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FRA I DUE LITIGANTI IL TERZO GODE

{Entre deux querelleurs un troisième survient qui tire profit du différend) , opéra italien, musique de Sarti, représenté à Turin en 1780.

*FRAGAMLE DAGE, opéra, musique de M. J. Harklan, représenté avec succès à Christiana en juin 1883.

FRAGMENTS, composés de Amasis, paroles de Moncrif, musique de Royer; à'Ismène, de Moncrif, Rebel et Francceur ;■ de Linus, acte détaché du ballet l'Empire de l'amour , représentés par l'Académie royale de musique le 28 août 1750, et repris plusieurs fois. Sous ce titre de Fragments, on entendait une représentation composée de plusieurs actes ou divertissements appartenant à des ouvrages différents.

FRAGMENTS, composés duprologue à'Eglé, musique de Lagarde, et de la première représentation de Y Amour et Psyché , opéra de Mondonville, exécutés par l'Académie royale de musique le 24 juin 1760. Ce dernier musicien refit cet ouvrage, qui fut représenté sous le nom de Psyché, à Versailles, devant la cour en 1762, et à l'Opéra en 1769.

FRAGMENTS à'Ismène, de Tithon et l'Aurore, de Roy et Cury , et à'Eglé, de Laujon et de Lagarde, donnés à l'Académie royale de musique le 21 septembre 1751.

FRAGMENTS, de Destouches et Mouret, exécutés à l'Académie royale de musique le 15 novembre 1755. Les/rap'mentedontilestici question étaient composés d'un prologue et d'un acte du Carnaval et la Folie, opéra-ballet de Destouches; de l'Enjouement , entrée du ballet des Grâces, paroles de Roy, musique de Mouret , représenté pour la première fois en 1735, et du Temple de Gnide, aussi composé par

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Mouret. Notre Académie de musique n'a pas perdu l'usage de ces représentations, qui rappellent l'habit d'Arlequin. Le Comte Ory, Guillaume Tell, Lucie, le Serment, le Philtre, ont servi à compléter une soirée avec Giselle, le Diable à quatre, etc.; dans les représentations données au bénéfice des artistes, on groupe avec moins d'ordre encore qu'au xvme siècle des fragments tirés de tous les répertoires.

fragments DE lulli, en quatre actes, avec prologue , extraits de plusieurs opéras de ce maître, mis au théâtre le 10 septembre 1702, par Campra, sur un poème arrangé par Danchet.

fragments DE MOURET , se composant de la pastorale du Temple de Gnide, de la Fête de Diane et du Mariage ou les Amours deRagonde, comédie en trois actes , dont les paroles sont de Destouches. Ils furent donnés le 30 janvier 1742, et repris deux fois.

FRAGMENTS DES MODERNES OU TÉLÉ- MAQUE, pièce extraite des opéras du temps, arrangée par Danchet pour les paroles, et par Campra pour la musique. Elle fut représentée à l'Académie royale de musique le 1 1 novembre 1704.

FRAGMENTS HÉROÏQUES (LES), formés de Phaéton, paroles de Fuzelier ; de Zémidey paroles du chevalier de Laurès ; la musique de cet ouvrage fut composée par Iso et exécutée par l'Académie royale de musique le 20 juillet 1759. Elle eut peu de succès.

Il existe un grand nombre de Fragments; nous n'avons indiqué que les principaux, afin de faire connaître ce genre de représentations, qui obtint quelque vogue au commencement du xvme siècle.

FRANC breton (le), opéra en un acte, livret en vers libres de Dejaure, musique de Kreutzer et Solié. C'est une pièce où la sensibilité brille plus que le talent. Montalde est un poète pauvre qui, dans sa détresse, a été recueilli par un riche armateur de Nantes, M. Plemer, surnommé le franc Breton. Comblé des bienfaits de cet homme, qui est devenu son ami, Montalde a l'occasion de s'acquitter envers lui en le retirant de la mer où il était tombé. L'homme de lettres devient l'idole de la famille de Plemer et le héros de la bonne ville de Nantes. Mais il s'avise d'être éperdument amoureux de Gabrielle, la fille de son bienfaiteur, et, mû par un sentiment de délicatesse, il veut quitter une maison et des amis dont il rougirait de tra-

