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ON DEMANDE UNE BONNE QUI BOITE

opérette en un acte, paroles de Francis Tourte, musique de M. Sailly, représentée au théâtre de la Tour-d'Auvergne (aujourd'hui disparu) le 8 décembre 1874.

ON DEMANDE UNE FEMME DE CHAM- BRE, opérette en un acte, livret de M. Pierre Véron, musique de M. R. Planquette , représentée sur les théâtres de société en 1876.

*ON DEMANDE UNE INSTITUTRICE, opérette en un acte, musique de Victor Robillard, représentée au théâtre du Luxembourg le 30 mars 1867.

ON GUÉRIT DE LA PEUR, opéra de salon,

paroles de Henri Boisseaux , musique de M. Th. de Lajarte, joué à Paris en 1853. La partition de cet ouvrage a été gravée et publiée chez Choudens.

ON NE S'AVISE JAMAIS DE TOUT, opéracomique >en un acte, paroles de Sedaine, musique de Monsigny, représenté à la foire Saint-Laurent le 14 septembre 1761. On peut signaler dans cette bluette des couplets asez gracieux, l'airette chantée par Dorval : Je vais te voir, charmante Lise; la chanson : Une fille est un oiseau qui semble aimer l'esclavage, et le quinque final, qui est assez bien traité.

ON NE S'AVISE JAMAIS DE TOUT, opéracomique, musique de Gluck , représenté à Vienne en 1762.

ON NE S'AVISE JAMAIS DE TOUT, opéracomique en un acte, paroles de Sedaine, musique nouvelle de M. F. Génin, représenté à l'Opéra-Comique le 28 avril 1843. L'auteur de la musique , confiant dans ses talents, ne craignit pas de refaire l'œuvre de Monsigny. Ancien élève de l'Ecole normale, professeur de littérature ancienne à la Facu lté des lettres de Strasbourg, rédacteur du National, critique acerbe des compositeurs les plus autorisés et les plus estimés , il semblait n'avoir aucun titre pour faire admettre une partition d'opéra dans un théâtre privilégié. M. Villemain, alors ministre de l'instruction publique, écrivit au directeur de l'Opéra-Comique, M. Crosnier, et le personnel du théâtre dut s'évertuer à interpréter une musique pitoyable, telle qu'on n'en entendit jamais de semblable, si ce n'est peut-être la fameuse symphonie que J.-J. Rousseau fit exécuter à Lausanne. Par égard pour le docte corps auquel il appartenait , M. Génin se fit annoncer, après la chute du rideau , sous le nom de Lefèvre. On donna quatre représentations de cette fantaisie ministérielle. Quelques critiques se hasardèrent à entretenir le public de la carrière extramusicale de M. Génin, entre autres un des rédacteurs de la Gazette musicale. Le professeur, piqué, intenta un procès au directeur de ce journal, et le fit condamner à 500 fr. d'amende et à 1,000 fr. de dommages et intérêts. Qui aurait pu imaginer que ce comique opéra rapporterait de tels droits d'auteur? On ne s'avise jamais de tout.

ON RESPIRE, opéra en un acte, paroles de Charles-Louis Tissot, musique de Kreutzer, repr. au théâtre Favart le 8 mars 1795.

ONDI

ONDI

* oncle aux millions (l'), opérette en trois actes, paroles de MM. Zell et Gênée, musique du M. Ad. Muller, représentée sans succès au Lob-Theater de Breslau, en juillet 1893.

* ONCLE CÉLESTIN (l') opérette-bouffe en trois actes, paroles de MM. Maurice Ordonneau et Kéroul, musique de M. Edmond Audran, représentée au théâtre des Menus-Plaisirs le 24 mars 1891. Interprètes : Mmes Yvonne Stella, Augier, Fanny Génat, MM. Vandenne, Verneuil, Montcavrel et Vavasseur.

