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CROQUEFER OU LE DERNIER DES PALA

DINS, bouffonnerie en un acte, paroles de MM. Jaime et Trefeu, musique de M. Offenbach, représentée aux Bouffes-Parisiens le 12 février 1857. Le succès du Sire de Framboisy a fait croire aux auteurs patentés de ce théâtre, que le même sujet pourrait être développé dans une pièce. Croquefer a paru fastidieux, et a peu déridé le public, malgré les excentricités de son écuyer Boutefeu, du baron Mousse-à-mort, de l'amoureux Ramasseta-tête et de la belle Fleur-de-soufre. La partition a été traitée, dit-on, con amore par l'imprésario compositeur. Elle renferme des motifs agréables , une instrumentation travaillée et surtout un air à boire en quintette habilement écrit. La pièce a été jouée, sinon chantée, par Pradeau, Léonce, Michel, Mlle Maréchal.

* CROQUEUSES DE POMMES (LES), Opérette en cinq actes, musique de M. Louis Deffès, représentée au théâtre des Menus- Plaisirs le 29 septembre 1868.

* croquignole xxxvi, opérette en un acte, paroles de De Forges et Gastineau, musique d'Ernest Lépine, représentée aux Bouffes-Parisiens le 14 janvier 1860.

* CROYANCE bretonne (une), opéra-comique en un acte, paroles de M. Humbert, musique de M. Balthazar-Florence, représenté le 5 avril 1867 au théâtre de la Monnaie de Bruxelles.

* CRUCHE (la), opéra-comique en un acte, musique d'Alphonse Pellet, représenté à Nîmes le 12 mai 1884.

CRUCHE CASSÉE (la), opéra-comique en un acte et en vers, paroles de MM. Hippolyte Lucas et Emile Abraham, musique de M. Emile Pessard, représenté à l'Opéra-Comique en février 1S70. Tous les genres sont bons, sauf le genre ennuyeux. Une dame sentimentale ne consent à donner sa main à un vieux soupirant qu'à la condition qu'il lui fera voir un exemple d'amour vrai et désintéressé. Un villageois est amoureux d'une charmante fille que courtise un riche rival ; un vieil oncle avare s'oppose au bonheur des jeunes gens ; une scène d'amour a lieu près de la fontaine où la jeune paysanne vient emplir sa cruche. Mme Dorothée assiste à l'entrevue, et peut se convaincre que l'amour sincère existe encore. L'épisode de la cruche cassée sert de prétexte au titre de la pièce. Mme Dorothée dote les paysans, et un double mariage a lieu. Il n'y a pas d'autre rapport avec la toile célèbre du peintre Greuze qu'un

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titre pris au hasard. Tels sont les livrets qu'on réserve aux anciens pensionnaires de Rome. M. Pessard a écrit sur cette baliverne une musique agréable; l'ouverture a un caractère archaïque ; on a remarqué un duo ei une romance. Chanté par Leroy, Bernard, Lignel, Mile Moisset et Mme Révilly.

cruche cassée (la.), opéra-comique en trois actes, livret de MM. Moinaux et Noriac, musique de M. L. Vasseur, représenté au théâtre Taitbout le 27 octobre 1875. La pièce est un commentaire fort détaillé du célèbre tableau de Greuze. Aux sous-entendus, aux réticences, aux équivoques vient s'ajouter le jeu des actrices tel que la liberté ou plutôt la licence des théâtres l'a permis. Un couplet eût suffi ; trois actes, c'est vraiment trop. La musique est très-faible. On n'a remarqué qu'une chanson espagnole au troisième acte. Chanté par Bonnet, Luguet, Mme chaumont et Mlle Montaland.

CRUCHE CASSÉE (Là) OU LES RIVAUX DE VILLAGE, opéra-comique en deux actes, paroles et musique de Lemière de Corvey, repr.à l'Opéra-Comique le 24 décembre iris.

crucifiement DE JÉSUS (le), drame, musique de Eberlin (Jean). Cette partition a été exécutée par les étudiants du couvent des Bénédictins de Salzbourg vers 1756.

CRUSADERS (the), opéra anglais. V. Croisés (les).

* CRUZ DE FUEGO (la), opéra en trois actes, musique de M. Miguel Margués, repr. le 8 octobre 1883, à Madrid, sur le théâtre Apolo. Cet ouvrage subit une chute complète.

* CRUZ DE OURO (a), opéra-comique en deux actes, musique de M. Augusto Machado, représenté sur le théâtre de la Trinité, de Lisbonne, le 22 octobre 1873.

* CRUZ DEL VALLE (la), zarzuela en un acte, musique de M. Antonio Reparaz, représentée à Madrid, sur le théâtre du Cirque, en octobre 1866.

* CUADRO, UN MELONAR Y DOS BODAS {un), zarzuela en deux actes, musique de José Rogel, José Inzenga et Cepeda, représentée à Madrid en 1866.

* CUBIERTOS A CUATRO REALES, zarzuela en un acte, musique de M. José Inzenga, représentée à Madrid le 27 octobre 1866.

CUBLAI, GRAN CAN DE' TARTARI, Opéra italien en deux actes, musique de Salieri, représenté à Vienne en 1788.

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CUCÙ SCOPRE TUTTO (il), opéra italien, musique de Trento, représenté à Florence, à Parme, à Turin, à Naples, à Venise vers 1796.

* CUENTO DE BOCCACIO (un), opérette en un acte, paroles de M. Cuartero, musique de M. Taboada, représentée à l'Alhambra de Madrid en juin 1884.

* CUENTO DEL ANO, revue mêlée de musique, paroles de M. Navarro Gonzalvo, musique de MM. Angel Rubio et Espino, représentée sur le théâtre des Variétés de Madrid, en février 1887.

CUFFIARA (la), opéra italien, musique de Paisiello, représenté à Naples vers 1790.

CUISINIER (le), opéra allemand, musique de Schack, représenté à Salzbourg vers 1780.

CUNEGONDA , opéra italien , musique de Vivaldi, représenté au théâtre San-Angiolo, de Venise, en 1726.

* CUOCO (il) [le Cuisinier], opéra-bouffe en trois actes, paroles d'Almerindo Spadetta, musique de Nicolas d'Arienzo, représenté au théâtre Rossini, de Naples, en 1873.

* CUOCO Di PARIGI (il), opéra-bouffe, musique de Dalla Baratta, représenté en Italie vers 1865.

CUORE Di MARINARO, opéra italien, musique de Sessa, représenté à Reggio d'Emilia enjuin 1876.

* CUORE Dl marmo (un), opéra sérieux, musique de Battista Dessy, représenté à Cagliari vers 1872.

CUPID'S REVENGE (the) [la Vengeance de l'amour], opéra anglais, musique de J. Hooke, repr < à Hay-Market, à Londres, en 1772.

* CURA del regimento (el), zarzuela en un acte, paroles de M. Emilio Sanchez Pastor, musique de M. Ruperto Chapi, représ, au théâtre Eslava, de Madrid, en mars 1895.

