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théâtre Apolo, de Madrid. Cet ouvrage a parfois été désigné et peut être représenté sous le titre de el Amor enamorado.

HELLÉ, tragédie lyrique en trois actes , paroles de Laboullaye (Lemonnier), musique de Floquet, représentée à l'Opéra le 5 janvier 1779.

* HELLÉ, opéra en quatre actes, paroles de MM. Camille du Locle et Charles Nuitter, musique de M. Alphonse Duvernoy, représenté à l'Opéra le 23 avril 1896. Dans cet ouvrage, dont l'action se passe au milieu du xive siècle, les auteurs ont eu l'idée singulière de montrer au public un coin de la Grèce qui est resté étranger aux efforts du christianisme et où règne encore le culte païen, consacré par des prêtresses de la chaste Diane. Des prêtresses de Diane, dans la Grèce du moyen âge, au temps de la conquête des Turcs, voilà qui est bizarre assurément, et, sans être plus scrupuleux que de raison touchant l'exactitude historique requise dans les œuvres théâtrales, on peut trouver que sous ce rapport le point de départ de l'opéra d'Hellé présente un caractère de familiarité un peu excessive. Et cela d'autant plus que cette énorme entorse donnée à l'histoire était parfaitement inutile, qu'elle n'apporte aucune aide à l'action, et que sans grand effort les auteurs eussent pu amorcer celle-ci de façon différente. Au reste, la fable dramatique est sans valeur comme sans intérêt. La musique, sans être originale, est supérieure au poème. Des quatre actes qui composent la partition, les deux meilleurs sont le premier et la troisième. Ce sont au moins ceux où l'inspiration de l'auteur paraît la plus tendre et la plus délicate, car il semble avoir mieux réussi les épisodes de grâce et de passion que ceux qui exigent de la force et de la vigueur. En résumé, au point de vue musical, l'œuvre est parfaitement honorable, sans qu'on y rencontre, malheureusement, une trace de véritable personnalité. Belle avait pour interprètes M™e Caron (Hellé), MM. Delmas (Gauthier, duc d'Athènes), Alvarez (Jean) et Fournets (Roger).

héloïse, monodrame, musique de Michelot, représenté au théâtre de Bruxelles vers

HÉLOÏSE et abailard, opéra-comiqueen trois actes, livret de MM. Clairville et William Busnach, musique de M. Henri Litolff; représenté au théâtre des Folies-Dramatiques le 19 octobre 1872. Cette pièce a partagé avec celle de la Timbale d'argent les faveurs du pu-

blic, pendant presque toute l'année ; succès qui s'explique naturellement par la grossièreté des situations, les équivoques nombreuses, la profanation de l'habit monastique, la moquerie et la dérision des choses respectables-, depuis que les auteurs recherchent avant tout le succès d'argent, en sacrifiant au public tout scrupule de goût et de conscience, la littérature et l'art musical ne nous offrent plus que des œuvres d'autant mieux récompensées qu'elles sont entachées de plus de bassesse et de lâcheté ; Sic itur ad ima. Les auteurs ont forgé un conte indécent et d'une grossièreté outrée, même pour un théâtre ambulant de queues-rouges, et ils lui ont donné le titre à' Héloïse el Abailard. Le chanoine Fulbert est un propriétaire dont le locataire, un barbier, lui doit plusieurs termes. Il propose à la femme de ce dernier l'adultère, en échange d'une quittance de loyer. Il affecte des habitudes d'austérité et se livre en secret, c'est-à-dire devant le public, à des festins succulents. Il passe pour un savant, et c'est sa nièce Héloïse qui lui fabrique ses thèses. Il convoite la fortune de sa nièce, et c'est pour se l'attribuer qu'il forme le projet de traiter Abailard comme on sait. Héloïse, de son côté, est un bas bleu qui s'amourache de son professeur, se fait enlever par lui ; mais Abailard est jeté en prison. Un certain amoureux de la perruquière est saisi, au lieu d'Abailard, par les hommes qu'a apostés le chanoine. Mais, en somme, Abailard est sorti de prison sain et sauf; les calculs de Fulbert sont déjoués et cette stupide pièce n'a pu même être acceptable qu'à la condition de mentir à son titre et d'être réduite à une étiquette : Héloïse et Abailard. Scribe avait déjà essayé de faire un vaudeville sur ce sujet scabreux. Il n'eut aucun succès. On ne parviendra jamais à faire un bon ouvrage dramatique avec ce titre : Abailard. Ce personnage ne sera jamais un héros intéressant. Sa mésaventure donnera toujours lieu à des plaisanteries de mauvais goût, sans doute, mais inévitables. C'est dans la nature des choses; tout au plus pourrait-on s'intéresser à Héloïse. En somme, Abailard était unbel esprit et un pauvre caractère. Il était plus rhéteur que théologien, plutôt poète que savant. J'ai publié de lui, dans ihes Carmina e poetis christianis excerpta, des ▼ers charmants. Il y a cependant un moment où cette figure singulière mérite une certaine sympathie ; c'est lorsqu'elle se profile sur les murailles du monastère de Cluny et qu'elle excite une grande commisération. C'est lorsque, revenu de ses erreurs, affaibli par les

