ORA
forges. Alberich a obligé son frère Mime à lui fabriquer un heaume magique, le tarnhelm, espèce de capuchon qui lui permet de se rendre invisible à volonté. Arrivent Wotan et Loge, qui se trouvent en présence d' Alberich au moment où celui-ci, portant son anneau à ses lèvres et prononçant une formule appropriée, donne une idée de sa toute-puissance. Loge feint d'être incrédule devant les assertions d' Alberich, qui lui vante le pouvoir de son anneau et de son tarnhelm, et qui, pour le convaincre, se transforme en un dragon monstrueux. Loge paraît considérer l'épreuve comme insuffisante, et défie Alberich de prendre la forme d'un être petit et misérable. Le Nibelung prononce alors les paroles sacramentelles et se change en crapaud. Loge et Wotan se jettent aussitôt sur lui, le saisissent et lui arrachent son capuchon ; Alberich reparaît alors dans sa forme naturelle, mais il est leur prisonnier et, garrotté par eux, il est emmené loin de sa demeure.
Le quatrième tableau nous ramène sur la montagne de "Wotan. Alberich est là, captif et enchaîné. Pour sa rançon, Wotan exige qu'il lui donne tout l'or qui est en sa possession. Furieux, le nain s'exécute et, s'étant fait délier la main droite et portant l'anneau à ses lèvres, il appelle tous les Nibelungen, ses esclaves, qui apportent tous ses trésors. Il espère pourtant conserver son tarnhelm, mais celui-ci lui est pris avec le reste, et Wotan lui arrache encore son anneau magique, malgré ses cris de rage. Loge le remet alors en liberté; mais il ne lui reste plus rien... rien que le pouvoir de maudire. H a renoncé à l'amour pour conquérir l'Or du Rhin ; ce renoncement frappera désormais ceux qui posséderont l'anneau terrible, qu'il maudit en s'enfuyant. C'est alors que les géants se présentent : pour rendre Freia ils exigent l'or, et avec l'or l'anneau tout-puissant, que Wotan leur refuse. Bientôt paraît Erda, la déesse de la Nature, la grande devineresse. Elle supplie Wotan d'abandonner l'anneau, qui ne peut que lui attirer les plus grands malheurs; déjà elle perçoit dans l'avenir le crépuscule des dieux, dont l'anneau ne peut que hâter la venue. Wotan jette donc l'anneau aux géants, qui lui rendent Freia. Mais la malédiction d'Alberich commmence à porter ses fruits. Fafner et Fasolt se disputent le précieux talisman, et le premier tue son compagnon d'un coup de massue, puis s'éloigne en emportant l'or et l'anneau. Et voici comment un commentateur raconte la fin do ce prologue du grand drame :
« ... Une angoisse profonde pèse sur les dieux. Donner, le dieu du tonnerre, veut purifier le ciel des nuées qui l'obscurcissent; il rassemble ces nuées, et, brandissant son marteau, fait éclater la foudre : le Walhalla resplendit dans l'azur, doré par la splendeur du soleil couchant : un arc-en-ciel brille, jeté sur la vallée du Rhin comme le pont lumineux qui doit conduire Wotan à sa glorieuse demeure. Wotan salue le Walhala d'un chant solennel, où la grandeur se colore de mélancolie; il sent que la nuit est proche, et la nuit est ici le symbole du danger, de la guerre déclarée au pouvoir des dieux par les puissances de l'ombre, par la haine d'Alberich, qui voudra ressaisir l'anneau. Une pensée naît dans l'esprit de Wotan, la pensée créatrice d'où sortiront les Héros et les Valkyries, la pensée d'engendrer une force guerrière, d'opposer le Fer à l'Or, de susciter chez les hommes des braves qui reprendront l'anneau et qui, le rendant aux eaux du Rhin, délivreront ainsi les dieux et le monde de la malédiction. Cette pensée, Wotan ne l'énonce pas, mais, élevant une épée qui, forgée dans Nibelbeim , fut apportée avec l'or et dédaignée par les géants, il fait de cette épée le signe de la puissance nouvelle. Il marche avec Fricka et les autres dieux vers le Walhalla, et s'engage sur la courbe éclatante de l'arc-en-ciel.»