* CURÉ DE MEUDON (le), opéra en un acte, musique de M. Frédéric von Woyrsch, représenté au théâtre municipal de Hambourg le 22 novembre 1866.

cure merveilleuse (la), opéra-bouffe, livret de M. Dessolins, musique de M. Ch.-L. Hess, représenté au Théâtre - Français de Rouen en janvier 1875.

CURIEUX PUNIS (les), opéra-comique, musique de Bonnay, représenté au théâtre des Beaujolais vers 1787.

GYDI

GZER

CURIOSO ACCIDENTE (un), opéra-bouffe en deux actes, arrangé sur la musique de Rossini, représenté au Théâtre-Italien de Paris le 26 novembre 1859. C'est un pastiche sans intérêt, composé de lambeaux des premières productions du maître, jouées de 1810 à 1812 sous les titres de l'Occasione fa il ladro, de II cambiale di matrimonio et de la Pietra di Paragone. Cette malencontreuse bouffonnerie a été chantée par Badiali, Zucchini, Lucchesi, Patriossi, Mme" Alboni et Cambardi, sans aucun succès.

CURIOSO ACCIDENTE (un), opéra italien, musique de Ricci, représenté au théâtre Carlo-Felice, à Gênes, en octobre 187 1. Ce compositeur est le neveu de Frédéric Ricci, l'auteur de Crispino e la Cornare et de beaucoup d'autres ouvrages. On a fait bon accueil à la musique du jeune artiste. Chanté par Montanari et Cesare Ristori, frère de la célèbre tragédienne.

CURIOSO DEL SUO PROPRIO DANNO (il), opéra italien, musique de Piccinni (Nicolas), représenté à Naples en 1755.

CURIOSO INDISCRETTO (il) , opéra italien, musique de Gherardesca, représenté à Lucques en 1764.

CURIOSO INDISCRETTO (il), opéra italien, musique de Anfossi, représenté à Milan en 177S , et à Paris , sur le théâtre de l'Académie royale de musique , le 13 août de la même année. La musique de ce maître fit moins d'impression que celle de Piccinni et de Paisiello, qu'on entendit pour la première fois à l'occasion de la querelle des gluckistes et des piccinistes.

* CURIOSO STRATAGEMMA (un), comédie lyrique, paroles d'Andréa Passaro, musique de Giovanni Moretti et plusieurs autres compositeurs, représentée en 1838 à Naples, sur le théâtre de la Fenice.

CUSTODE DI SE STESSO (il), opéra italien, musique de Rœsler, représenté à Prague vers 1800.

CUVIER (le), opérette de M. J. de Prémaray, musique de M. Hassenhut , représentée aux Bouffes-Parisiens le 25 octobre 1856. Le conte de La Fontaine a fourni le sujet de la pièce.

* CYDIPPE, opéra-comique en un acte, paroles de Bouteiller, musique de Froment, représenté au théâtre des Beaujolais le 20 juillet 1785.

CYGUNIA (les Bohémiens) , opéra polonais, musique de Mirecki , représenté à Varsovie en 1820.

* cymbia, opéra anglais, musique de M, Florian Pascal, représenté à Londres, sur le théâtre du Strand, en mars 1883.

CYMON, opéra anglais, musique de Michel Arne, représenté à Londres en 1767.

CYRUS, grand opéra allemand, musique de Seyfried, représenté en 1803.

CYRUS ET CASS ANDRE, opéra allemand, musique de J.-D. Hensel, représenté à Vienne

CYTHÈRE ASSIÉGÉE, ballet en trois actes, par Favart , musique de Gluck, représenté à l'Opéra le 1er août 1775. Cette pièce avait été composée d'abord en prose mêlée de couplets, par Favart, en société avec Fagan, et représentée à Paris, sur le théâtre de la foire Saint-Laurent en 1744. Les critiques de ce temps s'accordent à en trouver la musique monotone et triste. Il faut dire que Gluck avait peu d'aptitude pour des ouvrages de ce genre, et qu'il n'y réussit jamais, si ce n'est peut-être dans les Pèlerins de la Mecque.

CZAR ET CHARPENTIER, opéra allemand, musique de Lortzing, représenté Si Berlin en 1854 , et souvent repris. Cet opéra a joui d'une grande réputation en Allemagne. Il a été joué à Saint-Pétersbourg sous le titre de : Aventures flamandes. La partition a été publiée en France.

* CZARINA (Là), opérette en un acte, paroles de M. José Estremera, musique de M. Ruperto Chapi, représentée en 1894 à Madrid, sur le théâtre Apolo.

* czarine (la), grand opéra en cinq actes, musique de Gaspar Vilate, représenté au théâtre Royal de la Haye le 2 février 1880.

Le sujet, tiré de l'histoire de Catherine II, est traité d'une manière intéressante. La musique, tout italienne dans la forme, offre quelques morceaux très dramatiques, notamment le trio du premier acte et le duo du troisième. Les airs de ballet sont pleins de vivacité et de brio. Chanté par M. Devriès et M°»e Laville-Ferminet.

CZAROMYSIi, opéra polonais en trois actes, musique de Kurpinski, représenté à Varsovie en 1618.

CZERNl GEORGES, opéra allemand, musique de De Miltitz. repr. à Dresde en 1839.

* DADA (le), vaudeville en trois actes., musique nouvelle de M. Jules Costé, représenté aux Variétés le 18 février 1875.

daemqna LA pripière , opéra féerique en trois actes, musique de Tuczek, représenté à Vienne vers 1803.

DAFNE , drame de Rinuccini, musique de Jules Caccini, en société avec J. Péri, représenté à Florence chez Jacques Corsi en 1594, et non publié.

dafne, opéra italien, musique de Gagliano (Marco di Zanobi de), représenté, pour les noces du prince, fils aîné du duc de Mantoue, avec la fille du duc de Savoie, en 1607.

DAFNE, opéra italien, musique de Ariosti, représenté à Venise en 1686.

DAFNE, opéra italien, musique du baron d'Astorga, représenté à Vienne en 1705. -

DAFNE, opéra italien, musique de Aldovrandini, représenté à Bologne en 1696.

DAFNE, opéra italien, musique de Pollarolo, représenté à Venise en 1705.

* DAGOBERT ET FRAMBOISY, opérabouffe en un acte, paroles de M. Louis Péricaud, musique de M. Byron d'Orgeval, représenté au théâtre du Gymnase de Marseille le 13 mars 1866.

DA IST NICHT GUT ZU RATHEN {Il est dangereux de conseiller ici) , opéra-comique, musique de Barta , représenté à Vienne en

DAL FINTO IL VERO, opéra italien, musique de Paisiello, représenté à Naples vers

DALIBOR, opéra en trois actes, musique de M. Smetana, chef d'orchestre, représenté au Neustœdler-Theater, à Prague, en mai

DALISA, opéra italien, musique de J.-A.-P. Hasse, représenté à Venise en 1730.

DALLA BEFFA IL DISINGANNO , opéra italien, musique de J. Pacini, représenté au théâtre Re, de Milan, en 1817.

DAMA BIZZARRA (la), opéra italien, musique de Bianchi, représenté à Rome en

DAMA COLONELLO (la), opéra italien, musique de Ricci (Louis) , représenté à Naples dans l'automne de 1834.

