient enfin dans cet ouvrage le genre aimable qui pendant plus d'un siècle a fait la fortune de ce théâtre et qu'il semble que les intéressés eux-mêmes s'efforcent de détruire obstinément et maladroitement, en dépit du goût et des désirs formels du public. La Basoche avait pour interprètes principaux Mmes Landouzy et Molé-Truffier, MM. Soulacroix, Fugère, Carbonne, Barnolt et Maris.
BASSA VON TUNIS (der), opéra allemand, musique de Halbe, représenté en Allemagne vers 1760.
BASSA VON TUNIS (dee) [le Pacha de Tunis], opéra allemand, musique de Holly, représenté en Allemagne vers 1770.
BASSIANO ossia IL MAGGIORE IMPOS- SIBILE, opéra italien , musique de C. Pallavicino, représenté à Venise en 1682.
BASSONISTE OU LA GUITARE ENCHAN- TÉE (le), opérette en trois actes, musique de Wenceslas Mûller, représentée à Vienne au théâtre de Léopoldstadt en 1793.
bastien UND BASTIENNE , opéra allemand, musique de Mozart, composé en 1768. Mozart avait alors douze ans. Ce joli petit ouvrage, dans lequel on trouve déjà la grâce et le charme séduisant qui sont la caractéristique de l'adorable génie de Mozart, avait emprunté son titre et son sujet à une bluette de Harny et de Mme Favart, les Amours de Bastien et de Bastienne, qui n'était elle-même qu'une sorte d'imitation du Devin du village, de Jean- Jacques Rousseau, et qui fut représentée à la Comédie italienne le 4 août 1753. Malgré ses dimensions modestes, la partition de Bastien et Bastienne n'était pas sans quelque importance, car elle ne comportait pas moins de seize morceaux : une introduction, dix airs, quatre duos et un trio final. Mozart l'avait écrite à Vienne pour être représentée, où elle le fut en effet, dans la maison de campagne d'un certain docteur Mesmer, homonyme du fameux inventeur du magnétisme. Elle est restée inédite, ce qui n'a pas empêché
qu'on donnât à l'Opéra-Comique, en 1900^ une traduction française de ce gentil petit ouvrage.
BA-TA-CLAN, chinoiserie musicale en un acte, paroles de M. Ludovic Halévy, musique M. J. Offenbach, représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre des Bouffes- Parisiens, le 29 décembre 1855. Nous ne saurions donner l'analyse de cette chinoiserie par trop chinoise , où les cymbales ont tant d'esprit que les acteurs n'en ont plus; on ne sait s'il faut rire ou avoir pitié de ceux qui ont perpétré cette pièce bizarre, s'il faut rira ou avoir pitié de ceux qui l'exécutent et de ceux qui vont l'entendre. Les personnages de la pièce ont les noms les plus spirituels qu'il soit possible d'imaginer : Fé-nihan, souverain de Ché-i-no-or ; Ké-ki-ka-ko ; Ko-ko-ri-ko ; Fé-an-nich-ton ; les acteurs ont le diable au corps ; on les pourrait croire enragés ; la musique bondit, voltige, casse les vitres, fait tapage ; mais tout cela ne constitue pas une œuvre lyrique ; c'est justement qu'elle est appelée Ba-ta-clan, si le mot Ba-ta-clan veut dire cohue, tapage, assemblage de choses sans nom. On a prétendu, et le Moniteur écrit en toutes lettres, dans ses colonnes officielles, que Ba-ta-clan est « le chef-d'œuvre du genre bouffe ; » qu'il a été accueilli d'un bout à l'autre « par un immense éclat de rire; » que, parmi les divers morceaux de « cette délicieuse partition, » trois, surtout ont enlevé toute la salle : Je suis Français, Il demande une chaise et Ba-ta-clan. Nous constatons ce fait, qui pourra, dans l'avenir, donner une légère idée de l'extravagance contemporaine. La muse de M. Offenbach est proche parente de celle de Gavarni ; elle en a tout l'entrain factice, le mauvais ton, les raffinements, les caprices et les trivialités.
Le succès de Ba-ta-clan méritait d'être complet : un café-concert s'ouvrit aux alentours du Cirque National et prit pour enseigne ce titre à jamais fameux. Qu'on dise, après cela, que Paris n'est pas le cerveau de la France, et que la France n'est pas le pays le plus civilisé du monde.
