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JOIES ET DOULEURS DE L'ENFANT

(Kinderlust en leed), poème lyrique et symphonique en langue flamande, paroles de M. Emmanuel Hiel, musique de M. Gustave Huberti, exécuté en juillet 1890 au théâtre de la Monnaie de Bruxelles, par un millier de voix d'enfants, à l'occasion des grandes fêtes nationales destinées à célébrer le soixantième anniversaire de l'indépendance delà Belgique.

JOKEYEN, opéra danois, musique de F.

Kuntzen, représenté à Copenhague en 1797.

JOLANDA, opéra italien, musique de J.-G. NicolaL écrit à Zwoll vers 1785.

JOLANDA, opéra séria, livret d'Interdonato, musique de Villafiorita di Burgio, représenté au théâtre Grande de Brescia le 20 février 1879; chanté par Celestini, Rossi-Romiati, Re, Mmes Loriani, Crespi.

* jolanda, « idylle musicale » en un acte, paroles de M. Gabriele Chiericato, musique de M. Gellio Coronaro, exécutée d'abord au Lycée musical de Bologue le 24 juin 1883, et représentée ensuite publiquement pour la première fois au théâtre philodramatique de Milan le 10 mai 1889.

* jolanda, opéra, musique de M. Grablowitz, représenté au théâtre Social de Goritz en février 1896.

JOLANTHA , drame allemand, musique de Weber (Bernard-Anselme), représenté à Berlin en 1797. Il en a composé l'hymne, l'ouverture et la marche.

*JOLE, drame lyrique en deux parties, paroles de M. Raffaele Solustri, musique de M. Albano Seismit-Doda, représenté au théâtre Rossini de Venise le 23 février 1892. L'auteur de la musique de cet ouvrage, dont le

succès a été modéré, est le fils d'un homme politique qui a été ministre des finances du royaume d'Italie.

*JOLiCŒUR, opérette en un acte, musique de M. Charles de Sivry, représentée aux Fantaisies-Oller le 24 janvier 1877.

*JOLl GILLES, opéra-comique en deux actes, paroles de Charles Monselet d'après une ancienne comédie de d'Allainval, musique de Ferdinand Poise, représenté à l'Opéra- Comique le 10 octobre 1884. C'est le dernier ouvrage que fit représenter ce musicien délicat qui, dans la seconde manière qu'il s'était faite, avait su rencontrer un succès digne de sa haute valeur. Il avait, en effet, trouvé alors une forme nouvelle, essentiellement personnelle, qui faisait de lui un artiste tout particulièremeut original et que nul n'eût pu songer même à imiter. Qui ne se rappelle la saveur exquise, et aussi la faveur très marquée qu'obtinrent auprès du public ces jolies partitions de la Surprise de l'amour, de l'Amour médecin et de Joli Gilles ? Poise s'était fait ainsi le collaborateur de Marivaux, de Molière et de d'Allainval, que son ami Monselet, avec un tact merveilleux, avait arrangés musicalement à son intention. Il y avait dans ces trois partitions, avec une inspiration pleine d'élégance et de grâce, comme un petit parfum d'archaïsme discret qui leur donnait un charme inexprimable. Il semblait que cela eût de la poudre et des mouches, et l'audition de cette musique procurait une sensation analogue à celle que produit la vue d'une toile de Watteau ou d'un pastel de La Tour. Quelle recherche dans le style, quelle finesse dans les harmonies, quelle délicatesse, quelle distinction et quelle sobriété daus l'orchestre 1 Pour ne lui être pas offerts avec fracas, comme certains de plus de prétention et de moindre valeur, ces ouvrages furent accueillis par le public avec une surprise mêlée de joie, et qui en assurait la fortune. Poise avait trouvé ainsi, dans l'ancien répertoire de la Comédie-Française, une mine qui convenait merveilleusement à son talent et à sa nature artistique. La grâce et laten dresse étaient surtout son lot, et, comme il était un véritable musicien d'opéra-comique, les accents de la gaieté ne manquaient pas non plus à sa muse accorte, aimable et souriante. On peut s'en rendre compte par cette seule partition de Joli Gilles, si complète et si parfaite depuis sa charmante ouverture jusqu'à la dernière note. Cette œuvre exquise avait pour excellents interprètes Mmes Molé-Truffier, Pierron

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et Dupont, MM. Fugère, Mouliérat, Barnolt, Grivot et Gourdon.