ONCLE ET LE NEVEU (i/), opéra-comique en un acte, paroles de Grétry neveu, musique de Solié , représenté au théâtre Montansier le 26 novembre 1803.

oncle SALOMON (i/), opéra-comique en trois actes, livret de M. de Najac, musique d'Albert Grisar, ouvrage posthume et inédit.

ONCLE traub (i/)', opéra-comique en un acte, paroles de MM. Zaccone et Valois, musique de Delavault, représenté au Théâtre- Lyrique le il avril 1862. Chanté par Gabriel, Verdellet, Mmes Faivre et Zevaco.

ONCLE valet (l'), opéra-comique en un acte, paroles d'Alexandre Duval, musique de Della-Maria, représenté à l'Opéra-Comique le 8 décembre 1798. Ce petit ouvrage, qui suivit de près le Prisonnier, renferme encore quelques traces de l'inspiration facile et mélodique de l'infortuné compositeur.

* ONDINA, opéra fantastique en trois actes, paroles de M. Ugo Capetti, musique de M. Angelo Bottagisio, représenté au théâtre Manzoni de Milan le il mars 1893. L'auteur de la musique est un docteur en médecine et chirurgie qui, pour la deuxième fois, prétendait imposer sa musique d'amateur à ses compatriotes, qui la trouvaient fâcheuse à tous les points de vue (V. Beida). Aussi firent-ils à celle-ci un accueil sur le peu de sympathie duquel il n'y avait pas à se tromper.

ONDINE, opéra romantique en trois actes, paroles de La Mothe-Fouquet, musique de ' E.-T.-G. Hoffmann, représenté à Berlin vers 1818. Le célèbre auteur des Contes avait plus d'originalité en littérature qu'en composition musicale. La faiblesse de la partition à'Ondine surprit les amis du poète, et ses ennemis en profitèrent pour le tourner en ridicule. Hoffmann retira son œuvre , mais en ressentit un amer dépit. Il était déjà à cette

époque atteint de la maladie à laquelle il succomba en 1822.

ONDINE, opéra allemand en trois actes, musique de Lvoff, l'auteur célèbre de l'Bymne national russe, représenté à Vienne en 1846.

ONDINE , opéra allemand , musique de Lortzing, représenté à Francfort au mois de septembre 1847. C'est, un des ouvrages les plus estimés du compositeur.

ONDINE , opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Lockroy et Mestépès, musique de M. Théodore Semet, représenté au Théâtre-Lyrique le 7 janvier 1863. Le sujet du livret a été tiré du conte à'Ondine, par le baron de La Mothe-Fouquet, publié à Paris en 1819. Cet ouvrage n'a pas eu de succès.

* ONDINE, drame, de Borggaard, avec musique de J.-P.-E. Hartmann, représenté au théâtre Royal de Copenhague. Cette musique, remarquable, comme tout ce qui sortait de la plume d'Hartmann, consistait en ouverture, entr'actes, marches, chœurs, etc.

ONDINES AU CHAMPAGNE, opérette en un acte, livret de MM. H. Lefebvre et J. Pélissié, musique de M. Charles Lecoq, jouée au théâtre des Folies-Marigny le 3 septembre 1865. Malgré la répugnance que j'éprouve à occuper le lecteur de pareilles insanités dont le contact déshonore depuis trop longtemps l'art musical, je citerai les paroles d'un chœur chanté par Marsouin, Chien-de- Meretlesondines :

Par ce décret annoncé

Au son de la conque, Tout le inonde est enchanté;

Quiconque De cet aimable instrument Entend le mugissement Dit avec ravissement :

Quell' conque 1

M. Charles Lecocq abuse de la facilité dans l'art d'écrire que lui ont donnée de bonnes études musicales et il l'applique à des sujets quelconques. Cette indifférence engendre la banalité et lui fait perdre tout scrupule quant au choix des idées. La musique dte cette opérette est écrite avec correction et verve; l'ouverture a quelque gentillesse. Je signalerai la romance d'Aigue-Marino ; le quatuor en mi majeur ; un autre quatuor en fa , dans lequel les auteurs ont un peu parodié celui de VIrato de Méhul ; les couplets du Champagne. Les meilleurs morceaux sont le chœur en si mineur: Vengeance, et celui en mi bémol:

ONÉG

On va juger le complot. Joué par Montrouge et Mme Macé-Montrouge, avec une douzaine de personnages de leur troupe.

