‹ Dictionnaire des opérasChapitre 207 sur 928 · COUS · texte numérisé non relu

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tions relativement sérieuses où la sensibilité ait son tour; car cet élément est indispensable dans un ouvrage musical en trois actes. Il y a dans la partition de nombreuses réminiscences et plutôt des imitations du style d'autres musiciens qu'un travail personnel et spontané. Je signalerai toutefois une romance, Je suivais triste et solitaire, au premier acte ; dans le second, la marche du guet et la sérénade chantée par le ténor. Chanté par Morlet, Bertin, Maris, Bacquié, Caisso, Barnolt, Teste, Collin, Bernard, Davoust, Mlles Chevrier, Dupuis, Decroix.

* COURTIER DE MARIAGES (le), Opérette, musique de M. Max Gabriel, représentée avec succès, le 16 novembre 1890, au théâtre de la Résidence, à Hanovre, où l'auteur remplissait les fonctions de chef d'orchestre.

COUSIN BABYLAS (le), opéra- comique en un acte, paroles de M. Emile Caspers, musique de M. Henri Caspers, représenté au Théâtre- Lyrique le 8 décembre 1864. C'est encore un docteur grotesque qu'on a mis en scène. Il a essayé son traitement sur le cousin Babylas, et lui a fait perdre tous ses agréments physiques. Aussi , la fille du docteur lui préfèret-elle un faux client, Pédrille, de joyeuse humeur. Le docteur veut aussi faire de celle-ci une victime de son abominable médecine, et il est sur le point de lui ouvrir le crâne, par amour pour la science , lorsque Isabelle accourt et empêche l'opération fatale. Un dénoûment aussi brusque que banal vient mettre un terme à l'ennui des spectateurs. La déclamation offre des fautes de prosodie choquantes, particulièrement dans le duo Nous danserons, dans lequel Pédrille vante à Isabelle les plaisirs du mariage. Cette opérette a été jouée avec grâce, d'ailleurs, par M'ie Albretch, et convenablement chantée par Wartel , Fromant et Gerpré.

* COUSIN benoist (le), opéra-comique en un acte, paroles de M. Gaspari, musique de M. A. Mansour, représenté au Havre le 31 octobre 1885.

* cousin-cousine, opérette en trois actes, paroles de MM. Maurice Ordonneau et H. Kéroul, musique de M. Gaston Serpette, représentée aux Folies-Dramatiques le 23 décembre 1893. La pièce nous offre une nouvelle édition des anciennes Visitandines, et surtout des plus modernes Mousquetaires au couvent. Un pensionnat de jeunes filles se trouve à portée d'une caserne de chasseurs à pied ; le feu se déclare au couvent, les chasseurs vo-

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lent à son secours, et l'officier qui commande ceux-ci se trouve en présence d'une sienne cousine, dont il devient aussitôt amoureux. On devine le reste et le mariage final, qui ne se conclut pourtant qu'à la suite de toute une série d'incidents et de quiproquos d'ailleurs toujours gais et parfois spirituels. Il y a surtout une histoire d'orphéon, d'un orphéon dirigé par un notaire, qui à tout moment fait éclater ses chœurs sans qu'on sache pourquoi et de la façon la plus burlesque, qui est inénarrable. La musique de M. Serpette, toujours fine et bien écrite, rehausse ce livret fantasque de ses accents les plus aimables. On y a remarqué surtout, avec nombre de couplets amusants et faciles, un chœur de l'orphéon signalé ci-dessus dont l'effet comique est étourdissant.

COUSIN DE BRÈME (le), opérette, musique d'Adolphe Mohr, livret tiré de Kœrner, représenté au Stadtheater de Hambourg en mars 1872.

COUSIN DE DENISE (le) , opéra-comique en un acte, paroles de M. Lubis, musique de M. Paris, représenté sur le théâtre Beaumarchais le 21 juin 1849. Il s'agit dans le livret d'une promesse de mariage et d'un dragon du 9e régiment, se substituant à un autre dragon du 6e, dont il prend la place et le nom. Ce canevas est léger ; on a trouvé la musique de M. Paris , ancien prix de Rome, bien faite et non sans mérite.

COUSIN DE MARIVAUX (le), opéra-comique en deux actes, musique de M. Victor Massé, représenté au théâtre de Bade en 1S57.

cousin DE podskal (le), opéra allemand en un acte, musique de Woytissek, repr.au théâtre National de Prague on 1798.

