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JARD

JAUF

opéra-comique en un acte , en prose, paroles de Sedaine, musique de Philidor, représenté à là foire Saint-Germain le 18 février 1761. Cet ouvrage est un des meilleurs que le compositeur ait écrits. Il renferme un duo fort Temarquable : Un maudit lièvre.

JARDINIER ET SON SEIGNEUR (le),

opéra-comique en un acte, paroles de MM. Michel Carré et Barrière, musique de M. Léo Delibes , représenté au Théâtre-Lyrique le 1er mai 1863. C'est la jolie fable de La Fontaine qui a fait les frais du livret, sauf une petite intrigue d'amour villageois. La musique sent l'école d'Adolphe Adam : de la facilité , une bonne facture , peu de prétention à la distinction ; c'était d'ailleurs une qualité pour le sujet. Joué par Gabriel et Mlle Faivre.

JARDINIER GALANT (le) , opéra-comique en deux actes et trois tableaux, paroles de MM. de Leuven et Siraudin, musique de M. Ferdinand Poise, représenté à l'Opéra- Comique le 4 mars 1861. Le sujet de la pièce est une chanson satirique intitulée le Jardinier galant, et composée par Collé contra Mme de Pompadour. Le greffier Tiphaine est chargé d'en rechercher les exemplaires et l'auteur. Il avise un jardinier nommé Galant , et le fait arrêter , ce qui donne lieu à des situations burlesques. Les marchandes de fleurs prennent fait et cause pour le pauvre jardinier et font pleuvoir sur les soldats du guet tout le contenu de leurs éventaires, et même les petits livrets verts contenant la chanson. Collé les avait cachés dans une hotte et lui même entonne le pamphlet à pleins poumons et sans grande bravoure, car il vient d'apprendre la disgrâce de la favorite. La musique est gracieuse et d'une facture facile. Le duo de Collé avec Mme Tiphaine : Allons, quittons nos grands airs, a été bien accueilli, ainsi que le chœur des marchandes. Il y a aussi une chanson dialoguée de Cadet et Babet, dont le tour gaulois a de l'intérêt. Interprètes : Crosti, Ambroise, Prilleux, Ponchard, Mlles Lemercier et Tuai.

jardinière (la), opéra allemand, musique de Wolf, représenté à Weim'ar en 177<. jardinière supposée (la), opéra italien, musique d'Anfossi, représenté à l'Opéra le 12 novembre 1778. — Voyez Finta Gardiniera.

* jardiniers (les), opéra-comique en deux actes, paroles do Davesnes, musique de Prudent, représenté à la Comédie-Italienne le 15 juillet 1771.

* JARDINS D'ARMîDE (les), scène lyrique couronnée au concours Rossini, poème de M. Emile Moreau, musique de M. Auguste Chapuis, exécutée dans la salle du Conservatoire le 29 avril 1888. Depuis plus de deux siècles, c'est-à-dire depuis VArmide de Quinault et Lully, combien compte-t-on de poètes et de compositeurs qui se sont inspirés de l'épisode célèbre de la Gerusalemme liberata et qui doivent de la reconnaissance à l'immortel auteur de ce poème immortel? Les vers de M. Emile Moreau ne valent assurément pas ceux du Tasse, mais la musique de M. Chapuis est loin d'être sans valeur. Toute la première partie surtout en est remarquable, et certaines scènes sont pleines de grâce, de couleur et de poésie. L'œuvre est jeune assurément et non point sans défauts, mais elle est intéressante et renferme aussi d'excellentes qualités. Elle était fort bien chantée par M"" Yveling Rambaud et M"" Armand, MM. Lafarge, Ferran et Boulo.

* JARRETIÈRE (la), opéra-comique en un acte, paroles de M. Georges Maillard, musique de M. F. de Ménil, représenté au Théâtre-Lyrique de la Galerie Vivienne en décembre 1894.