hir la confiance. M. Plemer a deviné son secret et, à la suite d'une scène de séparation entre les deux amis, qui, dans la pensée des auteurs, devait être pathétique, et qui est d'un ridicule achevé, le franc Breton et sa femme accordent à Montalde la jeune Gabrielle, laquelle, en fille aussi ingénue que réservée, a attendu la dernière scène de l'ouvrage pour révéler les secrets de son cœur. Une telle pièce ne pourrait avoir de nos jours qu'une représentation. La musique est aussi d'une faiblesse extrême. A une plate ouverture succèdent des morceaux assez courts, dont l'harmonie est peu digne du nom de Kreutzer. Nous ne pouvons guère signaler que les couplets chantés par Mme plemer : Le doux sentiment charme l'existence, dont la mélodie est agréable et l'harmonie intéressante, et où l'on sent la main du célèbre violoniste. Tout le reste semble appartenir à Solié et tient plutôt du vaudeville que de l'opéra-comique.

FRANC MARIN (le) , opéra-comique en deux actes, paroles de Pompigny, musique de Foignet, représenté au théâtre des Amis de la patrie le 3 décembre 1795.

FRANÇAIS À VENISE (le), opéra-comique en un acte, paroles de Gensoul, musique de Nicolo Isouard, représenté à l'Opéra- Comique le I4juin 1813.

FRANÇAIS EN ANGLETERRE (les), cantate, paroles de Saulnier , musique de Kalkbrenner, représentée à l'Opéra en 1798.

FRANÇAIS EN ESPAGNE (les), opéra en trois actes, musique de Fesca (Alexandre), représenté à Carlsruhe en 1841.

FRANCASTOR, opérette en un acte, paroles de MM. Labottière et A. Lafont, musique de M. Barbier, représentée aux Folies-Nouvelles en mai 185S, et au théâtre du Chalet-des- Iles en août 1861.

FRANCE régénérée (la), opéra en un acte, musique de Scio, représenté au théâtre Molière en 1791.

* FRANCESCA DA RIMINI, drame lyrique en trois actes, musique de Giovanni Franchini, représenté au théâtre San Carlos, de Lisbonne, en 1857.

FRANCESCA DA RIMINI, opéra-seria, musique de V. Moscuzza, représenté à Malte en mai 1877.

francesca DA rimini, opéra-serïa en quatre actes, livret de Ghislanzoni, musique

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de A. Cagnoni, représenté au théâtre Royat de Turin le 19 février 1878 ; chanté par Abrugnedo, Carnili, Polonini, M^es Missorta, Azzalini. Cet ouvrage a été bien accueilli.

* FRANCESCA DE RIMINI, opéra, musique d'Eugène Nordal, représenté à Linz le 17 février 1S40.

FRANCESCA DI FOIX, opéra italien, musique de Donizetti, repr. à Naples en 1830.

FRANCESCA DI RIMINI, opéra italien, musique de Mercadante; représenté sur les théâtres d'Italie en 1828, et à Madrid en 1829, avec quelque succès.

* FRANCESCA DI RIMINI, opéra sérieux, musique de Massimiliano Quilici, représenté à Lucques le 2 septembre 1829-

FRANCESCA DI RIMINI (Françoise de Rimini) , opéra italien, musique de Generali, représenté au théâtre de laFenice,àVenise, le 26 décembre 1829.

FRANCESCA DI rimini, opéra napolitain, musique de Staffa, représenté au théâtre Saint-Charles, à Naples, le 12 mars 1831.

FRANCESCA DI RIMINI , opéra italien, musique de Fournier-Gorre, représenté à Lirourne en 1832.

FRANCESCA DI rimini, opéra italien, musique de Borgatta, représenté à Gênes en

FRANCESCA DI RIMINI, opéra italien, musique de Devasini, représenté au conservatoire de Milan en 1841.

FRANCESCA DI RIMINI, opéra italien, musique de François Canetti, représenté à Vicence en 1843.

FRANCESCA DI RIMINI, opéra italien, musique de Brancaccio , représenté au théâtre de la Fenice à Venise vers 1844.

* francesca di rimini, opérette en un acte, musique de M. Marius Boullard, représentée à l'École lyrique le 3 avril 1866.

francesca DI rimini , opéra italien»

musique de M. Marcarini; représenté au théâtre Carcano, de Milan, en décembre

FRANCESCO DONATO, opéra italien, musique de Raimondi, représenté à Palerme vers 1841.

francesco donato, opéra de Mercadante , représenté au théâtre San-Carlo. à

Naples, en 1845. Cet ouvrage n'eut pas de succès marqué.

