ADON
ADOLFO, opéra italien, musique de J. Niccolini, représenté en Italie vers 1816.
ADOLFO DI GERVAL ossia I MONTA- NARI SCOZZESI, opéra, musique de Bruno, représenté à Naples, au théâtre du Fondo, en 1843.
* ADOLFO DI WARBEL, opéra sérieux, paroles anonymes, musique de Jean Pacini, représenté sur le théâtre San Carlo, de Naples. en 1842. Les interprètes de cet ouvrage étaient Fraschini, Coletti, Arati, Rossi et Benedetti, M^es Sophie Loewe, Gruitz et Salvotti.
ADOLFO E CHIARA, opéra italien, musique de Puccita, représenté à Rome en 1801, puis au théâtre italien de Paris le 10 juin 1811. Interprètes: Tachinardi, Porto, Angrisani, Benelli-, M™es Festa, Benelli.
ADOLPHE DE NASSAU, opéra, musique de Marschner, représenté au théâtre royal de Hanovre en 1844.
ADOLPHE ET CLARA OU LES DEUX PRI- SONNIERS, opéra-comique en un acte, paroles de Marsollier, musique de Dalayrac, représenté à l'Opéra-Comique le 1 0 février 1799. Cet ouvrage a fourni son contingent au répertoire des mélodies populaires. D'un époux chéri la tendresse est une jolie romance, dont le refrain tient plus du vaudeville que de l'opéra-comique :
Hommes cruels, sans loyauté,
Ah! que vous nous causez d'alarmes!
Car le meilleur, en vérité,
Ne vaut pas une de nos larmes.
Nous devons citer aussi les couplets : Prenons d'abord l'air bien méchant, dont les vaudevillistes se sont emparés, et le rondeau de Clara : Jeunes filles qu'on marie.
La sensibilité et la vérité d'expression sont les qualités qui ont valu à l'opéra-comique d'Adolphe et Clara un long succès. La pièce de Marsollier était intéressante, et la musique de Dalayrac, en lui donnant encore plus d'attraits, n'en ralentissait pas la marche. Le public de cette époque, encore peu musicien, appréciait beaucoup cette discrétion du compositeur.
ADOLPHE ET CLARA, opérette, musique de Fraenzl , représentée à Francfort en
ADONE, pastorale, musique de Monte- Verde, représentée au théâtre Saint-Paul-et- Saint-Jean de Venise en 1639. Ce fut le premier ouvrage dramatique de ce compositeur
ADRI
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qui fut représenté en public, quoique depuis vingt ans ses opéras fissent les délices des princes et de la noblesse italienne.
ADONE E venere, opéra sérieux, musique de Lugnani , représenté à Naples en
ADONE IN CIPRO, opéra italien, musique de Legrenzi, représenté à Venise en 1676.
adonis, opéra allemand, musique de Keiser, représenté à Hambourg en 1697.
ADONIS, monodrame, musique de Wagner (Charles), représenté à Darmstadt en
ADOPTED CHILD (l'Enfant adoptif), opéra anglais, musique de Attwood, représenté à Drury-Lane en 1793.
* adoratori del Fuoco (gli), scène lyrique, poème de M. E. "Wiel, musique de M. de Lorenzi-Fabris, exécutée au théâtre Rossini de Venise le 26 janvier 1891.
. adraste, grand opéra, musique de Preu (Frédéric), représenté en Allemagne vers
ADRASTE ET ISIDORE, opéra allemand, musique de Kospoth, représenté à Berlin vers la fin du xvuie siècle.
ADRASTE ET ISIDORE, opéra, musique de De Mitscha, représenté à Vienne en 1790.
ADRASTO, opéra sérieux italien, musique de Tarchi, représenté à Milan en 1792.
* adriana LECOUVREUR, drame lyrique en quatre actes, paroles anonymes (d'après le drame français de Scribe et M. Ernest Legouvé), musique de M. Ettore Perosio, représenté au théâtre Paganini, de Gènes, le 13 novembre 1889.
ADRIANO, opéra, mHsique de Duni, représenté vers 1737 en Italie.
ADRIANO, opéra italien, musique de Abos, représenté au théâtre Argentina , à Rome, en 1750.
ADRIANO, opéra, musique de Bernasconi, représenté à la cour de Bavière en 1755.
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien séria, musique de Pergolèse, représenté à Naples en 1734.
ADRIANO IN siria, opéra, musique de Caldara, représenté à Vienne en 1735.
ADRIANO IN SIRIA, opéra, musique de Ferandini, représenté à la cour de Munich en 1737.
