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esther, tragédie en trois actes , avec des chœurs, par Racine, représentée par les demoiselles de la maison royale de Saint-Cyr en 1689, et à Paris, au Théâtre-Français, le jeudi 8 mai 1721. Nous ne rappellerons pas que c'est à la demande de Mme de Maintenon que Racine composa ce chef-d'œuvre impérissable dans lequel la beauté du style et des vers, la grandeur des images s'accordent avec l'intérêt de l'action. Nous rapporterons seulement le jugement que le grand poëte luimême a porté de la musique des chœurs, composés par Moreau, dans la préface de la tragédie à' Esther : « Je ne puis me résoudre, dit-il, à finir cette préface, sans rendre à celui qui a fait la musique la justice qui lui est due, et sans confesser franchement que ses chants ont fait un des plus grands agréments de la pièce. Tous les connaisseurs demeurent d'accord que depuis longtemps on n'a point entendu d'airs plus touchants ni plus convenables aux paroles. Quelques personnes ont trouvé la musique du dernier chœur un peu longue, quoique très belle ; mais qu'auraiton dit de ces jeunes Israélites qui avaient tant fait de vœux à Dieu pour être délivrées de l'horrible péril où elles étaient, si, ce péril étant passé , elles lui en avaient rendu de médiocres actions de grâces ? » Moreau, dont la musique a reçu d'un de nos premiers poètes un témoignage si flatteur, était maître de musique de la chambre du roi. Il était sorti de la maîtrise de la cathédrale d'Angers et avait été maître de chapelle à Langres, puis à Dijon. La dauphine , "Victoire de Bavière, le recommanda au roi. Moreau avait déjà composé une pastorale, les Bergers de Marly, et les chœurs de Jonathas, tragédie de Duché , lorsque Racine le choisit pour écrire les chœurs à!Esther et à'Athalie. M. Jules Cohen en a refait la musique à l'occasion de la reprise de ces deux tragédies au Théâtre-Français. On a remarqué le chœur : 0 rives du Jourdain! qui a du caractère. La sonorité toute moderne de l'orchestration, la coupe des motifs et quelquefois une sorte de virtuosité et de recherche dans l'emploi des instruments à vent, ont ôté comme à plaisir toute couleur "biblique à la partition de M. Cohen. Perne s'était exercé sans succès sur le même sujet.
ESTHER, opéra italien , musique de Arrigoni, représenté à Vienne en 1738.
ESTHER, opéra, musique de Jester, représenté à Berlin vers 1775.
ESTHER d'engaddi, opéra italien, mu-
sique de Péri (Achille), représenté à Parme en février 1843, et au théâtre de la Cruz, à Madrid, en 1845.
* ESTRELLA DE MADRID (la), zarzuela en trois actes, paroles d'Ayala, musique d'Emi-
. lio Arrieta, représentée à Madrid, sur le théâtre du Cirque, le 13 octobre 1853.
ESTRELLA DE SORIA, opéra suédois, musique de M. Berwald , représenté au théâtre de la Cour à Stockholm en mai 1862.
* ESTRELLA DE UN chino (la), zarzuela, musique de MM. Pethengui et Angel Rubio, représentée à Madrid, sur le théâtre du Prince- Alphonse, en août 1880.
* ESTRENO DE UN artista (el), zarzuela en un acte, paroles de/V. de La Vega, musique de Joaquin Gaztambide, représentée au théâtre du Cirque, à Madrid, le 5 juin 1852.
* estudiante endiablado (el), zarzuela, musique de M. Vidal y Llimona, représentée à l'Eldorado de Barcelone en novembre 1895.
esule di GRANATA (l'), opéra séria, paroles de Romani, musique de Meyerbeer, représenté à la Scala, à Milan, le 12 mars 1822.
ESULE DI ROMA (l'), opéra, musique de Donizetti, représenté à Naples en 1829.
* ÉTAPE D'UN RÉSERVISTE (l1), Opérette en un acte, paroles de M. de Bussy, musique de M. Oscar de Lagoanère, représentée aux Folies-Marigny le 3 décembre 1876.
etelinda, opéra, musique de Coccia, représenté à Venise en 1817.