* DAMA DEL CASTELLO (la), opéra italien, musique d'E. Dominguez, compositeur espagnol, représenté sur le Théâtre-Principal de Barcelone le 6 septembre 1845. Les interprètes étaient Milessi, Martorell, Oller, Morelli et Carlotta Cattinari.

* dama DEL REY (la), zarzuela en un acte, paroles de Navarro Villoslada, musique d'Emilio Arrieta, représentée à Madrid, sur le théâtre du Cirque, le 7 février 1855.

DAMA ED IL ZOCOLAJO (la), opéra, musique de Fioravanti (Vincent), représenté à Naples en 1840.

DAMA IMMAGINARIA (la), opéra italien, musique de Astaritta, représenté à Naples en 1777.

DAMA INCOGNITA (la) , opéra italien , musique de Gazzaniga, représenté à Venise en 1787.

DAMA IRLANDESE (la) , opéra italien , musique de Mazza , représenté à Naples en

*DAMA LOCANDIERA (la), opéra-bouffe, livret de Romanelli (sans doute tiré de la Locandiera de Goldoni), musique de Mosca, représenté au théâtre de la Scala de Milan le 8 avril 1822.

DAMA pastorella (la) , opéra italien en deux actes, musique de Salieri, représenté à Milan en 1780. Cet ouvrage jouit d'un moment de vogue.

DAMA SOLDATO (la), opéra buffa italien, musique de Naumann , représenté à Dresde en 1791.

DAMA SOLDATO (la), opéra italien, musique de F. Orlandi , représenté à Gênes au printemps de 1808.

* DAMAGANTI, opéra-comique en un acte, paroles de M. Gheusi, musique de M. Lucien Fontagne, représenté au Grand-Théâtre de Marseille en mai 1895, et joué par M"o Dalmour, MM. Cornubert et Bégué.

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« DAME AU BOIS DORMANT (la), opéra-COmique en un acte, paroles de MM. T. Marc et H. Delorme, musique de M. F. Le Rey, représenté au Petit-Théâtre-Lyrique de la galerie Vivienne en février 1895.

DAME AU PORTRAIT (LA.) OU LES PRO- PHÉTIES DE TUIRIBI, opéra-comique, livret de Gênée et Zell, musique de Max-Wolff, représenté au théâtre de Friedrich-Wilhelmstadt en 1877.

DAME BLANCHE (la), opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe, musique de Boieldieu, représenté à l'Opéra-Comique le 10 décembre 1825. Ce chef-d'œuvre d'esprit et de goût brille depuis cette époque au premier rang des opéras-comiques français. Tout s'est transformé au théâtre autour de cet ouvrage. La vogue des troubadours est passée; la galanterie est devenue à tort ou à raison chose ridicule ; la musique ne consiste plus, depuis longtemps, dans un heureux choix de mélodies naturelles et expressives accompagnées avec clarté par l'orchestre, sans fracas, sans faire parade de science, et conçues généralement dans les tons princi paux et d'après les procédés les plus directs et les plus conformes aux lois de l'oreille. Le genre de l'opéra-comique s'est modifié complètement. La partie vocale réclame la virtuosité du grand opéra ; l'orchestration y est devenue aussi chargée, aussi compliquée.

Quant aux livrets en général , surtout ceux en trois actes, ils offrent les péripéties les plus fortes, les plus dramatiques, et ne comportent plus la touche légère, déliée, délicate, qui caractérisait les bons ouvrages de l'ancien répertoire. Si la Darne blanche est encore actuellement la planche de salut des directeurs dans l'embarras ; si, en province comme à Paris , cet opéra-comique attire encore la foule, c'est que les impressions qu'il produit correspondent au caractère permanent de l'esprit français. Aucun compositeur n'a mieux pratiqué que Boieldieu cette maxime familière aux gens de goût: Glissez, n'appuyez pas. Une mise en scène agréable , un soldat aimable, facilement amoureux et non passionné, des situations qu'on ne prend jamais au sérieux , des épisodes gracieux et variés avec un grain léger de poésie et de sentiment, une science musicale sans pédantisme et mise à la portée de tout le monde, une mélodie perpétuelle dans les voix et dans l'orchestre, tels sont les éléments qui expliquent le succès constant de l'opéra de la Dame blanche. Tout en ayant l'inspiration fa-

cile, Boieldieu travaillait beaucoup ses ouvrages et cherchait à leur donner une vérité mélodique absolue. Il refaisait plusieurs fois chaque morceau, et ses partitions, livrées au théâtre chargées de ratures, attestent le soin qu'il y apportait et la sévérité de son travail. Ce ne fut qu'après un silence de sept années qu'il donna son opéra de la Dame blanche. Le public attendait avec impatience cette nouvelle production de l'auteur du Calife de Bagdad, de Ma Tante Aurore et des Voitures versées, et lui fit un accueil enthousiaste. La scène se passe en Ecosse, en 1759, d'après l'indication mentionnée sur la partition. Mais quoique Scribe ait emprunté le sojet du livret au roman de Walter Scott, la couleur locale n'y brille pas d'un vif éclat et le dialogue n'a rien de remarquable ; c'est au musicien que revient l'honneur de l'expression vraie et soutenue des caractères. Chaque phrase mélodique peint admirablement chaque personnage. L'entrain chevaleresque et l'insouciance toute militaire de Georges, la cupidité de l'intendant Gaveston, la poltronnerie du fermier Dikson, la tendresse quasi maternelle de la bonne vieille Marguerite, la gentillesse de Jenny, jusqu'à l'infatuation du juge de paix Mac-Irton, tout est rendu avec une précision parfaite et avec mesure. On peut répéter à cet égard le mot de Mozart s'adressant à l'empereur Joseph, qui critiquait son opéra de l'Enlèvement au sérail : « Il y a là autant de notes qu'il en faut. » Le personnage d'Anna ne nous paraît pas représenté avec le même bonheur, et le musicien a manqué l'occasion qui s'offrait à lui d'en rehausser le caractère; en effet, l'air qu'elle chante au commencement du troisième acte est des plus médiocres. Le travail délicat de l'orchestration et le charme qu on éprouve à l'entendre ne nous empêcheront pas de faire remarquer que l'ouverture de la Dame blanche n'est en somme qu'un développement de deux motifs tirés de la partition vocale , et qu'elle n'appartient plus au genre de composition instrumentale auquel on a donné ce nom depuis Gluck jusqu'à Rossini. Après Boieldieu, Hèrold est entré dans cette voie, sauf pour l'ouverture du Pré aux Clercs , et la plupart des compositeurs l'y ont suivi. Voulant nous borner à rappeler les principaux morceaux de c&<, opéra, nous citerons seulement, dans le premier acte, le choeur d'introduction : Sonnez, cors et musettes; l'air si caractéristique de Georges, Ah! quel plaisir d'être soldat ; la ballade D'ici voyez ce beau domaine; le duo de la peur et le trio final, dont l'harmonie