JOLIE FIANCÉE (la), opéra-comique, musique de Janssens, repr. à Anvers en 1824.

JOLIE FILLE DE PERTH (la), opéra en quatre actes et cinq tableaux, paroles de MM. de Saint-Georges et Jules Adenis, musique de M. Georges Bizet, représenté au Théâtre-Lyrique le 26 décembre 1867. Le sujet a été emprunté au roman de Walter Scott. La partition est d'une richesse extrême; les effets en sont variés et l'instrumentation colorée. On a remarqué surtout le second acte, le finale du troisième et la fête de la Saint-Valentin. Cet ouvrage a été chanté par Lutz, Barré, Massy , Wartel, Mlles Devriès et Ducasse.

JOLIE GOUVERNANTE (la), opéra en deux actes, musique de Vernier, représenté au théâtre du Cirque du Palais-Royal en 1798.

jolie parfumeuse (la), opéra-comique en trois actes, livret de MM. Crémieux et E. Blum, musique de M. J. Offenbach, représenté au théâtre de la Renaissance le 29 novembre 1873. Cette petite comédie se passe tour à tour aux Porcherons, dans l'hôtel d'un financier et rue Tiquetonne, dans la boutique de la parfumeuse. Eternelle histoire d'un chassé croisé d'amourettes : d'une part, M. La Cocardière, le financier, et la danseuse d'opéra Clorinde ; de l'autre, Rose, lajolie parfumeuse, et le bachelier Bavolet. On peut signaler au premier acte un duo d'une forme archaïque, une valse chantée et la ronde de la Marjolaine ; dans le deuxième, le duo final, et dans le dernier une lettre débitée d'une façon fort comique. Chanté par Bonnet, Daubray, Troy, Mmes Théo, Laurence Grivot et M'ie Fonti. Cet ouvrage a joui d'une grande vogue.

jolie persane (la), opéra-bouffe en trois actes, livret de MM. Leterrier et Vanloo, musique de M. Ch. Lecocq, représenté au théâtre de la Renaissance le 28 octobre 1879. La pièce est tellement fantaisiste qu'on ne peut l'analyser brièvement. Nadir et Namouna, la jolie Persane, à peine mariés, se querellent et font prononcer leur divorce par le cadi Moka. Le prince, amoureux de Namouna, veut l'épouser, mais un raccommodement a lieu entre les époux qui demandent l'annulation de leur divorce. La loi persane veut qu'avant de reprendre la vie commune, Namouna se soit unie à un autre et soit divorcée do nouveau. Cet autre est le huila qui doit remplir avec

discrétion et pour la forme ce rôle de mari intérimaire. Ce huila s'appelle Broudoudour et a déjà rempli cent quinze fois cet office. La noce a lieu et le prince s'avise de prendre la place de Broudoudour, en profitant des ténèbres de la nuit et de jouer son rôle sérieusement. Scandale général. Broudoudour est accusé d'avoir failli à son mandat, et, d'après la loi, il faut qu'il garde malgré lui la femme qu'il n'a pas suffisamment préservée des droits de l'hymen. Tous les personnages sont au désespoir. L'inconstance du prince amène un dénouement favorable aux amours de Nadir et de Namouna. Il s'éprend de la femme du vieux cadi Moka, lequel s'empresse de divorcer, et Broudoudour épouse la marchande d'oranges Babouche. La musique de M. Lecocq est agréable, bien écrite, mélodieuse et rhythmée avec une aisance remarquable sur les paroles. On regrette de voir un compositeur aussi heureusement doué sacrifier son talent à de pareilles insanités. Je signalerai, parmi les morceaux les plus intéressants, les couplets des pêches, le rondeau du petit ange, les couplets de Namouna, Pour bien choisir un amoureux,le finale du premier acte ; dans le second , la chanson persane, accompagnée par le chœur; les couplets du somnambule, Oui, c'est bien cela, vraiment, dont l'accompagnement par le chœur à bouches fermées est d'une ironie ingénieuse ; dans le troisième, une valse chantée et le quartetto de la lettre. Les principaux interprètes de cet ouvrage ont été MM. Ismaël, Vauthier, Paul Ginet, Lary ; M>»es Jane Hading, Desclauzas, Gélabert, Lilia Herman.

