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et dont i. harmonie est distinguée. Tout se termine par des motifs de danse et un galop vulgaire. Ismaël a joué en acteur consommé le rôle de Falstaff, et Gabriel était assez amusant dans celui du juge de paix. Les autres rôles ont été tenus par Wartel, Troy jeune, Gerpré, Du Wast, Mlles Saint-Urbain, Daram et Dubois. La traduction que M. Carvalho a fait faire de cette pièce a suggéré à M. Gustave Bertrand la judicieuse observation suivante : « Les chefs-d'œuvre seuls ont droit au bénéfice de ce libre échange de l'admiration internationale ; le génie seul a droit de voyager et de se survivre. Quant au talent, il doit se contenter de réussir (et, la plupart du temps, il réussit mieux que le génie même) dans le pays et la génération où il s'est produit. Il en est des œuvres d'art comme des bons vins : il n'y a que les grands crus qui méritent les honneurs de l'exportation. »

JOYEUX MAÎTRE D'ÉCOLE (le), opéra,' musique de L. Huber, représenté en Allemagne vers 1800.

*JOAN DE TENORIO, drame lyrique, poème du comte A. Tolstoï, musique de M. Boris Scheel, représenté au théâtre Marie, de Saint- Pétersbourg, en novembre 1888.

JUAN DE URBINO, opéra espagnol, musique de Barbieri , représenté à la Zarzuela de Madrid en décembre 1876.

* JUAN LANAS, zarzuela, musique de M. Fernandez Caballero, représentée en 1856 à Madrid, sur le théâtre de la Zarzuela.

* juanita, opérette en trois actes, musique de M. Franz de Suppé, représentée à Vienne, puis à Paris, avec paroles françaises de MM. Leterrier et Vanloo, sur le théâtre des Folies-Dramatiques, le 4 avril 1891. M. de Suppé est l'un des opérettistes les plus justement renommés de l'Allemagne ; il a la grâce et la délicatesse, le charme et l'abondance, avec un grain de sentiment qui ne messied pas; c'est, de plus, un musicien instruit, et qui écrit avec élégance. Boccace, Fatinitza, Juanita sont les produits d'une inspiration caressante qui laisse toujours dans l'esprit et dans l'oreille de l'auditeur un agréable souvenir. Les librettistes français no se sont pas mis en grands frais pour soutenir la musiquo de celui dont ils se faisaientles collaborateurs. Leur action se passe en 1796, à Saint-Sébastien, que cernent les troupes françaises pour délivrer la ville du joug des Anglais, et c'est un petit fifre de l'armée française qui, se déguisant successivement en muletier, en écri-

vain public et en noble dame espagnole, réussit enfin à ouvrir à, ses compagnons les portes de la citadelle. René Belamour, le fifre audacieux, Juanita, la gente espagnole, telle est la cheville ouvrière d'une pièce qui pourrait sans peine être meilleure. La partition de M. de Suppé, qui est peut-être un peu volumineuse, renferme nombre de morceaux charmants : les gentils « couplets de la pantomime », qui sont finement accompagnés, le finale du premier acte, un joli trio bouffe, un quintette bien construit, les couplets du baiser, et bien d'autres encore. Juanita était fort bien jouée, à Paris, par Mlle3 Marguerite Ugalde, Juliette Darcourt et Zélo Duran, MM. Morlet, Gobin, Guyon fils et Maurice Lamy.

JUBELHOCHZEIT (die) [le Jubilé de mariage], opéra allemand, musique de J.-A. Hiller, représenté en Allemagne vers 1760.

JUBELHOCHZEIT (die) [le Jubilé de mariage], opéra allemand, musique de Braun (Georges), représenté au théâtre de Gotha vers 1796.

JUBILÉ (le), opéra anglais, musique de Dibdin, représenté avec succès au théâtre de Drury-Lane vers 1768.

JUBILÉ DE CENT ANS (le), musique de Weber (Bernard- Anselme), représenté à Berlin en 1800.

JUBILÉ DU XVIIie SIÈCLE (le), mélodrame historique et allégorique, musique de Schmiedt, écrit à Leipzig vers 1794.

JUDITH, mélodrame, musique de Fuss (Jean), représenté à Presbourg vers 1798.

JUDITH, opéra sérieux, musique de Kozeluch, représenté à Vienne vers 1799.

Judith, opéra sérieux italien, musique de Levi, représenté à Venise en 1844.

JUDITH , tragédie de Hebbel , musique de Rietz, qui n'en a composé que l'ouverture et les entr'actes, représentée à Leipzig en 1851.

JUDITH, opéra allemand en trois actes, musique de Emile Naumann, représenté à Dresde le 5 novembre 1858. Le rôle principal a été chanté par Mm» Burde-Ney.

JUDITH, drame lyrique en trois actes et quatre tableaux, poème de M. Paul Collin, musique do M. Ch. I.efebvro.

