‹ Dictionnaire des opérasChapitre 480 sur 928 · MADAME ANGOT ET SES DEMOISELLES · texte numérisé non relu

MADAME ANGOT ET SES DEMOISELLES

opérette , représentée au théâtre des Folies- Marigny en 1874.

* madame BONIFACE, opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Ernest Depré et Charles Clairville, musique de M. P. Lacome, représenté aux Bouffes-Parisiens le 20 octobre 1883. Madame Boniface est une gentilie confiseuse du siècle dernier, dont le mari, qu'elle aime d'ailleurs, est ridiculementjaloux. Celui-ci l'envoie tout à coup à Orléans, pour la soustraire aux assiduités d'un grand seigneur, le comte Annibal de Tournedor. Mais le comte est un matois, qui, ayant eu vent de la chose, se' déguise en cocher pour conduire lui-même la jeune femme, qu'il emmène non à Orléans, bien entendu, mais simplement dans son hôtel. Boniface, informé, éperdu, a recours à la justice, qui se déclare impuissante. Il songe alors à quitter Paris et à retourner simplement dans son pays d'Auvergne, lorsqu'il apprend que Friquette, sa femme, a réussi à s'échapper des mains de M. le comte et qu'elle en est sortie... comme elle y était entrée. Et pendant ce temps, le comte Annibal a été joué par son ami Fridolin, qui lui a soufflé sa fiancée. Tout est bien qui finit bien. A part les invraisemblances inhérentes au genre, le livret de Madame Boniface est amusant et très acceptable. La musique est agréable, fine et distinguée. On en peut signaler, au premier acte, la romance d'Annibal : Comme la fleur..., le trio des cornets et la valse insérée dans le finale; au second, les couplets à trois voix : Change, change, un joli petit chœur, un duo bien construit et les couplets de Friquette : Il faut se taire; enfin, au troisième, les couplets de Fridolin et la cbanson auvergnate. M<"e Théo apportait sa voix aiguë et sa grâce un peu mignarde au personnage de Friquette ; M. Piccaluga, un vrai chanteur au baryton velouté et plein de charme, débutait brillamment dans celui d' Annibal, après avoir fâcheusement végété à rOpera-Comique; les autres rôles étaient

tenus par MM. Maugé (Boniface), Charles Lamy (Fridolin), Riga (de la Vieille-Brèche), Désiré (Jacquot) et MUe Levasseur (Isabelle).

MADAME BONJOUR, opérette, musique de M. de Flottow, représentée à Vienne dans le mois de juin 1861. Cet ouvrage est le même que celui qui a pour titre la Veuve Grappin.

* MADAME CARTOUCHE, opérette en trois actes, paroles de MM. William Busnach et Pierre Decourcelle, musique de M. Léon Vasseur, représentée aux Folies-Dramatiques le 19 octobre 1886. Livret un peu obscur, mais en somme amusant et gai, quoique d'une gaîté parfois un peu bien grosse, avec aussi peu de vraisemblance que possible, ce qui ne tire pas à conséquence en matière d'opérette ; musique assez agréable, dont on peut détacher quelques morceaux : au premier acte, un duo sentimental, Bis-moi comment l'amour t'a pris, et un duo bouffe ; au second, un amusant chœur de brigands; et au troisième un duo de soprano et baryton fort bien venu. La pièce était bien jouée par Mme Grisier- Montbazon, MM. Vauthier, Gobin, Riga et Guy.

* MADAME CHRYSANTHÈME, comédie lyrique en quatre actes, un prologue et un épilogue, poème de MM. Georges Hartmann et André Alexandre, musique de M. André Messager , représentée au Théâtre-Lyrique (salle de la Renaissance), pour son inauguration, le 30 janvier 1893. Il n'est pas besoin de dire sans doute que le sujet de cet ouvrage est tiré du roman de M. Pierre Loti qui porte le même titre. Pierre est lieutenant de vaisseau à bord de la Triomphante, qui arrive au Japon pour y rester quelques mois. Ne sachant que faire, il profite des usages du pays pour épouser une petite chanteuse du nom de Chrysanthème, qu'il abandonnera tout simplement, conformément à ces usages, lorsqu'il lui faudra rejoindre son bâtiment pour retourner en France. C'est ce qu'on pourrait appeler un mariage « à temps ». En effet, quand le devoir rappelle Pierre sur son vaisseau, il quitte la petito « poupée • avec laquelle il s'est amusé durant quelques semaines, et s'éloigne d'elle sans regret et sans chagrin. Les librettistes ont voulu seulement dramatiser un peu le sujot. Au lieu de faire do Pierre un indifférent, ils l'ont montré jaloux, et du petit joujou qui a nom Chrysanthème ils ont fait une femme aimante et sensible. De sorte que la séparation, pénible pour l'un, est, pour l'autre, empreinte d'une véritable douleur. Là est toute la différence.