JOLIS chasseurs (les), saynète musicale, paroles de Ch. Bridault , musique de M. Bovery, représentée aux Folies-Nouvelles en octobre 1855.

* JONE, opéra sérieux, poème de Pcruzzini, tiré du roman célèbre de Bulwer : le Dernier four de Pompéi, musique d'Errico Petrella, représenté à Milan, sur le théâtre de la Scala, le 26 janvier 1858. Malgré son peu de valeur, cet ouvrage a joui en Italie, pendant un quart de siècle, d'une véritable popularité.

josé-maria, opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Cormon et Henry Meilhac, musique de M. Jules Cohen, représenté à l'Opéra-Comique le 16 juillet 1866. José Maria est un brigand imaginaire , dont un jeune hidalgo , nommé don Carlos, emprunte les apparences pour convaincre sa maîtresse, Diana Armero, qu'elle est recherchée en mariage par don Fabio, neveu du

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juge Corega, pour le million qu'elle possède et non pour elle-même. Il la dépouille de sa fortune comme l'aurait fait le brigand José Maria en personne. Don Fabio , croyant Diana devenue pauvre, lui rend sa parole, et don Carlos ne tarde pas à s'applaudir de son stratagème. On a remarqué, au premier acte, un air avec chœurs : Vive l'ivresse du jeu , la romance de Diana, celle de don Carlos : Ce matin, un heureux présage; dans le second acte, deux duos, et dans le troisième, des chœurs intéressants. Chanté par Montaubry, Melchissédec, Ponchard, Nathan, M™e Galli- Mariéet Mlle Bélia.

JOSÉ RICCARDO OU L'ESPAGNOL EN PORTUGAL, opéra allemand en trois actes, musique de M. Aug. Schaeffer, représenté à Hanovre en novembre 1856.

JOSEPH, opéra sacré allemand, musique de Back, de l'ordre des Bénédictins , représenté à Ottobeuern vers 1800.

JOSEPH, opéra-comique en trois actes, paroles de Alexandre Duval, musique de Méhul ,■ représenté à l'Opéra- Comique le 17 février 1807. Baour-Lormian avait fait jouer une tragédie biblique ayant pour titre : Omasis. Se méfiant de l'intérêt que le public pourrait prendre au sujet de son poëme, il y avait introduit une intrigue amoureuse : c'était un faux raisonnement et une maladresse. En effet, la gravité du sujet, l'austérité des mœurs de la famille patriarcale qu'il mettait en scène excluaient tout mélange de passions profanes, qui ne pouvaient qu'affaiblir l'intérêt du drame par une diversion inopportune. La pièce de Baour-Lormian tomba lourdement.

Alexandre Duval voulut traiter le même sujet, avec la collaboration de Méhul ; mais il eut le bon sens de conserver à chaque personnage le caractère que la Bible lui attribue, et de ne pas chercher à lutter contre des traditions aussi vénérables. Son poème, en dépit de la boursouflure et de l'emphatique majesté des formes littéraires à la mode sous le premier empire, renferme des beautés simples et des situations touchantes. L'auteur y évite deux défauts : celui de trop idéaliser ses personnages , ce qui aurait affaibli l'impression du spectateur, en lui peignant des sentiments qu'il n'aurait pu partager, et un autre défaut qui est devenu très fréquent depuis l'invasion du romantisme ; nous voulons parler de l'abus de ce qu'on appelle la couleur locale. En effet, le luxe de la mise en scène, les tableaux trop accusés, les descriptions

minutieuses, dont l'exactitude est d'ailleurs fort hypothétique dans un sujet ancien , font perdreaux sentiments naturels laplus grande partie de leur force, et dérobent à l'action de la musique sur la partie élevée de l'âme et des sens ce qu'ils donnent à la simple curiosité et à une distraction frivole .