C'est là une œuvre d'un caractère élevé, consciencieusement traitée par les deux collaborateurs. Le premier acto se passe dans

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la Tille de Béthulie assiégée. Au fond, on voit ie temple ; à gauche, la maison de Judith ; des femmes, des enfants, des vieillards se traînent épuisés par la soif et la faim. Malgré la résistance conseillée par Osias, ce peuple veut rendre la ville à l'ennemi; Judith paraît, ranime les courages abattus, promet la délivrance dans un andante maestoso d'un beau mouvement : Ils étaient nombreux, ils étaient superbes, les ennemis du Seigneur! L'acte se termine par un chœur largement écrit : Va, Judith, va, noble femme! Au second acte, dans le camp assyrien, on distingue l'air énergique d'Holopherne, Plus menaçant que l'ouragan gui gronde, encadré dans le chœur : Nos dieux sont les seuls vrais dieux; le double chœur des Hébreux captifs et des soldats victorieux, l'entrée de Judith, son récit plein de dignité et un ensemble exprimant l'effet produit sur Holopherne et tous ces barbares par sa grande beauté, la stupeur de ses compatriotes qui s'écrient :

O femme coupable!

Qui, d'un pareil forfait, eût cru ton cœur capable?

.Honte sur toi qui nous trompais.

Ta vertu n'était donc qu'un mensonge hypocrite! Sois maudite!

Le premier tableau du troisième acte représente la tente d'Holopherne. Le chœur d'introduction est fort travaillé, trop travaillé peut-être pour être compris par le public; mais quant aux airs de ballet qui suivent, le musicien s'est égaré à la recherche de la couleur locale, du pittoresque. Cet archaïsme frelaté l'a conduit à méconnaître les résonances naturelles et à produire les effets les plus rébarbatifs. L'introduction du deuxième tableau de cet acte est une symphonie pleine de dissonances et n'ajoute rien au mérite de l'ouvrage qui gagnerait à être expurgé de ces hardiesses harmoniques, au nombre desquelles on remarque l'abus des notes pédales dans une partie intermédiaire. La prière de Judith est d'un beau caractère, et le chœur final, sur une phrase en canon, rappelle heureusement le cantique biblique. On doit savoir gré aux auteurs d'avoir traité ce grand sujet sans eD avoir altéré l'esprit ni le sens traditionnel.

*judith, opéra en cinq actes, poème et musique d'Alexandre Séroff, représenté à Saint-Pétersbourg en juin 1863. Séroff, âgé de quarante ans, débutait à la scène lorsqu'il y donna cet ouvrage, qui n'avait été précédé d'aucune composition importante. Critique très entier, mais en même temps très versatile, il se trouvait, à la suite d'un voyage en

Allemagne, sous l'impression d'une admiration profonde pour Richard Wagner, dont il avait parlé jusqu'alors dans ses écrits avec le dédain le plus caractérisé. Sa Judith fut donc conçue sous l'influence des idées wagnériennes, qu'il se flattait d'importer et de faire triompher dans son pays. L'œuvre est sombre, inégale, tant au point de vue de la musique que du drame lui-même, parfois assez maladroitement agencé, mais elle n'est pas sans contenir plusieurs pages intéressantes, et certains sont d'avis qu'elle a été accueillie lors de son apparition avec une froideur trop accentuée. Il est sûr que son succès est plus marqué depuis la mort de Séroff qu'il ne le fut du vivant du compositeur, et qu'elle a depuis lors conquis sa place dans le répertoire déjà, vaste de l'opéra russe.

Judith n'en produisit pas moins une impression assez considérable lorsqu'elle fut présentée au public, et elle était, en somme, de nature à justifier cette impression, en un moment où, à l'exception de Dargomijski, Glinka n'avait pas encore trouvé de successeur. Un critique disait à ce sujet : « Bien que Séroff se fût aidé, inspiré des théories et des exemples de la nouvelle école allemande, et qu'il n'apportât rien encore de vraiment national et de vraiment personnel, comme il l'a depuis tenté dans Rognéda et dans Vrajié Sila^ il n'en faut pas moins s'étonner de la hardiesse, de la sûreté, de la liberté avec lesquelles il avait su, dès sa première œuvre, saisir, manier, contraster tous les éléments de la musique dramatique, tels que les derniers novateurs, à tort ou à raison, nous les ont voulu faire et refaire. On trouverait malaisément à citer un autre artiste révélant de toutes pièces un tel talent dans un, début. »

Séroff s'est inspiré, dit-on, pour son livret, d'un drame allemand de Frédéric Gebel, qui date des environs de 1840, et de celui que le poète italien Giacometti écrivit en 1858 pour la Ristori, et qui avait été joué par elleà Saint-Pétersbourg en 1860. Quant à la musique, nous avons vu qu'elle se rattachait aux idées de la seconde manière de Wagner, le Wagner de Lohengrin. Ses qualités générales sont une autorité et une puissance réelles dans l'emploi des masses, qui ne vont pas toujours sans quelque brutalité, et une intelligence remarquable de l'usage des différents timbres de l'orchestre; son plus grave défaut est la recherche de l'éclat, qui le mène trop facilement à la vulgarité. Parmi les pages de l'œuvre qui appellent l'attention.

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