‹ Dictionnaire des opérasChapitre 371 sur 928 · GUERRE OUVERTE OU RUSE CONTRE · texte numérisé non relu

GUERRE OUVERTE OU RUSE CONTRE

RUSE, opéra en trois actes, de L.-E. Jadin, représenté au théâtre de la Cour en 1788.

* GUERRILLERO (el), zarzuela en trois actes, paroles de M. Frédéric Mufioz, musique de MM. Arrieta, Fernandez Caballero et Chapi, représentée au théâtre Apolo, de Madrid, en janvier 1885.

GUETTEUR DE NUIT (le), opérette en un acte, paroles de MM. Léon Beauvallet et de Jallais, musique de M. Paul Blaquières, repr; aux Bouffes-Parisiens le 30 aoùtiS56.

GUEUSEN IN BREDA (die) [les Gueux à

Bréda], opéra-comique allemand, musique de Decker (Constantin), représenté à Halle

GUGLIELMO COLMAN, opéra italien en deux actes , musique de Aspa, représenté à Naples en 1843.

* GUGLIELMO RATCLIFF, drame lyrique en quatre actes, poème de Henri Heine, traduit en italien par Andréa Maffei, musique de M. Pietro Mascagni, représenté au théâtre de la Scala de Milan en février 1895. On assure que c'est là le premier ouvrage de M. Mascagni, écrit en très grande partie, sinon entièrement, avant même sa Catalleria rusticana, qui l'a rendu célèbre à assez bon compte. L'œuvre est faible, inégale, non sans quelques qualités, mais peu scénique et d'une inspiration difficile. Le musicien, il est vrai, a eu la singulière idée de mettre en musique, d'un bout à l'autre, toute la tragédie de Henri Heine sur la belle traduction d'Andréa Maffeit et, dans ces conditions, il n'est pas étonnant qu'on ait pu lui reprocher la longueur et la lourdeur de sa partition. En fait, Guglieimo Ratcli/f n'a point obtenu de succès, malgré tout le bruit fait autour do sa naissance et avaut même son apparition à la scène.

GUID

GUI DE CHÊNE (le) OU LA FÊTE DES DRUIDES , pastorale en un acte , en vers libres , avec des ariettes , paroles de Junquières , musique de Laruette , représentée aux Italiens le 26 janvier 1763. La cérémonie de la récolte du gui sacré, célèbre dans l'histoire de la Gaule, a fourni l'idée de la pièce. La musique de Laruette est tout à fait oubliée. Il était bon acteur dans les rôles de père ou de tuteur, et il a donné son nom à cet emploi lorsqu'il est tenu par des artistes privés de moyens vocaux et chez lesquels le jeu supplée à l'insuffisance de la voix.

*guia ilustrada, zarzuela, paroles de MM. Ruesga et Arango, musique de M. Jimenez, représentée à Madrid, sur le théâtre de la Zarzuela, en décembre 1889.

guidetta, opéra italien, musique de Sarria, représenté au théâtre Mercadante de Naples en juin 1875. Cet ouvrage a eu un certain succès.

GUIDO ET GINEVRA OU LA PESTE DE FLORENCE, opéra en cinq actes , paroles de Scribe, musique d'Halévy, représenté à l'Académie royale de musique le 5 mars 1838. Le sujet du livret reproduit un épisode raconté par M. Delécluze dans son histoire de Florence. Ginevra, fille de Cosme de Médicis, tombe évanouie pendant la célébration de son mariage avec le duc de Ferrare , par le contact d'une écharpe empoisonnée. On la croit victime du fléau qui vient de s'abattre sur Florence , et on l'ensevelit. Comme dans Roméo et Juliette, Ginevra se réveille ; elle s'échappe du caveau, et, repoussée partout où elle se présente dans cette ville terrifiée et presque déserte , elle est recueillie par un jeune sculpteur qui l'aime et qu'on a vu au premier acte. Cosme de Médicis, retrouvant sa fille, consent à son mariage avec Guido. Ce drame abonde certainement en situations fortes et saisissantes ; mais il appartient à un ordre d'idées qui heureusement ne s'est pas conservé dans les esprits et qui n'a envahi qu'accidentellement nos scènes lyriques. Des tombeaux, des condottieri qui chantent : Vive la peste! une femme, une prima donna qu'on croit pestiférée et morte, qui ne ressuscite que pour recevoir des coups de fusil tirés de la maison paternelle, tout cela est odieux comme spectacle, et antimusical ; et c'est ce qui explique pourquoi l'opéra de Guido et Ginevra n'a pas été repris ; car, en ce qui concerne la musique, il renferme des beautés de premier ordre. Le rôle de Guido est ausssi remarquablement traité que celui d'Eléazar dans la