Francese à malaghera (la), opéra italien, musique de Traetta, représenté à Parme en 1762,

FRANCESE BIZZARRO (il) [le Français original], opéra-bouffe, musique de Gresnick, représenté à Savona en 1784.

FRANCESE BIZZARRO (il), opéra buffa, musique de Astaritta, représenté à Dresde en 1786.

FRANCESE MALIGNA (la) [la Française malicieuse], opéra italien, musique de Piccinni, représenté à Naples vers 1767. .

*FRANCIFREDO, DUX DE VENECIA, opéra espagnol, paroles de M. Mariano Pinel, musique de M. José Rogel, représenté à Madrid le 29 janvier 1867.

FRANCO BERSAGLIERE (il), opéra italien, musique de M. Antonietti ; représenté en Russie, au théâtre de Taganrog, en janvier

* FRANÇOIS LES BAS - BLEUS , Opérette en trois actes, paroles de MM. Ernest Dubreuil, Eugène Humbert et Burani, musique posthume de Firmin Bernicat, terminée par M. André Messager, représentée aux Folies- Dramatiques le s novembre 1883. Ce titre de François les Bas-bleus n'était qu'une enseigne — l'enseigne d'une chanson populaire — destinée à couvrir une intrigue assez vulgaire, celle des amours d'un jeune écrivain public et d'une chanteuse des rues qui se trouve la fille d'un marquis, ce qui, grâce au 14 juillet 1789 et à la prise de la Bastille, n'empêche pas leur union. La musique valait bien mieux que le livret; elle était l'œuvre d'un jeune compositeur qui, après s'être fait connaître dans les cafés- concerts, avait eu l'ambition de travailler pour le théâtre, où il aurait certainement réussi. Malheureusement, poitrinaire au dernier degré, Bernicat mourut avant d'avoir pu mettre la dernière main à sa partition, qui dut être terminée et mise au point par M. André Messager. Elle n'en contenait pas moins des pages fort aimables et d'une rare distinction. François les Bas-bleus était joué par MM. Bouvet, Montrouge, Dekernel, Mmes Jeanne Andrée et d'Harville.

FRANÇOIS 1" ou LA FÊTE MYSTÉ- RIEUSE, comédie en deux actes et en vers, mêlée d'ariettes , paroles de Sewrin et Chazet , musique de Kreutzer , représentée à

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Feydeau le 14 mars 1S07. Cet ouvrage appartient à la seconde période de la vie de ce compositeur laborieux, et n'obtint qu'un succès d'estime. Ainsi que le fait judicieusement observer M. Fétis, l'imagination de Kreutzer fut comme paralysée lorsqu'il s'efforça de devenir savant en musique. De ses trentedeux opéras, il n'est resté que ceux qu'il écrivit d'inspiration et avec de faibles notions d'harmonie et de contrepoint, c'est-à-dire Paul et Virginie et Lodoïska.

* FRANÇOIS Ier, opéra, musique d'Edward Loder, représenté à Londres, sur le théâtre de Drury-Lane, en 1838.

FRANÇOIS 1er À CHAMBORD, opéra en

■deux actes, paroles de Moline de Saint-Yon et Fougeroux, musique de Prosper de Ginestet, représenté à l'Académie royale de musique le 15 mars 1830. M. de Ginestet était un officier, ancien garde du corps du roi Louis XVIII.

François VILLON, opéra en un acte, paroles de M. Got, musique de M. Edmond Membrée, représenté à l'Académie impériale de musique le 20 avril 1857. Le livret n'était pas des mieux réussis. Dansunjour debonne humeur, Louis XI a fait grâce de la potence à Villon ; ce pauvre diable, bohémien luimême, a été consolé dans son cachot par une petite bohémienne nommée A'ika. Son imagination poétique, ses malheurs, touchent le cœur de la jeune fille, qui lui assure qu'elle l'aime malgré ses cinquante ans. Villon fait un retour sur lui-même, sur sa vie d'aventures ; il a honte de la faire partager à cette crédule enfant, et il a le courage de refuser le bonheur qu'elle lui offre. Cette magnanimité est peu en rapport avec l'idée qu'on peut se faire du patron des Enfants sans-souci. M. Membrée a écrit une partition intéressante, pittoresque et qui renferme des morceaux bien traités, entre autres la ballade si connue : Mais où sont les neiges d'antan? les couplets de Gossoyn : S'il est sur la machine ronde, et le chœur de l'orgie : Rions, buvons, chantons, compères. Cet ouvrage a été joué par Obin, Boulo, MUe Delisle.

