BATT
BAUG
BÂTARD DE CERDAGNE (le), Opéra 611
trois actes, livret de M. L. Metjé, musique de M. Pierre Germain, représenté au théâtre de Brest le 22 novembre 1880, avec succès.
BATERYA O IEDNYM ZOLNIEZU {Batterie servie par un seul soldat) , opéra polonais, musique de Kurpinski, représenté à Varsovie en 1817.
bathmendi, grand opéra allemand , paroles et musique du baron de Lichtenstein représenté à Dessau le 26 décembre 1798.
BATHYLLE, opéra-comique en un acte, livret de M. Edouard Blau, musique de M. "William Chaumet, représenté à l'Opéra-Comique le 4 mai 1877. L'auteur du poème a remporté le prix au concours Crescent, en 1874, sur 98 concurrents. Le public n'a pas plus souscrit à ce jugement qu'à la plupart de ceux rendus par les jurys de ces concours. On aurait pu, en effet, imaginer une pièce plus intéressante et plus morale, d'après la gracieuse poésie d'Anacréon, V Amour mouillé. L'adolescent Bathylle est l'objet de l'amour jaloux du vieux poète. La Syrienne Mytila, reçue dans sa maison, inspire au jeune homme une vive passion. Anacréon, dans sa fureur, la chasse de chez lui et accable de ses reproches l'ingrat Bathylle, qui, désespéré, se donne la mort par le poison. Anacréon comprend alors la puissance de l'amour et invoque l'intervention de Cupidon, qui apparaît, ressuscite Bathylle et le rend à sa jeune maîtresse. Ce sujet, trop renouvelé des Grecs et peu propre à l'opéracomique, a été traité par M. William Chaumet avec beaucoup d'habileté et de goût; il a donné à sa musique un caractère plutôt allégorique et descriptif que dramatique, et c'est ce que le sujet comportait, ce qui a fait admettre quelques tonalités vagues et des intonations plus instrumentales que vocales, dans plusieurs passages, selon les théories du jour, auxquelles M. Chaumet paraît conformer son esthétique. Les fragments les plus saillants sont les couplets chantés par Mytila, la chanson à boire d'Anacréon, le duo des jeunes amoureux et la scène de la mort de Bathylle. Chanté par Barré, MRes Ducasse et Eigenschenk.
battaglia DE LEGNANO, opéra italien, musique de Verdi, représenté à Rome en janvier 1849.
* battaglia Dl DONNE, opéra sérieux en trois actes, paroles de M. Maurizio Toussaint, musique de M. Giovanni Ferrua, représenté
au Cercle des artistes, à Turin, le 6 décembre
BATTAGLIA DI LEPANTE (la), opéra, musique de Genoves, repr. à Rome eni836.
BATTAGLIA DI NAVARINO, opéra italien, musique de Staffa, représenté au théâtre Saint-Charles le 25 février 1837.
* BATTEZ PHILIDOR, opéra-comique en un acte, paroles de M. Abraham Dreyfus, musique de M. Dutacq, représenté à l'Opéra- Comique le 13 novembre 1882. La pièce met en scène le grand compositeur Philidor, l'auteur d'Ernelinde, de Tom Jones et de Biaise le Savetier, qui n'était pas un moins grand joueur d'échecs. La fille d'un cabaretier, la gentille Doris, est aimée d'un jeune homme, à, qui son père, admirateur de Philidor, ne veut l'accorder que s'il réussit à gagner celui-ci aux échecs. L'amoureux conte son cas à Philidor, qui lui promet de faire tous ses efforts pour se laisser battre par lui. La partie s'engage, et Philidor est sur le point de perdre lorsque Doris, croyant le flatter, se met à chanter un air de son opéra i'Ernelinde. Philidor est heureux en effet d'entendre sa musique; mais cela le distrait, sa distraction le fait jouer machinalement, et sa force est telle qu'il gagne alors malgré lui. Il va sans dire que tout s'arrange pourtant grâce à lui, et que le mariage est conclu. Ce gentil badinage, orné d'une musique agréable, a été gentiment joué par MM. Nicot, Barré, Grivot et Mile Thuillier.
