CAPUCINS (LES) OU FAISONS LA PAIX
comédie en prose et en deux actes, mêlée de quelques morceaux de chant, paroles et musique du Cousin-Jacques (Beffroy de Reigny), représentée au théâtre de Monsieur le 26 février 1791. Ceci était une pièce politique, qui
fut huée et sifflée à ce point que sa première et unique représentation ne put même être achevée. Il s'y produisit cependant un fait rare et singulier, que l'auteur rapporte ainsi dans son Dictionnaire néologique, après avoir constaté son échec : « ... Néanmoins, on vit une chose jusque-là, dit-on, sans exemple au théâtre : Vallière débita une tirade de deux pages et demie en prose, en faveur du Roi, qu'on voulut avoir bis, et qu'il fut obligé de épéter tout entière au milieu des applaudissements universels. »
CAPULETTI ED I MONTECCHI (i) [les Capulets et les Montaigus], opéra italien en trois actes , livret de Romani , d'après la pièce de Shakspeare , Roméo et Juliette, musique de Bellini, représenté pour la première fois à Venise, le 12 mars 1830 , et à Paris, le 10 janvier 1833. Le drame émouvant imaginé par l'auteur anglais, où l'amour est exprimé avec plus de passion et de bonheur que dans ses autres pièces, sans doute parce qu'il a écrit celle-ci dans sa jeunesse, a inspiré plusieurs compositeurs. Quoique leurs ouvrages renfermassent des morceaux saillants, aucun d'eux n'a obtenu un succès durable. Steibelt a écrit un ensemble d'un beau caractère dans la scène de la mort de Juliette : Grâces, vertus, soyez en deuil; Zingarelli a laissé l'air célèbre : Ombra adorata, aspetta ; la Giulietta e Romeo, de Vaccaj, contient de beaux airs. Dalayrac a vainement essayé de traiter ce sujet trop élevé pour son agréable musette. Quant à Bellini, son ouvrage se ressent du peu de temps qu'il a employé à l'écrire. Les entrepreneurs du théâtre, à Venise, ayant éprouvé un échec , prièrent Bellini de les tirer d'embarras en improvisant une partition, ce qu'il fit dans l'espace de quinze jours. Il écrivit le rôle de Tebaldo pour Rubini, ceux de Roméo et Juliette pour Judith et Giulia Grisi. Le premier acte est celui qui renferme les plus beaux morceaux : la cavatine de Tebaldo, celle de Roméo et le finale, dans lequel on remarque un trait pour deux voix de soprano à l'unisson , accompagné par le chœur en notes détachées d'un heureux effet. Dans le second acte , au moment où Roméo et Tebaldo vont se battre, le convoi de Juliette passe au fond de la scène ; Bellini a trouvé là le motif d'une belle inspiration , mais seulement à la fin de la scène. L'air du Tombeau ne saurait être comparé avec l'air de Zingarelli , Ombra adorata, que le célèbre sopraniste Crescentini a chanté avec tant de succès. Le réveil de Juliette a été mieux exprimé. M'iea Judith et Giulia Grisi ont