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souffrances, ce vieil athlète, dompté et soumis, est venu se jeter dans les bras de son ami fidèle, le savant et pieux Odon, poète aussi, qui le console et le ramène tout doucement au port après les orages de la vie. Si Héloïse avait pu vivre sur la scène, Paër n'aurait pas manqué de faire représenter son Eloisa ed Abelardo, dont il ne reste qu'une cantate: Se in queste piage amené, qui a été chantée avec succès dans les salons pendant le premier Empire. Mais ce n'est point de Paër que nous avons à parler ici, c'est de Litolff, qui a écrit sur ce livret au moius singulier d'Béloïse et Abailard une partition non seulement charmante, mais qui montrait son talent sous un jour absolument nouveau et certainement inattendu. Ce musicien, à la personnalité exubérante, grandiose, souvent violente, avait cherché à se faire coquet, mignon, gracieux, et il n'est que juste de dire qu'il y avait presque entièrement réussi. Déjà, dans une œuvre précédente, la Boîte de Pandore, conçue dans un ordre d'idées si différent de ses appétits ordinaires, le compositeur avait mis des pages pleines de délicatesse et de fraîcheur ; la critique les avait signalées, mais le public n'en avait pu tenir grand compte, la musique ayant succombé sous l'irrémédiable faiblesse du poème. Cette fois le progrès était réel, évident, palpable, et si la partition d'Béloïse et Abailard n'était point une œuvre parfaite, c'était du moins une production fort distinguée, remarquable à beaucoup d'égards, écrite dans la note qui convenait au genre adopté, et qui, si elle manquait peut-être un peu d'unité, possédait cette qualité rare de ne point viser plus haut qu'il ne faut, en même temps qu'elle restait toujours très élégante de forme et très pure de lignes. C'était, en un mot, un véritable opéra-bouffe, et non une de ces productions débraillées et triviales comme l'opérette nous en a donné, musicalement, tant d'exemples fâcheux.

HELSA ET ZÉLINE , opéra allemand, musique de H.-C. Hattasch, représenté au théâtre de Hambourg en 1795.

helvellyn, opéra anglais, paroles de M. Oxenford, d'après le drame de Mosenthal, Der sonnenwendhof, musique de M. Macfarren, représenté sur le théâtre royal de Covent-Garden, à Londres, le 3 novembre 1864.

HEMMELIGHEDEN (le Secret) , opéra danois, musique de F. Kunzen, représenté à Copenhague en 1796.