JASON ou LA TOISON D'OR, tragédie lyrique en cinq actes avec prologue, paroles de Jean-Baptiste Rousseau, musique de Colasse, représentée à l'Opéra, le 17 janvier 1696. . L'auteur des Odes faisait bon marché de ses œuvres lyriques. Il disait, en parlant de ces dernières : « Elles sont ma honte. Je ne savais point encore mon métier quand je me suis donné à ce pitoyable genre d'écrire. • Et il ajoutait que l'on pouvait bien faire un bon opéra, mais non pas un bon ouvrage d'un bon opéra; pensée fausse, puisque une œuvre lyrique ne saurait être jugée à un point de vue exclusivement littéraire. C'est peu après l'époque où il fit représenter cet ouvrage que Colasse obtint de Louis XIV l'autorisation d'aller établir un théàtro d'opéra à Lille. L'entreprise réussit peu, et Colasse y perdit tout ce qu'il possédait. Ce que voyant, le roi, qui l'aimait et le protégeait, lui fit, dit-on, à son retour, un cadeau de 10,000 livres et lui rendit la charge de maître de musique de la chambre, qu'il avait abandonnée pour s'en aller en province.

JASON, opéra, musique de Cousser, représenté à Hambourg en 1697.

* JAUFFRÉ rudel, opéra en troN paroles de M. Scriba Cadorino, musiquo do

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M. Sïïvîo Danieli, représenté an théâtre Verdi de Padoue le 2 avril 1892.

JAVOTTE, opéra-comique en trois actes, livret de M. Thompson, musique de M. E. Jonas, représenté à l'Athénée (Théâtre-Lyrique) en décembre 1871. C'est une pièce anglaise jouée au Gaiety-Theater, de Londres, avec succès, sous le titre de Cinderella. Mais, au lieu des personnages de Cendrillon, dont le nom évoque les souvenirs de Bianchi, de Nicolo, de Rossini, on a mis en scène une Javotte vulgaire, un grand shérif de Pumpernickel, un prince, les deux sœurs, et, à la place de Dandini, deux mauvais drôles de pickpockets. La musique est non-seulement bien faite, mais toujours intéressante pour les oreilles des musiciens ; les idées sont élégamment présentées, l'instrumentation excellente. Il manque atout cela l'originalité et la distinction. Le musicien a fait trop de concessions à ce public grossier, dépourvu de tout sens artistique; et qu'il n'est possible d'émouvoir que par un temps de valse, de polka ou de galop. Je signalerai l'air de Javotte, le chœur de la patrouille, un duo, une sérénade terminée par un trio, le duo en canon des pâtissiers, l'air de la coupe. Cet ouvrage a été chanté par Peters, Solon, Aujac, Audran, Mme Ugalde et MUe Douan.

JE VEUX MON PEIGNOIR ! opérette en un acte, paroles de M. Georges Mancel, musique de M. P. Lacome, jouée à la Tertulia en mai 1872. Le titre et le lieu indiquent assez à quel ordre d'idées appartient cette production.

JE VOUS PRENDS SANS VERT, comédie en un acte, ornée de chants et de danse (sic), paroles de Champmêlé, musique de Grandval, représentée aux Français le le niai 1693. Cette pièce est tirée du conte de La Fontaine intitulé le Contrat. On a cru que le fabuliste en était l'auteur, ce qui est douteux, puisque à cette époque il était malade et ne s'occupait plus que de sujets pieux. Il est peut-être utile de rappeler à quelques personnes le sens de cette phrase : Je vous prends sans vert. Autrefois, alors qu'on s'amusait sans prétention, on convenait, dans une société d'amis et de connaissances, de porter toujours sur soi une feuille de verdure qu'on était tenu de montrer à la première réquisition, lorsqu'on se rencontrait. On a vu quelquefois ce jeu institué dans toute la société d'une ville de province. Lorsqu'une personne était prise sans vert, elle payait une amende, et le montant de l'argent ainsi recueilli était employé

au bout de l'année à organiser une fête, un bal, une partie de plaisir quelconque.

JEAN-BAPTISTE , opéra-comique en un acte, paroles et musique de Beffroy de Reigny, représenté au théâtre Feydeau le 1er juin

* JEAN-BÊTE, « comédie en prose en trois actes, avec ouverture nouvelle, ronde et vaudeville », paroles et musique du Cousin-Jacques (Beffroy de Reigny), représentée sur le théâtre des Grands-Danseurs du Roi(Nicolet) en juillet 1790. Cette pièce, reçue d'abord aux Variétés-Amusantes du Palais-Royal, puis au théâtre Montansier, et n'ayant pu, par suite de difficultés diverses, être jouée sur aucun des deux, fut portée par l'auteur au théâtre de Nicolet.

'JEAN CAVALIER, opéra, paroles de M. Ernst Kùhl, musique de M. A. Langert, représenté à Nuremberg, le u octobre 1886.

