‹ Dictionnaire des opérasChapitre 288 sur 928 · EVAN · texte numérisé non relu

EVAN

son erreur, se fait néanmoins le champion de cette pauvre fille, et provoque Reynold. Celui-ci reçoit de Zara une épée magique ; mais, au moment où il va s'en servir contre son adversaire, la perfide Egyptienne, pour sauver les jours d'Odoard qu'elle aime, avoue sa faute. L'innocence d'Euryanthe est proclamée. Il y a dans la pièce française des personnages épisodiques qui divertissent le public par leurs lazzi; mais c'est encore là une nouvelle atteinte portée au caractère de la musique de Weber , qui ne comporte nullement l'élément comique. En suivant l'ordre de l'édition française , celle qui de nos jours est seule représentée, nous indiquerons sommairement les morceaux les plus saillants. La romance d'Odoard a trois couplets dans l'œuvre originale, et ils sont accompagnés d'une manière différente. On a supprimé le dernier au Théâtre-Lyrique. La mélodie en est expressive et gracieuse. Dans la scène du défi des chevaliers rivaux se détache une phrase magnifique qui sert de début à l'ouverture. La cavatine chantée par Euryanthe est le chef-d'œuvre de la partie vocale de cet opéra. Rien n'égale la suavité rêveuse, la mélancolie charmante de ce morceau. Le duo d'Euryanthe avec Zara, et le finale du premier acte sont aussi remarquables. Le duo d'Odoard et d'Euryanthe, au second acte, est très beau; mais la scène dans laquelle les chevaliers reprochent à Euryanthe son déshonneur apparent est plus que faible , et n'offre q,u'une suite d'effets heurtés et violents. Le troisième acte renferme le célèbre chœur des chasseurs, une des plus belles inspirations de Weber , et une jolie ronde en la majeur avec un refrain en chœur qui est le pendant de celle de Freyschùtz. Les rôles ont été chantés par Michot , Balanqué , Mlles Rey et Borghèse. Il existe une traduction exacte de Y Euryanthe allemande, par M. Maurice Bourges.

euthyme ET LYRIS, opéra en un acte, paroles de Boutillier, musique de Désormery, représenté par l'Académie royale de musique le 1er octobre 1776. Cet ouvrage eut vingtsix représentations , ce qui était un succès à une époque où l'on jouait les œuvres immortelles de Gluck.

ÉVA, drame lyrique en deux actes, paroles de MM. de Leuven et Brunswick, musique de de Coppola et Girard, représenté à l'Opéra- Comique le 9 décembre 1839. Le sujet est imité de Nina ou la Folle par amour, opéra de Marsollier et deDalayrac. Eva, jeune Sué-

doise, a perdu la raison à la vue de son fiancé mourant dans un combat contre les Russes. La scène se passe sous Charles XII. Mais, comme dans Nina, le défunt n'est pas mort, et le colonel Gustave vient rendre la raison à la pauvre insensée. Cet ouvrage se compose musicalement des fragments de Nina pazza per amore , opéra écrit à Rome par Coppola en 1835 , et représenté dans toute l'Europe avec un grand succès. Girard, qui fut depuis l'habile chef d'orchestre de l'Opéra et de la Société des concerts, fut chargé alors d'en former une pièce française pour les débuts de Mme Eugénie Garcia , qui y obtint un grand succès comme cantatrice , tandis que la musique de Coppola fut assez étourdiment vilipendée par la presse entière.

EVA HLYNA, opéra bohémien, musique de Doerstling, représenté à Prague au théâtre National en novembre 1862.

EVACUAZIONE DEL TESORO (h'), farce italienne, musique de J. Pacini, représentée à Pise en 1815.

* EVALDO, opéra, musique de M. Tozzi, représenté au Politeama national de Pise en novembre 1895.

EVANDRO IN PERGAMO, opéra séria, musique de Mirecki, représenté à Gênes en décembre 1824.

* EVANGELINA, opéra sérieux en trois actes, paroles de M. Alessandro Cortella, musique de M. Arturo Berutti, représenté à FAlhambra de Milan le 19 septembre 1893.

* EVANGELIMANN (dbr) [VHomme de l'Evangile], « comédie musicale », paroles et musique de M. Wilhelm Kienzl, représentée à l'Opéra royal de Berlin le 4 mai 1895. Le sujet de cette « comédie musicale » , dont un crime forme le fond, a été, paraît-il, tiré par l'auteur des Mémoires d'un commissaire de police, et n'en offre pas pour cela plus d'intérêt. « Quant à la musique, disait un critique allemand, il serait difficile de dire à quel genre elle appartient. C'est une olla podrida, dans laquelle se trouve mêlé un peu de Mascagni, un peu de Nessler (l'auteur du trop fameux Trompette du Sackinge7i), un peu de Wagner, et ensuite, comme condiment, une pincée de Bach avec une bonne dose de Schumann. En somme, il y en a pour tous les

• goûts, ce qui veut dire qu'aucun ne s'y trouve pleinement satisfait. M. Kienzl est un éclectique qui prend son bien où il le trouve, en donnant la preuve qu'il a une connaissance

ÉVEN

EXPI

profonde de la musique depuis Bach jusqu'à Wagner. Son opéra est une véritable anthologie... » Les deux principaux rôles, ceux de Jean et de Mathias, ont été tenus à souhait par MM. Bulss et Silva.

