‹ Dictionnaire des opérasChapitre 206 sur 928 · YORICK · texte numérisé non relu

YORICK

Myrrha, la brise est forte Et le Bot écumant; Si la mer me rapporte, Garde-moi ton serment.

Et il se précipite dans la mer. La reine de3 ondes, Claribel, a déjà conçu un tendre sentiment pour le jeune pêcheur ; elle a fait mettre dans ses filets des perles précieuses qu'il s'est empressé d'offrir à Myrrha. Elle veut donc faire oublier à Yorick ses amours terrestres ; elle lui fait voir dans une barque Angus et Myrrha chantant leur amour. Le pêcheur, hors de lui, demande à retourner sur la terre. Claribel lui remet la coupe en lui disant que, s'il n'est pas aimé de Myrrha, il n'aura qu'à l'invoquer trois fois en buvant dans cette coupe, et qu'elle le vengera. Il promet de revenir auprès de Claribel après cette épreuve. Yorick trouve l'île de Thulé en proie aux factions. Chacun veut s'emparer du pouvoir. Il y a même là une scène assez comique qui pourrait avoir quelque raison ailleurs que dans un opéra :

HAROLD

La coupe étant perdue, Nous demandons, et le peuple avec nous,

Que toute voix soit entendue Pour choisir celui-là qui doit régner sur nous.

Eh! croyez-vous que l'on hésite?

Quel autre nom vaudrait le mien ?

Sans contester votre mérite, Chacun n'a-t-il donc pas le sien?

LE CHŒUR

Il pense bien, il parle bien.

Pendant que chacun brigue les faveurs du suffrage universel, Yorick rapporte la coupe qu'il offre à Myrrha. Celle-ci se contente de remercier notre pêcheur, lui promet une récompense honnête, remet la coupe à Angus et le peuple les acclame dans ces vers qui ne brillent pas par la logique :

Notre voix a fixé la fortune indécise ;

Salut à la beauté, près de la force assise ; Angus et Myrrha, devant vous, Peuple et seigneurs sont à genoux.

C'est alors que Yorick se souvient de la promesse faite à Claribel. Lorsque son tour est venu de boire dans la coupe, il chante les invocations à la déesse des ondes : le palais s'écroule, Myrrha est foudroyée et le pêcheur se range sous les lois de Claribel.

La partition de M. Diaz offre, à côté de défauts résultant d'études incomplètes et de l'inexpérience dans l'art d'écrire, des mélodies bien appropriées au sujet. C'est une musique faite avec intelligence et qui n'est pas dépourvue d'inspiration. La nature des idées, le goût apporté dans l'expression des paroles me portent à penser que le talent de M. Diaz pourrait se déployer avec plus de succès dans l'opéra-comique et dans les ouvrages de demi-caractère que sur la scène de l'Opéra. Son harmonie n'est pas assez forte, ses chœurs manquent de puissance, de chaleur, d'effet.

Il y a aussi quelque monotonie dans l'ensemble, à cause de la fréquence de la tonalité de si majeur que le compositeur semble affectionner ; quelques incorrections çà et là (page 27 de la partition, dernière ligne) et des appogiatures dont M. Offenbach a trop abusé pour qu'on aime à les rencontrer dans un ouvrage distingué, d'une portée sérieuse et d'un sentiment poétique comme l'opéra de M. Diaz. Je signalerai, parmi les morceaux les plus intéressants : dans le premier acte, la romance d'Yorick : la Nature entière me semble un doux reflet de sa beauté ; la phrase : Myrrha, la brise est forte et le flot écumant dans le finale, ainsi que l'ensemble dans lequel Paddock brave les courtisans ; dans le deuxième acte, 'e chœur abouches fermées; l'air de Claribel;

COUR

COUR

Pour le laisser venir vers nous , souffles des mers, apaisez-vous! le chœur dansé : Nouons et dénouons la chaîne ; l'andante en la majeur du ballet. La mesure à sept temps employée par le compositeur dans le duo de Claribel et d'Yorïek ne me paraît pas heureuse. Il faut que ces incartades soient couronnées par le succès pour être amnistiées, comme on l'a vu dans l'air de George au deuxième acte de la Dame blanche. Le duo de la vision et le chœur des sirènes : 0 Zéphire, dieu léger, terminent avec beaucoup de charme le deuxième acte. Dans le troisième, on a remarqué l'air de Myrrha et le finale du premier tableau : Heureux pêcheur, double aubaine, en style d'imitation. Distribution : Paddock, Faure ; Yorick, Léon Achard ; Angus, Bataille ; Harold, Gaspard; l'intendant, A uguez ; Myrrha, Mme.Gueymard ; Claribel, M™e Rosine Bloch ; une sirène, Mlle Arnaud.

COUR DE GÉLIMÈNE (la.), opéra-comique en deux actes, paroles de M. Rosier, musique de M. Ambroise Thomas, représenté à l' Opéra- Comique le il avril 1855. M. Rosier n'a pas donné moins de quatorze soupirants à la coquette Célimène. Un commandeur et un jeune officier se disputent sa main. Ce dernier se révolte des caprices de la comtesse Célimène, et finit par épouser la baronne, sa sœur. Quoique plusieurs incidents dramatiques dissimulent la trop grande simplicité du fond , la donnée de la pièce est peu musicale. Une étude psychologique ne convient nullement à une œuvre lyrique. La partition est pleine de morceaux intéressants. L'ouverture a une sonorité délicieuse et est formée des dessins les plus ingénieux. Les chœurs des prétendants, au commencement et à la fin du premier acte , sont traités avec esprit et habileté. On a applaudi les airs chargés de toutes les fioritures propres à faire valoir le talent des interprètes, et expressément écrits pour eux, c'est-à-dire pour Mmes Miolan- Carvalho, Colson et pour Bataille. Jourdan a joué le rôle du chevalier.