BATTISTA, opéra italien, livret de Zeno, musique de Caldara, représenté à Vienne en
BATTLE OF BOTHWEL'S BRIDGE (THE) [la Bataille du pont de Bothwell], opéra anglais, musique de Bishop, représenté à Covent-Garden en 1820.
BATTLE OF HEXHAM (the) [la Bataille d'Exham], opéra anglais, musique de Samuel Arnold , représenté à Hay-Market en
• BATTU ET content, opérette en un acte, paroles de MM. Briant et Favcrne, musique de M. F. Wachs, représentée à la Gaieté-Rochechouart le 17 novembre 1888.
BATTOTO contento (il), opéra italien, musique de Raimondi, représenté à Gênes vers 1808.
BAUCI E FILEMONE, opéra italien, musique de Gluck, représenté à Parme en 1769.
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BAUDOIN, COMTE DE SPOLETE, opéra allemand, musique deBerck. représenté à Brème en 1829.
BAUDOUIN. BRAS DE FER, opéra allemand en trois actes et cinq tableaux, musique de Verdyen, représenté en Belgique vers 1857.
BAUDOUIN, COMTE DE FLANDRE, opéra, musique de Eberl, représenté à Vienne vers
BAUERNHOCKZElT(les Noces villageoises), opéra allemand, paroles de Kœnig, musique de M. Henkel, représenté vers 1810.
baunian day, intermède anglais, musique de Samuel Arnold, représenté à Hay- Market, à Londres, en 1796.
BAVARDS (les), opéra-bouffe en deux actes, paroles de M. Nuitter, musique de M. Offenbach, représenté à Paris sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, le 20 février 1863.
Le poème des Bavards est tiré d'un intermède de Michel Cervantes, pétillant de sel et d'esprit local. Au lever du rideau, nous sommes dans le pays des coups de soleil et des coups de rapière. Les bretteurs poussent çà et là comme des grenades, et , pour peu que vous regardiez un peu trop la lune à l'heure où ronfle l'alcade , il vous pleut toutes sortes d'estafilades fort malsaines. Un certain seigneur Sarmiento est condamné à 200 ducats d'amende, pour une écorchure faite à un voisin, et le juge qui a prononcé la sentence nous offre un type parfait de sagacité et de discernement. aVous avez agi en gentilhomme en donnant cette estafilade à votre voisin, dit-il à Sarmiento ; en la payant, vous agissez en chrétien ; moi, en prenant cet argent, je suis satisfait, et vous hors de peine. » Quant au battu, qu'il s'arrange! Un bachelier sans sou ni maille, appelé Roland, entend sonner les ducats que l'homme de loi fourre en son escarcelle, et il accourt à ce tintement alléchant, comme un parasite au bruit des plats. Il s'enquiert de ce qui se passe , puis, s'approchant de Sarmiento, il lui propose, en tendant sa joue, une estafilade au rabais : «Monseigneur, je suis un pauvre hidalgo, quoique j'aie vu des temps meilleurs ; je suis nécessiteux, et j'ai vu que Votre Grâce a donné 200 ducats à un homme qu'elle avait blessé; si c'est pour vous un divertissement, je viens me mettre à votre disposition, et je demanderai pour cela 50 ducats de moins que l'autre. » Notre gentilhomme s'imagine que le pauvre diable a perdu la tête, il veut re-
conduire , mais autant vaudrait chasser une mouche qui s'obstine à s'abattre sur le nez d'un honnête homme. S'il lui parle de sa balafre, le bachelier, aussi tenace qu'érudit, s'écrie aussitôt que « c'est ce que donna Caïn à son frère Abel, quoique, à cette époque, on ne connût pas les épées ; que c'est aussi ce que donna Alexandre le Grand à la reine Penthésilée, en lui enlevant Amora, la ville bien murée; et Jules César au comte don Pedro Anzuces, en jouant aux dames avec Gaiferos, entre Cavanas et Olias. » Sarmiento , que ce bourdonnement agace, déclare que le pauvre hidalgo a quelque démon dans la bouche, sur quoi Roland reprend que « Qui a le démon en bouche va à Rome , et qu'il a été à Rome, dans la Manche , en Transylvanie et dans la ville de Montauban ; que Montauban est un château dont Renaud était le seigneur; que Renaud était un des douze pairs de France, de ceux qui mangeaient avec l'empereur Charlemagne , autour de la table ronde , laquelle n'était pas carrée ni octogone. ■■> N'y tenant plus, Sarmiento envoie au diable l'enragé bavard ; mais aussitôt ce dernier lui fait savoir que « le diable a plusieurs manières de nous buter ; que la plus dangereuse est celle de la chair ; que chair n'est pas poisson ; que le poisson est flegmoneux ; que les flegmatiques ne sont pas adonnés à la colère; que l'homme se compose de quatre éléments : de colère, de sang, de flegme, de méchanceté ; que la mélancolie n'est pas la joie, parce que la joie consiste à avoir de l'argent , que l'argent fait l'homme, que les hommes ne sont pas des bêtes, que les bêtes pâturent, etc. » L'idée vient au seigneur Sarmiento d'utiliser cette langue infatigable. Sa femme, Béatrix, est bavarde comme une paire de castagnettes entre les mains d'une danseuse ; Roland est le perroquet qui fera taire cette pie borgne"; il va mettre aux prises ces deux animaux domestiques, et, d'avance , il parie pour le bachelier. C'est en effet le preux Roland qui l'emporte dans le duel singulier qu'il engage avec dame Béatrix. Il parle, il parle, il parle encore; et lorsque la femme de Sarmiento veut répliquer , il élève le ton , il gesticule. Pas une pause et pas un silence ; un quart de mot ne passerait pas entre les intervalles de ses phrases effrénées. «Il enchaîne, dit M. P. de Saint- Victor, des kyrielles de lazzi à des chapelets de proverbes, des ribambelles de coq-à-1'âne à des festons de billevesées. C'est le salmigondis faisantle bruit d'un charivari.» Béatrix tient bon d'abord ; à la fin, elle tombe stupéfiée, paralysée, inerte, sous cette douche
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de paroles qui ne tarit pas. Lorsqu'elle se relève, elle est guérie à jamais de l'intempérance de sa glotte. A bavarde, bavard et demi. Au scénario de Michel Cervantes , M. Nuitter a ajouté un alcade à grandes manches et à grande baguette, avec une perruque qui tombe ébouriffée sur ses gros yeux écarquillés, un de ces alcades qui, ainsi que le fait spirituellement remarquer le critique de la Presse , perchent sur leurs fauteuils comme les épouvantails sur les cerisiers, et qui se passent, de pièce en pièce, les dés du Bridoie de Rabelais, et le bégayement du Brid'oison de Beaumarchais. Cet alcade fait l'amusement de la pièce, car si le type n'est pas neuf, il est du moins de ceux qui sont toujours applaudis. Dans les Bavards, il est complété par la longue et blême figure d'un greffier qui suit à pas comptés son doux maître, comme le spectre de la maigreur talonnant le dieu de l'obésité. Sarmiento a de plus une pupille dont Roland est amoureux, et que le bavard finit par épouser à force de ruses et de stratagèmes. Une assez jolie scène, qui appartient aussi au librettiste français, est celle où dame Béatrix feint d'être muette pour se venger du complot ourdi contre son babil. Son mari l'interroge sur un cas urgent; point de réponse, mais en revanche une pantomime animée et vive : « Il pleut des soufflets , Sarmiento 1 » Ses valets et ses servantes, l'alcade et le greffier « imitent son silence autour d'elle rangés,» et le bonhomme se débat, stupéfait et hagard, au milieu de ces statues vivantes, qui grimacent et qui gesticulent. « Sur ce joli poème, dit M. P. de Saint- Victor, M. Offenbach a jeté des airs à faire damner l'alcade de la pièce et à défrayer toutes les sérénades de Paris. Ce n'est plus de la caricature musicale , mais un tableau de genre plein de couleur et d'esprit. La bouffonnerie en est élégante ; le musicien reste léger dans sa charge ; ses coq-à-1'âne même ont des ailes. Le verre d'Offenbach n'est pas grand, mais il boit toujours dans son verre, et la liqueur qu'il y verse gagne et s'épure tous les jours. » Parmi les airs que l'on a le plus applaudis dans les Bavards, nous citerons le chœur de créanciers et le petit trio bouffe du premier acte, qui trotte si joliment sur sa mesure syllabique. Le second acte contient un charmant quintette, une valse entraînante et d'amusants couplets de table. Les Bavards, avant de paraître aux Bouflesl'arisiens, avaient diverti la belle compagnie à Bade, pendant la saison de 1863. Ils ont fourni à Mme Ugalde un des triomphes de sa
carrière artistique, et ont été repris avec succès.