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est merveilleuse de simplicité, de force et d'effet. On y sent l'élève et l'admirateur de Méhul. Le second acte s'ouvre par les couplets , Pauvre dame Marguerite , remplis de sensibilité et ingénieusement encadrés dans une imitation idéale du rouet. Le trio C'est la cloche de la tourelle est d'une ampleur qu'on ne retrouve pas fréquemment dans les ouvrages de Boieldieu. La cavatine Viens, gentille dame, etle duo de la main achèvent de peindre le caractère de Georges; c'est son côté tendre et galant. La scène de la vente est un tour de force exécuté avec une grâce qui n'a pas été surpassée. C'est à la fois descriptif et scénique. L'expression des personnages intéressés à l'action , les émotions des spectateurs, leurs réflexions malicieuses, tout cela est aussi naturel que possible, et cependant quelle variété dans les détails, quelle richesse de combinaisons rythmiques ! Habitués que nous sommes aux modulations fréquentes et éloignées du ton prineipal, nous sommes confondus en voyant que, pendant une scène aussi développée , l'auteur ne s'éloigne presque jamais du ton d'ut. Le troisième acte présente quelques longueurs; mais elles sont compensées par le chœur Chantez, joyeux ménestrels, dont Boieldieu a emprunté le motif à un air écossais. Cet ensemble, accompagné par les harpes, produit toujours un gracieux elf et. Le rôle de Georges a été créé par Ponchard, qui y a laissé de longs souvenirs jusqu'à ce que Roger l'ait repris en lui donnant une ampleur et un caractère qui lui ont valu un de ses plus beaux succès comme chanteur et comme comédien sur les principales scènes de l'Europe. Voici la première distribution des personnages : Gaveston , Henri ; Anna , M">e Rigaut ; Georges, Ponchard ; Dikson, Féréol ; Jenny» Mme Boulanger;1 Marguerite, Mme Desbrosses; Gabriel, Belnié ; Mac-Irton, Firmin. Au mois de mai 1841 , le théâtre de l'Opéra-Comique a donné une reprise de la Dame blanche avec Masset et Mme Rossi-Caccia dans les rôles de Georges et d'Anna. Tous deux y ont mérité des applaudissements. Achard a débuté avec succès dans le rôle de l'aimable sous-lieutenant. La Dame blanche est le seul opéra-comique qui n'ait jamais quitté le répertoire depuis son apparition.

Voilà donc soixante-dix ans passés que fût joué pour la première fois cet opéra- comique, et rien n'a pu affaiblir encore le succès qui l'accueillit lors de son apparition. Des révolutions successives sont venues remuer profondément le monde politique et littéraire,

les milieux dans lesquels nous vivions se sont transformés, les idées se sont modifiées, de nouvelles théories artistiques ont remplacé, ou plutôt succédé à des principes établis et reconnus, et cet ouvrage n'a cessé d'exciter l'admiration qui lui est si légitimement due. A quoi doit-il donc cet heureux privilège de ne pas avoir eu à souffrir des injures du temps, qui flétrit tout, qui s'appesantit sur toutes choses, en y laissant la trace inneffaçable de son passage, les rides, marques de la vieillesse? A quoi attribuer cette jeunesse éternelle dont il semble posséder le secret ?

C'est que , dans les œuvres de l'esprit humain, il y en a de deux espèces. Les unes, empreintes exclusivement des goûts de l'époque, des idées, des sentiments, des ridicules qui sont alors en cours de circulation dans le monde, peuvent avoir, lors de leur apparition, et même pendant quelque temps, un trèsgrand succès qui naît de l'actualité ; mais il est rare qu'elles survivent aux circonstances qui les ont fait naître, et elles tombent alors dans un profond oubli; les autres, au contraire, conçues et exécutées dans un ordre d'idées tout à fait opposé , ne sacrifiant en rien aux goûts dominants du jour, mais puisant sans cesse aux sources éternelles et intarissables du beau et du vrai les éléments qui constituent leur existence , apparaissent aux regards des populations , non comme l'expression exclusive d'une époque , mais comme un rayonnement dont l'éclat semble grandir et prendre plus de force avec le temps.

Voici l'analyse du poème. Au premier acte, Dikson, fermier des comtes d'Avenel, est sur le noint de baptiser un fils qui vient de naître , lorsqu'il apprend que le shérif , qu'il avait choisi pour parrain, est malade. Le baptême ne peut avoir lieu ; grande douleur de Dikson, de sa femme et des invités. Arrive Georges, un jeune souslieutenant d'infanterie au service du roi d'Angleterre, qui vient leur demander l'hospitalité. Il est très bien accueilli par ces braves fermiers, et Jenny, femme de Dikson, mue par une idée subite , lui propose d'être le parrain de leur fils. Georges accepte au grand plaisir des deux époux , et, resté seul avec Dikson, il lui raconte son histoire. Une sait rien ni de sa famille ni de son enfance; tout ce dont il se souvient, c'est de grands domestiques qui le portaient dans leurs bras, d'une petite fille avec laquelle il jouait, et d'une vieille femme qui lui chantait des

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chansons. Puis il fut transporté sur un vaisseau , sous les ordres de Duncan , son oncle, qui lui enseignait le service maritime; mais, rebuté par les mauvais traitements qu'il recevait, il s'échappa et se fit soldat. Sa bravoure lui valut l'estime et l'affection de son colonel, qui le considérait comme son fils; mais, dans une bataille où ils combattaient l'un à côté de l'autre, ils furent tous les deux blessés, et il eut la douleur ds perdre celui qui lui servait de père. Quant à lui, recueilli dans une chaumière, il reçut les soins les plus empressés et les plus touchants d'une jeune fille dont le souvenir est resté gravé dans son cœur, et dont il cherche à découvrir les traces, car il a appris qu'elle n'habitait pas le pays. Dikson, interrogé à son tour par Georges sur les curiosités de la contrée, lui parle du château des comtes d'Avenel , et lui apprend comment le dernier comte , qui appartenait au parti des Stuarts, a été proscrit, et s'est réfugié avec sa famille en France, où il est mort, et que pendant ce temps Gaveston, l'ancien intendant du comte, a si bien embrouillé les affaires de son maître, qu'il s'est enrichi , que le domaine d'Avenel doit être vendu le lendemain à la requête des créanciers, et que l'intendant espère bien s'en rendre possesseur, et par là devenir seigneur d'Avenel. Mais tous les fermiers du pays, qui n'aiment pas M. l'intendant , se sont réunis pour se rendre acquéreurs du château d'Avenel, afin de le conserver et de le restituer à son véritable propriétaire , et Dikson est chargé par eux de cette mission. Du reste, quelque chose de singulier doit arriver , car un garçon de ferme a vu , le soir précédent, la Dame blanche d'Avenel , qui se promenait sur les ruines du château. Georges dit en riant qu'il voudrait bien faire sa connaissance. Dikson se récrie en disant qu'il n'y a pas lieu de plaisanter sur une croyance du pays dont on a fait une légende, et que du reste la Dame blanche existe , puisqu'il lui a parlé. Jenny et Georges demandent dans quelle circonstance. Alors il leur raconte que, dans un moment de découragement où tous les malheurs semblaient fondée sur lui, et ne trouvant personne pour lui venir en aide , il errait un soir dans la campagne , lorsque ses pas le conduisirent vers les ruines du château d'Avenel, qu'il y pénétra, et que, ne sachant plus que devenir, il appela la Dame blanche à son aide , se livrant corps et biens à elle, si elle voulait le secourir, en lui donnant deux mille livres d'Ecosse. Quel ne fut pas son étonnement, et surtout son effroi, lors-