ONE O'CLOCK [Une heure), opéra anglais, musique de King, repr. à Londres vers 1795.

* ONÉGUINE, opéra en trois actes et sept tableaux, livret tiré d'un poème de Pouchkine, dont quelques-uns des beaux vers ont été littéralement conservés, musique de Pierre Tschaïkowsky, représenté avec beaucoup de succès à Moscou en 1881 et à Saint- Pétersbourg en 1884. C'est le compositeur lui-même qui a construit son livret, dont le sujet, très simple, se déroule en Russie, dans la haute classe, vers 1820. H s'agit d'une jeune fille mélancolique et rêveuse, Tatiana Larina, qui se laisse prendre aux beaux airs d'un jeune blasé, Eugène Onéguine, et s'en éprend follement au point de lui écrire l'aveu de son amour. Celui-ci lui répond dédaigneusement, et avec une cruauté froide s'avise de faire la cour à sa sœur Olga, bien qu'elle soit fiancée à l'un de ses propres amis nommé Lenski. Lenski, bientôt rendu jaloux par des assiduités qui le blessent, cherche querelle à Onéguine, qui le tue en duel. Malgré ce drame, malgré la conduite indigne du meurtrier, Tatiana ne laisse pas pourtant que de conserver un tendre souvenir pour celui qu'elle a aimé. Plusieurs années s'écoulent cependant sans qu'elle entende parler de lui, et elle consent enfin à devenir l'épouse du prince Guémine, qui la rend heureuse. Devenue grande dame, la petite provinciale s'est transformée, et sa beauté a pris un éclat radieux. Dans un bal, à Saint-Pétersbourg, elle se retrouve tout à coup en présence d'Onéguine, qui la trouve à son goût du moment qu'elle appartient à un autre, et cherche à entrer dans ses bonnes grâces. Mais à son tour elle le repousse avec hauteur, et lui défend de jamais reparaître devant elle. C'est là, on le voit, un drame tout intime, qui semblait de nature à tenter un musicien désireux surtout de faire vibrer les cordes de la passion dans ses expressions les plus diverses.

La partition ày Onéguine est considérée, dans la patrie de l'auteur, comme une des meilleures qui soient sorties de sa plume ; elle y a obtenu un véritable succès. On lui a reproché, non sans raison, un certain manque d'unité, mais on ne saurait refuser de lui reconnaître une inspiration très expressive, de forme très élégante et particulièrement savoureuse. Parmi les morceaux à signaler, il

OPAL

faut citer, au premier acte, le duo d'introduction, le quatuor qui le suit, le chœur avec danses des moissonneuses, l'air d'Olga et l'arioso de Lenski; au second acte, celui du bal, une valse avec chœur, d'un rythme séduisant et d'un caractère véritablement délicieux; enfin, au troisième, une fort belle polonaise et toute la scène finale, qui est d'un rendu remarquable au point de vue du pathétique et de la passion.

Onéguine a franchi les frontières de l'empire russe. Traduit en anglais, cet ouvrage a fait son apparition à Londres, sur la scène de l'Olympic-Theatre, en octobre 1892. Un peu plus tard, au mois de mars 1895, il a été joué en français au théâtre de Nice, sur une trackiction de M. Michel Delines. Il était ici chanté par Mmes Briette, Brazzi, Bertrand et Bertiau, MM. Labis, Defly, Cobalet et Belhomme.