*HENNINGS VON TREFFENFELD, Opéra en trois actes, paroles de M. Henschl, musique de M. Otto Findeisen, représenté au théâtre municipal de Magdebourg le 31 mars 1891.

* Henri DE BAVIÈRE, opéra-comique en trois actes, paroles de Léger, musique de Deshayes, représenté au théâtre Molière le 22 août 1804.

henri et FÉLICIE , opéra-comique en trois actes , musique da Lemière de Corvey, représenté en province en 1808.

HENRI ET FLEURETTE , opéra-comique allemand, musique de Schmidt (Marie-Henri), représenté au théâtre de Detmold en 1846.

HENRI ET LYDA, opéra allemand, musique deNeefe, gravé en partition à Leipzig en 1777.

* HENRI VIII, opéra en quatre actes et six tableaux, paroles de MM. Armand Silvestre et Léonce Détroyat, musique de M. Saint- Saëns, représenté à l'Opéra, le 5 mars 1883. Le titre de l'œuvre en indique à lui seul le sujet. Il s'agit des amours d'Anne de Boleyn et de Henri VIII, roi d'Angleterre, lequel, après avoir épousé Catherine d'Aragon, fille du roi d'Espagne, prétend faire prononcer son divorce pour pouvoir épouser en toute liberté celle qui, plus tard, sera sa victime d'une façon plus cruelle encore. Le pape s'étant refusé à soutenir ses desseins et ayant lancé contre • lui une bulle d'excommunication, Henri se révolte contre l'autorité pontificale, convoque le synode, fait déclarer la nullité de son mariage par l'archevêque de Cantorbéry, et déclare le schisme qui le fera chef de la religion anglicane. Mais à peine a-t-il épousé Anne de Boleyn qu'il conçoit des doutes sur sa fidélité : il a connaissance de l'existence d'une lettre qu'elle aurait naguère écrite à Catherine pour lui recommander un jeune Espagnol qui lui était cher. Cette lettre est toujours en la possession de Catherine; Henri, Anne présente, vient la lui demander ; Catherine, noble et fière, se refuse à perdre celle qui lui a succédé; toutes les instances du roi sont inutiles, et Catherine, brisée par les chagrins et la maladie, finit par prendre la lettre et la jeter au feu, puis, épuisée par cet effort, est prise d'une faiblesse et tombe pour no plus so rolever, « Morte! ■ s'écrie alors Henri,

Morte avec ion secret! mats si j'apprends jamal» Qu'on s'est raillé de moi, la hache désormais!

La pièce est mal conçue, mal construite, et.

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à part la dernière scène, qui est d'un sentiment vraiment dramatique, les auteurs, comme sans s'en douter, ont passé à côté de toutes les situations sans en indiquer aucune. On n'en voudrait pour preuve que le premier acte et l'annonce qu'ils font de ce cortège qui conduit Buckingham au supplice, alors qu'il était si naturel de se servir de cet épisode pour provoquer, de façon ou d'autre, un mouvement et une action si véritablement scéniques.

