DEUX PETITS TROUBADOURS ( LES
opéra-comique, musique de Arquier, représenté au théâtre des Jeunes-Elèves en 1800. * DEUX philosophes (les), opéra-comique, paroles de M. Villain, musique de Krantz, représenté à Mulhouse le 10 juillet 1893, en réunion privée, par les soins de la Société de chant la Sainte-Cécile. On sait que les spec-
tacles en langue française sont absolument interdits en Alsace-Lorraine ; c'est pourquoi, malgré la demande faite à ce sujet aux autorités administratives, cette œuvre d'un compositeur mulhousien n'a pu être représentée publiquement dans sa ville natale.
DEUX PIÈCES NOUVELLES (les) , opéracomique en un acte , musique de H. Messemackers, représenté au théâtre Royal de Bruxelles vers 1822.
* DEUX postillons (les), opérette en un acte, musique de M. de Villebichot, représentée au concert de l'Eldorado le 6 novembre
deux princes (les) , opéra , musique de M. Henri Esser, joué à Munich au théâtre Royal en 1844. Le compositeur fut rappelé deux fois sur la scène ; ce qui fait supposer que le public reçut une vive impression de cet ouvrage.
DEUX PRINCESSES (les) , opéra-comique, paroles de M. Emilien Pacini, musique de M. le comte Wilfrid d'Indy, chanté dans plusieurs salons du faubourg Saint-Germain par Lefort , Mmes Gaveaux-Sabatier et Barthe, en février 1859.
DEUX pupilles (les) , opéra-comique en un acte, paroles et musique de Beaumefort, représenté au théâtre des Jeunes-Elèves le 6 juin 1807.
DEUX REINES (les), opéra-comique en un acte , paroles de Frédéric Soulié et Arnould , musique de Hippolyte Monpou, représenté pour la première fois sur le théâtre de l'Opôra-Comique le 6 août 1835. Tout, dans ce petit ouvrage , est intéressant : le compositeur de l'école romantique y a écrit de fort beaux couplets qui ont été populaires : Adieu, mon beau navire au grand mât pavoisé; ils étaient chantés au théâtre par Inchindi. Le trio : Las ! je suis une pauvre fille , le duo J'avais rêvé que sous mon toit modeste , et le chœur Allons, vite à table, sont d'une originalité réelle. Aussi cet ouvrage pourrait-il être repris avec chance de succès. Le livret offre des quiproquos assez plaisants entre les deux reines de Suède et de Danemark, voyageant incognito et sous un travestissement.
DEUX REINES DE FRANCE (les), drame en quatre actes, de M. Ernest Legouvé, musique de M. Charles Gounod, représenté au Théâtre-Italien le 27 novembre 1872. Cette pièce devait être représentée en 1865. L'auteur, ayant étudié consciencieusement son
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sujet, a donné à la lutte engagée entre le roi de France, Philippe-Auguste, et le pape Innocent III, le véritable caractère que l'histoire impartiale lui attribue.