ONESTÀ NELL' AMORE (i/) [l'Honnêteté dans l'amour], opéra italien, musique de Scarlatti, représenté à Rome en 1680.

ONOMASTico Dl NINA (l'), opérette italienne, musique de G. Trebbi, représentée à Bologne, en février 1878, sur un théâtre de société.

ONOR AL CIMENTO ( l' ) [l'Honneur à l'épreuve], opéra italien, livret de Francesco Collatelli, musique de Orgiani, représenté sur le théâtre de San-Fantino, à Venise, en, 1703. Cet ouvrage avait déjà été joué à Brescia, en 1697, sous le titre de Gli amori di Rinaldo con Armida.

ONORE, opéra, poème de M. Federico Verdinois, musique de M. Consiglio, représenté à Naples, sur le théâtre Mercadante, le 18 décembre 1895.

ONORE VINCE AMORE, opéra italien, musique de Léo, représenté au théâtre des Fiorentini, à Naples, en 1736.

ONORIO, opéra italien, livret de Domenico Lalli, musique de Ciampi (François), représenté sur ic théâtre de Saint-Jean-Chrysostome, à Venise, en 1729.

ONORIO IN ROMA, opéra italien, livret de Matteo Giannini, musique de Pollarolo, représenté au théâtre de Saint-Jean-Chrysostome, à Venise, en 1692.

* ONTI-ARA, opéra, musique de M. G. Hinrichs , représenté en août 1890 au Grand Opéra House de Philadelphie.

* OPALE magique (i/) , opéra-comiqua

OPÉR

OPRI

anglais, musique de M. Albeniz, compositeur espagnol, représenté au Lyric-Theater de Londres en janvier 1893.

OPÉRA k LA COUR (l'), opéra-comique en quatre parties, livret de MM. Scribe et de Saint-Georges, musique de Grisar, Adrien Boieldieu et de Weber, Méhul, Berton, Ricci, Boieldieu, Dalayrac, Auber, Donizetti , Mozart et Rossini, représenté à l'Opéra-Cornique le 6 juillet 1840. Ce pastiche a été imaginé pour la réouverture de la salle Favart. On a entendu avec plaisir, dans cet ouvrage, une belle romance de Charles de France, intitulée : Les chevaliers de la fidélité, par Boieldieu , chantée par Masset. Chollet, Roger, la basse Botelli, Mme Eugénie Garcia constituaient alors un bon ensemble à l'Opéra-Comique.

OPÉRA AU CAMP (i/), opéra-comique en un acte, paroles de M. Paul Faucher, musique de M. Varney, représenté à l'Opéra- Comique le 18 août 1854. L'auteur met en scène le maréchal de Saxe et Mme Favart, une troupe de comédiens et une troupe de soldats. On a remarqué dans la musique une chanson militaire, une mélodie sur la Charité et un bon duo chanté par le major et Mme Favart. Les rôles ont été chantés par Lemaire, Duvernoy, Ricquier - Delaunay , Mlles Andrea-Favel et Bélia.

OPÉRA AU VILLAGE (i/) OU LA FÊTE IMPROMPTU, divertissement à l'occasion de la paix et du retour de S. M. l'empereur et roi, paroles de Sewrin, musique de Solié, représenté à l'Opéra-Comique le 30 juillet 1807. Cette pièce de circonstance ne dut son succès qu'à la disposition des esprits à cette époque.

OPÉRA AUX FENÊTRES (l ;, opérette en un acte, paroles de M. Ludovic Halévy , d'après Kotzebue, musique de M. Gastinel , représenté aux Bouffes-Parisiens le 5 mai 1857.

opéra-comique (l') , opera-comique en un acte, en prose, paroles de Ségur jeune et Dupaty, musique de Della-Maria, représenté k l'Opéra-Comique (salle Favart), le 10 juillet

OPÉRA de société (l'), opéra-ballet en un acte, paroles de Gaultier de Mondorge, musique de Giraud, représenté par l'Académie royale de musique le 1" octobre 1762. Giraud a composé des motets pour le Concert spirituel. Il faisait partie de la musique du roi.