Un sentiment profond, une expression forte et soutenue, un style grandiose et sévère, enfin une orchestration d'une clarté et d'une limpidité admirables , toutes ces qualités réunies font de la partition qui nous occupe une œuvre qu'on ne saurait trop engager les jeunes musiciens à étudier. Les voix y sont traitées avec science , et la sobriété des dessins d'accompagnement n'exclut ni la grâce ni la variété.

Il y a dans les récits bibliques quelque chose qui sera éternellement en rapport avec l'âme humaine, et qui la fera toujours vibrer. Jacob et ses douze fils, un officier, tels sont les personnages du drame. Ce n'est pas même l'histoire entière de Joseph ; c'est Joseph reconnu par ses frères. On voit que l'action est réduite à la plus grande simplicité. Il y aura bientôt un siècle que l'opéra de Joseph a été représenté , et rien n'a vieilli dans cette œuvre. Ce qui vieillit en musique, ce sont les formules , la facture de convention, les usages et la mode du temps ; mais la beauté, la vérité, la pensée juste, l'expression vraie dans les œuvres d'art ne peuvent s'évanouir, disparaître , être détruites, à moins que les éléments constitutifs du système musical qui a servi à leur composition cessent d'être employés et qu'ils soient remplacés par d'autres. En ce cas seulement il y a prescription. Il est vrai de dire aussi que quelquefois il arrive que le public n'a plus l'aptitude nécessaire pour apprécier une œuvre d'un mérite supérieur; car il y a , chez les peuples comme chez les individus , des moments d'éclipsé ou d'égarement.

L'ouverture de l'opéra de Joseph, ou plutôt l'introduction , commence par un adagio suave, qui doit l'effet qu'il produit à la pureté de l'harmonie ; car tous les instruments à cordes ne jouent qu'à deux parties. Vient ensuite un thème de quatre mesures de la plus grande simplicité , qui est développé d'une manière magistrale. Ce thème est une formule mélodique empruntée au huitième mode du plain-chant, appelé hypomixolydien. Il est assez répété dans le cours de l'ouvrage pour lui donner un caractère particulier de religion, d'antiquité, de grandeur. C'est le début du chœur magnifique : Dieu d'Israèlé

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que les Hébreux chantent au lever du soleil , pendant le sommeil de Jacob.

Cet emprunt fait par Méhul à la mélopée liturgique n'est pas le seul. Çà et là on retrouve dans sa belle partition des intervalles et des cadences qui rappellent les premières impressions d/i sa jeunesse, le séjour qu'il fit dans les abbayes des Récollets et des Prémontrés , et les fonctions d'organiste qu'il y remplit. Un quatuor , dans lequel chaque partie est intéressante et qui ramène le motif du premier acte, termine cette introduction instrumentale. Le grand air : Vainement Pharaon , dans sa reconnaissance , est trop connu pour que nous fassions remarquer son ampleur et sa force expressive. Chaque mot, chaque souvenir évoqué par le ministre de Pharaon est rendu à l'aide des moyens ordinaires de la langue musicale, naturellement, sans effort apparent. L'harmonie y règne , mais ne gouverne pas la mélodie qui, toujours vivante, animée, ne se laisse jamais asservir par les formules de l'école. Ce beau récitatif, ce tableau descriptif des champs paternels, delà vallée d'Hébron et des joies de la famille, le souvenir des malheurs de Joseph et de la perversité de ses frères, tout est vraiment pathétique.