* ÉVANGÉLINE, «légende canadienne» en quatre actes, paroles de MM. Louis de Gramont, G. Hartmann et André Alexandre, musique de M. Xavier Leroux, représentée avec succès à Bruxelles, sur île théâtre de la Monnaie, le 28 décembre 1895. M. Xavier Leroux est un de nos jeunes Prix de Rome, dont ce début à la scène a été fort remarqué. Son œuvre, fort intéressante, avait pour interprètes MUes Armand, Merey et Milcamps, MM. Bonnard et Gélibert.

* evanthia, opéra en un acte, musique de M. Umlauf, représenté à Gotha en août 1S93. Ce petit ouvrage avait été couronné dans un concours ouvert par le duc de Saxe-Cobourg-Gotha, concours auquel avaient pris part cent vingt-quatre compositeurs. Il a été fort bien accueilli.

* evelia, opéra sérieux, musique de M. Cappelli, représenté au Politeamo de Pistoiele 11 juillet 1885.

EVELINA, opéra, musique de Coccia, représenté à Milan en 1815.

EVELINA, opéra italien de Giosa, représenté à Naples au mois de juin 1845.

EVELINA, opéra italien, musique de Corrado, représenté à Casale-Monferrato en février 1872.

événements imprévus (les), comédie en trois actes , mêlée d'ariettes , paroles de d'Hèle, musique de Grétry, représentée à Versailles le il novembre 1779, et à Paris, aux Italiens, le 13 novembre de la même année. Ce fut la dernière production de l'infortuné littérateur, mort jeune, et dont le caractère bizarre a été dépeint par Grétry d'une manière intéressante dans ses Essais sur la musique. d'Hèle avait fait pour son ami les poëmes du Jugement de Midas et de l'Amant jaloux. La partition, qui n'est pas des meilleures, renferme deux airs qui ont obtenu un certain succès ; celui de Philinte : Qu'il est cruel d'aimer, et celui du marquis de Versac : Dans le siècle où nous sommes.

ÉVÉNEMENTS IMPRÉVUS (les) , musique de Ferrari (I.-G.) , représenté au théâtre Montansier en 1791. C'est la même pièce qui avait été mise en musique par Grétry.

ÉVENTAIL (l'), opéra-comique en un acte, paroles de MM. Jules Barbier et Michel Carré, musique de M. Ernest Boulanger, représenté à l'Opéra-Comique le mardi 4 décembre 1860. Rosalinde, jeune veuve, sa sœur Phébé , le capitaine Annibal et le poète Fabrice sont les personnages de cette petite pièce. Dans le cours de l'intrigue , Rosalinde laisse tomber son éventail aux pieds d' Annibal, afin qu'il le lui rapporte chez elle ; ce qui a motivé assez légèrement le titre. La partition, traitée avec esprit , renferme de jolis détails :1a séguidille : Bel astre aux doux yeux, et l'air agréable de Rosalinde : J'ai vingt ans, je suis veuve. Les rôles ont été créés par Crosti, Ponchard, Mme Faure- Lefebvre et Mile Angèle Cordier.

EVENTI DI FILANDRO ED EDESTA, Opéra italien, musique de Uccellini, représenté à Parme en 1675.

* everel, opérette, paroles de M. E. Cres» wicke, musique de M. Sutherland, représentée à Londres en mai 1884.

EVERGETE, opéra italien en trois actes, musique de Léo, repr. à Naples vers 1730.

EWIGE JUDE (der) [le Juif errant], drame allemand, musique de Uber, représenté à Dresde vers 1819.

* EXEMPLE (l'), opérette en un acte, paroles d'Adolphe Jaime, musique d'Eugène Moniot, représentée aux Bouffes-Parisiens le îer janvier 1873.

EXIL DE ROCHESTER (l'), opéra-comique en un acte, paroles de Moreau et Dumolard, musique de Raphaël Russo, représenté à l'Opéra-Comique le 29 novembre 1S28. Cet ouvrage était la transformation d'une petite pièce à couplets jouée au Vaudeville en septembre 1811. Le compositeur, Raphaël Russo, est resté complètement inconnu.

EXILÉ (l'); opéra-comique, musique de Mazzinghi , représenté à Londres vers 1805.

EXILÉ (l'), opéra-comique en deux actes, musique de De Pellaert, représenté à Bruxelles en 1827.

* EXPERIENCIA (a), opérette en un acte, musique de M. Freitas Gazul, représentée à Lisbonne, sur le théâtre du Prince- Royal.

* EXPIATION DE SAVELÉ (i/), drame lyrique en cinq actes, paroles de Mme Henry Gréville, musique de M. Sinsoilliez, représenté au Grand-Théâtre de Lille le 18 janvier 1881.

Page 1