COUSIN DE RETOUR DE L'INDE (UN), opérette, musique de Bovery, représentée au théâtre de Cluny en avril 1868.

cousin DON CÉSAR (le), opéra-comique en deux actes, livret de M. de Saint-Alme, musique de M. Georges Rose, représenté au théâtre Tivoli en février 1873. Le sujet a été tiré de Gil Blas.

COUSIN DU DOCTEUR FAUST (le), opéra allemand, musique de Saint-Lubin, représenté à Berlin vers 1830.

* cousin et la cousine (le), opéra-comique en un acte, paroles de Pigault-Lebrun, musique de Lélu, représenté au théâtre Feydeau le îer avril 1798 et si mal accueilli par le public qu'on ne put le jouer une seconde fois.

* COUSIN PLACIDE (le), opéra-comique en deux actes, paroles de M. L. Belleville, musique de M. Edmond Diet, représentée à la salle de la rue Charras le 17 décembre 1887.

* COUTEAU DE CASTILLE (le), Opérabouffe en un acte, musique de M. Ferdinand Berré, représenté à Bruxelles, sur le théâtre des Galeries-Saint-Hubert, le 22 avril 1868.

* CRAIN NON, opérette en deux actes, paroles de M. V. Alesandri, musique de M. Cyprien Porumbescu, représentée ii Bucharest, par une société d'amateurs, en mars 1893.

* CREACION REFUNDIDA (la), zarzuela en trois actes, musique de M. José Rogel, représentée à Madrid en 1872.

CRÉANCIERS OU LE REMÈDE À LA GOUTTE (les) , opéra-bouffon en trois actes, paroles de Vial , musique de Nicolo , représenté à l'Opéra-Comique en 1807. La partition des Créanciers , écrite dans le temps où Nicolo régnait sans compétiteur sérieux sur la scène de l'Opéra-Comique, offre de nombreuses traces de négligence. De 1805 à i8ii, c'est-à-dire dans l'espace de six ans, Nicolo ne composa pas moins de quatorze opéras d'ailleurs courts, et dont les morceaux sont peu développés.

CREATO FAUZO (lo), opéra-bouffe italien, musique de Vinci, en dialecte napolitain, représenté au théâtre des Fiorentini, à Naples, en 1719.

CREDULO (il), opéra italien, musique de Cimarosa, représenté au théâtre Nuovo de Naples en 1785.

* credulo DELUSO (il), opéra-bouffe, paroles anonymes, musique de Paisiello, représenté à Naples, sur le théâtre Nuovo, en 1774.

CREDULO DELUSO (il), opéra italien, musique de Tadolini, représenté à Rome vers 1820^

CREDUTA INFEDELE (la), opéra italien, musique de Gazzaniga , représenté à Naples en 1783.

CREDUTA PASTORELLA (la), opéra italien, musique de Caruso, représenté à Rome , dans le carnaval, en 1778.

CREDUTO pazzo (il), opéra-bouffe, musique de Favi (André) , représenté à Florence en 1790.

* CRÉMAILLÈRE (la), opérette en trois actes, paroles de MM. Paul Burani et Alber '■ Brasseur, musique de M. Robert Planquette, représentée au théâtre des Nouveautés le 28 novembre 1885.

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* crème fouettée, opérette en un acte, musique de M. Georges Douay, représentée sCn concert de la Tertullia en 1871.

CREOLA (la), opéra séria, livret de Torelli- Viollier, musique de G. Coronaro, représenté au théâtre Comunale de Bologne le 24 novembre 1878; chanté par Petrovich, Kuschman, Dondi, Mmes Fricci, Gargano. Cet ouvrage a obtenu un succès complet.

CRÉOLES (les), drame lyrique en trois actes, paroles de Lacour, musique de Berton, repr.à l'Opéra-Comique le 14 octobre 1826.

