MAGN
laine du pays. Celle-ci consent à devenir sa femme, mais à condition qu'elle sera invisible pour lui pendant toute la durée de la nuit. Lusignan accepte ; mais, au bout d'un certain temps , cédant à un mouvement de jalousie , il s'introduit dans la partie du château où se réfugie chaque nuit Mélusine. Cette femme si belle lui apparaît alors sous la forme d'un monstre ailé couvert d'écaillés, qui s'enfuit à l'approche du comte en remplissant l'air d'horribles cris appelés depuis cris de Mélusine. L'auteur n'a conservé que peu de chose de cette légende bizarre. Mélusine est une sorcière qui emploie toutes sortes de ruses pour se faire aimer de René, vicomte de Thouars, qui revient de la Palestine pour épouser Blanche de Poitou. D'un autre côté , une sorte de nécromancien, le chevalier Stello, a des droits sur Mélusine. Il fait connaître à son amant les traits nocturnes de cet être singulier voué à la malédiction divine. René, saisi d'horreur, retourne auprès de Blanche qui allait ensevelir sa douleur et ses regrets dans un monastère. Mélusine, touchée de repentir des crimes qui sans doute lui ont valu de tomber au pouvoir des génies infernaux, saisit un rosaire et s'écrie : Je crois en Dieu, je suis chrétienne ; elle expire ensuite dans les bras de René, tandis que Stello s'abîme dans les entrailles de la terre. La partition de la Magicienne ne saurait être comparée à celles de la Juive , de la Reine de Chypre ; mais elle renferme de très beaux morceaux, des scènes fort dramatiques. L'instrumentation est puissante , colorée , magistralement traitée ; la ballade de Blanche est bien caractérisée, et le refrain : Car ton amour donne la mort, est d'un effet saisissant; le chant guerrier, la prière chantée par le comte de Poitou, le chœur des fées et la romance de Mélusine suffisent pour composer un acte remarquable. La sérénade, l'orage, qui est le plus travaillé et un des mieux réussis que nous ayons vus au théâtre, sont les passages les plus saillants des deux actes suivants. Le chœur de nymphes et d'ondines qui ouvre le quatrième acte est délicieux et vraiment inspiré ; le trio entrecoupé par le cri des démons : Fille d'enfer , reprends ton nom, est dramatique. Le cinquième acte, qui offre une succession de beaux morceaux, aurait décidé du succès, si le livret s'y fût mieux prêté ; la romance de Blanche , le duo des deux femmes, la grande scène dans laquelle des chants sacrés contrastent avec les accents infernaux doivent être mis au rang des meilleures productions de M. Halévy. Les rôles ont été créés par Gueyniard ,
Bonnehée,'Belval, Mmes Borghi-Mamo, Gueymard et Mlle Delisle. C'est dans cet ouvrage qu'on a tenté de chorégraphier une partie d'échecs, innovation ingénieuse et qui a donné lieu à des costumes pittoresques ainsi qu'à des mouvements variés.
MAGIE A LA MODE (la), opéra-comique en un acte, paroles de La Dixmerie, musique de Bonesi, représenté au théâtre des Beaujolais vers 1785.
* MAGIE inutile (la), opéra-comique en un acte, musique de Disson, représenté à Dijon le 25 juillet 1751.
MAGNANIMITÀ DI MARCO FABRIZIO , opéra italien, livret de Donato Cupeda, musique de Draghi (Antoine), représenté à Vienne en 1695, à l'occasion de la fête de l'empereur Léopold 1er.
MAGNANIMITÉ DE SCIPION (la) , opéra, musique de Romberg (André), représenté à Gotha en 1815. La partition pour piano a été gravée.
MAGNIFIQUE (le), comédie en trois actes, en prose, paroles de Sedaine, musique de Grétry, représentée aux Italiens le 4 mars 1773. Grétry avait déjà travaillé sur des poëmes de Marmontel; il eut la pensée de puiser ses inspirations à une autre source. Les vers faciles et harmonieux de l'auteur du Huron, de Sylvain, de Zémire et Azov convenaient mieux à sa musique que la versification négligée et prosaïque de Sedaine , quoique les ouvrages de celui-ci offrissent des situations dramatiques plus caractérisées. Grétry le reconnut lui-même en composant la partition du Magnifique. Mais le livret lui avait été offert par Mme de la Live d'Epinay, et il s'exécuta de bonne grâce. Le fond du sujet, comme dans la comédie de Houdard de Lamotte, est tiré du conte de La Fontaine. On y remarque une fort jolie scène dans laquelle une rose échappe de la main de l'héroïne. Elle a été traitée avec talent. Nous signalerons encore l'ouverture dans laquelle Grétry a introduit, on ne sait trop pourquoi, l'air de Vive Henri IV, auquel il a mêlé un second motif d'un effet assez original.
magnifique (lk), opéra-comique en un acte, livret do M. Jules Barbier, musique de M. Jules Philippot , représenté à l'opéra- Natioaal -Lyrique le 24 mai 1876. Lo sujet de la pièce est tiré du conte de Boccace, imité par La Fontaine. L'auteur y a introduit des bouffonneries, la plupart usées et d'un goût
MATD