ADRIANO IN SIRIA, opéra, paroles de Métastase, musique de C.-H. Graun, représenté à Berlin en 1745.
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien, musique de Ciampi (François), représenté à Venise en 1748.
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien, musique de Adolfati, représenté à Gênes en
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien, musique de Perez, représenté à Lisbonne en
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien, musique de Scarlatti (Joseph), représenté à Naples en 1752.
adriano in SIRIA, opéra italien, musique de J.-A.-P. Hasse, représenté à Dresde en 1753.
ADRIANO in SIRIA, opéra italien, musique de Galuppi, représenté en Italie en
ADRIANO IN SIRIA, opéra, musique de Chrétien Bach, représenté en 1764.
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien, musique de P. Guglielmi, représenté en Italie en 1766. C'est un des premiers parmi les 75 opéras écrits par ce musicien de génie, qui fut le digne rival de Paisiello et de Cimarosa.
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien, musique de Majo, représenté à Naples en 1766.
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien, musique de Sacchini, représenté à Venise vers
ADRIANO IN SIRIA , opéra italien, musique de J. Holzbauer, représenté à Mannheim
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien, musique de Schwanberg, représenté à Brunswick en 1772.
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien, musique de Cabalone, mort à Naples en 1773.
ADRIANO IN SIRIA (l'), opéra italien, musique de Mysliweczer, né en 1737, mort en 1781.
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ADRIANO IN siria, opéra en trois actes, musique de Cherubini, représenté à l'ouverture du nouveau théâtre de Livourne au printemps de 1782.
ADRIANO IN SIRIA , opéra italien, musique de Nasolini, représenté à Milan en 1790.
ADRIANO IN SIRIA, opéra séria, musique de J.-S. Mayer, représenté à San-Benedetto, à Venise, en 1798.
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien, musique de Migliorucci, représenté à Naples en
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien , musique de Portogallo, représenté à Milan en
ADRIANO IN SIRIA, opéra, musique de Joseph Farinelli, représenté à Milan en 1S15. Ecrit avec cette facilité et cette entente de la scène qu'on rencontre chez presque tous les compositeurs formés au conservatoire de Naples, l'opéra d' A driano eut du succès. Imitateur de Cimarosa, Farinelli eut l'honneur de voir longtemps attribuer à l'illustre maître un duo de sa composition, qu'on a intercalé dans II Matrimonio segreto.
ADRIANO IN SIRIA, opéra italien, musique de D. Mombelli (né en 1751, mort en 1835), représenté pour l'ouverture du théâtre de Como.
ADRIANO IN SIRIA, opéra sérieux, musique de Airoldi, représenté à Venise vers 1852.
ADRIANO placato, opéra italien, musique de Manna, représenté à Ferrare en
ADRIANO SUL' MONTE CASIO, opéra, musique de Draghi (Antoine), représenté à Vienne en 1677.
ADRIEN, opéra en trois actes, paroles d'Hoffmann, musique de Méhul, représenté pour la première fois sur le théâtre de la République et des Arts le 16 prairial an VII (4juin 1799). Le poème reproduit à peu près ï'Adriano de Métastase. La musique est digne du génie de Méhul. Les chœurs sont admirables ; le style général de l'ouvrage est noble et soutenu ; le récitatif, écrit à la manière de Gluck, est toujours parfaitement approprié aux situations. Malheureusement, ces situations n'étaient guère en harmonie avec les idées républicaines de l'époque. Les répétitions de l'opéra d'Adrien avaient commencé dès l'année 1792; la Commune de Paris les fit cesser, sous prétexte que le poème était
écrit dans des principes royalistes; on allégua même que les chevaux qui devaient traîner le char d'Adrien avaient appartenu à Marie-Antoinette. Le peintre David, consulté, répondit que la Commune de Paris brûlerait l'Opéra plutôt que d'y voir triompher des rois. Au bout de sept années, ces préventions n'avaient pas encore disparu, et l'opéra à' Adrien eut de la peine à se soutenir, malgré les grandes beautés qu'il renfermait. Cette pièce, suspendue après la quatrième représentation, par ordre du gouvernement, fut reprise le 4 février 1800, et, avec des changements, le 26 décembre 1801. Elle n'eut en tout que vingt représentations.
ADRIEN, opéra italien, musique de M. Benvenuti , représenté à Milan en décembre
ADRIENNE LECOUVREUR, opéra italien, livret tiré de la pièce de Scribe, musique de Vara, représenté à Rome en août 1856.
