ERRE
déric Le Rey, représenté à Rouen, sur le théâtre des Arts, en décembre 1888.
* EROS, fantaisie lyrique en trois actes, paroles de MM. Jules Noriac, Ad. Jaime et Maurice Bouchor, musique de M. Paul Vidal, représentée aux Bouffes -Pari siens le 22 avril 1892.
* eros, opéra en quatre actes, livret de Mme Gemma Bellincioni mis en vers par M. Enrico Golisciani, musique posthume de Niccolo Massa, représenté à Florence, sur le théâtre Pagliano, le 21 mai 1895. Interprètes : M^es Gemma Bellincioni et Franchira, MM. Rosati, Foggi, Galli et Checchi.
EROSINE , opéra-comique , musique de Berton, paroles de Moncrif, représenté en
ÉROSTRATE, opéra en deux actes, paroles de Méry et Pacini, traduction allemande de Draxler et Pasqué, musique de E. Reyer, représenté pour la première fois sur le théâtre de Bade, le 21 août 1852, et à l'Opéra de Paris le 16 octobre 1871. La fable plus que l'histoire a fourni les incidents du livret. Erostrate essaye vainement de se faire aimer de la belle Athénaïs : les plus riches présents, les sollicitations de sa suivante Rhodina sont sans effet sur le cœur de Faîtière courtisane. C'est au sculpteur Scopas qu'elle a promis son amour, parce que celui-ci, par un chef-d'œuvre de son art, vient de la rendre immortelle. Il a modelé une statue de Vénus d'après sa maîtresse : c'est la Vénus dite « de Milo. » Mais la chaste Diane, ennemie des plaisirs, ne peut supporter dans Ephèse, la ville qui lui est consacrée, une statue érigée à sa rivale. La foudre éclate et la Vénus de Milo perd ses deux bras. On comprend le désespoir de l'artiste qui retrouve son œuvre ainsi mutilée. Athénaïs est plus irritée encore de l'affront qui atteint la reproduction de ses charmes; elle somme son amant d'user de représailles en brisant la statue de Diane. A la pensée d'un pareil sacrilège, Scopas se trouble, il refuse. Sa maîtresse alors le maudit et le chasse de sa présence. C'est maintenant au tour d'Érostrate à triompher. Pour posséder Athénaïs, il n'est rien qu'il ne fasse, et il ne craint pas d'incendier le temple de la déesse. Cependant le peuple furieux réclame la mort des coupables. Scopas essaye encore de sauver Athénaïs, mais celle-ci résiste à ses instances et préfère s'abîmer dans les flammes avec celui qui par son audace a su conquérir son amour.
La partition, quoique inférieure en mérite à celle de la Statue du même auteur, offre des morceaux intéressants. Dans le premier acte , on remarque le chœur des suivantes : Sur 7io$ luths d'Ionie, fort simple et d'un gracieux effet ; le duo amoroso entre Athénaïs et Scopas : Oui, nous irons à Mytilène, auquel on pourrait reprocher une langueur un peu morbide, et les couplets de Scopas :
O Vénus la blonde, Qui sortis de l'onde Pour charmer le monde Et sourire aux dieux.
Après un assez long mélodrame , le duo et le chœur qui servent de finale ont seuls le caractère dramatique. Le reste porte l'empreinte de la voluptueuse langueur qui règne dans ce livret mythologique. Au deuxième acte, l'air d'Erostrate (rôle de basse) : le Dieu Plutus à ma naissance, a de l'originalité et de l'énergie. Le plus beau morceau de la partition est, à notre avis, le duo scénique : la foudre a brisé ma statue , entre Athénaïs et Scopas. L'accent dramatique y domine avec force, et la mélodie n'y fait pas défaut. On voit que M. Reyer subit l'influence des théories nouvelles bruyamment préconisées en Allemagne par M. Wagner, et inaugurées en France, avec un bien grand mérite personnel, par M. Berlioz, il y a plus de trente ans. Plusieurs morceaux auxquels M. Reyer donne les noms consacrés par la tradition de couplets, duettinos, trios, ne sont souvent que des récitatifs, des motifs très courts, privés des développements ordinaires qui les classent dans la nomenclature des diverses compositions. Néanmoins , quoi qu'il fasse , M. Reyer est mélodiste, et lorsque le cauchemar wagnérien aura passé comme un mauvais rêve, on peut attendre des œuvres remarquables de son imagination et de son talent.
ÉROSTRATE, opéra, musique de Fr. Halévy, ouvrage posthume et inédit.
ERREUR D'UN MOMENT (l) OU LA SUITE DE JULIE, comédie en un acte, mêlée d'ariettes, paroles de Monvel, musique de Dezède, représentée à la Comédie-Italienne le 14 juin 1773.
* ERREUR SUISSE (i/), opéra-comique, paroles de M. Meyer, musique de M. Girard, représenté en mai 1895 à Passy (Paris), dans un hôtel particulier, par Mlle Laisné, MM. Fugère, Carbonne et Artus, tous artistes du théâtre de l'Opéra-Comique.