ETELINDA, opéra, musique de "Winter, représenté à Milan en 1818.
ETELINDA , opéra italien , musique de A. Pellegrini, représenté à Como, dans l'automne de 1831.
* ETELINDA, opéra italien en trois actes, paroles d'un poète américain, M. A.-E. Jessup, musique de M. Marion (pseudonyme de Mme Jessup, épouse du poète, née Marion Minored). Encore un opéra tiré, comme ceux de Richard "Wagner, de la légende fameuse des chevaliers du Saint-Graal. La musique elle-même est conçue dans une sorte de style wagnérien, sévère, tendant au romantisme, avec une surabondance de déclamation qui n'est pas sans quelque fatigue pour l'auditeur. L'ouvrage a été représenté le 3 avril 1894 au théâtre de la Pergola, de Florence, où il avait pour interprètes Mme Bordalba (Etelinda) ,
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MM. Russitano (Conrad), Sammarco (Elver) et Galli (Lionel).
* ETELKA, opéra en deux actes, musique de M. Buongiorno , représenté à Naples le 31 mai 1887, puis au théâtre allemand de Prague en avril 1894. L'auteur est un compositeur italien qui avait écrit cet ouvrage alors qu'il était encore sur les bancs du Conservatoire de Naples. Son opéra, qui, paraît-il, révélait un talent sérieux quoique manquant un peu d'originalité, n'en fut pas accueilli avec moins de faveur.
eteocle E POLINICE, opéra italien, musique de Legrenzi, repr. à Venise en 1675.
eteocleo, opéra italien, musique deBononcini, représenté sur les théâtres de l'Italie vers le milieu du xvme siècle.
ETHELWINA ou L'EXILÉ , opéra-comique en trois actes, paroles de Paul de Kock et de Mme Lemaignan, musique de Batton, représenté à l'Opéra-Comique le 31 mars 1827.
ETIENNE MARCEL, opéra en quatre actes et six tableaux, livret de M. Louis Gallet, musique de M. Camille Saint-Saëns, représenté au théâtre de Lyon le 8 février 1879. La pièce est intéressante et offre des situations très dramatiques, dont plusieurs rappellent celles des Huguenots et de la Juive. Elle était de ;,nature à fournir à un compositeur doué d'inspiration l'occasion d'ajouter un ouvrage au répertoire français. Les personnages sont : Etienne Marcel, prévôt des marchands ; sa fille Béatrix, Robert de Loris, écuyer du dauphin et amoureux de Béatrix ; Eustache, aventurier et âme damnée du prévôt ; Jean Maillard, quartenier ; le dauphin ; Robert de Clermont, maréchal de Normandie; Marguerite, femme d'Etienne Marcel; l'évêque de Laon, Robert Lecocq ; Pierre, ami de Robert de Loris. Au premier acte, les hommes du peuple, excités par Eustache, témoignent leur aversion pour les gens du roi et se disposent à la révolte. Béatrix, insultée par quelques soldats, est protégée et délivrée par Robert de Loris. Etienne Marcel arrive sur ces entrefaites, remercie froidement le libérateur de sa fille et soupçonne les sentiments qu'ils éprouvent l'un pour l'autre. Un crieur annonce la condamnation d'un bourgeois nommé Perrin Marc, qui a assassiné le trésorier du dauphin. Cette nouvelle est accueillie avec fureur par les mécontents, qui, excités par l'évêque de Laon et Eustache, demandent à Etienne Marcel de se mettre à leur tête. Celui-ci accepte, malgré les remontrances de Jean Maillard :
Prends garde, compagnon, Dangereux sont tes rêves; Sers notre liberté, mais sans trahir le roil Les colères que tu soulèves Se retourneront contre toi!
Etienne Marcel répond par le cri : Aux armes t répété par les gens qui l'entourent. Dans le second acte, le dauphin confie à son écuyer les ennuis qui l'obsèdent :
Parfois je songe en ma tristesse
A m'enfuir loin de cette cour,
Libre de soins, l'âme en liesse,
Ivre de soleil et d'amour.
Mais hélas! que cette heure est brevet
Ma grandeur, à tous les instants,
Brisant les ailes de mon rêve,
Fait s'évanouir ce printemps.