qu'il entendit une voix lui dire : « J'accepte, » et qu'il sentit une bourse tomber à ses pieds. Saisi d'effroi, il fut longtemps cloué à la place qu'il occupait; puis enfin il saisit la bourse, et, tremblant, éperdu, il sortit des ruines, doutant encore de tout ce qui lui arrivait ; mais la vue des pièces d'or qui étaient en sa possession lui rendit le courage. Il se remit à l'œuvre, et, depuis, ses affaires ont si bien prospéré , qu'il est devenu le plus riche fermier de la contrée. Toutefois , une idée l'obsède, c'est l'engagement qu'il a pris visà-vis de la Dame blanche , d'autant plus qu'il est obligé de le remplir , car tout à l'heure , en reconduisant les fermiers qui l'ont chargé de leur procuration pour les enchères du lendemain , lorsqu'il revenait par le carrefour, un lutin s'est dressé devant lui, lui a remis un papier et a disparu soudain. Or ce billet émane de la Dame blanche : elle lui rappelle sa promesse et lui ordonne de se présenter au château , à minuit , en demandant l'hospitalité au nom de saint Julien d'Avenel. Dikson est atterré , Jenny dans la désolation ; mais Georges , que tout ce mystère intrigue, offre de prendre la place de Dikson. Les deux époux s'y opposent, mais Georges insiste énergiquement pour l'accomplissement de son projet, et il part, accompagné des vœux des deux époux.

Deuxième acte : la scène se passe dans un grand salon gothique du château d'Avenel. La nuit arrive. Miss Anna Jeune orpheline élevée par les soins du comte d'Avenel, est revenue depuis la veille au château, accompagnée de Gaveston, son tuteur. Elle raconte à Marguerite les événements qui se sont passés depuis leur départ d'Ecosse; comment le comte d'Avenel rejoignit l'armée des montagnards, et comment le jeune Julien fut embarqué pour la France avec son gouverneur, et bientôt disparut sans que l'on pût savoir ce qu'il était devenu. Quant à la comtesse d'Avenel, elle ne la quitta pas, et, pendant huit ans, elle lui prodigua les soins les plus empressés, lorsque la mort vint la frapper tout à coup. Alors elle dut suivre Gaveston, son tuteur, et dans un voyage qu'il fit en Allemagne, où elle l'accompagna, il la laissa pendant quelque temps chez une de ses parentes. La guerre venait d'éclater, on se battait non loin de l'habitation qu'elle occupait, et l'on trouva près de là, un matin, un jeune officier dangereusement blessé. Elle le fit transporter dans une chaumière et lui prodigua tous les soins que réclamait son état ; mais Gaveston revint tout à coup, il fallut partir sur-le-

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champ, et il lui fut impossible de revoir celui auquel elle s'intéressait si vivement. « Éloignons ces souvenirs, dit-elle à Marguerite ; pour l'instant, je dois faire taire mon cœur, pour ne m'occuper que de la réalisation de mon projet; dans quelques instants , peutêtre,quelqu'un de la contrée viendra demander l'hospitalité au nom de saint Julien d'Avenel ; tâche de lui donner cet appartement. » Gaveston paraît et annonce à Anna la vente du château , qui doit avoir lieu le lendemain ; il lui demande en outre qu'elle lui donne connaissance du papier que lui a remis, à son lit de mort, ia comtesse d'Avenel; mais Anna s'y refuse obstinément. On sonne à la tourelle. Plus de doute, pense Anna, c'est Dikson. Marguerite vient annoncer à Gaveston qu'un jeune homme demande l'hospitalité au nom des comtes d'Avenel, et qu'elle lui a ouvert les portes du château. Gaveston entre en fureur, et veut qu'il soit expulsé sur-lechamp. Anna intercède en sa faveur, et promet à Gaveston, s'il veut pratiquer cette antique hospitalité des comtes d'Avenel , de lui donner connaissance du billet de la comtesse. Gaveston se radoucit, ordonne à Anna de rentrer dans son appartement et fait introduire le jeune étranger. Georges paraît, décline son nom et ses qualités, ce qui tranquillise Gaveston, qui craignait que ce ne fût un acquéreur, et lui dit qu'il vient lui rendre service , que dans le pays il n'entend parler que de la Dame blanche, et qu'il serait bien aise d'avoir une entrevue avec elle ; que du reste il y compte, puisqu'elle lui a donné un rendez-vous. Gaveston le raille sur sa croyance, et , le prenant pour un original ou un fou , il se retire ainsi que Marguerite. Georges, resté seul, invoque et appelle la Dame blanche, lorsque tout à coup il entend un bruit de pas, et la Dame blanche paraît. Elle l'interpelle en appelant Dikson. « Non, ce n'est pas lui, répond Georges. — Mais qui donc êtes-vous alors, s'écrie la Dame blanche? — Comment5 toi qui es un lutin, ne sais- tu pas qui je suis? faut-il te dire mon nom : Georges Brown ?» A ce nom et au son de cette voix qu'il lui semblait reconnaître, la Dame blanche reste stupéfaite; mais elle se remet bien vite et lui raconte tout ce qui lui est arrivé dans le Hanovre. A son tour, Georges interdit veut se précipiter vers elle ; elle l'en empêche en lui disant qu'elle va disparaître à jamais, tandis que, s'il lui promet de lui obéir en tout point , elle lui fera voir la jeune fille qui l'a soigné et à laquelle il pense encore. Georges s'engage à exécuter tout ce qu'on lui com-

mandera, du moment qu'il est certain de retrouver sa belle inconnue; alors la Dame blanche disparaît. Gaveston vient avertir Georges que le jour est levé, et lui demande en riant des nouvelles de la Dame blanche. Georges lui dit qu'il l'a entrevue et qu'il lui a parlé ; qu'elle est dans des dispositions hostiles vis-à-vis de lui, et qu'elle espère bien l'empêcher de devenir propriétaire du domaine d'Avenel ; qu'au reste, elle doit lui envoyer ses ordres, et qu'il s'est engagé à les exécuter. Gaveston le prend pour un fou , et engage Georges, qui voulait aller faire un tour de parc , à assister à la vente publique qui va bientôt commencer ; de cette façon, il verra qui des deux aura raison , de la Dame blanche ou de lui.

Mac-Irton, le juge de paix, arrive, accompagné des gens de justice; d'un autre côté, les fermiers, ayant Dikson à leur tête, viennent pour disputer à Gaveston le manoir des comtes d'Avenel. La vente commence. Le domaine est mis à prix à vingt mille écus, et, par les enchères alternatives de Gaveston et de Dikson, monte à cent mille écus ; les fermiers ne peuvent plus aller au delà , et le château va être adjugé à Gaveston, lorsque Anna, qui est sortie de son appartement et qui est venue se placer derrière Georges, lui ordonne de mettre une enchère. Georges se retourne et reconnaît celle qu'il aime, la jeune fille qui l'a soigné lorsqu'il était blessé ; mais elle lui fait signe de se contraindre, en lui rappelant celle qui l'envoie. Alors Georges met une enchère de mille livres. Grande stupéfaction dans l'assistance, puis la lutte continue entre Gaveston et Georges, et, lorsque ce dernier semble découragé , Anna est là qui l'excite. Enfin le domaine d'Avenel est adjugé pour la somme de cinq cent mille livres à Georges Brown, sous-lieutenant d'infanterie.