CRÉOLE (la), opéra-comique en trois actes, livret de M. Albert Millaud, musique de M. J. Offenbach, représenté aux Bouffes-Parisiens le 3 novembre 1875. L'action se passe au temps de Louis XIV. Le commandant Adhémar de Feuilles-Mortes veut marier Antoinette, sa pupille, à son neveu René, le mousquetaire. Antoinette est aimée de Frontignac, l'ami de René. Pendant que le commandant est en pleine mer, René presse le mariage de son ami avec Antoinette, car il a laissé à la Guadeloupe l'objet de ses amours, Ja belle créole Dora. Adhémar revient brusquement et ramène à son bord la maîtresse de son neveu. Comment lui annoncer que ses ordres d'hyménée ont été méconnus? Dora se charge d'obtenir son consentement en s'emparant d'une lettre de Duguay-Trouin, qui contient un avis important, et en ne la remettant à Adhémar qu'à la condition qu'il approuvera le double mariage. Sur ce livret peu intéressant, M. Offenbach a brodé une musiquette dénuée de toute originalité; ce sont toujours les mêmes phrases écourtées et jetées dans le même moule rythmique. Le deuxième acte a été le mieux accueilli ; la villanelle : Je croyais que tu m'aimais, chantée au clavecin par Antoinette, a quelque peu le caractère archaïque, mais l'accompagnement en est bien pauvre. La romance de Dora : II vous souvient de moi, j'espère, est monotone, et ses couplets : Si vous croyez que ça m'amuse, sont d'aussi mauvais goût que le duo d'amour qui les suit. La chanson créole ne vaut guère mieux. M. Offenbach s'obstinait à des enfantillages qui ont fini par fatiguer le public, tels que des répétitions de mots et de syllabes. Ici, c'est un chœur sur les paroles : Mené, René, René, René'; là, c'est : je faim', faim' , faim', faim' ; ailleurs, c'est: qui'/ qui? plus loin, c'est : Coco. Dans le dernier acte, la chanson des Dames de Rordeaux a été bissée. Distribution : Dora, Mme Judic ; René,

Mme Van-Ghell; Antoinette, Mme Luce; le commandant, Daubray; Frontignac, Cooper; Saint-Chamas, Fugère.

CREONTE, opéra italien, musique de Ziani, représenté à Venise en 1690.

* CRÊPES DE LA MARQUISE (LES), Opé.

rette en un acte, paroles de M. Turpin de Sansay, musique de M. Georges Douay, représentée aux Bouffes- Parisiens le 18 mars 1865.

* CRÉPUSCULE DES DIEUX (le) [Gœtterdœmmerung], drame musical, un prologue en trois actes, paroles et musique de Richard Wagner, représenté pour la première fois sur le théâtre wagnérien de Bayreuth le 17 août 1876. C'est la dernière partie de la fameuse tétralogie de Y Anneau du Nibelung, qui, on le sait, est ainsi divisée : io L'Or du Rhin (Rheingold), prologue; 20 La Valkyrie ; 3o Siegfried ; 40 Le Crépuscule des Dieux. Il est difficile de se faire une idée de l'incohérence et de l'enfantillage du livret de ce dernier ouvrage, de ses longueurs accablantes, de l'ennui qui s'en dégage ; c'est le fruit d'une imagination malade, qui se contente de tous les prétextes scéniques pour former le semblant d'une action qui n'a véritablement ni queue ni tête, d'une action dont on peut dire que le dévergondage confine à la folie. Et le rôle de la musique n'est point de nature à calmer la fatigue et l'ennui du spectateur, au moins jus qu'au troisième acte, où l'homme de génie se retrouve, et dont les beautés rachètent en partie la souffrance que causent les précédents. Voici ce qu'un des plus fanatiques admirateurs de Richard "Wagner, M. Charles Tardieu, dans les lettres qu'il adressait de Bayreuth à Y Indépendance belge lors des premières représentations de la tétralogie, écrivait à propos du Crépuscule des Dieux :

« N'était son troisième acte, la Gœtterdœmmerung, ce crépuscule des dieux, serait aussi le crépuscule de la tétralogie. On assure que c'est une question d'exécution, que les artistes étaient fatigués, le public aussi, non pas à cause de l'œuvre, car le Siegfried de la veille avait ranimé tous les courages, mais à cause de la chaleur, qui sévit ici comme partout, chaleur terrible en dépit d'une brise légère qui rendrait le soleil supportable, si elle n'avait l'inconvénient de déchaîner dans l'atmosphère une poussière énervante et aveuglante. Pourtant la fatigue de tous était bien plus accablée au commencement du troisième acte qu'au début de cette quatrième journée dramatique ; la température de la salle s'était élevée à un diapason fantastique, et cela n'a