AFFAMATO SENZA DANARO (l'), Opéra en un acte, musique du comte Nicolas Gabrielli, représenté au théâtre Nuovo de Naples en 1839.
AFFETTI PIÙ GRANDI VINTI DAL PIÙ GIUSTO, drame musical, musique de Buononcini, représenté à Vienne en 1701.
* A FLORENCE, opéra-comique en un acte, musique de M'ie Hélène Muncktell, représente au Théâtre-Royal de Stockholm en mai ou juin 1889. C'est le premier opéra écrit en Suède par une femme.
AFRAJA, opéra-comique en trois actes, livret de M. de Najac , musique d'Albert Grisar; ouvrage posthume et inédit.
* AFRAJA, grand opéra, livret imité de Heigel, musique de M. O. Dorn, représenté à Gotha le 19 avril 1891.
AFRICAIN (l'), opéra en cinq actes, paroles et musique d'André Simiot, représenté sur le théâtre de Tivoli en février 1872. Il fallait que le musicien fût doué d'un certain courage et d'un irrésistible désir de faire représenter son oeuvre pour en confier l'exécution à l'orchestre, aux choristes et aux Donne de Tivoli. On a remarqué un air chanté par Badiali et quelques scènes traitées avec intelligence. L' Africain a été joué plus tard au théâtre des Nouveautés dans de meilleures conditions.
AFRICAINE (i/), opéra en cinq actes, paroles de Scribe, musique de G. Meyerbeer, représenté à l'Opéra le vendredi 28 avril 1865.
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Le livret de l'Africaine fut proposé au célèbre compositeur en même temps que celui du Prophète, c'est-à-dire en 1840. Ce dernier eut la préférence; néanmoins, Meyerbeer travailla simultanément à la musique des deux ouvrages, et, en 1849, peu de jours après la première représentation de l'opéra du Prophète, la partition de l'Africaine était entièrement écrite, d'après l'assertion de M. Fétis, qui jouissait de l'intimité et de l'entière confiance du maître. Le livret laissait beaucoup à désirer, et Scribe fut invité à le retoucher. Qu'était-il donc alors , puisque les améliorations l'ont laissé aussi pitoyable que nous le connaissons? Ce fut en 1852 que le nouveau manuscrit fut livré à Meyerbeer. Il y conforma sa partition, et son travail fut entièrement achevé en 1860. Tout compte fait, la gestation de l'Africaine dura vingt ans, et son éclosion sembla coûter la vie à son auteur, car le grand compositeur mourut, au milieu des préparatifs de l'exécution, le lundi 2 mai 1864, le lendemain du jour où la copie de sa partition venait d'être achevée dans sa maison même de la rue Montaigne et sous ses yeux.
Vasco de Gama est le héros du livret ; triste héros I Depuis deux ans qu'il est parti pour explorer le nouveau monde, Inès, sa fiancée, lui garde un fidèle souvenir. Elle espère le revoir ; mais don Diego, son père, cédant aux ordres du roi, lui ordonne de renoncer à son amour et d'accepter pour époux le président du conseil, l'ambitieux et traître don Pedro. D'ailleurs, celui-ci montre sur une liste funèbre le nom de Vasco de Gama parmi ceux des marins engloutis dans un récent naufrage. Le conseil s'assemble, et qui paraît devant lui? Vasco lui-même échappé à la tempête. Cependant, plein de confiance dans le succès d'une nouvelle entreprise, il expose ses projets, et, pour convaincre les membres du conseil, il demande qu'on introduise deux esclaves qu'il a amenés.
Il n'y a qu'un instant, Scribe nous disait que Vasco était le seul survivant du naufrage ; maintenant voilà deux esclaves qui, au lieu de profiter de la circonstance pour reconquérir leur liberté, suivent docilement leur maître à la nage, et jusque dans la salle du conseil.
Deux esclaves, qui sont d'une race inconnue, Sur le marché des noirs avaient frappé ma vue
En Afrique, lis sont là.
Des peuples ignorés ils prouvent l'existence. Sous le soleil d'Afrique ils n'ont pas pris naissance. Ni dans ce nouveau monde aux Espagnols soumis. Voyez-les.
Ainsi s'exprime le navigateur sans penser
qu'il se met en contradiction avec le titre même de l'opéra. Comment! Sélika, cette belle esclave qui s'appelle l'Africaine, n'est pas née en Afrique? Le genre dramatique comporte bien des licences, mais celle-là passe la mesure.