MADA

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La partition de M. Messager est d'un ordre essentiellement composite. Il semble qu'elle tend un peu la main à tous les systèmes, tout en restant assez volontiers dans le domaine et dans le ton de l'opéra-comique. Il n'est pas besoin de dire qu'elle est écrite avec un rare talent, orchestrée avec goût et élégance, claire et limpide en son ensemble, harmonisée d'une façon fine et délicate. Le nom de M. Messager est un sûr garant des qualités du compositeur. Ce que l'on souhaiterait à sa musique, même au prix d'une moindre perfection dans la forme, c'est un peu plus de solidité dans le fond, un peu plus de personnalité et, pour tout dire, une tendance mélodique plus fraîche, plus neuve et plus accusée. L'œuvre, assurément, se fait entendre avec plaisir, mais elle manque un peu trop, semble-t-il, de surprise et d'imprévu. Pour le prouver, il suffirait de signaler la joie expansive avec laquelle le public a accueilli, au quatrième acte, une page vraiment exquise, l'air du frère Yves : Je reverrai dans la lande bretonne. C'est là une inspiration délicieuse, et comme on n'en rencontre pas souvent peut-être, un de ces épisodes qui ressortent sur l'ensemble d'une œuvre et lui donnent sa couleur et son caractère. Il y a pourtant d'autres jolies pages • dans la partition de Madame Chrysanthème, qu'il serait injuste de ne pas signaler. Entre autres, la délicate chanson de la « Mousmé » au premier acte, et le duo des fleurs, dont l'orchestre est plein de coquetterie ; puis la chanson des cigales, les airs de ballet du troisième acte, dont l'orchestre aussi est chatoyant, et plusieurs chœurs bien venus. Madame Chrysanthème était jouée par Mlle Jane Guy, Mme Caisso, MM. Delaquerrière, Jacquia et Lamy.

MADAME DE RABUCOR, opéra-bouffe en un acte, livret de M. Jaime, musique de Mme de Sainte-Croix, représenté aux Bouffes- Parisiens le 5 février 1874.

* MADAME DIOGÈNE, opérette en un acte, paroles de MM. Legentil et Ryon, musique de M , Queille, représentée au concert de la Scala le 17 mars 1880.

madame FAVART, opéra-comique en trois actes, livret de MM. Duru et Chivot, musique de M. J.Offenbach, représenté aux Folies- Dramatiques le 28 décembre 1878. Le genre de l'opérette s'accommode volontiers du libertinage élégant du xvme siècle et, en empruntant les usages et le langage de cette époque, les auteurs peuvent éviter la trivialité des mœurs contemporaines. Voici l'ana-

lyse rapide de la pièce. Mme Favart aime son mari et veut lui demeurer fidèle. Pour éviter le courroux de Maurice de Saxe, le pauvre Favart a été obligé de se cacher et sa femme de prendre divers déguisements. Tous deux s'intéressent aux amours d'Hector de Beaupréaux et d'une jeune fille nommée Suzanne. Comme Hector ne peut être agréé qu'après avoir été nommé lieutenant de police à Douai, Mme Favart obtient cette place pour lui du marquis de Pontsablé en se faisant passer pour la femme d'Hector. Pontsablé, chargé d'arrêter l'actrice, se rend chez Hector, où les deux comédiens sont cachés. Il ne reconnaît pas Mme Favart, qui est déguisée en servante et envoie Suzanne au maréchal de Saxe qui, pour célébrer la victoire de Fontenoy, veut faire jouer devant lui la Chercheuse d'esprit. Suzanne est dans le plus grand embarras; elle n'est jamais montée sur les planches et ne peut jouer le rôle de Nicette. Mme Favart la tire d'affaire ; elle est venue au camp sous un déguisement; elle joue le rôle à merveille, obtient du roi sa grâce personnelle, celle de son mari et la disgrâce de Pontsablé. En traitant ce sujet léger, où tout est factice et de convention, le compositeur était dans son élément; aussi sa partition est-elle une de ses meilleures et des plus variées. Les ensembles sont toujours bien vulgaires ; mais les couplets sont agréablement tournés, et il y en a beaucoup. La ronde égrillarde :

Ma mère aux vignes m'envoyit Je n' sais comment ça s' fit,

est un pastiche du style de ce temps; elle a été naturellement bissée par le public des, Folies-Dramatiques. Les couplets de Suzanne priant son père de lui laisser épouser Hector ont un certain charme que la vulgaire familiarité des paroles laisse encore subsister; la chanson de VÉ chaude, chantée par Favart, semble tirée, paroles et musique, du répertoire du théâtre de la foire Saint-Germain, tant l'imitation est réussie :

Quand du four on le retire Tout fumant et tout doré, Aussitôt chacun admire Le gâteau bien préparé ; Il a fort belle apparence.

