MICHELINE OU L'HEURE DE L'ESPRIT
opéra - comique en un acte , paroles de MM. Saint-Hilairo, Masson etde Villeneuve, musique d'Adolphe Adam, représenté à l'Opéra-Comique le 29 juin 1835. Le page Urbain, le paysan Macloud, le sorcier, la fiancée, le droit du seigneur, Mme Pradher. l'é-
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réol, Couderc et la musique d'Ad. Adam, tout cela a passé.
* midas AU PARNASSE, opéra-folie en un acte, paroles de Planterre, musique de Dedieu, représenté sur le théâtre du Palais (Cité- Variétés) le 7 janvier 1793.
MIDNIGHT WANDERERS (les Vagabonds nocturnes), opéra-comique anglais, musique de Shield, représenté à Covent-Garden en
MIDSUMMER NIGHT'S DREAM (le Songe d'une nuit d'été) , opéra anglais d'après la pièce de Shakspeare , musique de Bishop , représenté à Covent-Garden en 1816.
MIECZYSLAW SLEPY (Mieczyslas l'aveugle), opéra polonais en trois actes, musique de Elsner, représenté à Varsovie en 1807.
MIESZKANCY KAMZATKA (les Habitants du Kamtchatka) , opéra en un acte , musique d'Elsner, représenté à Varsovie en 1803.
* miette, opérette en trois actes, paroles de M. Maurice Ordonneau, musique de M. Edmond Audran, représentée au théâtre de la Renaissance le 24 septembre 1888. Interprètes : MM. Maugé, Moiiet, Charles Lamy Mmes Aussourd, Mathilde, Burty.
MIGLIOR DOGNI AMORE PER IL PEG- GIOR DOGNI ODIO (il) , opéra italien, livret de l'abbé Francesco Silvani, musique de Gasparini (Francesco), représenté à Venise, sur le théâtre de San-Cassiano, en 1703.
MIGNON , opéra-comique en trois actes et cinq tableaux, paroles de MM. Michel Carré et Jules Barbier, musique de M. Ambroise Thomas , représenté à l'Opéra-Comique le 17 novembre 1866. Il semble que M. Thomas soit resté trop longtemps hors de la voie la plus favorablement ouverte à son genre de talent, à sa nature fine et distinguée. Ebloui peut-être par l'accueil fait à sa partition du Caïd, il a fait de trop longues concessions au genre de l'opéra-comique. Son organisation, douée d'une sensibilité exquise, se repliant volontiers sur elle-même pour retrouver une nuance nouvelle de sentiment, s'accommodait mal des allures de convention, des types usés par un long service à la scène ; tout cela ne lui convenait point. Pour plaire au public de l'Opéra-Comique, il ne faut pas faire le fier et le dédaigneux , ni reculer devant les procédés qui lui sont familiers ; il ne faut pas songer surtout à s'imposer autrement que par insinuation. C'est dans l'opéra de Mignon qu'Ambroise Thomas a pu don-
ner un complet essor à ses facultés. C'est un ouvrage où dominent la grâce , le goût et le sentiment. Le compositeur s'est trouvé dans cet élément poétique, pittoresque, vraiment artistique, qui est le sien propre. Ses phrases mélodiques expriment bien les dehors de ses personnages, de Mignon, de Philine, de Wilhelm Meister, deLothario, tandis que son harmonie peint avec bonheur leur caractère intime et le fond de leurs sentiments. Les auteurs du livret ont heureusement traité ce sujet difficile de Mignon, en ne s'inspirant pas moins des compositions d'Ary Schaeffer, dont l'expression est si pénétrante, que du récit de Goethe, dans ses Années de voyage de Wilhelm Meister. L'histoire de Mignon a été complétée par une scène très pathétique au troisième acte. Une scène remarquable au point de vue littéraire, et traitée par le musicien avec l'inspiration la plus soutenue, est celle où Mignon rappelle à Wilhelm les seuls souvenirs de son enfance qui lui soient restés.
MIGNON
Demain, dis-tu? Qui sait où nous serons demain? L'avenir est à Dieu 1 le temps est dans sa main.