Tout en appartenant à une race inconnue, Sélika et Nélusko ne parlent pas moins couramment la même langue que les membres du conseil, et Sélika serait assez disposée à revendiquer son titre de fille d'Eve, si son farouche compagnon ne l'invitait au silence, en lui rappelant qu'elle est reine quoique esclave :
Pour être dans les fers, n'es-tu plus souveraine? Par les dieux que notre île adore, par Brahma, Ne trahis pas ton peuple, 6 reine Sélika!
Don Pedro use de son influence pour faire repousser par le conseil la demande de Vasco. Celui-ci s'emporte, cite l'exemple de Christophe Colomb, insulte le tribunal et s'écrie :
Si la gloire de ma patrie
Par vous est lâchement trahie,
Tribunal aveugle et jaloux,
La honte un jour retombera sur vous.
Des vers si plats, proposés à la musique de Meyerbeer, méritent.... la prison. Aussi le grand inquisiteur y fait conduire immédiatement l'orgueilleux et peu poétique Vasco de Gama. Malgré les fautes du livret, et grâce à la musique, ce premier acte a delà grandeur et de l'intérêt. C'est le meilleur de l'opéra.
Au second acte, Vasco est endormi dans sa prison. Sélika veille auprès de son maître, pour lequel elle a conçu une violente passion. Nélusko, cédant à un accès de jalousie, veut poignarder Vasco. Sélika arrête son bras, et s'acquitte ainsi envers son bienfaiteur autant par amour que par reconnaissance. Elle ne fait pas mystère de ses sentiments :
De sa souffrance Je me sens mourir.
Puisse le calme revenir Dans ton coeur agité, toi qui, voyant mes larmes, Pour m'acheter vendis tout, jusques à tes armes.
Voilà qui est bien mal écrit en français. Quand on est académicien, on devrait avoir plus de souci de sa gloire.
Il y a une carte de géographie accrochée au mur de la prison, et lasauvagesse Sélika paraît l'avoir étudiée à fond. Elle démontre au navigateur portugais qu'il n'est qu'un ignorant, qu'il doit suivre telle route et arriver à une grande île. Vasco, touché de la leçon de géographie plus encore que des charmes de l'institutrice, jure à Sélika un amour éternel. Il est surpris au milieu de sa déclaration par la visite d'Inès qui, pour le sauver,
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& consenti à épouser le président du conseil ; ce qui est d'une invraisemblance choquante. Vasco s'aperçoit qu'Inès est jalouse de Sélika. Que fait-il pour calmer ses soupçons? Il a la bassesse de la lui céder à titre d'esclave ainsi que Nélusko. Voilà un héros d'opéra à la façon de M. Scribe.
Le troisième acte se passe sur le fameux vaisseau dont la construction a retardé de plusieurs mois la première représentation de l'ouvrage. Don Pedro, accompagné d'Inès, commande l'expédition ; mais, en réalité, il suit les conseils de Nélusko qui, pour assouvir sa soif de vengeance, fait faire de fausses manœuvres, et envoie le navire se briser contre les écueils. Vasco a frété un bâtiment à ses frais ; il a suivi Don Pedro ; effrayé du péril qui menace son rival, il l'aborde et l'en informe. Don Pedro méconnaît le sentiment qui le fait agir, et ordonne que Vasco soit attaché au grand mât et fusillé. Au moment où il donne cet ordre, le vaisseau se brise sur des rochers, et une troupe de sauvages l'envahit aussitôt. D'où viennent ces sauvages? Comment ont-ils pu arriver jusqu'au bâtiment sans qu'on se soit douté de leur présence? C'est ce qu'on ne s'est pas mis en peine d'expliquer.
Sélika a repris, dans le quatrième acte, les attributs de sa royauté insulaire. Tous les prisonniers, au nombre desquels se trouve Vasco de Gama, vont être égorgés. Pour sauver un amant aussi lâche qu'infidèle, Sélika imagine de déclarer qu'il est son époux. Pour le prouver, tous deux accomplissent les cérémonies en usage chez ces peuplades barbares. Non seulement Vasco s'y soumet; il renchérit encore sur ses protestations d'amour du second acte :
Vers toi, mon idole,
Tout mon cœur s'envole.
Et pour toi j'immole
Ma gloire à venir.
D'amour frémissante
Mon âme est brûlante,
L'espoir et l'attente
Me font tressaillir.
Les vers ne sont pas meilleurs, ni les serments plus sincères. La voix d'Inès se fait entendre, et les feux de Vasco changent de direction pour la quatrième fois.