GUIL

Juive, et Duprez l'a interprété avec une expression admirable. L'air : Pendant la fête, une inconnue, a obtenu un immense succès ; le récitatif en est d'une sensibilité exquise ; le grand air : Quand renaîtra la pâle aurore, est écrit avec des larmes, et aussi la mélodie chantée par Médicis : Sa main fermera ma paupière. Nous rappellerons aussi le duo du deuxième acte, le chœur des condottieri et le grand trio final : M a fille, à mon amour ravie. Le talent de Mme Rosine Stoltz fut remar que pour la première fois dans le rôle de Ricciarda. Cet opéra a été repris, en quatre actes, le 23 octobre 1840.

GUILLAUME DE babertany, opéra, musique de M. Coll, représenté à Perpignan en avril 1875.

* GUILLAUME DE NASSAU, grand opéra français, musique de Mézeray, représenté au théâtre Royal de la Haye en 1832.

GUILLAUME D'ORANGE, opéra allemand, paroles de Foerster, musique de Eckert , représenté à Postdam le 12 novembre 1846, puis à Berlin. La musique en a été goûtée.

GUILLAUME TELL, drame lyrique en trois actes et en prose, paroles de Sedaine, musique de Grétry , représenté aux Italiens le 9 avril 1791. Parler du poème de Sedaine, de la musique de Grétry, lorsqu'il s'agit de Guillaume Tell, serait employer mal notre temps, si nous ne tracions ici l'histoire des diverses conceptions de l'esprit humain sous le rapport poétique et musical. Lemière avait déjà traité ce sujet au Théâtre-Français. Grétry, dans ses Essais, s'exprime ainsi : « Je cherchai dans Guillaume Tell à renforcer le coloris musical, c'est-à-dire l'harmonie et le travail de l'orchestre. L'énergie révolutionnaire devait se faire sentir; mais à travers ce sentiment terrible, quelques traits champêtres, indiquant la candeur des habitants de la Suisse, s'y font partout entendre ; ils semblent dire : t C'est » pour conserver nos vertus que nous nous in- » surgeons. » Nous avons vu depuis le véritable génie à l'œuvre. Grétry s'est donné beaucoup de peine pour atteindre à la hauteur de son sujet. Il a complètement échoué. Ce qu'il y a de singulier, c'est que les contemporains ne comprenaient pas mieux que lui tout ce qu'on pouvait tirer d'un drame si élevé , si pittoresque et si pathétique. Les critiques do ce temps sont unanimes pour vanter le style large et profond, l'originalité du compositeur. On ne peut aujourd'hui ratifier un tel jugement. Nous remarquerons seulement

GUIL

GUIL

qu'au lever du rideau, Grétry fait jouer au" jeune Tell, assis sur les montagnes, le Ranz des vaches sur sa cornemuse , d'après la version qu'en a donnée Rousseau à la fin de son Dictionnaire de musique. Toutefois, un morcean a survécu à l'oubli dans lequel la partition est tombée depuis longtemps; c'est le quatuor, qui est un petit chef-d'œuvre.

GUILLAUME TELL, de Schiller, musique de Weber (Bernard-Anselme) , représenté à Berlin en 1795.

GUILLAUME TELL, opéra en quatre actes, paroles de Hippolyte Bis et Jouy, musique de Rossini, représenté pour la première fois à l'Académie royale, de musique, le 3 août 1S29. Chef-d'œuvre incomparable du plus grand compositeur de ce siècle, Guillaume Tell offre un ensemble merveilleux de toutes les richesses mélodiques et harmoniques que l'art musical moderne semble pouvoir produire. En sortant de la première représentation de cet ouvrage , M. Fétis écrivait ceci : « Guillaume Tell manifeste un homme nouveau dans le même homme, et démontre que c'est en vain qu'on prétend mesurer la portée du génie. Cette production ouvre une carrière nouvelle à Rossini. Celui qui a pu se modifier ainsi peut multiplier ses prodiges, et fournir longtemps un aliment à l'admiration des vrais amis de l'art musical. » Malheureusement, Guillaume Tell a été le dernier ouvrage sorti de la plume du cygne de Pesaro. C'était son trente-septième opéra ; ce fut le dernier.