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ERRORE AMOROSO (l') , opéra italien musique de Jomelli, repr. à Naples en 1737.
* ersilia, opéra, musique de M. Cesare Pascucci, représenté à l'Alhambra de Rome, en 1882.
ERSTE FALTE (die) [la Première ride], opéra-comique allemand en un acte, musique de Leschetitzky , représenté au théâtre allemand, à Prague, le 9 octobre 1867. Cet ouvrage est à quatre personnages.
ERSTE TON (der) [le Premier son] , drame lyrique allemand, musique de Weber, représenté à Stuttgard vers 1808.
ERTEKRANZ (der) [la Couronne de la moisson], opéra allemand, musique de J.-A. Hiller, représenté en Allemagne vers 1758.
ERWIN ET ELMIRE, opéra-comique allemand en deux actes, paroles de Goethe, musique de Sclrweitzer, représenté à Stuttgard vers 1780.
ERWIN ET ELMIRE, opéra, musique de André, représenté vers 1764.
ERWIN ET ELMIRE, opéra allemand, musique de Stegmann , représenté à Hambourg en 1780.
ERWIN ET ELMIRE, musique de Agthe, représenté en Allemagne vers 1789.
ERWIN ET ELMIRE, opéra en un acte, paroles de Goethe, musique deBergt, représenté vers 1840.
ERWIN UND ELMIRE , opéra allemand, musique de Anne -Amélie, femme du duc Charles de Saxe-Weimar, fille du duc Charles de Brunswick, représenté à Weimar en 1776.
ESALTAZIONE DI MARDOCHEO (l'), opéra italien , musique de Raimondi, représenté à Naples vers 1817.
* ESCADRON VOLANT DE LA REINE (l/),
opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Ad. d'Ennery et Jules Brésil, musique d'Henri Litolff, représenté à l'Opéra-Comique le 14 décembre 1888. On sait que Catherine de Médicis avait toujours auprès d'elle tout un petit groupe déjeunes filles de haute noblesse, qu'elle mettait volontiers, sans qu'elles en eussent conscience, au service de sa politique cauteleuse et de sa ténébreuse diplomatie. C'est ce qu'on appelait « l'escadron volant de la reine » et ce qui a donné naissance à la pièce qui porte ce titre. Le malheur est que cette pièce n'offre ni saveur, ni
action, ni intérêt, si bien qu'elle resta pendant près de vingt ans dans les cartons de la direction de l'Opéra-Comique, et que c'est de guerre lasse qu'un beau jour enfin on se décida à la monter. Ce livret mal venu transporte le spectateur à Saint-Germain, à l'époque de la minorité de Charles IX et de la toute-puissance de Catherine de Médicis. U s'agit, bien entendu, d'une conspiration ourdie par les Guise pour enlever le jeune roi et le soustraire ainsi à l'influence de la reinemère. Celle-ci, qui a vent de la chose, lance son « escadron volant » sur la trace des conspirateurs, et parvient ainsi à être complètement informée de leur projet et à le faire échouer. Il va sans dire qu'une histoire d"amour est greffée sur ce fond pseudo-historique, et que tout se termine d'ailleurs de la façon la plus bénigne. La musique valait assurément mieux que ce poème traité de façon enfantine, bien qu'elle-même ne fût pas de qualité supérieure; l'inspiration n'en était ni bien neuve ni très abondante, mais on y retrouvait du moins la main habile et la grande expérience de cet artiste de race qui avait nom Henri Litolff, dont la renommée n'a pas à souffrir d'un échec dû surtout à ses collaborateurs. L'Escadron volant de la reine était joué par Mmes Vaillant-Couturier, Chevalier, Pierron, Degrandi, Bréan et MM. Dupuy, Fugère et Soulacroix.
* ESCAVAZIONE DEL TESORO (l') (la Découverte du trésor), petit opéra-bouffe, musique de Jean Pacini, représenté à Pise en 1814. C'était la seconde production scénique de ce compositeur si prodigieusement fécond, alors à peine âgé de dix-sept ans. Lui-même dit dans ses Mémoires, tout en en constatant l'heureuse réussite, que sa partition valait mieux au point de vue de la forme et de la correction qu'en raison de son mérite réel. Il ajoute qu'elle ne lui rapporta que la modique somme de cinquante francs, fruit de la troisième représentation, donnée à son bénéfice.
*ESCENAS EN CHAMBERI, zarzuela en un acte, paroles de José Olona, musique de Barbieri, Gaztambide, Hernando et Oudrid, représentée au théâtre des Variétés, de Madrid, le 19 novembre 1850.
