ERIN
paroles de M. Bidera, musique de M. Michielli, représenté à Pise le 16 avril issi.
* ericleto, opéra-comique en trois actes, musique de M. Ciro Bello, représenté à Caltanisetta, sur le théâtre du Prince-Amédée, le 6 décembre 1892.
erifile, opéra italien, musique de Ariosti, représenté à "Venise en 1697.
erifile, opéra italien, musique de Mysliweczer, représenté à Munich en 1773.
ERIFILE, opéra italien, musique de Sacchini, représenté à Londres en 1776.
ERIFILE, opéra italien, musique de J.
Giordani, représenté à Bergame en 1783.
ERIFILE, opéra italien, musique de Monza, représenté à Turin en 1786.
erindo, opéra, musique de Cousser, représenté à Hambourg en 1693.
ÉRINNYES (les), drame antique en deux parties, de M. Leconte de Lisle, d'après Eschyle, musique de M. J. Massenet, représenté à l'Odéon le 6 janvier 1873. Le poète a fait passer dans notre langue les fortes images de l'Orestie, et toutes les personnes versées dans la connaissance des œuvres du génie grec ont apprécié son œuvre consciencieuse et son intelligence des beautés de l'original. Mais une traduction aussi littérale, sans un mélange des pensées que d'autres civilisations ont accumulées dans les âmes et des sentiments qu'un développement plus complet a mis dans les cœurs, ne pouvait longtemps captiver le public. Au point de vue esthétique, je crois que le système suivi par nos anciens auteurs dramatiques valait mieux : Corneille, Racine, Crébillon , Voltaire , Lebrun et aussi Shakspeare, Métastase, Alfieri. Je doute qu'Auguste et les Horaces aient eu les grandes pensées que leur a prêtées Corneille.
Je sais que, bien différente de la Phèdre de Racine, la Phèdre antique était loin d'avoir une conscience aussi troublée et une telle horreur d'elle-même; qu'importe ! si l'art dramatique s'enrichit de chefs-d'œuvre nouveaux et si les types anciens s'embellissent ou s'agrandissent, deviennent plus intéressants en se transformant. Cela n'empêche en aucune façon de lire les tragédies grecques dans l'original ou dans une traduction littérale.
La musique que M. Massenet a écrite pour cette tragédie se compose d'une introduction, de deux intermèdes et d'un mélodrame. On
n'y a employé que des instruments à cordes, sauf dans l'introduction, où on entend quelques accords de trombones. Je ne parle pas des timbales et du tam-tam. Le premier morceau a un caractère de tristesse soutenu. La succession d'accords un peu vagues et dans des tonalités indécises trouvait ici sa place beaucoup mieux que dans le cours d'une œuvre essentiellement lyrique. L'auteur a déployé dans l'espèce de déchaînement des éléments et des passions violentes qu'il a voulu exprimer les ressources d'une science d'orchestration consommée. Il y a employé les gammes stridentes des violons et les effets variés du rliythme. L'un des intermèdes offre une cantilène dont la mélodie n'a rien de bien original , sur un accompagnement d'un sol passo dont l'effet est excellent. Cette forme d'accompagnement persistant a un peu passé de mode ; Méhul et Sacchini en ont usé et peut-être abusé ; mais il donne de l'ampleur à une composition, et ce procédé convenait à un sujet antique, dont les décorations mêmes ont une harmonie calme et majestueuse.
J'aime beaucoup moins le morceau exécuté pendant qu'Electre va pleurer sur le tombeau de son père Agamemnon ; il manque de caractère. Pour bien accompagner ces théories de jeunes filles qui s'avancent en) cortège avec des lyres et des coupes d'or, il aurait fallu une sorte de marche funèbre sans dureté, gracieuse sans mollesse, sur un rhythme lent. Il m'a semblé voir un des admirables paysages de Poussin : le péristyle d'un temple ou d'un palais à gauche ; à droite, des rochers presque inaccessibles; au fond, les montagnes de l'Argolide formant trois plans jusqu'à l'horizon , et au pied de la première colline le tertre sous lequel gît le corps du Roi des rois, entouré des jeunes Grecques la tête ceinte d'une couronne de fleurs. Le mélodrame, pendant lequel Electre se plaint des malheurs de sa famille et gémit sur le sort de son père et de son frère, est pathétique ; c'est un récit de violoncelle avec sourdine, dans lequel, par deux fois, une gamme chromatique descendante produit un effet d'expression douloureuse bien en situation. En résumé, la musique tient sa place honorablement dans l'œuvre dramatique si distinguée de M. Leconte de Lisle. Quant à lutter de puissance et d'intérêt avec la tragédie du vieil Eschyle, il n'y fallait pas penser. Gluck lui-même s'y serait montré inférieur, quoiqu'il ait écrit les deux Jphigénie et l'Alceste, etl'Orphée. Le bailli du Rollet avait passé par là et aplani les obstacles. Pourquoi