Tel est cet Or du Rhin, prologue de l'Anneau du Nibelung, dont l'exécution, qui doit se faire sans entr'actes, ne dure pas moins de deux heures et demie. Des fragments de cet ouvrage ont été exécutés le 6 mars 1893, à l'Opéra, sous forme de concert , d'après la traduction de Victor Wilder; les chanteurs étaient Mmes Richard, Bosman et Marcy, MM. Renaud, Vaguet et Fournets. Une traduction a été faite par M. Alfred Ernst, qui a donné, le 15 juin 1895, à la salle Pleyel, sur invitations, une audition intégrale de l'Or du Rhin. La musique du premier tableau est charmante à peu près d'un bout à l'autre; celle du quatrième tableau a des pages pleines de. grandeur et d'un souffle superbe. Mais, comme dans toutes les œuvres de Wagner, l'ensemble se fait remarquer par des longueurs terribles, par des redites inutiles, par un manque de mesure et de proportions. Ce qui n'empêcho pas, d'ailleurs, les belles pages d'étinceler d'un incomparable éclat.
ORA DI MATRIMONIO (on*) [Une heure d»
mariage], opéra italien, paroles italiennes ei espagnoles et musique de Garcia (Manuel-
ORAG
ORGA
del-Popolo-Vicente ) , représenté à Mexico
* ora Dl prigione (un1), opérette, musique de Giuseppe Curci, représentée sur le petit théâtre du Conservatoire de Naples, vers 1832. L'auteur était alors élève de cet établissement.
* ORACLE (i/), opéra-comique en un acte, paroles de Desriaux, musique de Porta, représenté à l'Ambigu-Comique en 1797.
ORACLE (l')> opéra allemand, musique de J.-N.-C. Gœtze, repr.- à Weimar en 1822.
* ORACLE (i/), opérette en trois actes, paroles de M. Schnitzer, musique de M. J. Hellmesberger jeune, représentée à Vienne, sur le théâtre An der Wien, le 30 novembre 1889.
ORACOLO Dl DELFO (i/) [l'Oracle de
Delphes] , opéra italien, musique de Raimondi, représenté à Naples vers 1811.
ORACOLO IN MESSENIA {i,') [l'Oracle en Messénie], opéra italien, livret de Zeno, tiré de la tragédie de Mérope, musique de Vivaldi, représenté au théâtre Sant'-Angiolo, de Venise, en 1738.
ORACOLO SANNITO (i/) [l'Oracle samnite], opéra italien, musique de Zingarelli, représenté à Turin en 1792.
* ORAGE (LJ) OU QUEL GUIGNON ! Opéracomique en un acte, paroles de Cuvelier, musique de Navoigille jeune, représenté au théâtre de la Cité en 1793.
ORAGE (l1), opéra, musique de Foignet père, représenté au théâtre Montansier le 9 juin 1798.
* ORAGE (l*), opéra-comique en un acte, paroles de M. Armand Silvestre, musique de M. John Urich, représenté à Bruxelles, sur le théâtre de la Monnaie, le 2 mai 1879.
* orage AU MOULIN (l1), opéra-comique en un acte, musique de M. Ferdinand Berré, représenté au Cercle symphonique de Bruxelles au commencement de 1867. Le 12 octobre de cette année, ce petit ouvrage, traduit en langue flamande, était joué au théâtre du Cirque de la même ville sous le titre de Markies op Jacht.
* ORAGE ESPAGNOL (un), opérette en un acte, paroles de M. Collache, musique de M. Anthiome, représentée au Casino d'Étretatle 31 août 1887.