Quant à la pauvre Sélika , il ne lui reste plus qu'à mourir. Comme Didon, une vraie Africaine au moins celle-là, elle ne se perce pas le sein d'un glaive sur un bûcher, en maudissant le perfide Troyen qui l'abandonne ; elle choisit un genre de mort plus bizarre et aussi impossible que les circonstances qui ont amené ce tragique dénoûment. Elle or-
donne â Nélusko de favoriser le départ d'Inès et de Vasco. Dès qu'elle voit le navire gagner la pleine mer, elle se couche sous un mancenillier, et, s'abandonnant à son désespoir amoureux , elle meurt. Le fidèle et incompris Nélusko accourt pour recueillir le dernier soupir de sa souveraine adorée. A son tour, il aspire à longs traits les fleurs du mancenillier et subit le même sort. L'ombrage de cet arbre est-il donc mortel ? M. Scribe a dit oui , les naturalistes disent non. Si l'analyse que nous venons de faire du livret de l'Africaine démontre les défauts les plus saillants de la conception littéraire de la pièce, que serait-ce donc si on relevait les pensées ridicules émises par chaque personnage, et les expressions grotesques, et les fautes de français ?
Meyerbeer plus qu'un autre intervenait dans la composition du livret. Il donnait des indications, demandait des scènes, des changements , des mots même appropriés à ses pensées musicales. Il n'était pas toujours heureux ; car le sens littéraire n'était pas chez lui très exercé ; cependant c'est à cette volonté indépendante et ferme que nous devons la magnifique scène de la conjuration, des Huguenots, le duo du quatrième acte, composés sur la demande du musicien par M. Emile Deschamps au défaut de Scribe. En général, la solidarité du poète et du musicien ne saurait être déclinée par ce dernier. C'était l'avis de Weber, qui s'exprimait ainsi dans une de ses lettres : » Un compositeur est responsable du sujet qu'il traite : vous ne vous imaginez peut-être pas qu'on mette un libretto dans la main d'un compositeur, comme dans celle d'un enfant l'on met une pomme. »
Une fois ces réserves faites, il ne nous reste plus qu'à admirer ce merveilleux effet des deux forces de l'art : le rythme et l'harmonie mélodieuse. La nature des idées nous reporte plus volontiers à l'époque des Huguenots qu'à celle du Prophète ; mais le style est devenu d'une clarté suprême sous la plume exercée de l'infatigable maître, et, sous ce rapport, le même fait se remarque entre les Huguenots et l'Africaine qu entre le Don Juan de Mozart et sa Flûte enchantée. Dans les premiers ouvrages, plus de force dramatique, plus de souffle, inspiré; dans ceux de la dernière heure, un exercice plus magistral de la faculté d'écrire, une expression immédiate et limpide de la pensée, la perfection de la forme en un mot. Les preuves de cette thèse nous entraîneraient trop loin. Le lecteur bénévole suppléera par l'é-
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tude de la partition à ce que nous ne pouvons qu'indiquer ici.
Personne n'a gardé plus constamment que M. Fétis une foi robuste dans le génie de Meyerbeer et n'a plus contribué que lui à consolider sa gloire. Ce fut à lui que la famille du compositeur s'adressa pour diriger l'étude du chef-d'œuvre et présider à son exécution. Le vieil athlète musical se voua pendant de longs mois à cette tâche ardue avec une activité que son amitié pour l'illustre maître et ses quatre-vingts ans rendaient admirable et touchante. Le principal interprète choisi par Meyerbeer, le ténor Naudin, a failli compromettre le succès de l'Africaine par son jeu insuffisant, son accent étranger, sa déclamation ridicule.
Voici la première distribution de la pièce :
Vasco de Gama MM. N&TO1K.
Don Alvar Warot.
Nélusko Fauke.
Don Pedro. ...... Belval.
Don Diego Castelmart.
Le grand inquisiteur. . . . David.
Le grand prêtre de Brahma. Obin.
Sélika Mme Marie Sasse.
Inès Mlle Marie Battu.
Le ténor Villaret remplaça Naudin vers la fin de 1866, et le rôle de Vasco y gagna. Son caractère, mal dessiné par Scribe, l'empêche de devenir meilleur.
