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de s'emparer du pouvoir, se fait acclamer par le peuple et monte sur le trône. Mais vers le même temps, un jeune moine du nom de Grischka s'échappe de son couvent, jette le froc aux orties et se rend en Pologne, où il se fait passer pour le défunt tsaréwitch Dimitri. Le gouvernement polonais le reçoit d'autant mieux qu'il comprend tout l'avantage qu'un tel événement peut lui procurer. Bientôt le prétendu Dimitri, qui a épousé la fille d'un des plus puissants magnats, se met à la tête de l'armée polonaise et marche avec elle sur la Russie. On apprend en ce moment la mort de Boris, et le faux Dimitri, mettant les circonstances à profit, usurpe à son tour le pouvoir, qu'il ne doit pas garder longtemps.

Tel est ce poème, dont la conduite est un peu incohérente au point de vue scénique, et qu'un historien de la musique russe, musicien lui-même, M. César Cui, apprécie en ces termes : « Il ne s'agit pas ici d'un sujet dont les diverses parties, combinées de façon à présenter une suite obligée, découlant l'une de l'autre, répondent dans leur ensemble aux idées d'une stricte unité dramatique. Chaque scène y est indépendante ; les rôles, pour la plupart, y sont de passage. Les épisodes que nous voyons se succéder ont nécessairement une certaine connexion entre eux ; ils se rapportent tous, plus ou moins, à un fait général, à une action commune ; mais l'opéra ne souffrirait pas d'un déplacement de scènes, ni même d'une substitution de certains épisodes secondaires à d'autres. Cela tient à ce que Boris Godounoff n'est, à proprement parler, ni un drame, ni un opéra, mais plutôt une chronique musicale, à la manière des chroniques dramatiques de Shakespeare. Chacune des scènes, prise séparément, éveille un sérieux intérêt, qui n'est pourtant pas activé par des antécédents, mais qui s'arrête brusquement sans trait d'union avec la scène qui va suivre... » Ajoutons que quelques-unes de ces scènes sont entièrement écrites en prose, tandis que d'autres sont en vers, et nous aurons une idée générale de la physionomie du livret de Boris Godounoff, qui offrait d'ailleurs au compositeur une série de tableaux très favorables à la musique.

La partition de Moussorgsky est inégale comme l'était son talent, mais n'en reste pas moins fort intéressante et dénotant une véritable personnalité. Si le compositeur était peu symphoniste et s'entendait médiocrement à manier les ressources de l'orchestre, si son harmonie est parfois étrange et rude, sa modulation incorrecte et excessive, il avait du

moins pour lui la générosité d'une inspiration dont l'abondance et la saveur sont faites pour étonner. C'est un musicien peut-être de plus d'instinct que de savoir, qui marche droit devant lui sans s'inquiéter des obstacles et qui parfois trébuche en chemin, mais qui néanmoins atteint le but, en le dépassant même parfois à force d'audace.

Peu symphoniste, je l'ai dit, Moussorgsky ne s'est même pas donné la peine d'écrire une ouverture et des entr'actes. Mais certaines pages de sa partition n'en sont pas moins remarquables par leur accent, leur couleur et leur effet scénique, et surtout par le sentiment national qui s'en dégage au point de vue musical. Sous ce rapport il faut signaler, au premier acte, la grande scène militaire, qui est d'un éclat superbe, et le chœur des moines mendiants ; au second, toute la scène de l'auberge, dont l'intensité dramatique ne faiblit pas un instant et qui présente une étonnante variété de rythme et de couleur ; puis, au troisième, le chœur des suivantes, chanté sur un rythme de cracovienne, l'air de Marina en forme de mazurka, et une grande polonaise pleine de verve et de chaleur; enfin, tout l'épisode de la mort de Boris, qui est d'un effet vraiment saisissant. C'en est assez, malgré les inégalités et les défauts de l'œuvre, pour faire regretter la mort d'un artiste doué d'une façon toute particulière, dont l'instruction sans doute écait incomplète, mais qui pourtant semblait appelé à un brillant avenir.

BOSCAJUOLO (il) [le Forestier] , opéra, musique de Fiotow, représenté au théâtre Scribe, de Turin, le 30 novembre 1872. C'est une traduction italienne du livret de l'opéra représenté en France sous le titre de l'Ame en peine. (Voyez ce mot.) Chanté par Minetti, Cuyas, Beretta, Mmes Pernin, Zenoni.

* BOSCO Dl DAFNE (il), opéra sérieux, paroles anonymes, musique de Nicola De Giosa, représenté au théâtre San Carlo, de Naples, en 1864. Cet ouvrage subit une chute lamentable. De Giosa, qui était un artiste de talent et de valeur, réussissait peu dans le drame lyrique, tandis qu'il déployait dans le genre bouffe une verve, une chaleur et un entrain qui lui ont valu sous ce rapport des succès éclatants et mérités.

* BOSSU (lb), opéra-comique en quatre actes et neuf tableaux, livret tiré du roman célèbre de Paul Féval par MM. Henri Bocage et Armand Liorat, musique de M. Charles Grisart, représenté au théâtre de la Gaîté le 19 mars 1888. Le roman fameux de Paul Féval avait

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déjà donné naissance à un drame intéressant que tout Paris avait voulu voir et qui avait été l'objet de maintes reprises. Pour être moins fortunée, sa transformation en opéracomique ne fut pas accueillie pourtant sans une certaine faveur. On eût souhaité sans doute à la musique plus de nerf et d'éclat, une vigueur plus soutenue et un grain d'originalité, mais elle contenait, en somme, quelques pages agréables, telles que la romance des tourterelles, les couplets caractéristiques du Bossu, le ballet de Colin-Maillard, la scène de la fascination et deux duos assez bien venus. L'ouvrage avait pour interprètes M^es Jeanne Thibault, Jane Leclerc, Schmidt, et MM. Lacressonnière, Berthelier, Vauthier, Emile Petit et Nohel.

* BOTTEGA DA CAFFÈ (la), opéra-bouffe, musique d'Aniello Barbati, représenté au théâtre Nuovo, de Naples, en 1852.

bottega Dl CAFFÈ (la), opéra italien, musique de Righini, représenté à Prague

en 1778.

BOTTEGA DI CAFFÈ (la), opéra italien, musique de Gardi, représenté à Venise en

BOTTLE OF CHAMPAGNE (the) [la Bouteille de Champagne], opéra anglais, musique de Bishop, représenté au Wauxhall en

BOUCHARD D'AVESNES, opéra national en cinq actes et sept tableaux, paroles de M. Van Pée, musique de M. Miry, représenté à Gand en février 1864. Cet ouvrage a été chaleureusement accueilli. L'orchestre était conduit par M. Singelée, l'habile violoniste.

BOUCLE DE CHEVEUX (la), opéra-comique en un acte, paroles d'Hoffman, musique de Dalayrac, représenté sur le théâtre Feydeau le 29 octobre 1802. Cet ouvrage éprouva une chute complète, malgré le talent des auteurs et le goût du public de ce temps pour leurs productions.

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