Chaque matin, sous le jour pâle,
Se dresse le même horizon <
Et cette demeure royale
Est morne comme une prison.
Le musicien aurait pu rendre le dauphin intéressant en lui faisant chanter sur ces paroles un air, une cavatine développée, au lieu d'un cantabile syllabique dont la mélodie est écourtée. Mais l'école à laquelle il s'est affilié affecte de supprimer dédaigneusemeet les dénominations usuelles des morceaux d'une partition pour ne les désigner que par le numéro de la scène, de sorte qu'il n'y a ni duos, ni trios, ni quatuors, mais une suite de récits coupés de loin en loin par des chœurs ; cette théorie, qui transforme une œuvre dramatique en une mélopée récitante, est commode pour dissimuler la pénurie d'idées ; mais elle ne saurait être appliquée avec logique par ceux-là même qui la préconisent^ faute d'avoir en eux les inspirations nécessaires pour intéresser et plaire. Ils placent dans l'orchestre et çà et là dans la partie vocale tout ce que leur imagination avare leur fournit de mélodie, et l'on n'est pas peu surpris de la banalité et du style plat de ces phrases courtes, dont la valeur s'accorde si peu avec les prétentions novatrices de ces messieurs, qui se sont nommés eux-mêmes musiciens de l'avenir pour escompter dans le présent les avantages qu'un public facile à séduire attribue volontiers à ceux qui lui promettent du nouveau.
Les insurgés envahissent le palais et massacrent aux pieds du dauphin Robert de Clermont, maréchal de Normandie. L'histoire fait mention d'une autre victime de la fureur populaire, de Jean de Conflans, maréchal de Champagne; mais le librettiste a pensé avec raison que le meurtre d'un seul personnage était suffisant dans un opéra; seulement, au dénouement, il aurait peut-être mieux obéi aux convenances dramatiques en faisant pu-
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nir Etienne Marcel de sa trahison sur la scène plutôt que dans la coulisse. Robert de Loris veut venger la mort du maréchal ; la populace va lui faire un mauvais parti; Etienne Marcel s'acquitte de sa dette envers lui en le protégeant à son tour. La scène du chaperon aux couleurs de la ville de Paris, placé sur la tête du dauphin, n'a pas été omise. Dans un second tableau, une scène domestique a lieu entre le père qui annonce la fausse nouvelle de la mort de Robert de Loris, et sa fille, dont la douleur trahit l'amour. Les paroles du livret sont très négligées en cet endroit pathétique. Etienne Marcel accable Béatrix de reproches et la menace de tuer celui qu'elle ose aimer. Marguerite intercède en vain. La musique de cette scène n'est que violente et n'a aucune valeur musicale. Le chant de Béatrix restée seule : O beaux rêves évanouis ! sans offrir d'idée neuve, est d'une expression juste. Ici se place, désigné sous le nom de scène v, un véritable duo d'amour. Robert est auprès de sa bien-aimée ; il veut l'entraîner, et, au moment où elle va céder à ses instances et quitter la demeure de ses parents, on frappe à la porte et des insurgés appellent Marcel. Béatrix décide son amant à fuir leur colère en passant par une porte dérobée ; mais, au moment où il va la franchir, Etienne Marcel entre, ouvre la porte du fond qui donne passage à la foule; on se précipite sur Robert qui se fait place l'épée à la main et saute par la fenêtre. Ce finale est, comme on le voit, assez mal conduit, et la jeune fille y joue un rôle peu convenable. Quant à la musique, on remarque dans le duo une phrase adagio : Interroge les astres d'or, et une autre phrase : O pure extase; le reste n'offre que des effets de sonorité obtenus par de fréquents unissons.