Troisième acte. Au troisième acte, la scène représente l'intérieur du château dont on vient de lever les scellés ; Anna et Marguerite y pénètrent, et Marguerite reconnaît les lieux où elle a élevé le fils de ses anciens maîtres, ainsi qu'Anna, sa compagne inséparable. Elle s'informe avec anxiété auprès d'Anna si c'est pour son compte que Georges a acheté le domaine ; mais Anna la rassure en lui affirmant que c'est d'après ses ordres que le jeune officier a surenchéri, et qu'il compte sur elle pour payer les cinq cent mille livres, puisqu'il ne possède pas une obole. Elle demande à Marguerite, qui connaît parfaitement le château, puisqu'elle l'a habité depuis

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son enfance , si elle se rappelle ou se trouve placée la statue de la Dame blanche. Marguerite lui répond que c'était dans la salle de réception, à droite; elles y portent leurs regards ; mais, hélas ! le piédestal est veuf de sa statue. Grand désespoir d'Anna, dont tous les projets sont renversés , puisque la statue de la Dame blanche renfermait un coffret contenant toute la fortune du comte d'Avenel, et c'est ce secret que la comtesse lui avait confié à son lit de mort. Anna supplie Marguerite de recueillir ses souvenirs afin de lui faire retrouver la statue. Alors Marguerite se rappelle qu'un soir, la veille du départ des comtes d'Avenel , elle a vu la statue descendre lentement le grand escalier et disparaître dans les entrailles de la terre , près d'un passage secret. Nul doute, ce sont des voleurs qui , ayant connaissance du trésor que renfermait la statue, l'auront emportée. Anna entraîne avec elle Marguerite pour aller à la découverte de la statue. Paraît Georges ; il est tout aussitôt entouré par tous les habitants du canton qui viennent saluer leur nouveau seigneur, et lui apportent le tribut de leurs hommages et de leurs respects. A un signe de Georges, ils s'éloignent, et celui-ci, resté seul, contemple ce riche salon gothique que, dans son souvenir confus, il croit avoir déjà vu, lorsque arrive Gaveston, venant lui demander l'explication de sa conduite, et comment il se fait qu'un militaire emploie ainsi la ruse pour déguiser ses projets. A ces paroles, Georges s'emporte et répond qu'il n'a servi que d'intermédiaire à la Dame blanche, et que c'est pour son compte qu'il a acheté le château ; que c'est elle qui payera, et que, quant à lui, il est parfaitement étranger à toute cette affaire ; qu'il ne tient pas à ce domaine et qu'au besoin il le lui cède à prix coûtant. Voyant arriver Mac-Irton , il s'éloigne, laissant Gaveston étonné de sa franchise et de son indifférence, et le croyant plus fou que jamais. Mac-Irton dit à Gaveston qu'il a des choses importantes à lui révéler; mais auparavant il faut s'assurer si personne ne peut les surprendre. Pendant ce temps, Anna vient d'entr'ouvrir un panneau de la galerie ; mais, voyant Gaveston avec Mac-Irton, elle le referme bien vite et les écoute. Mac-Irton vient apprendre à Gaveston que Julien, le fils du comte d'Avenel, est de retour. Une lettre de Londres porte que Duncan , le gouverneur de Julien, a signé à son lit de mort une déclaration qui prouve que Julien, comte d'Avenel, sert dans un régiment d'infanterie sous le nom de Georges

Brown. Il est facile de s'expliquer maintenant pourquoi il a surenchéri la veille pour le domaine d'Avenel ; mais Gaveston rassure Mac-Irton , en lui apprenant que Georges ne sait encore rien de son nom ni de sa naissance, qu'il n'a pas d'argent, et que par ce moyen, en le mettant en demeure de payer, il a le temps d'arriver à la possession du domaine d'Avenel. «Oui, mais il faut se hâter; allons donc préparer tout ce qu'il faut pour cela.» Et ils s'éloignent. Anna sort par la porte creusée dans la boiserie: elle est désespérée de ce qu'elle vient d'apprendre ; Georges, celui qu'elle aime, c'est Julien, comte d'Avenel. Marguerite accourt lui apprendre une bonne nouvelle ; le fils de ses anciens maîtres, le comte Julien ne peut tarder à revenir, car en descendant dans la chapelle souterraine pour faire une prière , elle a revu la statue de la Dame blanche. Quel bonheur ! « Et puis il va vous marier avec Georges, ce bel officier que vous aimez. i> Anna comprime les battements de son cœur, et ordonne à Marguerite de tout préparer pour un prompt départ... dans l'intérêt de Julien. Marguerite se hâte alors. Anna accomplira son sacrifice jusqu'au bout, elle veut que Julien ignore que c'est elle qui lui rend sa fortune ; elle sacrifiera son bonheur et payera ainsi la dette qu'elle a contractée vis-à-vis de ceux qui ont pris soin de son enfance. Jenny accourt tout effrayée; voici encore M. Mac-Irton suivi d'hommes de loi qui se présente au château. Il n'y a pas de temps à perdre. Anna se précipite vers la chapelle et laisse là Jenny étonnée. Arrive Georges, qui cherche partout son apparition , et Dikson, qui se plaint du tort que Georges lui a fait en prenant sa place ; car sans cela, il aurait vu la Dame blanche qui lui aurait donné le château et une grosse somme d'argent. Georges lui répond qu'il lui cède volontiers le domaine, et qu'il n'a qu'à s'en dire le propriétaire devant les personnes qui arrivent. En effet, entrent à ce moment Mac-Irton et les gens de justice , qui viennent sommer Georges de payer sur-le-champ, ou sans cela, on va le conduire en prison. Dikson alors refuse la propriété, et Georges répond qu'il attend tout de la Dame blanche. Un prélude do harpe se fait entendre , et l'on voit la Dame blanche traverser la galerie, descendre l'escalier et venir se placer sur le piédestal vide. Tout le monde se retourne , la reconnaît et se prosterne. Alors la Dame blanche annonce à l'assistance que le descendant des comtes d'Avenel est au milieu d'eux, elle désigne