*ESCLARMONDE, « opéra romanesque » en quatre actes et huit tableaux, dont un prologue et un épilogue, poème de MM. Alfred Blau et Louis de Gramont, musique de M. J. Massenet, représenté à l'Opéra-Comique le 15 mai 1889. — Esclarmonde! un joli nom, plein de douceur et d'harmonie, à la
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sonorité tendre et pénétrante, à la couleur vague et blonde des jeunes épis mûrissant au soleil! Il semble que ce nom, qui à lui seul est une trouvaille, engendre à la fois la poésie, l'amour et la mélancolie. Et, de fait, il y a un peu de tout cela dans le livret de MM. Blau et de Gramont; on regrette seulement quïls n'y aient pas joint un peu plus de nouveauté, et que leur imagination, portée surtout du côté de la matérialisation scénique, n'ait pas fait une plus grande dépense d'invention en ce qui concerne la portée passionnelle de l'œuvre, la peinture des caractères, et aussi l'enchaînement naturel et logique des événements. L'idée première de leur opéra n'est d'ailleurs que la contre-partie de celle qui forme le fond du Lohengrin de Richard "Wagner, et Esclarmonde n'est autre chose qu'un Lohengrin féminin. La situation des deux amants est simplement retournée. Seulement, moins cruels que le maître allemand, les auteurs ont voulu finalement les réunir et, au lieu de faire mourir l'un d'eux, ont arrangé les choses de façon à leur accorder et à leur permettre une félicité éternelle.
Le prologue transporte le spectateur à Byzance, où l'empereur Phorcas explique au peuple assemblé que, pour avoir voulu pénétrer trop profondément les mystères de la magie, le ciel l'oblige à renoncer à son trône en faveur de sa fille Esclarmonde. Il se retirera dans une solitude profonde, pendant que celle-ci héritera de sa puissance et de son autorité. La nouvelle impératrice se montre au peuple prosterné, qui lui jure obéissance. Esclarmonde a été instruite par son père dans l'art de commander aux esprits, et elle possède la puissance magique qui lui a été si fatale à lui-même; mais, pour la conserver, elle doit rester voilée jusqu'à l'âge de vingt ans et dérober la vue de son visage à tout être humain. Le jour où elle atteindra sa vingtième année, un tournoi solennel aura lieu à Byzance, dont le vainqueur deviendra son époux.
Esclarmonde est mélancolique. Un nom revient sans cesse sur ses lèvres, celui d'un chevalier français (!), le comte Roland de Blois, dont elle est vivement éprise, sans qu'on sache comment et par quelles circonstances a pu naître au cœur de cette jeune princesse orientale une passion brûlante pour ce personnage... éloigné. Tout à coup elle apprend que Roland est sur le point d'épouser la fille du roi de France Cléomer(!!), et elle se décide à user de son pouvoir magique pour empêcher ce mariage. Pour le dire en
passant, cette confusion arbitraire de la fable et de l'histoire — une histoire elle-même fabuleuse — cette invention d'un roi de France imaginaire, ce mélange de surnaturel et d'un semblant de réalité, cet abandon de toute logique même apparente, tout cela trouble l'esprit et affaiblit considérablement l'intérêt que peut exciter une action si étrange.
Quoi qu'il en soit, Esclarmonde évoque les esprits de l'air, de l'onde et du feu, c'est-àdire qu'elle mobilise du coup toute son armée. « Dociles à sa voix (dit l'analyse imprimée du livret), ils font apparaître dans la lune, comme dans un miroir, Roland, qui, en ce moment, chasse avec Cléomer dans la forêt des Ardennes. Au milieu de la chasse, un . cerf blanc entraîne à sa poursuite le preux. Bientôt Roland se trouve au bord de la mer (!!!). Un navire paraît, sans équipage. Le héros y monte, et, sur l'ordre d'Esclarmonde, le vaisseau va le conduire dans une île enchantée. C'est là qu'Esclarmonde ira le rejoindre, emportée par un char magique. » Roland aborde en effet dans cette île, et ici ce n'est plus de Lohengrin, mais de Parsifal que les auteurs se sont inspirés, car ils font passer sous les yeux du spectateur la scène célèbre des filles-fleurs, enguirlandant Roland, comme "Wagner leur fait enguirlander son héros. Roland s'endort, il est réveillé par un baiser d'Esclarmonde. A cette question du chevalier: « Qui es-tu? » l'impératrice magicienne répond : « Je suis une femme qui t'aime et qui veut s'unir à toi; mais à une condition expresse : c'est que tu ne verras pas mon visage et que tu ignoreras mon nom. » On devine ce qui s'ensuit.
Le lendemain, dès l'aube, Esclarmonde et Roland s'éveillent. Celui-ci se rappelle qu'il doit aller au secours du vieux Cléomer, assiégé dans Blois par les Sarrasins (!!!!), que commande le cruel Sarwégur. (On se rappelle que la veille il a quitté Cléomer, chassant tranquillement dans la forêt des Ardennes ; les événements et les hommes marchent vite dans ce monde singulier.) Esclarmonde lui rappelle son serment de garder à jamais le silence sur leur mystérieux hymen, puis elle le renvoie à son devoir, en lui promettant que chaque nuit, quel que soit le lieu où il se trouve, sa bien-aimée ira l'y rejoindre. A partir de ce moment, les événements les plus étranges s'accumulent et se précipitent, jusqu'à ce qu'enfin, à la suite de péripéties sans nombre, après la perte par Esclarmonde de son pouvoir magique, après uue foule d'incidents qui semblent devoir se-