Quoi qu'il en soit, c'est à ce livret de Henri VIII que nous devons le début de M. Saint- Saëns à l'Opéra, et ne fût-ce qu'à ce titre nous lui devrions quelque reconnaissance, car il n'était que juste de voir enfin un artiste de cette taille et de cette envergure admis à fouler les planches de notre première scène lyrique. Et c'est à propos de Henri VIII que Charles Gounod portait ce jugement général sur le talent de M. Saint-Saëns : « M. Saint- Saëns, disait l'auteur de Faust, est une des plus étonnantes organisations musicales que je connaisse. C'est un musicien armé de toutes pièces. Il possède son métier comme personne ; il sait les maîtres par cœur; il joue et se joue de l'orchestre comme il joue et se joue du piano ; c'est tout dire. Il est doué du sens descriptif à un degré tout à fait rare ; il a une prodigieuse faculté d'assimilation : il écrirait, à volonté, une œuvre à la ïtossini, à la Verdi, à la Schumann, à la Wagner; il les connaît tous à fond, ce qui est peut-être le plus sûr moyen de n'en imiter aucun. Il n'est pas agité par la crainte de ne pas produire l'effet (terrible angoisse des pusillanimes) ; jamais il n'exagère ; aussi n'est-il ni mièvre, ni violent, ni emphatique. Il use de toutes les combinaisons et de tous les ressources sans abuser ni être l'esclave d'aucune. Ce n'est point un pédant, un solennel, un transcendanteux ; il est resté bien trop enfant et devenu bien trop savant pour cela. Il n'a pas de système; il n'est d'aucun parti, d'aucune clique : il ne se pose pas en réformateur de quoi que ce soit ; il écrit avec ce qu'il sent et ce qu'il sait. Mozart non plus n'a rien réformé; je ne sache pas qu'il en soit moins au sommet de l'art. Autre mérite (sur lequel j'insiste, par le temps qui court), M. Samt- Saëns fait de la musique qui va en mesure et qui ne s'étale pas à chaque instant sur ces ineptes et odieux temps d'arrêt avec lesquels il n'y a plus d'ossature musicale possible, et qui ne sont que de l'affectation et de la sensiblerie. Il est simplement un musicien de la grande race : il dessine et il peint avec la

liberté de main d'un maître, et, si c'est être soi que de n'imiter personne, il est assurément lui. »

Gounod avait raison : M. Saint-Saëns est un musicien de la grande race, et il l'a prouvé dans sa partition de Henri VIII, qui pourtant est loin d'être un chef-d'œuvre ; mais c'est une œuvre mâle, puissante, dans laquelle l'artiste a donné tout son effort, et qui, si elle manque un peu trop d'émotion, ne manque du moins ni de grandeur, ni de couleur, ni de caractère. Elle a ses parties faibles, de même qu'elle a ses beautés. On peut trouver, par exemple, que la grande scène du synode est d'un rendu insuffisant, cette scène qui semble appeler immédiatement la comparaison avec celle du concile au premier acte de YAfricaine, qui est empreinte d'une si incomparable majesté. En revanche, il faut signaler à l'admiration le quatrième acte et son superbe quatuor, qui est une page digne des plus grandes maîtres et où l'on trouve ce qui manque le plus souvent à M. Saint-Saëns, l'émotion dont je parlais tout à l'heure. D'autres épisodes encore peuvent être mis en relief : au premier acte, la jolie cantilène du roi : Qui donc commande quand il aime ? et le chœur plein d'élégance des femmes à l'entrée d'Anne de Boleyn : Salut à toi qui nous viens de la France! au second, un prélude d'une instrumentation exquise, et le grand duo entre Anne et le roi; puis, çà et là, quelques passages aimables, ou sévères, ou vigoureux. C'est l'unité peutêtre, c'est l'équilibre dans l'ensemble qui manque à cette partition de Henri VIII, œuvre considérable néanmoins, et qui ne laisse pas que de faire honneur à son auteur. Elle était jouée d'une façon extrêmement remarquable pour les trois rôles principaux. M^e Krauss semontraitune admirable tragédienne lyrique dans le rôle de Catherine d'Aragon, qu'elle avait composé avec un art merveilleux et dans lequel elle déployait ses incomparables qualités de cantatrice scénique. M. Lassalle mettait tout son talent de chanteur au service du rôle de Henri VIII, et MUe Richard, qui ne lui cédait en rien, était pleine de charme et de séduction dans celui d'Anne de Boleyn. Les personnages secondaires étaient tenus par MM. Boudouresque, Dereims, Lorrain, Sapin et Gaspard.

* HENRI LE VIOLONEUX, opéra-comique en deux actes, musique de François-Xavier Rafaël, représenté à Olmiitz en is<30.

HENRI IV, opéra anglais, musique de Bishop, représenté à Covent-Garden en 1S20.

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