JEAN DE nivelle, opéra-comique en trois actes, livret de MM. Edmond Gondinet et Philippe Grille, musique de M. Léo Delibes, représenté au théâtre de l'Opéra- Comique le 8 mars 1880. Tout en voulant faire une œuvre sérieuse et artistique, les auteurs ont eu une idée singulière en choisissant le titre de la légende populaire et assez triviale de Jean de Nivelle « dont le chien s'enfuit quand on l'appelle «, car le public ignore généralement que ce chien était Jean lui-même.

Un héros qui débute par trahir son maître n'a jamais passé pour intéressant; entre tous les épisodes de l'histoire de France, la ligue du Bien public est le plus dénué d'intérêt et n'offre aucun incident romanesque, brillant ni généreux ; en outre, il n'y a pas de dénouement. Comment penser que l'histoire d'un homme traître à son pays, à son père, à son roi, pourrait exciter la sympathie d'un public français, toujours chevaleresque dans les choses du théâtre? Jean, fils du duc de Montmorency, abandonna le drapeau de son père et s'enrôla avec les princes révoltés contre Louis XI sous la bannière du comte de Charolais, Charles le Téméraire, dont il devint et resta le chambellan. Ce triste personnage prit part à la bataille de Mont- Ihéry, ce qui aurait pu procurer aux spectateurs de l'Opéra- Comique l'occasion de voir un fils assassiner son père.

L'ouvrage n'a pas d'ouverture; il débute par un prélude dans lequel se trouve reproduite une des plus agréables phrases de l'opéra, celle du chœur des soldats qui ouvre le

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troisième acte. On remarque aussi dans cette pièce instrumentale des imitations affectées du plain-chant avec suppression de la note sensible qui, mêlées à des morceaux de la facture la plus moderne, sont loin de produire un bon effet. Lorsqu'on veut donner trop de couleur locale à un sujet historique, on échoue presque toujours. Il en résulte une sorte de réalisme apocryphe et contestable; mieux vaut toujours idéaliser le sujet. Les grands maîtres dramatiques, Gluck , Meyerbeer, ont su donner une idée suffisante l'un du moyen âge dans Robert, de l'époque des "Valois dans les Huguenots, l'autre de l'antiquité fabuleuse et grecque dans Orphée et dans les deux Iphigénie sans recourir à des pastiches. Il est vrai qu'il faut ne se fier qu'à son génie et s'imposer le devoir d'inventer. C'est une tout autre esthétique que celle qui semble prévaloir dans l'école dramatique contemporaine.

Le premier acte commence. Non seulement Jean s'enfuit à l'appel de son père, mais il s'enfuit même devant des bergères et des vigneronnes qui veulent le couronner roi des vendanges.

En effet, au lever du rideau, on voit un berger qui s'éloigne dédaigneusement ; c'est Jean lui même qu'appellent les vendangeuses :

La plaine est tout ensoleillée,

Jean!

Viens avec nous sous la feuillée,

Jean !

Viens donc ; c'est l'heure du repog, Sous les bois sont les doux propos, L'amour y chante son poème,

Jean !

Doit-on jamais fuir qui nous aime?

Jean!

Ces ménades bourguignonnes en sont pour leurs avances, un peu hardies, il me semble. Ce chœur de femmes est agréablement rhythmé. Simonne entre en scène. C'est la tante d'Ariette, jeune fille qui va être l'objet des amours de Jean de Nivelle et jouer le rôle le plus important de la pièce. Cette Simonne a un fils nommé Thibaut qui a été mis en prison pour avoir volé un collier afin d'en faire don à sa cousine Ariette. Afin de délivrer son fils, elle veut se procurer de l'or en verrdant des secrets, des philtres pour se faire aimer. Telle est l'intéressante famille au sein de laquelle les auditeurs de cet opéra vont passer leur soirée. Les vendangeuses sans vergogne s'empressent d'offrir à cette sorcière non pas seulement des fruits et des fleurs; mais, qui le croirait, de l'argent, des croix, des colliers, des bijoux! afin de se faire toutes aimer du beau berger. La légende de la man-

dragore est donc chantée par Simonne. Les propriétés que les anciens attribuaient à cette plante, depuis le savant grec Dioscoride jusqu'au célèbre médecin vénitien Mattheolus, ne sauraient être définies dans une œuvre lyrique; mais ce n'était pas une raison pour imaginer un conte aussi puéril que celui de cette mandragore placée sur un petit autel, entourée de quatre cierges,

Choisis parmi les cires vierges.