FRANÇOISE DE foix, opéra-comique en trois actes, paroles de Bouilly et Dupaty, musique de Berton, représenté au théâtre Feydeau le 28 janvier 1809. Cet ouvrage, complètement oublié aujourd'hui, obtint alors un certain succès.

Françoise de foix , opéra, musique de Weigl, rep>\ à Vienne et à Milan vers 1810.

FRANÇOISE DE rimini, opéra allemand en cinq actes, livret et musique de Hermann Gôtz, représenté à Mannheim le 30 septembre 1877. Le compositeur était mort, laissant son œuvre inachevée. Elle a été revue et complétée par Johannes Brahms et Franck.

* FRANÇOISE DE rimini, opéra en quatre actes avec prologue et épilogue, poème de Michel Carré et M. Jules Barbier, musique d'Ambroise Thomas , représenté à l'Opéra le 14 avril 1882. On connaît la légende fameuse de Francesca da Rimini, immortalisée par Dante et qui a servi de sujet au présent opéra. Mais, ce qui est à remarquer ici, c'est que les librettistes ont mis en action la fiction par laquelle Dante, au cinquième chant de son Inferno, se représente lui-même visitant l'enfer en compagnie de Virgile et, appelant à lui les ombres désolées de Paolo Malatesta et de Francesca da Rimini, se fait raconter par elles leur navrante histoire. Le prologue nous montre en effet les deux poètes immortels, l'un guidant l'autre, sur les bords de l'Achéron, dans les profondeurs de l'enfer, au milieu des cris et des convulsions des damnés. Deux ombres passent, celles de Paolo et de Francesca, se tenant enlacées comme dans un lien éternellement amoureux. Dante les questionne : « — Qui êtes-vous ? » leur dit-il. Et, quand elles se sont fait connaître, et que l'auteur de la Divine Comédie a exprimé le désir d'entendre leur histoire, Virgile lui dit : « — Tu t'intéresses au sort de ces infortunés ? Eh bien, leur passé va revivre à tes yeux. » C'est alors que l'action véritable commence, et que le spectateur voit se dérouler devant lui les épisodes successifs de cette histoire si touchante et si passionnée des amours de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta.

Au premier acte, on voit les deux amants, pleins de jeunesse et de beauté, assis devant une table et lisant ensemble le fameux livre qui doit les perdre, le livre qui raconte les amours du beau Lancelot avec sa souveraine. « Qu'il était heureux! s'écrie Paolo. — Et toi, donc, répliqua Francesca, puisque je t'aime '. » Soudain entre le père de Francesca, Guido de Polenta, qui vient annoncer à sa fille que les Guelfes, déjà maîtres de Milan et de Florence, sont arrivés devant Rimini, qui sera dans l'impossibilité de se défendre. Paolo, indigné, veut pourtant courir aux remparts. Avant de le laisser s'éloigner, Francesca avoue leur amour à son père, et lui demande de les bénir. Mais les Guelfes sont conduits par le propre frère de Paolo, Malatesta, un traître,

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un banni, qui a juré de tirer vengeance des injures que lui ont prodiguées naguère ses compatriotes de Rimini en retour de la félonie dont il s'était rendu coupable. Malatesta, à la tête des armées de l'empereur, pénètre dans la ville, dont il s'empare malgré les efforts de Paolo, qui lui jette l'injure à la face en lui reprochant son infamie. Usant du droit du plus fort, le traître va punir son frère, lorsque Francesca se jette à ses genoux pour implorer sa clémence. En la voyant si belle, Malatesta oublie sa colère pour ne songer qu'à user à son profit de son rôle de vainqueur. Il exige que Francesca lui soit donnée pour épouse, et Paolo, au désespoir, s'élance au dehors pour aller au secours d'une autre ville menacée par les armes impériales.