Le troisième acte alieu devant Notre -Dame. On fête la Saint-Jean. Le peuple est en liesse ; on danse. Le ballet est fort long et varié. Le meilleur morceau est intitulé : Musette guerrière. Etienne Marcel, entouré des échevins, est reçu par l'évêque de Laon avec une grande solennité. Robert, déguisé en mendiant, s'approche de Béatrix, lui dit que la fin du pouvoir usurpé par son père est prochaine, qu'il sauvera ses jours, mais qu'elle doit fuir avec lui. Au moment où Béatrix donne son consentement à un nouveau projet de fuite avec son amant, Robert est reconnu par Eustache et encore une fois livré àla colère de Marcel ; mais il s'est produitdans le peuple un revirement subit contre le prévôt. Jean Maillard lui tient tête, et, appuyé par le populaire à
son tour, délivre le prisonnier. Eustache, espion du roi de Navarre Charles le Mauvais, profite de la sombre tristesse et des appréhensions du prévôt des marchands pour l'engager à lui ouvrir les portes de Paris. Après quelques hésitations, celui-ci se décide à commettre cette trahison. Dans cet acte, Marcel chante un récit mesuré qui ne manque pas de caractère : Ce soir on me dédaigne, et peut-être on m'oublie. Le dialogue entre Marcel et Eustache est aussi bien traité; mais la scène de la délivrance du prisonnier n'a pas un sens suffisant. On peut admettre une grande sonorité dans une scène populaire, mais encore faut-il que lejugement de l'oreille ne perde pas ses droits. On se transporte au dernier acte à la bastille Saint-Denis. Jean Maillard veille et s'assure de la fidélité des gardes du poste. Lorsque Etienne Marcel demande les clefs de la ville, elles lui sont refusées. Robert a surpris le secret de Marcel ; n'écoutant que sa générosité et son amour pour Béatrix, il lui garantit le pardon du dauphin s'il veut renoncer à ses projets. Béatrix et Marguerite joignent leurs prières aux siennes ; cette scène de famille touche au ridicule. Etienne Marcel résiste à tout, se précipite au dehors suivi de quelques partisans et tombe frappé par Jean Maillard. La pièce se termine par l'entrée triomphale du dauphin. Les morceaux à signaler dans cet acte sont: une marche orchestrale assez alambiquée, l'air de ténor chanté par Robert et un quatuor final qui souvent n'est qu'un trio à cause des unissons prolongés. Cet ouvrage a été chanté à Lyon par MM. Delrat, Stéphanne, Echetto, Plançon; M<nes Reine Mézeray, Legénisel-Monnier, Amélie Luigini.
Etienne Marcel a été représenté à Paris, à l'Opéra populaire momentanément installé au théâtre du Château-d'Eau, et malheureusement dans des conditions d'exécution tellement déplorables qu'elles n'ont pas laissé au public la possibilité de se rendre compte de la véritable valeur de l'œuvre.
ÉTOILE (l'J, opéra -bouffe en trois actes, livret de MM. Leterrier et Vanloo, musique de M. Emmanuel Chabrier, représenté aux Bouffes-Parisiens le 28 novembre 1877. C'est une grosse farce désopilante. Il est d'usage dans un pays qu'on ne nomme pas, et pour cause, de célébrer la fête du roi Ouf 1er en offrant au peuple le spectacle d'un empalement. On cherche un coupable ; il se présente dans la personne du jeune Lazuli, qui a donné une gifle- au roi sans le connaître. Il va subir le supplice, lorsque, heureusement pour lui,
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l'astrologue Sirocco informe Ouf I« que son existence est liée à celle de Lazuli et qu'il doit finir ses jours en même temps que lui. Alors le roi ne songe plus qu'à entourer Lazuli de toutes ses prévenances et d'une sollicitude dont on comprend toutes les extravagantes péripéties. La musique a paru exprimer assez heureusement les situations bouffonnes de cette donnée. On a bissé le duetto bouffe du troisième acte. Chanté par Daubray, Scipion, Jolly, Mmes paola Marié, Berthe Stuart, Mlle Luce.
* ÉTOILE (l'), idylle antique, poème de M. Paul Collin, musique de M. Henri Maréchal, écrite pour la Société chorale d'amateurs et exécutée par elle le 12 mars 1881.