* BAYADère (t,i), opéra, musique de M. Edmond Forkas, représenté à Pesth en août 1876.
bayadères (les) , opéra en trois actes, paroles de Jouy, musique de Catel, représenté pour la première fois à l'Opéra le 7 août 1810. Nous laissons volontiers la parole à l'auteur du poème, qui explique habilement les raisons qui l'ont inspiré. « La considération dont jouit, dans l'Indoustan, cette classe de femmes connues en Europe sous le nom de bayadères, repose sur une opinion religieuse, présentée dans les livres indiens comme un fait historique. Le récit très succinct que je vais en faire paraîtra d'autant moins déplacé, qu'on y reconnaîtra la source où j'ai puisé le dénoûment et quelques-unes des situations du drame que le lecteur a sous les yeux. On lit , dans un des pouranas (poèmes historiques et sacrés), que Schirven, l'une des trois personnes de la divinité des Indes orientales, habita quelque temps la terre, sous la figure d'un rajah célèbre, nommé Devendren. En prenant les traits d'un homme, le dieu ne dédaigna pas d'en prendre les passions, et il fit de l'amour la plus douce occupation de sa vie. Son peuple , dont il n'était pas moins adoré pour ses défauts que pour ses vertus, le sollicitait en vain de donner un successeur à l'empire , en choisissant du moins une épouse légitime dans le grand nombre de femmes de toutes les classes qu'il avait rassemblées autour de lui. Devendren différait toujours, parce qu'il ne voulait épouser que celle dont il était aimé le plus tendrement, et que, tout dieu qu'il était, il avait peine à lire dans les cœurs; à la fin cependant , le rajah s'avisa , pour éclaircir ses doutes, d'un stratagème qui réussit au delà de ses espérances. Il feignit de toucher à sa dernière heure, rassembla toutes ses maîtresses autour de son lit de mort, et déclara qu'il prenait pour épouse celle qui l'aimait assez pour n'être pas effrayée de l'obligation terrible qu'elle contracterait en acceptant sa foi. Cette proposition ne tenta personne ; le bûcher de la veuve se montrait trop voisin du trône et du lit conjugal : douze cents femmes gardaient un silence imperturbable, lorsqu'une jeune bayadère dont le rajah avait été quelque temps épris, instruite de son état et de sa position, se présenta au milieu de l'assemblée muette, s'approcha du lit du prince et déclara qu'elle était prête à payer
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de sa vie l'insigne faveur de porter un seul moment le nom de son épouse. On célébra leur hymen à l'instant même, et quelques heures après, Devendren mourut ou du moins feignit de mourir. Fidèle à sa promesse , la bayadère fit aussitôt les apprêts de sa mort. On éleva, par son ordre , un bûcher de bois odorant sur les bords du Gange ; elle y plaça le corps de son époux , l'alluma de sa propre main et s'élança dans les flammes ; mais au même instant le feu s'éteignit; Devendren, debout sur le bûcher , tenant entre ses bras sa fidèle épouse, se fit connaître au peuple, et publia sur la terre l'hymen qu'il accomplit dans les cieux. Avant de quitter le séjour des mortels, il voulut , pour y perpétuer le souvenir de son amour et de sa reconnaissance, qu'à l'avenir les bayadères fussent attachées au service de ses autels , que leur profession fût honorée et qu'elles portassent le nom de devadasis (favorites de la divinité). »
Cet opéra obtint un succès très marqué. Nourrit père, Dérivis et Mn>e Branchu, chargés des rôles principaux, s'en acquittèrent avec un incomparable talent. La partition, constamment poétique et mélodique , est un modèle de correction harmonique. Il fut réduit à deux actes, le 31 août 1821.