Bientôt on célèbre les fiançailles des deux époux. Au moment où Francesca va se rendre à l'autel, un page de Paolo, le jeune Ascanio, lui apporte la nouvelle de la mort de celui-ci, qui dans la dernière bataille a reçu une blessure à laquelle il devait succomber. Mais tout à coup, à l'instant même où l'église retentit des chants de la cérémonie nuptiale, arrive Paolo. Guéri de sa blessure, sauvé de la mort, il a voulu revoir Francesca; mais, la trouvant unie à un autre, il tombe de douleur et s'évanouit. Francesca pourtant a appris le retour de celui qu'elle aime, elle l'a vu, elle le sait vivant, et pour rien au monde elle ne veut appartenir à Malatesta. Son père, le vieux Guido de Polenta, est allé trouver l'empereur pour lui demander justice et protester contre les exactions et les indignités de ce dernier; elle espère un résultat favorable de cette démarche, et quand Malatesta, venant s'humilier devant elle, la supplie de répondre à son amour, elle lui dit avec hauteur qu'elle lui a donné sa main, mais ne lui a pas vendu son âme. On devine à ces mots la fureur de Malatesta, fureur qui ne connaît plus de bornes lorsque Guido, revenant d'auprès de l'empereur à la tête des patriotes qui l'ont accompagné, apporte un message du souverain ordonnant à son lieutenant de se rendre immédiatement auprès de lui pour justifier sa conduite. Malatesta ne peut se soustraire à cet ordre. Il part, confiant sa femme à Paolo, ce qui peut sembler d'autant plus étrange qu'il n'ignore pas l'amour qui unit l'un à l'autre.

Au dernier acte, nous retrouvons Francesca seule, relisant le livre fatal qui a fait naître en son cœur une passion qu'elle doit combattre désormais. Elle s'éloigne un instant, pour échapper aux obsessions d'une chanson

amoureuse qu'elle entend sous ses fenêtres et qui trouble sa raison. On voit apparaître alors Paolo, qui, trouvant le livre ouvert, le prend à son tour, puis, entendant du bruit, le referme et se cache derrière une draperie. Francesca revient, et, s'apercevant qu'on a touché au livre, devine que c'est son amant. Éperdue, tremblante, elle lui crie, sans chercher à le voir: « Fuyez, fuyez! » Mais Paolo se précipite à ses pieds. Elle le conjure de partir, puis, sous ses paroles enflammées, elle ne sait plus résister, et bientôt tous deux relisent ensemble le livre qui leur rappelle de si doux et de si amers souvenirs. C'est alors que, sans qu'ils le puissent voir, on voit s'avancer Malatesta. La rage est dans ses yeux, la haine dans son cœur, il tire son épée et va venger son honneur outragé.

Puis tout disparaît, le théâtre se tranforme, et le spectateur se retrouve en présence de l'enfer qu'il a vu au prologue. Dante et Virgile sont toujours à la même place, et les deux ombres de Paolo et de Francesca viennent de terminer le récit de leur lamentable histoire. Virgile leur annonce que l'ange du pardon va mettre fin à leurs tourments. Cet ange apparaît en effet, sous les traits de Béatrice, la bien-aimée de Dante, et les deux amants sont, grâce à elle, transportés dans un paradis merveilleux, où ils pourront enfin jouir des délices d'un éternel amour.

En dépit de quelques défauts et de quelques erreurs, on peut dire du moins de ce poème qu'il est bien coupé, et il semble que c'était une idée heureuse que ce mélange du drame et de la fiction qui consistait à encadrer l'action de la légende proprement dite dans ces deux tableaux si curieux du prologue et de l'épilogue, qui lui donnent une saveur étrange et un caractère fantastique tout particulier. La tâche du musicien était lourde, et l'œuvre est certainement l'une des plus importantes et des plus travaillées qui soient sorties de la plume d'Ambroise Thomas. On y reconnaît la main exercée et habile d'un artiste sincère, amoureux de son art, qui n'a cessé de marcher avec son temps, qui a pris sa part dans l'évolution que la musique a subie depuis un quart de siècle, mais qui n'a jamais voulu se laisser entraîner au delà des bornes qu'il croyait raisonnables et permises, et qui est resté volontairement dans les voies tracées par le génie même du pays auquel il appartient. La partition de Françoise de Rimini est une œuvre en quelque sorte éclectique, empreinte de grandeur et de passion, écrite, on peut le dire, de main de maître, mais à qui l'on sou-

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haiterait parfois une inspiration plus libre, plus spontanée, et un souffle plus animé.