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pas empêché ce troisième acte de renouveler et de dépasser les plus hautes impressions des premiers jours. N'est-on pas en droit d'en conclure que les deux premiers actes sont infiniment moins heureux, et que l'auteur, forçant la mesure de son génie, a trop exigé de la tension cérébrale du public ? Heil dir, siegendes Lichtï (Honneur à toi, lumière victo- ■ rieuse !)tel est le salut de Brunnbilde au héros qui la délivre du sommeil divin et la conquiert à l'amour terrestre. On pourrait dire que les trois premières partitions de la tétralogie sont une conquête par la lumière, l'héroïsme et l'amour, mais que dans les deux premiers actes de la Gœtterdœmmerung, dans le premier surtout, Richard Wagner n'est plus le Siegfried allègre et rayonnant que nous venons d'applaudir d'enthousiasme ; il a coiffé le sombre Tarnhelm du Nibelung, il a pris le masque de Gunther ; c'est par la violence qu'il impose à la foule comme à la Walkure sa domination intraitable, et la foule, révoltée mais vaincue, n'a plus qu'à pousser le cri de détresse impuissante de Brunnhilde : Was koenntest du wehren, elendes Weib ? (Misérable femme, misérable foule, que pourraistu encore refuser?) Le fait est qu'elle ne refuse pas son admiration au troisième acte. L'exorde ne serait-il encore ici qu'un repoussoir pour faire ressortir la péroraison, et Richard "Wagner se serait-il une fois de plus inspiré de cet aphorisme qui pourrait servir d'épigraphe à son œuvre : Il faut payer son bonheur ? Peut-être ; mais cette fois nous l'avoiis payé avec usure. »

Je répète que c'est un des plus furieux admirateurs de Wagner qui parle ainsi. Que peuvent bien penser les autres ?

Tandis que la Walkyrie nous fait assister aux élans de la passion incestueuse de Siegmund et de Sieglinde et au châtiment infligé par le dieu Wotan à sa fille Brunnhilde, que Siegfried nous fait contempler les amours de ce fils posthume de Siegmund et de la Walkyrie Brunnhilde, qu'il délivre du sommeil auquel l'a condamnée son père, le Crépuscule des Dieux, à l'aide d'une action invraisemblable, folle, odieuse et répugnante par instants, nous fait contempler successivement la mort de tous ces héros, tous plus sots et plus scélérats les uns que les autres : Siegfried, Gunther, Hagen, et Brunnhilde ellemême, la seule figure touchante et intéressante de ce mélodrame enfantin, qui se termine par l'incendie et la destruction du Walhalla, cet Olympe des dieux de la mythologie Scandinave.

Le prologue et le premier acte du Crépuscule des Dieux, qui comprennent à eux deux quatre tableaux, se jouent tout d'une traite. Ci, deux heures de musique, sans désemparer, et quelle musique ! « Sombres harmonies, rythmes traînants et insaisissables qui atrophient et asphyxient les motifs principaux du Bheingold ; cela ne manque pas de caractère, mais c'est bien long » , dit l'écrivain que j'ai déjà cité, M. Charles Tardieu. Et il ajoute : « Malgré quelques beautés que je n'ai point dissimulées, malgré la puissance d'un talent qui se manifeste jusque dans la ténacité de la fatigue écrasante que ce premier acte fait subir à l'auditoire, l'impression générale était défavorable, pour ne pas dire hostile. » Voilà ce qu'un wagnérien ultra-convaincu écrivait, à Bayreuth même et du vivant même de Wagner ! Le second acte ne le trouve pas plus indulgent, mais ici il s'en prend surtout au poème, et surtout la grande scène entre Siegfried et Brunnhilde est considérée par lui comme « inacceptable au théâtre ». Et il dit: « Nous sommes non pas dans la réalité moderne, mais dans la fantaisie légendaire et symbolique. Soit! Mais pour qu'une légende fournisse le sujet d'un drame ou seulement d'une situation dramatique, encore faut-il qu'elle soit scénique, et celle-ci ne l'est pas...» Nous voilà loin des pâmoisons de ceux qui prétendent faire de Wagner un plus grand poète encore qu'un grand musicien, et qui font pâlir devant lui les mâles figures de Sophocle, de Shakspeare et de Corneille. En parlant ainsi je n'invente rien, et l'on n'a qu'à lire, pour s'en convaincre, les divagations enfiévrées et folles auxquelles se livrent, sous prétexte de gloses , de commentaires et d'éclaircissements, certains wagnériens français qui, dans les élans d'une admiration poussée jusqu'au fétichisme, semblent avoir perdu le sens des mots et des choses.

Le troisième acte du Crépuscule des Dieux, s'il n'est point meilleur que les précédents en ce qui concerne le poème, rachète du moins, au point de vue musical, la souffrance cruelle que ceux-ci ont infligée à l'auditoire. Il y a là des beautés d'un ordre absolument supérieur, et Wagner s'y retrouve avec toute la puissance d'un génie magnifique dont l'intempérance était le vice original. Il faut signaler ici le retour exquis des filles du Rhin, leur scène exquise avec Siegfried, qui refuse de leur donner l'anneau du Nibelung, celle, délicieuse encore, où ce même Siegfried, se retrouvant avec ses compagnons, leur raconte sa jeunesse et ses exploits, et enfin, après le

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