* COUR d'ognon, « tableau naturaliste » en deux actes, paroles de M. Henri Simon, musique de M. Sylvain Dupuis, représenté au Gymnase de Liège en juillet 1888.

cour du ROI pétaud (la), opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. Adolphe Jaime et Philippe Gille, musique de M. Léo Delibes, représenté au théâtre des Variétés le 24 avril 1869. Il est à remarquer qu'à l'époque même de la première Révolution française, on n'a pas joué de pièces dans lesquelles les rois.

les princes et les sommités sociales aient été l'objet d'un plus grand mépris, de la plus bouffonne dérision que dans celles qu'on a fait représenter à Paris pendant les dernières années du second Empire, et particulièrement en 1867, 1868 et 1869. Le roi Pétaud VIII vient d'être battu par son voisin, le tyran Alexibus. Après un combat dans lequel il a perdu sa couronne, il arrive sur la scène, en disant qu'il n'est pas fâché d'avoir vu ça!... Les favoris s'appellent Volteface, Zéro, etc.; la princesse héréditaire s'appelle Girandole; c'est elle qui, fiancée au fils d'Alexibus, a été élevée comme une Agnès, et dont son fiancé Léo s'efforce de se faire aimer en se déguisant en berger d'Arcadie. La musique écrite sur cette pièce est gracieuse, vive et ingénieuse ; on a remarqué le duo du troisième acte, et une mélodie chantée par Léo derrière la statue de l'Amour. Joué par Grenier, Léonce, Christian, Destombe ; Mlles Zulma Bouffar et Aimée.

COUREUR DE VEUVES (le), opéra en trois actes, paroles de Brisset, musique de Blangini, représenté au théâtre des Nouveautés le 1er mars 1827.

COURONNE DE LA MOISSON (la), opéra, musique de Schenck , représenté au théâtre Schikaneder à Vienne en 1791.

COURONNE DE LA MOISSON (la), opérette allemande, musique de Knecht, écrite à la fin du xvme siècle (inédite).

COURONNEMENT DE NUMA FOMPILIUS (le), opéra en deux actes, musique de Scheyermann, composé pour le théâtre de Nantes vers 1820.

COURSES DE NEWMARKET (les), opéracomique en un acte, paroles de Jouy et Merle, musique de Struntz, représenté à l'Opéra- Comique, le 26 décembre 1818.

* course de nounous (uns), opérette en un acte, paroles de MM. Léon et Frantz Beauvallet, musique de M. Georges Rose, représentée au concert de l'Époque le 19 avril 1890.

COURSES DE tempe (les) , pastorale en un acte, en vers, suivie d'un divertissement, paroles de Piron , musique de Rameau , représenté au Théâtre-Français le 30 août 1731. Les airs de danse composés par Rameau sont d'autant plus agréables, que le rythme gracieux est rendu plus vif par de bonnes successions harmoniques. En effet, lorsque le changement d'accord est amené sur les tempsforts avec science et goût , il en résulte une

COUR

cadence qui nous paraît être la condition essentielle de ce genre de composition.

* COURT AND COTTAGE, opéra-comique, paroles de Tom Taylor, musique de Frédéric Clay, représenté à Londres, au théâtre Covent-Garden, en 1862. C'était le premier et heureux début devant le grand public du compositeur, qui n'avait encore écrit que deux opérettes pour des scènes d'amateurs : l'une, the Pirate's Isle, en 1859, et l'autre, Oui ofsight, en 1860.

courte échelle (la), opéra-comique en trois actes, livret de M. Ch. de La Rounat, musique de M. Edmond Mombrée, représenté à l'Opéra-Comique le 10 mars 1879. La pièce est intéressante, pleine d'action et de belle humeur, et, si la musique ne l'eût pas alourdie par des développements exagérés et des complications vocales et instrumentales en dehors de son caractère, elle aurait réussi facilement. La scène se passe au temps de Louis XIII. Le vicomte de Chamilly, viveur élégant et insouciant, est sur le point de réparer sa fortune en épousant une riche héritière qu'il n'a jamais vue , MUe Diane de Beaumont. Celle - ci partage les sentiments que lui a voués Henri de Chavanne, ami du vicomte. Elle a pour tuteur un vieux galant qui, ne pouvant plus avoir de bonnes fortunes pour son propre compte, favorise volontiers celles des autres. Chamilly, enterrant la vie de garçon dans un repas, a reçu de Chavanne la confidence de ses amours, sauf le nom de la belle. Il se divertit de ses scrupules, et, pour empêcher le mariage projeté, le sien propre, il propose un enlèvement, idée à laquelle le vieux tuteur applaudit, au point de vouloir même prendre part à son exécution. En effet, au deuxième acte, Chamilly fait la courte échelle au jeune Chavanne pour pénétrer auprès de Diane. Le guet vient à passer; les gentilshommes sont provisoirement arrêtés. Chavanne et Diane de Beaumont se sont réfugiés dans une auberge, où se déroule le troisième acte. M. de Beaumont, le tuteur, a appris les détails de l'aventure dont il a été un des acteurs. Dans son emportement contre lui-même et contre le ravisseur, il provoque Chavanne et le blesse légèrement, comme doit toujours l'être un jeune premier à l'Opéra-Comique. Chamilly, qui va redevenir riche par l'héritage d'une tante, renonce à la main de Diane en faveur de son ami. Quelques épisodes comiques agrémentent cette pièce, à laquelle on pourrait peutêtre reprocher de ne pas offrir quelques situa-

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