Telle qu'elle est, elle est digne d'étude et d'intérêt, et se fait remarquer surtout par son grand sens dramatique et scénique, par son style large et soutenu, par son instrumentation puissante et colorée. Parmi ses pages les mieux venues, il faut signaler d'abord toute la musique du prologue, qui donne une sensation exquise, et tout particulièrement le joli morceau symphonique qui annonce l'arrivée de Virgile ; il y a là un dessin de violons d'un sentiment et d'une couleur adorables. Au premier acte, je citerai la strette très chaude du trio : Italie! Italie! le chœur qui ouvre le second tableau, les strophes véhémentes du jeune page Ascanio accusant la lâcheté de ses compatriotes, et la belle phrase, pleine de noblesse et de fierté, dite par Paolo : Réveillez dans voire âme un courage endormi. Il y a de la grandeur, de la franchise et un sentiment très mâle dans cette objurgation, que suit un ensemble choral d'un beau caractère. Quant au finale de ce premier acte, auquel prend part la musique militaire, il est plein de couleur et d'éclat. Au second acte, il faut tirer de pair toute la scène nuptiale, qui est tout à fait charmante, et dont le dessin initial, qui ne cesse de se faire entendre pendant tout le cours du morceau, est d'une extrême élégance. La prière avec accompagnement d'orgue est d'un heureux caractère, et le joli chœur des pages, si fin et si distingué, avec son jeu piquant d'orchestre, est d'un effet excellent. Ce tableau se termine, d'une façon peu usitée, par un air que chante Francesca, sur un rythme haletant et dramatique, lorsqu'elle apprend que Paolo, dont on lui avait annoncé la mort, est encore vivant. Le divertissement du troisième acte est délicieux, et la musique en est charmante ; il y a là une suite de morceaux : Adagio, Scherzo, Capriccio, Pas de six, Saliarelle et Sevillana, Marche des bannières, qui sont de véritables bijoux. Le finale dramatique qui termine cet acte contient de fort belles parties, et il y faut remarquer surtout le dialogue enflammé qui s'échange entre les deux chœurs, composés l'un des partisans, l'autre des ennemis de Malatesta. Au quatrième, enfin, je signalerai la sérénade d' Ascanio et tout le duo amoureux de Francesca et de Paolo, qui renouvelle la scène du livre du premier, et dont l'effet est pathétique et puissant.

L'exécution de Françoise de Rimini était généralement satisfaisante, et parfois excellente. Le rôle de Francesca était tenu par M"e S alla

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en

et celui de Paolo par M. Sellier, tandis que M. Lassalle représentait Malatesta, MUe Richard le page Ascanio et M. Gailhard le vieux Guido de Polenta. Quant aux deux personnages épisodiques, mais importants, du prologue et de l'épilogue, Dante et Virgile, ils étaient confiés à M. Giraudet et à Mme Barbot.

FRANZ ACKERMAN , opéra en quatre actes, paroles de M. Distemberg , musique de Miry, représenté au théâtre Flamand, à Bruxelles, en octobre 1867. Le sujet est tiré des annales de la ville de Gand. La scène se passe au xive siècle, à l'époque où les communes flamandes étaient assez organisées pour tenir tête au roi de France. La musique est agréable, quoique peu originale; elle a obtenu assez de succès. Le principal rôle a été chanté par M. Warnots.

FRANZ SCHUBERT, opéra-comique allemand, musique de M. Suppé, représenté au Carltheater de Vienne en septembre 1864. Cinq des mélodies de l'immortel Schubert ornent la partition de M. Suppé.

FRASCATANA (la), opéra italien, mu que de P. Guglielmi, représenté en Italie

FRASCATANA (la), opéra italien, musique de Paisiello , représenté d'abord à Venise avec succès en 1776, puis sur le théâtre de l'Académie royale de musique, à Paris, le 10 septembre 1778. C'était le premier ouvrage de ce maître qu'on entendait à Paris. Il était chanté par Gherardi, Pinetti et par Mme chiavacci, alors prima donna fort brillante. La Frascatana obtint un succès d'enthousiasme. La partition renferme des morceaux traités avec une grâce exquise. La direction artistique de la troupe italienne réunie alors à l'Opéra était confiée au rival de Gluck, à l'excellent et modeste Piccinni, qui s'occupait de cette fonction avec un zèle et une conscience exemplaires.

FRASCATANA NOBILE (la), opéra italien, musique de Cimarosa, repr. à Naples en 1776.

FRASQUITA, opérette en un acte, paroles de M. Alfred Tranchant, musique de M. Laurent de Rillé, représentée aux Bouffes-Parisiens le 3 mars 1859.

* frasquita, opéra-comique en trois actes, paroles de M. Sipeck, musique et premier ouvrage de M. Kovarovic, représenté au théâtre national tchèque de Prague en décembre 1892.

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