« On est habitué à voir, écrit M. Legouvé, dans cette lutte entre Philippe et Innocent, la rivalité de deux puissances temporelles; aux yeux de beaucoup de lecteurs, l'interdit n'est, dans la main du pape, qu'une arme politique, un instrument de domination. Philippe représente l'indépendance de la France ; Innocent, l'ambition papale. Son seul but est l'abaissement de la couronne devant la tiare. La lecture attentive des lettres d'Innocent m'a convaincu de l'inexactitude de cette opinion. Cette longue correspondance est un monument d'équité, d'humanité, de patience, de douceur ; le pape défend évangéliquement la plus évangélique des causes ; ce n'est qu'après de longues années de supplications et de remontrances paternelles qu'il se décide à lancer l'excommunication ; et si le moyen qu'il emploie est excessif, et même, selon moi, inique, il ne combat pas du moins pour le pouvoir, il combat pour le droit. »
Les politiques du régime impérial s'effarouchèrent de certains vers inspirés au poète; et prenant prétexte d'une tirade satirique sur les impôts, interdirent la représentation des DeuxReines, tandis qu'ils encourageaient de toutes les manières les pièces immorales de M. Offenbach : la Belle Hélène, la Grande- Duchesse de Gerolstein, et tutti quanti. Il n'entre pas dans le plan de cet ouvrage d'analyser ce drame. Il a obtenu un certain succès, quoique les circonstances fussent peu favorables. Plusieurs scènes ont été trouvées belles, et d'autres trop familières. L'introduction de morceaux de musique dans ce drame historique aurait pu être très heureuse si, d'une part, on leur eût fait une part plus large et ménagé des développements dignes d'un aussi grand sujet historique, et si, d'autre part, le compositeur s'était jnontré mieux inspiré. Ce n'est pas que le nombre de morceaux ne fût suffisant : il y en a onze ou douze; mais l'ensemble en est terne, les idées pauvres et languissantes. La scène de la bénédiction du temple, air de basse : O toi que l'univers ne peut pas contenir, est une sorte d'hymne religieux qui a du caractère; les chœurs des femmes danoises de la suite d'Ingelburge et des Françaises, compagnes d'Agnès de Méranie, sont manques. Il y avait là une occasion d'obtenir des effets intéressants et variés. M. Gounod a
préféré donner une imitation de son chœur des Sabéennes, dans la Reine de Saba ; c'est monotone et froid. Quant à la Bataille des vins, l'idée en était originale ; l'exécution n'y a pas répondu ; le changement ingénieux des rythmes, les modulations, les intentions, .une instrumentation très intelligente et d'une science consommée, tout a été mis en œuvre ; et, cependant, il n'y a dans ce long intermède aucun entrain, aucune trace de cette franche gaieté gauloise qui eût été si bien à sa place. Le chœur des pèlerins n'a rien de saillant ; la meilleure scène est celle de l'interdit ; la phrase d'Ingelburge : Depuis dix jours, j'erre de ville en ville, est touchante ; le finale, dans lequel le peuple supplie le roi de céder à l'autorité religieuse, offre des fragments qui révèlent le compositeur dramatique ; et cependant il est resté au-dessous des sentiments qu'il avait à exprimer. Telle qu'elle est, la pièce de M. Legouvé est très intéressante, et, pour ma part, je serais heureux de voir ce genre nouveau dans notre pays se faire une place sur nos scènes lyriques. Weber, Beethoven, Meyerbeer, pour ne citer que les plus célèbres, ont trouvé pour des tragédies et des drames de magnifiques inspirations. Je désire voir nos musiciens imiter leur exemple, quand ce ne serait que pour échapper à la mauvaise influence des livrets d'opérettes bouffonnes et ultra-burlesques, dénuées de tout esprit et de tout sentiment. Les DeuxReines de France ont eu pour interprètes M^es Dica-Petit et Tholer (Ingelburge et Agnès); les autres rôles de Philippe-Auguste, du comte de Landresse, du cardinal, du comte de Nevers, ont été joués par Brésil, Berton père, Dupont-Ver non et Debray. Le rôle de l'évêque a été chanté par Colonnese ; celui du Jongleur, par Lutz.
* DEUX ROSES (les), opérette en trois actes, paroles de MM. Clairville, Eugène Grange et Victor Bernard, musique d'Hervé, représentée aux Folies-Dramatiques le 20 octobre 1881. La trop célèbre guerre des deux Roses, la rivalité des maisons d'York et de Lancastre, qui ont inspiré à Shakspeare son Richard III et à Casimir Delavigne ses Enfants d'Edouard, ne semblaient pas de nature à fournir un heureux sujet d'opérette. Aussi les Deux Roses des Folies-Dramatiques se sont-elles flétries rapidement. Elles étaient présentées au public par MM. Luco, Maugé, Lepers, Simon-Max, Ambroise, Mme s Simon. Girard et Noémie Vernon.
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