La musique de cette légende rappelle la phrase Que la vague écumante, dans l'opéra de Zampa, c'est une mélodie assez plate, dans la forme d'un cantique vulgaire, que de fausses relations rendent intolérable à l'oreille. Une jeune fille de la cour du duc, nommée Diane, fille du baron de Beautreillis, personnage ridicule, aime passionnément le beau berger Jean. Ariette et elle se rencontrent, et, sans aucune préparation, les voilà liées de la plus vive amitié, à tel point que la petite paysanne est emmenée par Diane à la cour du duc Philippe et transformée subitement en une princesse dont l'influence balance celle des plus grands seigneurs.

Il faut abréger .cette analyse du livret ; le baron de Beautreillis a la présomption de faire épouser sa fille au comte de Charolais. Un autre seigneur, Saladin d'Anglure, jaloux du crédit d'Ariette, imagine pour la perdre de faire croire qu'il est aimé d'elle. Jean le provoque en duel et le tue. Le comte de Charolais met à prix la tête du meurtrier. Le beau berger alors se fait connaître sous son véritable nom, Jean, duc de Montmorency, s'enrôle dans la ligue du Bien public et, dans son désespoir d'avoir été trompé par Ariette, demande une compagnie pour marcher à sa tête.

Le troisième acte est héroï-comique. On est au lendemain de la bataille de Montlhéry, dont les résultats ont été incertains. Il y a là une scène de poltronnerie générale fort peu digne de grands seigneurs tels que le sire de Malitorne et le baron de Beautreillis; c'est de l'opérette à la manière des livrets de M. Offenbach. Ariette est redevenue une paysanne. Jean de Nivelle chante on ne sait trop pourquoi des strophes patriotiques en l'honneur de la bannière de France, sous laquello il ne se range pas pour cela, et les auteurs de la pièce laissent présumer aux spectateurs qu'il préfère aux aventures de la vie publique et aux devoirs de son rang une chaumière dans les bois avec le cœur d'Ariette.

Revenons au premier acte de la partition.

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Après une assez jolie mélodie chantée par Ariette : On croit à tout lorsque l'on aime, le duo entre Ariette et Simonne a des accents dramatiques. La déclamation est énergique et bien prosodiée, ainsi que dans le trio suivant. Mais la pensée mélodique est rare et peu distinguée; chaque phrase se termine par un point d'orgue inévitablement placé pour faire valoir l'exécution par les voix. L'harmonie abonde en dissonances d'une dureté extrême et en modulations mal enchaînées. L'espèce de nocturne introduit dans le duo en affaiblit le caractère. On comprend peu que la sorcière Simonne, dont le cœur est rempli de haine et de fiel, roucoule avec Ariette :

Chers oiseaux, sous l'ombrage, Chantez, chantez toujours; Votre voix me présage Le retour des beaux jours.

Jean a beau chercher à donner dans des couplets une explication de ses allures, elle manque de clarté comme la mélodie à laquelle l'intervalle persistant de quarte n'ajoute pas ce qui lui manque :

C'est alors que l'amour nous blesse Que ses regards sont le plus doux; Cherchons-le quand il nous délaisse, Fuyons-le, quand il vient à nous.

Voilà pourquoi Jean de Nivelle S'en va,... s'en va quand on l'appelle !

Le duo d'amour de Jean et Ariette n'est qu'une suite d'inconséquences. Jean commence par adresser à la jeune fille de douces paroles ; elle répond qu'il l'a trompée, qu'il n'est pas le berger Jean, mais le duc de Montmorency. Elle détache de son corsage les fleurs qu'il lui a données et verse des pleurs de regret. Un pauvre duc, Ariette, réplique Jean, Un pauvre duc (en effet 1),

Qui voudrait bien changer Un titre mensonger Pour le nom, la houlette Du plus humble berger!

Il se déclare touché par l'amour que lui porte la jeune fille, et, après l'avoir troublée par la proposition qu'il lui fait de l'emmener, au point qu'elle est prête à céder, « il la rassure doucement d'un geste, » dit le livret, et lui dit galamment :

Eh! bien, non! reste chaste et pure, 0 douce créature, C'est ainsi que je t'aime; Adieu!

Mais (il ya un mais) quelquefois pense un peu Au pauvre Jean de Nivelle Qui s'en va quand on l'appelle !

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