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DAMN

DAME voilée (la) , opéra-comique en un acte, paroles de Ségur jeune, musique de Mengozzi, représenté à l'Opéra-Çomique le 28 novembre 1799.

DAMES CAPITAINES (les), opéra-comique en trois actes , paroles de Mélesville , musique de M. Reber, représenté à l'Opéra- Comique le 3 juin 1857. L'action se passe au temps de la Fronde ; la duchesse de Châtillon en est l'héroïne. C'est un tissu d'invraisemblances sans intérêt. C'est une véritable infortune pour un compositeur que d'avoir eu à traiter un tel livret. M. Reber a déployé beaucoup de savoir, de goût, d'habileté, dans la partition, sans pouvoir triompher des situations ingrates du poème, si poème il y a. On a remarqué l'ouverture militaire, le refrain de Bischoff : Vive le vin du Rhin ! le finale bien rythmé du premier acte ; dans le second, le joli duo de Guitaut et de la duchesse, les couplets de Gaston avec accompagnement de harpe, et dans le troisième acte, un petit trio. Les rôles ont été chantés par Barbot, Couderc, Sainte-Foy, M^e Vandenheuvel-Duprez et Mlle Lemercier.

damète et zulmis, opéra en un acte, paroles de Desriaux , musique de Mayer, représenté à l'Académie royale de musique le 2 juille+ 1780, à la suite de Laure et Pétrarque, de Candeille. Il partagea le sort de ce dernier ouvrage et n'eut aucun succès.

DAMINA plaçât A (la), opéra italien , musique de Acciajuoli,rep. à Venise en 1680.

* damnaçao do fausto (a), opérette en quatre actes, musique de M. Freitas Gazul, représentée à Lisbonne sur le théâtre du Prince-Royal.

DAMNATION DE FAUST (la), légende en quatre parties, paroles de MM. Hector Berlioz, Gérard et Gandonnière, musique de M. H. Berlioz. Cet ouvrage a été exécuté dans la salle de l'Opôra-Comique le 6 décembre 1846. Cette œuvre appartient au genre descriptif et a été conçue sous l'influence des idées de la nouvelle école allemande. Des musiciens supérieurs comme M. Berlioz peuvent tirer un grand parti de cet étrange système, qui consiste à considérer comme non avenues les règles de la composition musicale établies successivement par les maîtres italiens et allemands des trois derniers siècles, parce qu'il ne peut se soustraire toujours ni entièrement aux conséquences de son éducation musicale et du milieu dans lequel il vit, et qu'il se retrouve à son insu , tout en protestant ,

sur la grande route et en bonne compagnie. Mais dans quel labyrinthe, au fond de quelles ténèbres ne nous conduiraient pas les sectateurs médiocres de cette doctrine romantique, aussi éloignée du sentiment de la nature que du pur idéal ? Les poètes et les littérateurs qui se sont fait une légitime réputation depuis 1830 la doivent à un mérite d'autant plus grand , plus personnel , plus exceptionnel, que les nuages et les travestissements bizarres dont ils se sont affublés ne l'ont pu obscurcir ni étouffer. Tout peindre , tout exprimer avec le plus de réalité possible, photographier les impressions morales , dissiper la pénombre qui enveloppe toujours un peu les sentiments humains, encombrer le tableau d'une foule de détails accessoires et minutieusement indiqués, tel est le point de départ et le programme de la symphonie romantique. C'est une hérésie matérialiste au fond. Mais il ne suffit pas de formuler un programme, il faut l'exécuter, et c'est ici que se manifeste une contradiction bien singulière. Nos musiciens se mettent à l'œuvre. Ils répudient comme insuffisant l'héritage de Haydn, de Mozart , de Gluck et de Beethoven. Ils sont si riches de leur propre fonds 1 Ils démolissent l'édifice harmonique, et quand tous les matériaux sont à leurs pieds, ils tentent de le reconstruire d'après un nouveau plan. Mais ils négligent de numéroter les pierres, de sorte qu'au lieu de la vérité d'expression, ils trouvent l'hyperbole ; ils remplacent les contrastes naturels par des antithèses outrées, et ils font de la lumière sereine un jour blafard. Ils substituent à l'idiome de l'art, à la langue sacrée , un vocabulaire polyglotte dont ils possèdent seuls la clef. Les tonalités sont décousues , les relations et les affinités détruites : c'est le chaos. M. Berlioz, comme nous l'avons dit plus haut, s'est dégagé maintes fois de ces obscures théories, et, dans sa Damnation de Faust, dans son oratorio de l'Enfance du Christ, et surtout dans la plus grande partie de l'opéra des Troyens, il a écrit des morceaux d'un goût exquis, dans lesquels l'originalité n'exclut pas la parfaite satisfaction de l'oreille, de l'intelligence et du cœur. Afin que le lecteur se rende compte du but que s'est proposé le compositeur dans l'ouvrage dont il est ici question , nous en reproduisons le livret.