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Georges, et, lui montrant le coffret qu'elle tient caché sous son voile , lui apprend qu'il renferme toute la fortune du comte d'Avenel. Elle descend lentement du piédestal , passe près de Julien en lui disant un éternel adieu , et se dirige vers la porte du fond ; mais Gaveston la saisit par le bras, la ramène sur le devant du théâtre et lui arrache son voile. Cri de surprise en reconnaissant Anna qui se jette aux pieds de Julien. Celuici s'empresse de la relever , reconnaissant la jeune fille qui occupe seule sa pensée; mais Anna lui dit qu'elle ne peut être à lui, puisqu'elle est orpheline et sans fortune. Julien la décide en lui disant qu'il renonce aux honneurs et aux richesses qu'elle lui a fait recouvrer, si elle ne consent à les partager avec lui. Tel est libretto sur lequel Boieldieu a composé sa musique; musique ravissante d'un bout à l'autre , n'ayant pas de parties faibles et où règne un ensemble, une harmonie, une entente des lois musicales qui assurent à son œuvre une éternelle durée. On peut dire que, dans cette partition, il s'est surpassé lui-même, et aucun des opéras-comiques qu'il avait donnés précédemment , même les plus remarquables , comme Ma Tante Aurore et les Voitures versées, ne peut entrer en comparaison avec la Dame blanche, qui est un véritable chef-d'œuvre. Et pour arriver à un pareil résultat , les moyens qu'il emploie sont simples , les ressorts faciles et légers ; il ne fait pas un ample bagage de ces formules savantes et pénibles avec lesquelles certains compositeurs pensent produire de l'effet. Non ; chez lui, point de recherche, point d'affectation ; la mélodie passe avant la science, l'inspiration remplace les formules toutes préparées ; chez lui, tout est dicté par le goût, l'expression et le sentiment ; ses effets , il les cherche dans son sujet même, dans l'harmonie intime qui existe entre la musique et les paroles auxquelles elle est appropriée ; tout est en situation , et dès lors le sentiment de la vérité jaillit de ce sublime et mystérieux accord. Sa musique, loin d'être maniérée , travaillée , visant à la prétention, est abondante, claire, limpide, facile et légère; facile surtout, parce qu'il veut que les oreilles les plus rebelles à l'harmonie puissent sans difficulté la comprendre et la retenir. Il n'écrit point pour une classe de gens que l'on est convenu d'appeler dilettantes, comme qui dirait les élus de la science musicale, ceux qui seuls en comprennent et en apprécient les beautés. Mais la musique de Boieldieu, et surtout celle de

la Dame blanche, s'adresse à tout le monde • elle possède au plus haut degré le don de passionner le public, parce qu'elle vient émouvoir la fibre du cœur , et que l'on ne peut rester insensible à ce qui est l'expression la plus complète et la plus vraie des sentiments humains.

Aussi la musique de la Dame blanche estelle populaire ; elle n'est point restée le domaine privilégié d'un cercle restreint d'amateurs; tout le monde la chante; la France entière redit à l'écho ces mélodies et ces airs qui ont fait le tour du monde, chaque génération les redit à celle qui lui succède, et le théâtre qui l'a vu naître entretient cette ferveur en offrant souvent à l'admiration des spectateurs empressés ce chef-d'œuvre de grâce, de sentiment et de style dont plus de quinze cents représentations n'ont pu affaiblir le succès.

En 1864, on donna la millième représentation de la Dame blanche, et ce fut une fête pour le théâtre de l'Opéra -Comique, ainsi que pour le public. Le 1er septembre de la même année, après deux mois de fermeture exigée par des réparations importantes, le théâtre rouvrit ses portes au public, et ce fut par la Dame blanche et le Tableau par~ lant qu'il inaugura sa réouverture.

Les départements consacrèrent le succès que cette œuvre avait obtenu dans la capitale; et à Rouen, patrie du compositeur, où elle fut représentée sur le théâtre des Arts , pour la première fois le 25 février 1826, précédée d'un prologue en un acte et en prose , intitulé : Monsieur Balcon ou le Dilettante, composé exprès pour la solennité par M. Ulric Guttinger , elle obtint un véritable triomphe. C'est que la musique de cette œuvre est essentiellement française, et qu'on peut l'offrir comme modèle aux jeunes compositeurs qui débutent dans la carrière. Ils ne sauraient choisir un meilleur guide.

La Dame blanche a donné naissance à quelques parodies. Le 5 janvier 1826, on représenta au théâtre du Vaudeville une pièce de MM. Gersain, Gabriel et Brazier, intitulée : les Dames à la mode. Au reste, c'était plutôt une critique générale, parce qu'à cette époque la scène des principaux théâtres de Paris était occupée par des pièces dont le personnage principal était une femme. Ainsi l'on représentait en même temps Armide,Sémiramis, la Dame du Lac, la Dame blanche, la Fille du musicien ; mais on ne saurait y voir une critique de l'œuvre de Boieldieu, puisque,au contraire, les plus grands éloges lui étaient pro-

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digues. Honoré fit représenter à Bordeaux, en 1827, une imitation burlesque de la Dame blanche, en deux actes et demi, en prose, mêlée de couplets , sous le titre de : la Dame noire ou le Tambour et la grisette. Elle est imprimée (Paris, Barba, 1828, in-8»).

Citons encore la Dame blanche de Blacknels, divertissement impromptu en trois actes et en prose, mêlé de couplets. Cette pièce, composée par le marquis de Lally-Tollendal , pour une fête de famille, et qui fut représentée sur le théâtre de l'hôtel de Noailles, à Saint-Germain, en octobre 1827, n'a de rapport avec l'opéra-comique de ce nom que son titre et quelques couplets parodiés sur les airs de la Dame blanche. Ce divertissement est imprimé (Paris, Jules Didot aîné, 1827, in-8°) ; mais il est fort rare, parce qu'il n'a été tiré qu'à cinquante exemplaires destinés à être -offerts en présent.

* dame de MONSOREAU (la), opéra en cinq actes et sept tableaux, paroles d'Auguste Maquet, musique de M. Gaston Salvayre, représenté à l'Opéra le 30 janvier 1888. C'était une idée au moins singulière de bâtir un opéra sur un tel sujet. On connaît le roman fameux signé du nom d'Alexandre Dumas, roman aimable, familier, charmant, où l'on retrouve à chaque pas la main de cet enchanteur qui pendant quarante ans a été la joie de ses contemporains, mais où la passion est à fleur de peau et où le lyrisme nécessaire à un poème d'opéra brille par son absence la plus complète. On aurait pu, de ce roman, tirer un livret pittoresque d'opéra-comique à la manière du Pré aux Clercs, surtout en conservant leur place aux deux figures si amusantes de Chicot et de Gorenflot, qui ne faisaient qu'apparaître, et même inutilement, sui la scène de l'Opéra ; mais c'était une chimère' d'y chercher le sujet d'un drame lyrique. Tout d'abord, ce sujet manque de grandeur et de poésie, les amours de Diane de Méridor et de Bussy d'Amboise ne suffisant pas à lui donner l'envergure nécessaire. En second lieu, les types manquent absolument, et il n'en est pas un, même Bussy, à qui le musicien puisse essayer de donner l'apparence d'un caractère. Enfin, l'action du roman, pour être contenue dans les limites de cinq actes d'opéra, doit être tellement resserrée qu'elle en devient obscure et inintelligible. Le livret de la Dame de Monsoreau ne pouvait donc être bon, et en vérité il était loin de l'être. La musique, par malheur, n'était pas meilleure, et l'ensemble de l'œuvre était tel qu'elle ne pouvait exciter

ni la sympathie, ni l'intérêt. Elle se traîna misérablement pendant quelques représentations et disparut bientôt pour jamais, en dépit des efforts de ses excellents interprètes, dont les trois principaux n'étaient autres que Mme Bosman, MM. Jean de Reszké et Delmas, chargés des rôles de Diane, de Bussy et de Monsoreau.