Si nous voulions signaler les beautés musicales que renferme cette belle partition, il nous faudrait presque tout citer. Nous devons nous borner à rappeler les morceaux principaux. Dans le premier acte, la romance d'Inès : A dieu, mon doux rivage, gracieusement accompagnée parla flûte et le hautbois; le grand finale, qui renferme cinq scènes développées, et dont l'effet puissant peut être comparé à celui de la bénédiction des poignards dans les Huguenots. L'air du sommeil, qui ouvre le second acte : Sur mes genoux, fils du soleil, est ravissant. C'est une berceuse originale, pleine d'abandon, et cependant entrecoupée d'accents très dramatiques. L'air de Faure : Fille des rois, à toi l'hommage, a bien le caractère sombre qui convient à ce sauvage fanatique. Le finale de ce second acte est sans exemple au théâtre. C'est un septuor vocal sans accompagnement, dont l'effet est aussi neuf qu'imprévu. Dans l'acte du vaisseau, on ne remarque que trois morceaux : le gracieux chœur de femmes: Le rapide et léger navire; la prière: 0 grand saint Dominique , et la ballade chantée par Faure: Adamastor, roi des vagues profondes, qui est bien supérieure au Pif, pafies Huguenots, et au chant analogue daDs
le Prophète : Aussi nombreux que les étoiles. La grande marche indienne, qui accompagne la cérémonie du couronnement de Se lika, ouvre le quatrième acte. Par l'originalité du rythme, la disposition des masses instrumentales, le goût avec lequel sont groupées les diverses sonorités de l'orchestre, cette marche indienne est le chef-d'œuvre de Meyerbeer, et ne le cède en rien à l'effet de l'ouverture si admirable de Struensée. Nous passons rapidement sur l'air de Vasco : Paradis sorti du sein de l'onde ; les phrases mélodiques en sont ravissantes; mais la situation du héros au milieu des sauvages, les paroles qu'il leur adresse: « Eh! par pitié pour ma mémoire, laissez-moi la. vie ; me priver de la gloire d'avoir découvert votre île 1 Vous ne le voudrez pas ! » tout cela est ridicule. L'oreille est charmée, mais le sourire est sur les lèvres. Nous arrivons au grand duo : ici, tout est admirable, enivrant, suave. La passion tendre, l'extase de l'amour, ont rarement été exprimées avec cette force. On a eu tort de le comparer aa duo du quatrième acte des Huguenots. Il n'y a d'analogie que dans les phrases : Nuit d'ivresse, et Tu l'as dit : oui, tu m'aimes! Tout le reste est aussi dramatique que le duo de l'Africaine l'est peu. Au début du cinquième acte, l'arioso chanté par MUe Battu : Fleurs nouvelles, arbres nouveaux, a été supprimé, ainsi qu'un tiers de la partition originale. Les parties supprimées ne sont pas moins bien traitées et moins intéressantes que les morceaux conservés. L'impossibilité de faire durer une représentation sept ou huit heures a fait consommer ce sacrifice. La grande scène du mancenillier est annoncée par le fameux prélude à l'unisson qui électrise la salle. Cette phrase vigoureuse est dite par les violons, altos, violoncelles, clarinettes et bassons. La nature de l'effet produit tient plus à la sonorité et à la bonne exécution qu'à l'invention mélodique; il en résulte une sensation plutôt acoustique que musicale. Sélika chante, pendant ce dernier tableau, des mélodies tour à tour suaves, véhémentes, pleines de caresses et de passion. L'orchestration dialogue admirablement avec cette sauvagesse qui veut mourir non de désespoir, mais d'amour.
Cette situation imaginée par les auteurs est si forcée que le spectateur est peu ému. Pourquoi n'avoir pas simplement donné à Sélika abandonnée les sentiments de douleur, d'égarement, de passion désespérée des Didon, des Sapho, des Ariane? Meyerbeer n'aurait pas été moins puissant , moins in-
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spire, et cette dernière scène, traitée par lui, aurait certainement fait pâlir les quinze ou vingt opéras consacrés à peindre une douleur toujours sympathique, parce qu'elle est naturelle et légitime.
Le public préférera probablement Robert et les Huguenots, peut-être même le Prophète à l'Africaine; mais cette dernière partition offre aux musiciens une telle abondance de richesses rythmiques, de combinaisons harmoniques et instrumentales, qu'elle sera à leurs yeux le monument le plus impérissable de la gloire de Meyerbeer. Il n'est peut-être pas sans intérêt de constater qu'à la date du 31 décembre im, l'Africaine, le dernier des ouvrages donnés par le maître à l'Opéra, avait fourni à ce théâtre un total de 468 représentations.
* AFRICANISTAS (los), zarzuela en un acte, musique de M. Fernandez Caballero, représentée au Tivoli, de Madrid, en juin 1894.
AFRICANO GENEROSO (i/), opéra, musique de Fioravanti (Valentin), représenté en Italie en 1804.