ÉTOILE DE SÉVILLE (1/), opéra en quatre actes , paroles de Hippolyte Lucas , musique de M. Balfe, représenté à l'Académie royale de musique le 17 décembre 1845. Le sujet de cet ouvrage a été tiré d'une pièce de Lope de Vega, déjà imitée et donnée au Théâtre- Français, par M. Lehrun, sous le titre du Cid d'Andalousie. Don Sanche se dévoue pour sauver l'honneur de son roi ; il se bat à sa place et il tue don Bustos, le père d'Estrella, qu'il aime ; la situation dramatique est ici plus belle que la scène analogue ne l'est dans Don Juan; quant à la musique, c'est une autre affaire. Estrella demande justice au roi; mais un testament de don Bustos prouve qu'elle n'est point sa fille, et elle peut s'unir à don Sanche, qu'elle a cru le meurtrier de son père. La partition de cet ouvrage a été, dit-on, écrite par Balfe en deux mois. On s'est aperçu de cette précipitation ; le compositeur a dû la regretter. Il y a des motifs heureux, des mélodies charmantes, qui ne sont pas assez bien agencées, ni reliées entre elles. La chanson mauresque de Zaïda, la romance d'Estrella, le quatuor du second acte, sont les morceaux saillants de cet opéra, qui à été parfaitement interprété par Mme Stolz, Mlle Nau, Baroilhet et Gardoni.
ÉTOILE DE turan (i/), opéra en quatre actes, musique de M. Richard Wuerst, représenté à Berlin en décembre 1864.
ÉTOILE DU NORD (l'), opéra de demicaractère en trois actes, paroles de Scribe, musique de Meyerbeer, représenté à l'Opéra- Comique le 16 février 1854. L'Etoile du nord est une des partitions les plus riches de Meyerbeer ; c'est peut-être celle où il a fait le plus de dépense de combinaisons harmoniques et rythmiques, ainsi que d'effets sin-
guliers d'orchestre. Le livret a l'inconvénient de mettre en scène des héros fort peu propres à figurer dans un opéra-comique : Catherine et Pierre le Grand. Les détails n'ont aucun intérêt ; la pièce marche mal. Aucune scène n'éveille la sensibilité du spectateur. La romance de Pierre : 0 jours heureux, est le seul morceau réellement pathétique de la partition. Il a bien l'empreinte de cette sombre mélancolie que Meyerbeer savait, mieux que tout autre, donner à la musique. L'air de Danilowitz a de l'entrain si l'on veut, mais nullement la gaieté telle qu'on la comprenait à Feydeau. Quant au cosaque Gritzensko, on le trouve grotesque, tout en accordant qu'il chante de fort bonne musique. On demanderait volontiers la suppression des paroles. Cet habitant de l'Ukraine est au service du czar. M. Scribe s'avise de le faire parler en patois alsacien. Puisque tous les Russes parlent et chantent en français, pourquoi le cosaque du Don parle-t-il le langage des bords du Rhin? Le rôle de Catherine est, sous le rapport du chant, fort difficile à interpréter. Chaque phrase exprime un ordre d'idées différent. Jamais la musique imitative dans l'acception élevée et véritablement artistique du mot n'a été poussée plus loin. C'est comme une suite de tableaux, un polyorama, un kaléidoscope musical, mais point un opéra; chœur de buveurs, ronde bohémienne, prière, baroarolle, couplets de cavalerie, couplet de l'infanterie, chœur des conjurés, couplets des vivandières , air concertant avec deux flûtes et chœur , une polonaise , que n'y a-t-il pas dans cet opéra ? Et tout cela est traité avec une science consommée et une patiente recherche. Un souffle plein de grâce vient heureusement rafraîchir cette haute atmosphère, c'est le délicieux duettino : Sur son bras m' appuyant, La partition de Y 'Etoile du nord est celle qui a été étudiée avec le plus de fruit pat les chefs d'orchestres et par tous les artistes qui s'occupent de la musique d'harmonie.
La partition de l'Etoile du nord renferme la plupart des morceaux du Camp de Silésie (Ein feldlager in Schlesien) , opéra allemand en trois actes, représenté le 7 décembre 1844, à Berlin, à l'occasion de l'inauguration du nouveau Théâtre-Royal.
* Étoiles (les), opéra-ballet en un acte et deux tableaux, paroles de Clairville et Barrez, musique de Pilati, représenté au Théâtre-Lyrique le 6 février 1854.
ETRA (l') [le Ciel], opéra italien , musique de Cortesi, représenté à Sienne en août 1857.