Qui n'a entendu chanter , hélas ! en la dénaturant, dans les églises, dans les catéchismes, la touchante romance de Joseph , si simple, si pénétrante, ce chef-d'oeuvre de goût : A peine au sortir de l'enfance? L'absence de mesure, le déplacement des accents, la suppression même de notes essentielles, tout cela en fait une parodie. On a cru sanctifier l'air de bien des chansons profanes en leur substituant de pieuses paroles : nous n'examinerons pas ici si on y est parvenu ; mais nous pouvons dire que cette fois le cantique a profané la romance.

L'air de Siméon: Non.' non! l'Eternel que j'offense, et le chœur des frères sont empreints de désespoir, de pitié, de terreur. L'unité règne dans ce morceau ; mais les remords du coupable sont toujours grondants; les cris de sa conscience sont parfois déchirants; lui aussi a des enfants, et leurs caresses l'accusent et lui font sentir plus cruellement son ingratitude. Dans la grande partie de cette scène, un decrescendo fait comprendre que la crainte, la nécessité , imposent à cette malheureuse famille de cacher son trouble. Tout s'apaiso en apparence ; Joseph parait.

Ici commence le finale du premier acte : A hl son aspect me fait horreur ! Les sentiments dont nous avons vu l'explosion dans l'air et lo

chœur précédents continuent avec un acteur de plus, qui, lui aussi, veut se contenir et dissimuler. Mais tout est concentré, tout est aparté. Ce n'est pas une action que Méhul a exprimée ici; ce sont les bouleversements d'une âme fière et outragée , les justes ressentiments, les tempêtes que réveille l'aspect des meurtriers, situation tout idéale, étude psychologique admirablement traduite par ces notes tenues de l'alto, sous lesquelles les violoncelles et les contrebasses font entendre un dessin grondant de gammes ascendantes formant une marche harmonique très accentuée. Mais Joseph redevient maître de lui : Reprenons mon empire sur ce cœur agite'. La mesure change; un motif calme, accompagné bien régulièrement en accords plaqués par les instruments à vent, puis par les voix, peint la sérénité de cette belle âme , désormais maîtresse de ses émotions.

Au second acte, le jour va se lever sur les tentes des Hébreux. Des voix d'hommes font entendre cette belle prière dont nous avons parlé plus haut : Dieu d'Israël, père de la nature; c'est du plain-chant, et c'est à cause de cela qu'à cette place cette prière produit un si grand effet. Elle est répétée par les voix de femmes, et une troisième fois par les voix d'hommes et de femmes réunies. C'est un des effets les plus beaux qu'on puisse entendre au théâtre. Notre liturgie catholique fournirait des centaines de mélodies aussi belles et même plus belles: on ne les remarque pas, par la seule raison qu'on ne daigna pas les faire exécuter avec intelligence. Cette prière de Joseph est chantée presque chaque année dans les concerts du Conservatoire. La romance de Benjamin : Ah! lorsque la mort , trop cruelle, est d'une candeur incomparable ; la ritournelle est une mélodie d'un jet, exécutée à l'octave sans accompagnement, mais à laquelle le timbre des divers instruments donne un intérêt charmant. L'alto et les basses en jouent deux mesures; les bassons et les clarinettes jouent les deux suivantes; les violons la continuent, et elle est terminée par les flûtes. Le chant de Benjamin est accompagné par la même mélodie , à laquelle l'auteur a ajouté une seconde partie, exécutée en pizzicato par les basses, et dont l'effet est délicieux.