AGAMEMNON, tragédie burlesque, mêlée de prose et de couplets, paroles et musique de M. Hervé, représentée aux Folies-Nouvelles en mai 1856.
* agamennone, opéra sérieux, paroles de Perrane, musique de Trêves, représenté sans aucun succès à Milan, sur le théâtre de la Scala, le 10 novembre 1847.
AGAR NAPASZCZY (Agar dans le désert), scène lyrique, musique de Kurpinski, représentée à Varsovie en 1814.
AGATINA (i.') [Cendrilloti], opéra italien, musique de Pavesi, repr. à Milan en 1814.
AGELMONDO, opéra, musique de Bernasconi, repr. à la cour de Bavière en 1760.
* AGENCE EST AU TROISIÈME (l'), Opérette en un acte, paroles de MM. Amédée de Jallais et Péricaud, musique de M. Herpin, repr. au concert de la Scala le 10 avril 1885.
*AGENTE DE matrimonio (el), zarzuela en trois actes, paroles d'Ayala, musique d'Einilio Arrieta, représentée le 1er mars 1862 à Madrid, sur le théâtre de la Zarzuela.
* AGES AGO, opéra-comique, musique de Frédéric Clay, représenté à Londres en 1869.
AGESILAO, opéra italien, musique de Andreozzi, représenté au théâtre San-Benedetto de Venise en 1781.
AGESILAO, opéra, musique de Perotti (Jean-Dominique), repr. à Rome en 1789.
AGIDE, RE DI SPARTA, opéra italien, musique de Porta (Jean), représenté à Venise en 1725.
AGIS, parodie en un acte, prose et vaudevilles, à' Agis, tragédie de Laignelot, paroles de Goulard, représentée à la Comédie-Italienne le 2 août 1782.
AGNEAU DE CHLOÉ (t/), opéra-comique en un acte, paroles de M. Clairville, musique de M. Montaubry (frère du ténor) , représenté au Théâtre-Lyrique le 9 juin 1858. Pastorale jouée par "Wartel, Mlles Caye et Girard.
*AGNÈS bernauer, opéra, musique de M. Félix Mottl, représenté sur le théâtre ducal de Weimar en avril 1880.
AGNÈS bernauerin, mélodrame, musique de Gleissner, repr. à Munich vers 1790. AGNÈS BERNAUERIN, opéra, musique de Krebs, représenté à Hambourg en 1828 avec beaucoup de succès. Cet artiste fort distingué, dont le talent de chef d'orchestre était remarquable, était alors directeur de la musique au théâtre de Hambourg.
AGNÈS DE CHÂTILLON OU LE SIÈGE DE SAINT -JE AN-D'ACRE, opéra-héroïque en trois actes, paroles de Planterre, musique de Loïse, repr. au théâtre Louvois vers 1792.
AGNÈS DE HOHENSTAUFEN, opéra en
trois actes, paroles de Raupach et du baron de Lichtenstein, musique de Spontini, représenté sur le Théâtre-Royal de Berlin dans le mois de janvier 1838. L'histoire s'est montrée avare de détails en ce qui concerne l'union de Philippe-Auguste avec Agnès de Méranie. On sait seulement que ce prince, après avoir épousé Ingelburge, princesse de Danemark, aussi remarquable par sa beauté que par ses vertus , conçut contre elle une si invincible aversion le jour même de son mariage (août 1193) , qu'il divorça pour épouser Agnès de Méranie, fille de Berchtold, et qu'il encourut pour ce fait l'excommunication. Plusieurs auteurs dramatiques, avant notre poète Ponsard, s'emparèrent de ce sujet et le développèrent avec toute liberté. Dans le livret traité par Spontini, Raubach et le baron de Lichtenstein mirent en scène Henri le Lion, Henri son fils, un archevêque, Philippe roi de France, Agnès et sa mère Irmengarde. Leur poème offre de beaux caractères, des situations fortes et
AGNE
AGRE
variées, en un mot les éléments bien propres à inspirer le compositeur. Celui-ci n'est pas resté au-dessous de sa tâche. Son oeuvre a obtenu les suffrages de tous les esprits cultivés de l'Allemagne, et si le succès n'a pas été plus général, il convient peut-être de l'attribuer aux tendances de l'époque, qui éloignaient de plus en plus le public des sujets héroïques et des conceptions simples et grandioses. Il est possible que l'opéra d'Agnès soit inférieur à ceux de la Vestale, de Fernand Cortez et à'Olympie. Dans tous les cas, c'est un beau soleil couchant. L'ouverture se compose d'un andante majestueux en ré maje-ur et d'un allegro appassionato en