Les principales péripéties du drame de Schiller ont inspiré au musicien une suite de tableaux tour à tour agrestes, guerriers, gracieux, passionnés, sombres, éclatants, douloureux, patriotiques et triomphants. A la grâce de la cavatine et du duo italien est venue se joindre l'harmonie savante et profonde des chœurs allemands ; mais ce qui domine dans tout l'ouvrage et ce qui le distingue, c'est la clarté et l'énergique précision du génie français. Avant de passer à la citation des morceaux principaux, nous devons faire connaître quels furent les premiers interprètes de cette œuvre immortelle. Adolphe Nourrit, Arnold ; — Dabadie, Guillaume Tell ; — Alexis Dupont, le pécheur;— Mme Dabadie, Jemmy; — Mme Damoreau, Mathilde; — Mlle Moii, Hedwige.

Chacun de ces rôles a été tenu depuis par bien des artistes célèbres. Nous nous bornerons à nommer notre grand chanteur Duprcz, pour lequel le rôle d'Arnold a été nne suite de triomohes éclatants et mémorables. Toutes

les traditions de cet éminent artiste ont été scrupuleusement conservées, et c'est dans Guillaume Tell qu'il a opéré la réforme salutaire de l'ancien récitatif; Duprez a donné à chacune des phrases du récit la valeur musicale et l'accent dont Rossini n'a cessé de poursuivre et de rechercher les formes, depuis son . opéra de Tancredi jusqu'à celui de Guillaume Tell, qui en offre le plus parfait modèle, Mlle Naualaissédebons souvenirs dans le rôle de Mathilde ; Barroilhet était excellent dans celui de Guillaume. Doué d'une voix sympathique et vibrante dont il savait user avec une rare intelligence artistique, il enlevait la salle lorsqu'il disait cette phrase : Il chante et l'Helvétie pleure sa liberté'. Nul n'a été plus pathétique que lui dans la scène de la pomme; Je te bénis en répandant des larmes.

Le caractère général du drame est parfaitement exprimé dans l'ouverture, divisée en quatre parties. D'abord un cantabile de violoncelle, plein d'une majesté suave, fait respirer le calme des solitudes alpestres ; puis un Ranz des vaches se fait entendre, au milieu de dé. tails délicieux de cor anglais et de petite flûte. En troisième lieu, de larges gouttes d'eau tombent sur les feuilles , l'ouragan s'avance , l'orage se déclare , tous les éléments sont déchaînés. Cette tempête est aussi une image des passions qui grondent dans ce pays. Enfin le clairon sonne , la lutte s'engage et les chants de victoire retentissent. Qu'on nous permette de dire notre mot sur le poème de Guillaume Tell. L'a-t-on assez critiqué ? s'en est-on assez moqué ? Sans doute on peut relever çà et là quelques naïvetés, telles que dans le duo : Cet écueil qui s'élève entre nous de toute sa puissance; quelques vers emphatiques, etc. Cependant, malgré le dédain peu réfléchi des aristarques, nous sommes d'avis que le livret de Guillaume Tellestnon seulementle mieux fait, le mieux coupé pour la scène , l'un des plus intéressants qui soient au théâtre, mais encore qu'il est un de ceux qui renferment le plus de ces vers lyriques qui se gravent fortement dans la mémoire avec la phrase musicale. Un spectateur retient à la première audition une foule de passages dont l'accent lyrique l'a frappé. Tantôt c'est cette phrase de Guillaume : Contre les feux du jour, que mon toit solitaire,

Vous offre un abri tutllaire; C'est là que dans la paix ont v<!eu mes aïeux, Que je fuis les tyrans, que je cache b. leurs yeux, Le bonheur d'être époux, le bonheur d'être père.

Tantôt cette phrase suave d'Arnold:

0 Mathilde, idole de mon Ame.

et cette autre :

GUIL

GUIL

O ciel, tu sais si Mathilde m'est chère. Il est évident qu'ici la force du rythme et l'effet de quinte augmentée à la seconde mesure contribuent à rendre l'impression plus vive. Plus loin, le récitatif de Guillaume termine bien la troisième scène :

Je ne vois plus Arnold....

Je cours l'interroger, toi, ranime les jeux.

HEDWIGE

Tu me glaces de crainte, et tu parles de fête.

GUILLAUME

Qu'elle cache aux tyrans le bruit de la tempête; Etouffez-la sous vos accents joyeux, Elle ne doit gronder pour eux Qu'en tombant sur leur tête.

Il fallait que le poète sût assouplir son vers à la coupe si neuve des mélodies du maître. Sans les vers de mirliton, si l'on veut :

Hyménée,

Ta journée

Fortunée

Luit pour nous, nous n'aurions pas eu ce chœur si parfumé de grâces chastes et charmantes.

Le librettiste a été moins heureux pour le chœur : Enfants de la nature. Il fallait au musicien un accent sur le second temps de la mesure, et partout cet accent porte à faux sur le texte. La scène de Leuthold est belle :

Page 1