bataille D'AMOUR, opéra- comique en trois actes, musique de M. Vaucorbeil, paroles de MM. Victorien Sardou et Karl Daclin, représenté à l'Opéra-Comique le 13 avril 1863. Habitué aux triomphes, M. Sardou a dû trouver assez extraordinaire que le public de l'Opéra-Comique lui fasse subir un échec, et le plus complet des échecs., car la musique
BATA
BATA
était parfaitement réussie ; elle a été jugée par tous les connaisseurs comme une œuvre distinguée et faisant beaucoap d'honneur à son auteur. Malheureusement elle n'a pu sauver le livret de M. Sardou. Ce n'est pas qu'il n'ait son mérite. Le dialogue est piquant, la donnée amusante ; mais quelques propos trop lestes ont d'abord indisposé le public, et une scène de mauvais goût a tout gâté. L'action se passe, en 1630, sur la terrasse de Saint- Germain et dans un pavillon appartenant au baron de Hocquincourt. Sa nièce et sa pupille, la charmante Diane de Hocquincourt, est demandée en mariage par le jeune comte Tancrède. Les jeunes gens s'aiment, mais le baron a promis la main de Diane au chevalier Aj ax de Hautefeuille, ridicule personnage, et il refuse. Tancrède persiste, Hocquincourt s'entête. Sentant qu'il a pour lui le cœur de la jeune fille, le comte parie qu'il triomphera de tous les obstacles au point de faire sortir la nièce du baron de son appartement avant minuit. Une gageure assez singulière a lieu à ce sujet entre les deux personnages. C'est ici que M. Sardou s'est mis en frais d'invention. Il est sans doute parvenu à faire enlever Diane par son amant, mais non pas à enlever les suffrages. La pièce n'a eu que quatre représentations.En écrivant sa musique, M. Vaucorbeil a fait l'application d'une théorie qui est sienne et que la direction de ses études lui permettait d'aborder avec succès; ayant à mettre en musique une pièce dans le caractère des comédies du xvme siècle, il a pensé qu'il devait adopter les formes de la musique de cette époque. Est-il dans le vrai au point de vue esthétique ? a-t-il été partout conséquent avec sa doctrine? Ce sont des questions que nous ne voulons pas traiter ici. Nous nous contenterons de dire que sa partition, non seulement se recommande par de fortes qualités de style, mais encore par des motifs charmants et une instrumentation distinguée. L'ouverture, qui affecte la forme de la sonate , offre une phrase fort élégante en fa dièze répétée en mi bémol. L'action s'engage dans un joli trio à'un sol passo ; on distingue dans le quatuor qui suit les dessins de l'orchestre imitant ingénieusement le gazouillement des oiseaux. Le rondeau du baron module un peu trop, mais le motif est heureux. Le duo entre le baron et Tancrède a eu du succès : on y remarque une phrase dans le style de Haendel d'un effet original et comique. Dans l'invocation à la Nuit de Tancrède, il y a des phrases d'un sentiment tout moderne d'ailleurs, pleines de chaleur et de
passion. L'archaïsme revient dans la pavane qui sert d'entr'acte. Le duettino a bien la tournure gauloise des chansons à boire du bon temps des Philidor et des Monsigny. Le commencement du finale du second acte qui est d'une belle forme scénique, le joli motif . andante en ré bémol de l'air de Tancrède au troisième acte, le chant large et mélodieux du quatuor et enfin la sérénade d'action qui amène le dénoûment sont encore des morceaux saillants. Cette partition est trop intéressante pour ne pas être de nouveau soumise au public en sacrifiant toutefois ce duo malencontreux des Cotillons qui en a motivé le séquestre. L'ouvrage a eu pour interprètes Montaubry , Crosti , Sainte-Foy , Nathan, Mlles Baretti, Bélia et Révilly.
* BATAILLE DE BOSSUS, opérette en un acte, paroles de MM. Péricaud et Delormel, musique de M. Charles Malo, représentée au concert de l'Eldorado en 1877.
BATAILLE DE DENAIN (la) , opéra-comique en trois actes, paroles de Théaulon, Dartois et Fulgence, musique de Catrufo, représenté à Feydeau le 26 août 1816. C'est une pièce de circonstance faite à l'occasion de la fête du roi ; aussi est-elle remplie des allusions les plus transparentes. Comme dans toutes les compositions de ce genre, le livret offre peu d'intérêt. En voici le sujet: Un vieux gentilhomme, qui vit retiré dans son château , a une nièce recherchée à la fois par trois prétendants; l'un d'eux, qui est préféré, a malheureusement été fait prisonnier, mais il trouve moyen de s'échapper le matin même de la bataille de Denain; il s'y couvre de gloire , et il finit par obtenir la main de celle qu'il aime. D'après les journaux du temps , les auteurs ayant eu l'adresse de prodiguer des noms qui commandaient le respect, aucun signe de défaveur n'osa se manifester malgré l'ennui général. La musique de Catrufo n'est pas sans mérite. Son style témoigne des bonnes études qu'il avait faites à Naples, où les traditions des Scarlatti, des Jomelli, des Durante étaient encore dans toute leur force. A l'exception de Félicie ou la Jeune fille romanesque , opéra-comique qui précéda celui de la Bataille de Denain, les œuvres dramatiques de Catrufo sont tombées dans l'oubli ; on ne connaît plus de cet auteur que ses Solfèges progressifs et ses Vocalises.
BATAILLE DES DUNES (la), mélodrame, musique de Morange, représenté à Paris vers 1805.