On est pressé d'en manger; Mais pour de la consistance, 11 n'en faut pas exiger ; Mettez-le dans la balance :

C'est léger, léger, léger.

Bien des gens dans notre France Ainsi peuvent se juger.

Tout pleins de leur importance.

Vous les voyez se gonfler.

Mettez-les dans la balance :

C'est léger, léger, léger.

MADA

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La formule du rondeau de la Vieille est aussi vieillotte que son titre. Je passe sur toute la musique militaire qui remplit une partie du dernier acte pour citer encore une tyrolienne et le rondeau dans lequel Mme Favart raconte sa supplique au roi. Cette opérette est, en somme, amusante et habilement traitée par le musicien; chantée par MM. Lepers, Luco, Simon-Max, Maugé, Octave, Speck; Mmes Girard et Gélabert.

* MADAME GRÉGOIRE, opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe et Henri Boisseaux, musique de Louis Clapisson, représenté au Théâtre-Lyrique le 8 février 1861. — Voyez Grégoire (Madame).

MADAME GRÉGOIRE, vaudeville en quatre actes, de MM. Paul Burani et Maurice Ordonneau, musique de M. Okolowicz, représenté au théâtre des Arts en mai 1880. La chanson de Béranger, d'un réalisme si vulgaire, n'a fourni que le titre de cette pièce, qui semble n'avoir été faite que pour profiter de l'audace avec laquelle Mmo Judic débite des grivoiseries. Des dragons content fleurette aux trois nièces de la cabaretière, des pages en font autant aux femmes de trois grands seigneurs qui poursuivent trois comédiennes ; ce n'est que cela, et c'est beaucoup trop de dix-huit personnages occupés à une telle besogne.

MADAME LA MAÎTRESSE {die Frau meisterin), opéra allemand, musique de Suppé, repr. au Carltheater de Vienne en fév. is6S.

* MADAME LE DIABLE, opérette féerique en quatre actes, paroles de MM. Henri Meilhac et Arnold Mortier, musique de M. Gaston Serpette, représentée au théâtre de la Renaissance le 5 avril 1882. Interprètes : Mmes j. Granier et Desclauzas, MM. Jolly, Mallard, Blondelet, Jannin et Bonnet.

* madame le docteur, opérette en un acte, musique de M. F. Wachs, représentée au concert de l'Eldorado le 17 juillet 1875.

madame mascarille, opérette en un acte, paroles de M. Viart, musique de M. Bovery, repr. aux Folies-Nouv. en mars 1856.

* madame nicolet, opérette en trois' ?ctes, paroles de M. Hugot, musique de M. Fock, représentée au théâtre du Châteaud'Eau le 29 novembre 1892.

madame PAPILLON , bouffonnerie musicale, paroles.de M. Jules Servières, musique d'Otfenbach , représentée aux Bouffes -Parisiens en octobre 1855.

MADAME PYGMALION, opérette - bouffe en un acte, paroles de MM. Jules Adenis et Francis Tourte, musique de M. Frédéric Barbier, représentée aux Bouffes-Parisiens le 6 février 1863. L'idée est burlesque et ne manque pas d'esprit. Clorinde , artiste peintre, conçoit une folle passion pour l'image d'un affreux Turc qu'elle vient de peindre. Sa camériste et son amoureux s'amusent aux dépens de l'artiste en transformant la toile en tableau parlant , et ^achèvent de lui faire perdre la tête. M. Barbier a écrit dans ce petit ouvrage un morceau intitulé : Ronde de l'émir, qui a été bien accueilli. Jouée par Duvernoy, Jean-Paul, Mlles Baudouin, Giraldine et Laurent.