Première partie : les Plaines de Hongrie., pastorale ; Faust seul, ronde de paysans; chœur, récitatif ; Marche hongroise (orchestre seul).

Deuxième partie : Faust dans son cabinet de travail, récitatif sur une fugue instrumentale;

DAMO

Hymne de la fête de Pâques, chœur ; récitatif. Cave de Leipzig, chœur de buveurs ; chanson de Brander, ivre ; chanson de Méphistophélès, — Bosquets et prairies du bord de l'Elbe. Sommeil de Faust ; chœur de sylphes et de gnomes; ballet des sylphes; récitatif; chœur de soldats; chanson latine d'étudiants; la chanson et le chœur ensemble.

Troisième partie : Retraite militaire (orchestre seul) ; Faust dans la chambre de Marguerite, air; le Roi de Thulé , chanson gothique; Marguerite seule; récitatif de Méphistophélès; Devant la maison de Marguerite; évocation ; danse de follets (orchestre seul), sérénade de Méphistophélès ; finale: duo, trio, chœur (Marguerite , Faust , Méphistophélès, bourgeois et artisans).

Quatrième partie : air : Marguerite seule; récitatif mesuré avec le chœur des soldats et la retraite. — Forêts et cavernes, Faust seul ; Invocation à la nature ; récitatif de Méphistophélès (chasse lointaine) ; la course à l'abîme (Faust et Méphistophélès , chœur et orchestre); pandœmonium ; chœur infernal; épilogue {sur la terre et dans le ciel) ; récitatif à six voix ; chœur d'esprits célestes ; apothéose de Marguerite.

Les morceaux les plus remarquables de cette épopée sont : la Marche hongroise, le duo : Ange adoré dont la céleste image, la sérénade de Méphistophélès, l'air de Marguerite au rouet, le chœur des esprits célestes et la course à l'abîme. L'ouvrage a été interprété par Roger, Hermann-Léon, Henri, Mme Diiflot-Maillard et deux cents musiciens dirigés par Berlioz en personne.

Depuis la mort de Berlioz, une réaction puissante s'est produite en faveur du compositeur et de ses œuvres. Parmi celles-ci, la Damnation de Faust a surtout excité l'enthousiasme et l'admiration du public. On vit alors ce qu'on n'avait encore jamais vu : un poème musical exécuté cent fois au concert (au Châtelet) avec un succès qui ne s'est pas démenti un seul instant et qui, loin de s'affaiblir, semblait croître au contraire à chaque nouvelle audition, où il était accueilli par des applaudissements frénétiques. Et ce succès ne s'est pas borné à Paris et à la France ; la Damnation de Faust a triomphé également à l'étranger, en Allemagne, en Russie, en Angleterre et jusqu'en Italie. On l'a même, en certaines villes, représentée sous forme d'action dramatique, avec décors et costumes.

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