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GAMA

GAMB

on fouille tout le monde ; Valjoiy passe le colier à une de ses maîtresses, dona Juana, créole qui raconte au public la façon étrange dont le voleur a fait sa connaissance. L'acte finit par un chœur d'imprécations contre Mandrin. Il n'y a que lui de capable de faire un coup si hardi :

Guerre a Mandrin A ce malandrin, Ce hardi coquin Que partout on craint!

Que chacun demain Se mette en chemin, Qu'en un tour de main On prenne Mandrin !

Le second acte a lieu dans le château du chevalier de Valjoiy, dont les hôtes s'appellent l'Écureuil, Filenquatre, Tournevis, le Philosophe, Rossignol, qui jouent, fument, boivent et chantent. Ils ont fait prisonniers Saturnin, Colombe et Péruchot, son père. Valjoiy, qui est épris de la Camargo, l'attend sur la route de Lyon et, par un stratagème de brigand, l'amène à son château. Elle se croit reçue par un vrai chevalier et lui donne la représentation d'un ballet complet, depuis Ventrée de la bergère jusqu'au triomphe de l'amour. La fête est troublée par l'arrivée des soldats que Saturnin a pu prévenir ; mais Mandrin s'était fait donner par Pont-Calé une commission dont il se sert pour faire arrêter par la troupe Pont-Calé lui-même, dona Juana et la Camargo, malgré le duetto qu'ils ont chanté ensemble, et dont il peut être utile de citer un fragment pour montrer à quel égarement du goût conduit ce genre de pièces :

la camargo

Ce serait une vie heureuse D'unir comme dans un roman Le hrigand avec la danseuse, La danseuse avec le brigand.

Certes lorsque l'on n'aime pas, Un brigand ne saurait vous plaire; C'est un amant en pareil cas Trop en dehors de l'ordinaire.

Loin d'excuser ses attentats, En face l'on voudrait lui dire Toute l'horreur qu'il vous inspire, Toujours lorsque l'on n'aime pas.

Mais quand on aime, Le coeur alors change de ton ; On n'y met plus tant de façon :

Au diable le qu'en dira-t-on!

On aime quand même Celui qu'on aime.

Au troisième acte, qui se passe aux Porcherons, chez Ramponneau, la scène est occupée par des gens de toute espèce : grands seigneurs, marchands, diseuse de bonne aventure. Javotte et sa marmotte en vie, gens de

la bande de Mandrin et tous les personnages de la pièce. On s'est beaucoup moqué des conventions de l'ancien théâtre. Combien sont-elles anodines en comparaison des invraisemblances puériles du théâtre contemporain ! L'indifférence à cet égard est complète. Tout raisonnement et tout sentiment naturel sont bannis ; l'impression et la sensation les ont remplacés.

Je passe sur les couplets de Louis le Bienaimé, hors-d'œuvre déplacé, dont la musique est assez plate. Pont-Calé poursuit toujours l'invisible Mandrin et compte sur un limier de police nommé Philidor; mais ce limier n'est encore autre que le brigand , lequel est sur le point d'enlever pour tout de bon la Camargo lorsqu'enfin Colombe réussit mieux que son fiancé à déjouer ses projets. Camargo est sans rancune et laisse Mandrin libre d'exercer ailleurs ses talents. On voit qu'à proprement parler il n'y a pas là une pièce. Que conclure du grand succès qu'elle a obtenu ? Est-il dû à la musique? Sans doute elle est fort agréable ; mais les spectateurs l'écoutent à peine et aucun des morceaux ne peut être chanté dans les salons ni les concerts. Ce sont donc les parties accessoires de l'ouvrage, le jeu des actrices, la manière dont elles soulignent et miment les couplets égrillards et les mots à double entente, leurs costumes ou souvent l'absence de costume, qui attirent le public et amènent le succès, succès d'argent, s'entend. L'air populaire de la Camargo, bien orchestré , sert de début à l'ouverture et, avec d'autres motifs, donne la date de la pièce. La scène du foyer de la danse est pleine d'animation et de gaieté. Les morceaux qui ont le plus d'originalité et qui ont le mieux réussi sont : dans le premier acte, la romance de Saturnin, Je vous ai dit mon ignorance, le choeur des voleurs ; dans le second, les couplets de la Camargo, Laissez-moi, monsieur le voleur, les airs de ballet, qui sont tous charmants et variés, et le finale ; dans le troisième, le petit pont-neuf Saute, Suzon, le duetto de Colombe et de Saturnin, Étais-tu bête! dont la mélodie, gracieuse et fine , contraste avec la vulgarité des paroles, et la ronde de la marmotte en vie, Eh! youp! eh.'youp! Javotte; fais sauter ta marmotte. Les principaux rôles ont été chantés par MM. Vauthier, Berthelier, Lary; Mm« Zulma-Bouffar, Desclauzas, Milly-Meyer.

CAMBIALE DI MATRIMONIO (la), opéra en un acte , composé par Rossini , alors âgé de dix-neuf ans, et représenté à Venise, pen-

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