* madame ROSE, opéra-comique en un acte, paroles de MM. Paul Bilhaud et Albert Barré, musique de M. Antoine Banès, représenté à l'Opéra-Comique le 25 septembre 1893. Comment le fermier Mathurin est jaloux de sa femme, « Madame Rose, » dont son garçon Jean est amoureux; comment pourtant il confie audit Jean la garde et la surveillance de celle-ci pendant son absence; comment Madame Rose, d'ailleurs très honnête, veut se venger de la jalousie et du procédé de son mari en se faisant faire la cour par ce gardien qui est épris d'elle; commentla petite Rosette, qui de son côté en tient pour Jean, est furieuse et désolée de cette petite comédie qu'elle prend au sérieux; comment tout finit par s'arranger naturellement par le mariage des deux jeunes gens et le raccommodement des époux, c'est ce qu'il serait difficile d'expliquer, tellement cette action, un peu trop burlesque et qui ne brille pas par une nouveauté absolue, est émaillée d'une foule d'incidents qui l'allongent plus que de raison et la rendent parfois un peu obscure.

De la partition, trop touffue, on peut cependant citer quelques morceaux, particulièrement le duo des deux femmes, qui ne manque ni de grâce ni de coquetterie, la romance de Rosette et l'air mouvementé de madame Rose. Mais, grands dieux ! pourquoi cet abus de toutes les forces instrumentales à propos d'une simple paysannerie, pourquoi cet entassement de Pélion sur Ossa, cette furie d'orchestre, ces cors qui clamont, ces trombones qui grondent, ces timbales qui tonnent, cette batterie qui claque à propos de tout et à propos de rien? Quand M. Banès, qui ne manque point de talent, aura appris à mol adoucir son orchestre, il obtiendra un résultat plus facilenii'iit appréciable, et réussira plus complètement avec moins de peine et de tra-

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vaïl. Madame Rose avait pour interprètes MM. Barnolt et Badiali, Mme Molé-Truffier et M' le Leclerc.

* madame suzette, opérette en trois actes, paroles de MM. André Sylvane et Maurice Ordonneau, musique de M. Edmond Audran, représentée aux Bouffes-Parisiens le 29 mars 1893.

MADAME TURLUPIN, opéra-comique en deux actes, livret de MM. Cormon et Grand- Tallet, musique de M. E. Guiraud ; représenté au théâtre de l'Athénée, le 23 novembre 1872. Les auteurs de la pièce ont imaginé un Turlupin tout autre que celui de la tradition. Il tient plutôt de l'arlequin sensible et bon de M. de Florian, que du joyeux compagnon de Gaultier- Garguille et de Tabarin. Le pauvre comédien doit de l'argent à l'aubergiste, et défend sa femme contre les entreprises du capitaine Rodomont. M^ Turlupin, par ses stratagèmes, réussit à assurer la recette de la troupe, et à berner l'audacieux galantin. La pièce est faible, et les moyens scéniques surannés. La musique en a fait un fort joli opéra-comique ; nous ne sommes pas gâtés sur ce point. Les scènes lyriques sont tellement encombrées de méchants ouvrages, que celui-ci a été accueilli avec une vive satisfaction par les gens de goût. La partition du Kobold (voyez ce mot) m'avait fait espérer que le compositeur prendrait rang parmi les maîtres ; car, dans la pléiade des musiciens qui avaient remporté le prix de l'Institut, c'était à mon avis celui qui écrivait le mieux. Je signalerai dans l'opéra de Madame Turlupin l'ouverture, dont l'instrumentation est d'une sonorité charmante, sobre et élégante; les couplets : Enfants de la balle, et le choeur de la retraite qui termine le premier acte. L'entr'acte est une petite symphonie, écrite avec une délicatesse et une clarté qui dénotent un travail aussi intelligent que consciencieux. Je goûte peu la scène du Printemps, et, dans le reste de l'ouvrage, je n'ai remarqué de saillant que la romance et un petit trio. Cet opéra a été chanté par Lepers, Girardot, Lemaire, Galabert, Mlles Daram et Fain.

* MADAME zéphir, opéra-comique français en deux actes, paroles de M. Sinano, musique de M. Pasquale Clémente, compositeur italien, repr. au th. khédivial du Caire le 3 fév. 1893.

'MADELEINE, opéra- comique en deux actes, musique de M. Henri Weidt, rep. sur le théâtre municipal de Hambourg en mai 1851.

. MADELEINE, opérette en un acte, livret de MM. Vanloo et Leterrier, musique de M. Henri Potier, ancien accompagnateur de l'Opéra; représentée au théâtre des Bouffes-Parisiens, le 16 janvier 1869. Les librettistes ont mis en scène un marin, amoureux d'une fille de pêcheur, et qui devient brave, comme malgré lui, pour l'épouser. On a remarqué les couplets : Je te présente ma main, la romance de Madeleine, et le quatuor : Il a peur. Chanté par Mme Galli- Marié et sa sœur, Mile Irma Marié.

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