Un premier opéra de Catel, Sémiramis, donné en 1802 , n'avait obtenu qu'un succès d'estime, quoiqu'il surpassât en mérite les Bayadères; mais le théâtre est une loterie, dit M. Castil-Blaze, et un premier ouvrage est toujours accueilli du public avec défiance. Le succès des Bayadères engagea l'administration à remettre en scène Sémiramis. L'infortunée reine de Babylone se montra deux fois seulement, et rentra dans le tombeau de Ninus pour n'en plus sortir. Les paroles et la musique des Bayadères sont depuis longtemps oubliées ; mais il se rattache à la représentation de cet opéra une anecdote assez curieuse, que nous allons raconter ici : Napoléon aimait la musique, mais il n'aimait qu'une musique douce et terne , digne pendant de la plate et ridicule poésie de la plupart des rimeurs de son règne. « N'est-il pas singulier, écrit M. de Pontécoulant, que lui, aux oreilles duquel le bruit des canons et de la chute des empires avait si souvent retenti, n'aimât, en fait de musique, qu'une harmonie faible et pour ainsi dire monotone ? Au théâtre de la cour et dans les concerts des Tuileries , tous les instruments étaient pourvus de sourdines. Ce goût de pianissimo était bien étonnant chez l'homme du monde qui faisait le plus de fracas et qui le redoutait le moins. »
On avait donc persuadé à l'empereur que la musique du nouvel opéra en vogue, les Bayadères, lui siérait à merveille. Un jour, l'auteur et le compositeur sont avertis que Napoléon veut entendre leur ouvrage , et qu'il se rendra le soir même à l'Opéra. Catel est heureux...; mais, à la représentation, il reste anéanti ; il croit à une cabale, il ne reconnaît plus sa partition... C'est que l'on n'avait pas prévenu le malheureux compositeur que Persuis, chef d'orchestre, exécutait, par ordre, la partition des Bayadères à la sourdine. L'empereur fut servi à souhait. « On exécuta, lisons-nous dans l'Art musical, la belle musique de ce charmant opéra avec la plus parfaite monotonie, sans crescendo ni forte, et ce fut à un tel point, que le public, étonné, montra par instants des velléités d'impatience, que le respect imposé par la présence du chef de l'Etat put seul comprimer. » Napoléon avait, on le voit, une façon toute particulière de comprendre l'art musical, et en cela il n'est pas le seul, n'y eût-il de son avis que cet homme de beaucoup d'esprit d'ailleurs, qui définissait la musique a le plus désagréable de tous les hruits. »
bavard À LA FERTÉ, opéra-comique en trois actes, paroles de Désaugiers et de Gentil, musique de Plantade , représenté au théâtre Feydeau le 3 octobre îsn. Bayard a fait lever le siège de Mézières : au lieu d'aller porter à son roi la nouvelle de ce haut fait, il se rend en secret au château de la Ferté, où l'attire l'amour qu'il ressent pour Mme de Randan ; il y rencontre le roi, que les mêmes motifs avaient amené. Au moment où Mrae de Randan vient de déclarer franchement au roi ses sentiments pour Bayard, surviennent deux seigneurs qui ont conspiré la perte du héros. Ils apportent une lettre écrite au gouverneur de Mézières, offrant toutes les apparences de la trahison, et accusent d'intelligence avec les ennemis le chevalier sans peur et sans reproche. Le roi, quoique irrité du succès obtenu par son rival en amour, ne suspecte pas un seul instant la loyauté de Bayard, qui ne tarde pas à se justifier. La levée du siège de Mézières prouve que la fameuse lettre n'est qu'une ruse de guerre ; de plus, Mme de Randan apprend au roi que Bayard est non pas son amant , mais son mari ; car elle l'a épousé il y a peu de temps.
Cet opéra, qui avait d'abord trois actes, fut ensuite réduit à deux. La musique de Plantade obtint quelque succès; on applaudit surtout plusieurs morceaux d'ensemble trai-