OPÉRA DES OPÉRAS (i/), opéra anglais,

musique de Arne , représenté sur le théâtre de Hay-Market, à Londres, en 1733.

OPERA DI AMORE (l'), mélodrame religieux, musique de Sarri, écrit pour la confrérie des pèlerins de Naples en 1702.

"OPERA ESPANOLA (l'), «jeu comique» en an acte, paroles de MM. Eguilazet Guerrero, musique arrangée par M. Taboada, représenté à FAlhambra de Madrid en janvier 1887. La musique de cette opérette offrait la réunion d'un choix d'airs espagnols de tout genre habilement arrangés et mis en œuvre

OPERA IN PROVA ALLA MODA (i/),

opéra italien en trois actes, livret de Fiorini, musique de Latilla, représenté au théâtre de San-Mosè, à Venise, en 1751.

OPÉRA SANS TITRE (h'), opéra , musique de Schenck , représenté au théâtre de Schikaneder, à Vienne, vers 1790.

opérateur barry (l') , comédie en un icte, en prose, avec un prologue et un dieortissement, paroles de Dancourt, musique de Gilliers, représentée à la Comédie-Française le il octobre 1702.

OPERN PROBE (die) [la Répétition d'un opéra], opéra-comique allemand, musique de Poissl, représenté à Munich en 1806.

OPERN PROBE (die) [la Répétition d'un opéra], opéra-comique allemand, musique de Lortzing, représenté à Berlin vers 1850.

OPFER DER TREUE (das) [le Sacrifice de la fidélité], opéra allemand, musique de Holly, représenté en Allemagne vers 1775.

OPHELERIMA FAUSTO POLILISSJE CON- NUBIO RECREATA, drame latin, musique de Eberlin (Jean), exécuté par les étudiants du couvent des bénédictins, à Salzbourg, à l'occasion de l'installation du nouveau prince archevêque, le 1" décembre

OPOPONAX ( l' ) , opérette , livret de MM. Nuitter et Busnach, musique de M. Vasseur, représentée aux Bouffes-Parisiens le 2 mai 1877 ; chantée par M"0 Berthe Stuart.

OPPOSTI CARATTERI (gli), opéra italien, musique de Nasolini, représenté en Italie vers 1795.

oppresso sollevato (l') , opéra italien, musique de Sebenico, repr. sur le th. des Saints-Jean-et-Paul, à Venise, en 1692.

■ OPRITSCUNICK I,l') \lf Carde du. coros],

OR

OR

opéra, musique de Pierre Tschaïkowsky, représenté avec succès à Saint - Pétersbourg, en 1874. C'était le second ouvrage dramatique du compositeur. Le comité de musique russe avait décidé de décerner un prix de 300 roubles argent au meilleur opéra représenté au cours de l'année 1874; le prix fut attribué sans débat à YOpritschnick. Malheureusement, le livret de cet ouvrage, écrit sur un sujet historique (les opritschniks étaient les gardes du corps du tsar Ivan le Terrible), était mal conçu et construit d'une main inexpérimentée, avec des scènes décousues et des caractères sans consistance ; cela a fait tort à l'ensemble de l'œuvre, dont le succès ne s'est pas continué.

