NAVE
* navarraise (la), o épisode lyrique » en deux actes, poème de MM. Jules Claretie et Henri Cain, musique de M. J. Massenet, représenté en français à Londres, sur le théâtre de Covent-Garden, le 20 juin 1894. Le livret de la Navarraise, écrit en prose rythmée, est tiré d'une nouvelle de M. Jules Claretie, intitulée la Cigarette, et retraçant un épisode de la guerre carliste de 1874. L'action, que la musique suit pas à pas, est d'une rapidité, on dirait presque d'une brutalité foudroyante, saisissante d'ailleurs et d'une singulière puissance dramatique ; c'est, comme on l'a dit, « un drame d'amour qui naît, se développe et meurt entre deux escarmouches ».
L'action se déroule dans un village basque, dont, en se levant, le rideau nous laisse voir une place pittoresque. La guerre fait son œuvre. Au fond s'élève une barricade formée d'objets de toute sorte : voitures , matelas, sacs de terre, etc., avec un canon dans une embrasure et, à côté, deux autres canons démontés. Il est six heures du soir, au printemps. Des coups de canon et des feux de peloton retentissent au loin. Des soldats, noirs de poudre, revenant de la vallée, passent et battent en retraite ; quelques-uns, blessés, sont soutenus par leurs camarades; d'autres sont portés, mourants, sur des civières. Quelques femmes agenouillées prient en silence aux pieds d'une madone devant laquelle brûle une veilleuse, tandis que d'autres regardent au loin par-dessus la barricade. Bientôt parait Anita, la Navarraise, anxieuse, palpitante, à la recherche d'Araquil, celui qu'elle aime. Soudain elle pousse un cri de joie : c'est Araquil, qui paraît à son tour, sain et sauf, et leur amour s'exhale en une explosion d'enthousiasme. Mais voici venir Remigio, le père du sergent Araquil, plein de tendresse pour son fils en même temps que de dédain pour Anita, qu'il juge trop pauvre pour lui. Peutêtre consentirait-il au mariage si elle avait une dot, mais...
Une dot! Pauvre enfant! Où la prendraitelle? Le hasard, un hasard terrible va la lui fournir. Le général royaliste voudrait à tout prix, même au prix d'un crime, se défaire du chef carliste. Une fortune serait la récompense de celui qui consentirait à le frapper. Anita est moins exigeante; elle ne veut que la somme nécessaire pour vaincre le mépris du père de celui qu'elle aime. Elle s'engage envers le général, et, bien résolue, disparaît dans la nuit.
Un rideau sombre et transparent descend alors sur la scène, laissant, au travers, briller
des feux de bivouac. La nuit est complète dans la salle, et l'impression est saisissante. Bientôt ce rideau se relève lentement. L'aube paraît. Le dénouement approche. Le crime est accompli, et Anita vient réclamer son argent — sa dot ! Mais voici que des avantpostes on ramène Araquil mourant. Entretien des deux amants , explication embarrassée d'Anita, qui n'ose avouer son forfait, soupçon d'Araquil, qui l'accuse de s'être vendue et qui meurt en la maudissant; et, enfin, devant cette mort, cette malédiction et cet écroulement d'un bonheur qu'elle croyait saisir, folie de la malheureuse fille, qui éclate d'un rire invincible et sinistre ! Le rideau tombe. La part était belle que ce drame rapide faisait au musicien. Il en a su profiter. M. Massenet a donné là une note toute particulière et toute personnelle. Il faudrait tout citer : la prière à la Vierge, le duo d'Anita et d'Araquil, le trio avec le père, la scène du « pacte, » celle du bivouac avec la chanson espagnole : J'ai trois maisons dans Madrid, et enfin tout le second acte, presque entièrement occupé par la scène puissante et émouvante des deux amants, la mort d'Araquil et la folie d'Anita. Tout cela est saisissant. L'ouvrage a été créé à Londres par M'i« Calvé (Anita), MM. Alvarez (Araquil), Plançon (Garrido), Bonnard (Ramon), Dufriche (Busta mente) et Gilibert (Remigio). Représenté à l'Opéra-Comique le 3 octobre 1895, il était joué par MUe Calvé dans le rôle qu'elle avait établi à Londres et MM. Jérôme, Bouvet, Carbonne, Belhomme et Mondaud.
* NAVAS DE CORTES (las), opéra en un acte, musique de M. Ruperto Chapi, représenté en 1874 au théâtre Royal do Madrid. Cet ouvrage avait été écrit par le compositeur, alors âgé de vingt-trois ans, pour le concours de la pension de l'Académie de Rome, et lui avait valu le prix. Le grand ténor Tamberlick, qui faisait alors partie de la troupe du théâtre Royal, n'avait pas hésité à prêter au jeune artiste l'appui de s'a renommée, et avait accepté de remplir le principal rôle de son opéra.
NAVE D'ENEA (la) lie Vaisseau d'Enée], intermède italien, livret d'Alessandro Guidi, musique de Uccellini, représenté à Parme sur le théâtre ducal en 1673.
NAVENSKY, opéra anglais, musique de Braham, écrit vers 1809 pour le théâtre de Dublin.
NAVES DE CORTÈS (las), scène drama-
NE
tique espagnole, musique de M. Ruperto Chapi , représentée à l'Opéra de Madrid en mai 1874. Chanté par Tamberlick, Ordinas et ime Fossa.