ré mineur. Dans le premier acte, le duo des Amis en la rappelle celui de la Vestale. Spontini était seul capable de faire exprimer à la musique ce sentiment fort et simple de la sainte amitié. Le genre héroïque lui était naturel. Un rapprochement que nous croyons juste se présente à notre pensée : quoique les écoles nouvelles aient déprécié, ridiculisé même le peintre David sans produire aucun artiste qui le remplaçât dans ce genre ni même qui l'égalât, il reste encore celui qui a su le mieux montrer au spectateur le grand côté des sentiments et des idées des vieux Romains ; or Spontini a été le David de la musique. La romance de Henri est ravissante. Comme celle que le compositeur a écrite dans son opéra de Milton, elle a la couleur qu'on sup • pose aux lais des troubadours. Le quatuor en si bémol et le finale du premier acte, avec ses gammes chromatiques descendantes, sont d'un effet saisissant. Nous citerons, dans les autres parties de l'ouvrage, le magnifique chœur des Nonnes, un autre quatuor, l'air â'Irmengarde, le chœur des Juges du combat, l'imitation de l'orgue par les instruments à vent, et enfin les airs de ballet. L'opéra à' Agnès a été chanté par Fischer, ténor doué de moyens extraordinaires, jouant le rôle d'Henri IV. Distribution: Eichberger, Henri le fils ; Bader, la plus belle voix de l'Allemagne, Philippe; Zschiesche,l' archevêque; Botticher, le roi de France; M1 le de Fasmann, belle tragédienne comme Mlle Falcon, Irmengarde ; et M1Ie Grunbaum, dont la voix était suave et le jeu plein de grâce, qui donnait au personnage sympathique d'Agnès un charme inexprimable. C'est surtout à notre époque, où le public assiste bien plus nombreux qu'autrefois à ces fêtes de l'esprit et du goût, qu'il serait utile de lui faire connaître ces grandes conceptions.
AGNÈS DE HOHENSTAUFEN, opéra allemand, musique de M. Frédéric Marpurg, représenté avec succès à Fribourg (grand-duché de Bade) le 14 mars 1874.
AGNÈS ET FÉLIX OU LES DEUX ESPIÈ- GLES, opéra-comique en deux actes, paroles de Demoustier, musique de Devienne, représenté à Feydeau le 24 août 1795". Les deux jeunes gens voulurent se marier malgré la volonté de leurs parents. On les surprend ensemble. Le père de Félix, qui est juge, met son fils en prison. Agnès se déguise en garçon, gagne le guichetier qui en fait une sentinelle. Les deux espiègles trouvent moyen d'enfermer le juge et le geôlier, de s'évader et de se faire pardonner. La musique est d'une insignifiance complète.
AGNÈS ET olivier, opéra-comique en trois actes, de Monvel, musique de Dalayrac, repr. à FOpéra-Comique le 10 octobre 1791.
AGNÈS SOREL, opéra en trois actes, musique de Gyrowetz, repr. à Vienne en 1808.
AGNÈS SOREL, opéra anglais, musique de Mme Becket, représenté sur le théâtre de Saint-James, sans succès.
AGNÈS sorel, opéra en trois actes, musique de De Pellaert,repr. à Bruxelles en 1823.
AGNESE, opéra italien en deux actes, chefd'œuvre de Paër, représenté à Paris le 24 juillet 1819. Cet ouvrage, qui renferme des chœurs et un finale admirables, fut souvent repris, et toujours avec un immense succès. Il a eu pour interprètes Pellegrini, Galli, Lablache, Tamburini; M^es Mainvielle-Fodor et Pasta.
AGNESE , opéra séria , livret de Giarelli, musique de E. Guindani, représenté au Théâtre-Municipal de Plaisance le 27 février 1878 ; chanté par Giraud, de Bernis, Mmes Bonal, Riccardi. La musique de cet ouvrage avait été composée d'abord pour la Regina di Castiglia, représentée à Parme en 1876.
* agnese visconti, drame lyrique en quatre actes, paroles de M. Golisciani, musique de M. Antonio Nani, représenté sur le théâtre royal de Malte, le 18 janvier 1889.
AGREABLE SURPRISE (the) , opéra anglais, musique de Stevenson, représenté à Dublin vers 1795.
AGRÉMENTS champêtres (les), divertissement , musique de Chauvon, musicien
AHAS
AIDA
ordinaire de la musique du roi vers 1740 ; il a publié cet ouvrage.