Que dirons-nous du trio : Des chants lointains ont frappé mon oreille, dans lequel se trouve une des plus belles phrases de basse qui aient été écrites ? La prière de Jacob : Dieu d'Abraham, porto l'empreinte de cette teinte biblique et de cette onction pa-

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triarcale que l'imagination se plaît à rêver, surtout lorsqu'une éducation chrétienne nous a appris, comme à Méhul, le respect de ces traditions primitives. Le chœur des jeunes filles de Memphis : Aux accents de notre harmonie, accompagné par les harpes, est assurément fort remarquable. Au point de vue même de la musique, il est rempli de détails ingénieux ; la disposition des voix est excellente, et toutes les parties chantent. Néanmoins, comment se fait-il qu'il produise moins d'effet que la phrase de plain-chant du second acte î Serait-ce parce que, dans les œuvres d'art, le caractère l'emporte toujours sur la facture, le style, le talent, l'habileté et la beauté même de l'exécution? Nous voulons parler encore du duo entre Jacob et Benjamin : 0 toi le digne appui d'un père; là, nous retrouvons non-seulement l'harmonie et la mélodie étroitement unies, mais encore le pathétique et la grâce se faisant valoir mutuellement et avec une simplicité de moyens telle , qu'il n'est pas une note qui ne soit rigoureusement nécessaire à l'une des trois parties qui composent l'accompagnement.

Ce qui contribue à rendre ce duo si touchant qu'on le fait répéter aux artistes à chaque représentation , c'est le contraste qui existe entre les deux personnages : la musique , comme les arts plastiques, avec lesquels elle a d'ailleurs bien peu de points de contact , a besoin d'oppositions. La nature les lui offre dans la variété des voix , dans celle, des timbres , et le compositeur y ajoute encore par l'emploi habile qu'il sait faire des mouvements et des intonations. Aussi est-ce une bonne fortune pour lui lorsqu'il a à mettre en scène une jeune fille et un vieillard , comme Antigone et Œdipe, dans l'opéra de Sacchini; un enfant et un patriarche, comme Benjamin et Jacob, dans celui de Joseph.

Nous ne quitterons pas cette belle partition de Joseph , aussi célèbre en Allemagne qu'en France, qui a toujours excité un enthousiasme sincère, ce drame plein de simplicité, de pathétique et de grâce, sans parler de cette scène de famille émouvante , tumultueuse, terrible, dans laquelle Jacob maudit ses enfants, qui implorent et obtiennent leur pardon ; scène suivie de celle de la reconnaissance de Joseph par ses frères.

A son origine, l'opéra de Joseph fut chanté par Elleviou, Joseph ; Solié, Jacob ; Gavaudan , Siméon -, Mme Gavaudan, Benjamin.

Les ténors Paul et Huet s'attaquèrent ensuite au rôle périlleux de Joseph, mais sans succès. Ponchard a laissé , au contraire, des

souvenirs ineffaçables dans la romance et dans l'air : Vainement Pharaon. M. Perrin a fait appel à l'expérience du célèbre chanteur lorsqu'il remonta cet ouvrage en 1851. Delaunay-Ricquier, CouderCjBussineetMUeLefebvre furent alors les interprètes du chefd'œuvre. M. Réty donna aussi une reprise intéressante de cet opéra au Théâtre-Lyrique. Petit et Mlle Amélie Faivre s'y distinguèrent dans les rôles de Jacob et de Benjamin.

C'est sur notre première scène lyrique avec les ressources vocales et l'orehestre de l'Opéra que le chef-d'œuvre de Méhul doit être exécuté. Il suffirait de confier la composition des récitatifs à un musicien d'un goût éprouvé. C'est le seul moyen de mettre dans tout leur jour les beautés de cette partition.

JOSEPH BARRA, opéra en un acte, paroles de Lévrier de Champrion, musique de Grétry, représenté à la Comédie-Italienne le 5 juin

* JOSEPH HAYON, opérette en trois actes, paroles de M. F. von Radier, musique de M. Franz de Suppé, représentée avec un. grand succès en mai 1877, au Josephstœdter- Theater de Vienne. Plusieurs fragments d'oeuvres d'Haydn avaient été introduits par ie compositeur d'une façon heureuse au cours de sa partition, entre autres le motif du <* tremblement de terre » des Sept Paroles du Christ, et, au point de vue bouffe, le finale de la célèbre symphonie du « Départ », dans lequel tous les musiciens de l'orchestre quittent leur pupitre les uns après les autres en éteignant leurs bougies

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