DAME DE PIQUE (la), opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe, musique de Halévy, représenté à l'Opéra-Comique le 28 décembre 1850. Le sujet de la pièce a été tiré d'une nouvelle du célèbre poète russe Pouschkine, que M. Mérimée avait déjà fait connaître au public. Comme il arrive assez fréquemment, la même histoire, en passant' du cabinet de lecture à la scène, perd beaucoup de son intérêt. Les entrées et sorties des personnages dramatiques, les ressorts ingénieux qu'il faut imaginer et faire mouvoir s'accommodent souvent mal à la nature de la conception primitive. Telle situation, amenée en deux ou trois chapitres, doit être produite au théâtre dans un court délai, et devient de suite forcée et invraisemblable. Dans ce cas , le compositeur subit les conséquences de l'erreur du librettiste. L'opéra de la Dame de Pique renferme des beautés musicales incontestables, et néanmoins il n'a obtenu qu'un succès d'estime. La princesse Poloska possède un secret au moyen duquel on est sûr de gagner au jeu ; elle l'a appris de l'impératrice Catherine, qui trichait à l'aide du trois, du dix et de la dame de pique. L'intrigue repose sur ce secret diabolique que surprennent deux joueurs, le colonel Zizianow et le geôlier Roskaw. Un jeune sous -officier, Constantin Nélidoff , aimé de la princesse et rival du colonel, gagne à ce dernier 300,000 roubles, somme qui lui sert à acquitter la dette de son père, à recouvrer ses droits à la liberté et à la main de Poloska. On voit combien un tel sujet s'accordait peu avec le genre d'inspiration si élevée et si poétique du musicien. L'ouverture renferme un andante en sourdine avec accompagnement de cloches d'un joli effet, et deux charmants motifs reproduits dans l'ouvrage. Dans le premier acte, on remarque un air de basse d'un beau caractère : C'est un feu qui brûle sans cesse; l'air du ténor, Quand la blanche neige; un chœur de mineurs, un chœur d'officiers et l'air de soprano, Toit maternel. Au second acte, le chœur des joueurs , la romance du ténor, Ma sentence est prononcée ; le dialogue de la prison et le finale plein d'énergie, offrent des

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beautés variées et une instrumentation élégante. Des couplets ravissants, Non seulement je suis bossue, dans le troisième acte, ont été bissés â chaque représentation. Mme Ugalde a fait du rôle de Poloska une de ses meilleures créations. Les autres personnages ont été joués par Bataille, Boulo, Couderc, Ricquier et Mlle Meyer.

* DAME DE PIQUE (la.), opéra en trois actes, livret tiré de la nouvelle célèbre de Pouchkine par M. Modes Tschaïkowsky, musique de Fierre Tschaïkowsky son frère, représenté au théâtre Marie de Saint-Pétersbourg, en novembre 1890. C'est l'un des derniers ouvrages du célèbre compositeur mort si prématurément et dont son pays était si justement lier. Le sujet du drame mis en musique par lui est lugubre ; il roule sur les effets funestes de la passion du jeu. Hermann, joueur endurci, apprend qu'une vieille comtesse, surnommée « la Dame de pique », qui a fait naguère un long séjour à la cour de Versailles, connaît une combinaison de cartes qui assure la fortune au joueur qui les réunit dans sa main. Cette vieille comtesse a une petite-fille nommée Lise, dont Hermann est épris et qui répond à son amour. Mais la passion du jeu prime chez lui tout autre sentiment. Une nuit, il pénètre chez « la Dame de pique » et la somme, sous peine de la mort, de lui révéler son secret; mais la vieille femme, terrifiée par ses menaces, meurt de frayeur sans avoir le temps de lui obéir, et sa petite-fille, devant cette mort causée par son fiancé, rompt pour jamais avec lui. Cependant, émue du désespoir dans lequel elle le voit plongé, elle se rapproche d'Hermann et lui offre de partager sa vie, mais à la condition qu'ils iront chercher une autre patrie, qu'il transformera son existence et deviendra un honnête travailleur. Mais Hermann, dans une vision, voit lui apparaître « la Dame de pique », qui lui apprend que les trois cartes fatidiques, celles qui gagnent à tout coup, sont celles-ci, dans l'ordre suivant : le trois, le sept et l'as de pique. Se croyant sûr alors de la fortune, il refuse de renoncer au jeu, il abandonne Lise, qui se noie de désespoir, et retourne tenter la chance, persuadé qu'elle lui sera cette fois favorable. Le hasard veut que précisément on lui distribue le trois, le sept et l'as de pique; il est au comble de ses vœux et il joue l'as, lorsque son adversaire lui répond par la dame de pique, qui lui fait perdre la partie et qui le ruine en un instant. H envisage alors la situation qu'il s'est faite,

et, fou de honte et de douleur, il se perce le cœur d'un coup de poignard.

Sur ce drame sombre, éclairé par instants d'une lueur d'amour, le compositeur a écrit une partition dont certaines parties sont d'une grâce captivante, mais dont l'ensemble est d'une couleur profondément tragique. L'œuvre est puissante, sans doute inégale parfois, mais décèle chez le musicien un véritable tempérament scénique, servi par une rare connaissance des procédés techniques de son art. Elle s'impose d'ailleurs à l'attention sinon par une grande originalité, du moins par la générosité de l'inspiration et par la distinction de la forme. Elle a obtenu auprès des compatriotes du compositeur un succès éclatant, dont ont pris leur part ses deux principaux interprètes, le ténor Figner et sa femme, Mme Medea-Figner. Le succès de la Dame de pique n'a pas été moindre à Moscou qu'à Saint-Pétersbourg, et l'ouvrage fait aujourd'hui partie du répertoire de toutes les scènes musicales russes.

DAME D'HONNEUR (la), opéra-comique en un acte, livret de MM. Paul Duport et Edouard Monnais, musique de Despréaux, représenté à l'Opéra-Comique le 4 octobre 1838. La pièce n'a pas eu de succès. On a remarqué dans la partition l'air chanté par Mlle Prévost, et un bon trio finissant en quatuor. Le rôle principal a été tenu par Jansenne.

DAME DU LAC (la) , opéra en quatre actes, paroles de d'Epagny, Auguste Rousseau et Horace Raisson, musique de Rossini, arrangée par Lemière de Corvey, représenté à l'Odéon le 31 octobre 1825. (V. la Donna del Lago.)

DAME INVISIBLE (la) OU L'AMANT À L'ÉPREUVE , opéra en trois actes, paroles de Moline et Loraux, musique de Henri Berton , représenté à la Comédie-Italienne le 5 décembre 1787.

* DAME invisible (la), opéra-comique en un acte, paroles de Daudet et Randon, musique de Boieldieu, représenté à Saint-Pétersbourg en 1808.

* DAME JEANNE, opéra, musique de Lange-Muller, représenté au théâtre Royal de Copenhague en mars 1891.

DAME KOBOLD, opéra-comique en trois actes, musique de M. Joachim Raff, représenté à Weimar, le 9 avril 1870, pour la fête de S. A. la grande-duchesse ; c'est l'œuvre d'un musicien de mérite.

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