WILHELM
Quel est ton nom ?
MIGNON
Ils m'appellent Mignon, Je n'ai pas d'autre nom.
•WILHELM
Quel âge as-tu ?
MIGNON
Les bois ont reverdi, les fleurs se sont fanées. Personne n'a pris soin de compter mes années.
WILHELM
Quel est ton père? quelle est ta mère?
MIGNON
Hélas 1 ma mère dort,
Et le grand diable est mortl
WILHELM
Le grand diable ! que veux-tu direî
MIGNON
C'était mon premier maître.
WILHELM
Celui qui t'a vendue à cet homme!
{L'examinant avec intérêt). Mais comment étais-tu tombée entre ses mains? Parle! Je puis peut-être venir à ton secours et t'arracher à cette vie misérable! On t'a volée à ta famille, sans doute? N'as-tu pas conservé quelque souvenir de ton enfance? (Mignon le regarde sans répondre). Tu gardes le silence! Tu n'oses te confier à moi!
MIGNON
(Cherchant à rappeler ses souvenirs, et comme
se parlant à elle-même.)
De mon enfance, une seule chose est restée
gravée dans mon esprit, précise comme, au
premier jour. Je m'étais écartée de la maison
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de mon père et j'errais à l'aventure dans la campagne, quand je me vis entourée par des hommes à figure étrange. Je les suppliai de me ramener chez mon père, en leur indiquant le chemin qu'ils devaient suivre ; ils me le promirent et m'emmenèrent avec eux. Mais, la nuit, comme ils croyaient que je dormais, j'entendis l'un d'eux qui disait : « Elle pourra être utile ; il faut lui faire quitter son pays au plus vite!.... »
WILHELM
Dis-moi donc quelles contrées tu as traversées pour venir jusqu'ici, vers quels lieux lointains tu voudrais être ramenée.
MIGNON
Connais-tu le pays où fleurit l'oranger,
Le pays des fruits d'or et des roses vermeilles,
Où la brise est plus douce et l'oiseau plus léger.
Où dans toute saison butinent les abeilles?
Où rayonne et sourit comme un bienfait de Dieu,
Un éternel printemps, sous un ciel toujours bleu?
Hélas! que ne puis-je te suivre 'Vers ce rivage heureux d'où le sort m'exila I
C'est là que je voudrais vivre,
Aimer et mourir!... C'est là!....
Connais-tu la maison où l'on m'attend là-bas? La salle aux lambris d'or où des hommes de marbre M'appellent dans la nuit en me tendant les bras. Et la cour où l'on danse à l'ombre d'un grand arbre? Et le lac transparent où glissent sur les eaux Mille bateaux légers pareils à des oiseaux?...
Hélas! que ne puis-je te suivre Vers ce pays lointain d'où le sort m'exila!
C'est là que je voudrais vivre.
Aimer et mourir!... C'est là!....
WILHELM
Ce pays enchanté dont tu parles, cette contrée heureuse dont ton cœur a gardé le souvenir, n'est-ce pas l'Italie, chère petite î mignon, rêveuse.
L'Italie !... je ne sais...
wilhelm, d part.
Etrange créature 1
Le caractère rêveur et mélancolique de la musique et la poésie du récit et des couplets de Mignon ont un grand charme.
Le duo chanté par Mignon et Lothario :
Légères hirondelles Oiseaux bénis de Dieu, Ouvrez, ouvrez vos ailes, Envolez-vous! adieu!
forme un épisode gracieux, dont le succès a passé de la scène dans les concerts et les salons.
La partie divertissante de ce livret a aussi son mérite, et est de telle nature, qu'elle repose l'esprit sans nuire au caractère sérieux de l'ensemble de l'action. En voici un échantillon. Le comédien Laerte raconte les infortunes de ses camarades, que le spectateur a vus partir au finale du premier acte avec ar-
mes et bagages. Surprise par l'orage à une lieue du château où elle allait jouer la comédie, la troupe s'égare dans des chemins de traverse et tombe dans un marais.