* OR DU RHIN (L') {Rheingold] , prologue en quatre tableaux formant la première partie de la tétralogie de Y Anneau du Nibelung, poème et musique de Richard "Wagner. Ce prologue a été représenté pour la première fois au théâtre Royal de Munich le 22 septembre 1869. Les théories poétiques, scéniques et musicales émises par Richard Wagner au sujet de sa fameuse tétralogie appellent trop la critique, l'analyse et la controverse pour qu'il nous soit possible, dans un livre tel que celui-ci, de parler, autrement qu'au point de vue purement descriptif, de cette oeuvre colossale. Nous devons donc nous borner à une analyse très sommaire des poèmes, sans pouvoir entrer dans aucun détail en ce qui concerne la musique, laquelle ne saurait être jugée que dans son ensemble et en s'appuyant sur les riches commentaires dont l'auteur lui-même l'a entourée. D'ailleurs , la littérature wagnérienne est devenue tellement abondante aujourd'hui, même en France, que le lecteur soucieux de s'instruire à cet égard n'a que l'embarras du choix entre les innombrables publications que chaque jour voit éclore sur le maître de Bayreuth.

Le premier tableau du Rheingold représente les profondeurs du Rhin, où l'on voit nager et s'ébattre paisiblement trois ondines : Woglinde, Wellgunde et Flosshilde, les trois filles du Rhin. Bientôt on voit apparaître un être difforme et monstrueux, la nain Alberich, le plus audacieux de cette race de gnomes qu'on appelle les Nibelungen. La vue des trois nymphes excite sa convoitise, mais elles se moquent de lui au point d'exciter sa fureur... Mais le jour se lève, les ondes du fleuve deviennent plus transparentes, et l'or, le fameux Or du Rhin, brille au sein des eaux avec un éclat merveilleux. Les ondines.

tout en se jouant, exaltent son pouvoir, et l'une d'elles révèle que la toute-puissance est promise à celui qui pourra forger un anneau avec l'Or du Rhin, à la condition qu'il renonce aux joies et aux ivresses de l'amour. Alberich a entendu, et dès lors il ne songe plus à la beauté des ondines, mais seulement à l'ambition du pouvoir. D'un bond il s'élance sur le trésor fatal, maudit l'amour, et, arrachant l'Or du rocher, s'enfonce et disparaît dans les ténèbres.

Le second tableau nous transporte sur une montagne, au-dessus de la vallée où coule le Rhin. C'est la demeure de Wotan, le maître des dieux, que nous trouvons en compagnie de son épouse Fricka. Sur la plus haute cime du mont, les géants lai ont élevé pendant la nuit un palais superbe, le Walhalla, qu'il contemple avec orgueil. Mais Fricka lui rappelle que pour prix de leur travail il a promis de leur abandonner Freia, la déesse de l'amour et de la beauté, et bientôt, en effet, les géants viennent réclamer leur récompense. Freia, épouvantée, implore Wotan, qui cherche à éluder l'engagement pris par lui sur le conseil de Loge, le dieu du feu. Les deux géants, Fasolt et Fafner, ne veulent rien entendre ; les autres dieux cherchent en vain un moyen d'apaisement, et Wotan rappelle à Loge qu'il n'a consenti à promettre Freia aux géants que sur sa promesse, à lui, de chercher un trésor plus précieux qu'il pourrait leur offrir en échange de la jeune déesse. Loge déclare alors qu'il a vainement parcouru le monde pour trouver un trésor supérieur à l'amour et à la beauté : pourtant, dit-il, le nain Alberich a renoncé à l'amour pour s'emparer de l'Or du Rhin, qui est un trésor sans pareil... Ces paroles font naître à la fois chez Wotan et chez les géants la tentation de l'or. Wotan voudrait s'en emparer, et les géants l'exigent en remplacement de Freia, qu'ils emmènent néanmoins comme otage, en accordant à Wotan un délai jusqu'au soir. Wotan se décide à pénétrer avec Loge à Nibelheim, dans la demeure souterraine des Nibelungen, afin de ravir à Alberich l'or dont celui-ci s'est emparé.

C'est là, dans la caverne des Nibelungen, que se déroule le troisième tableau. Alberich a réduit tous ses compagnons en servitude depuis qu'avec l'Or du Rhin il s'est forgé l'anneau tout-puissant. Il les oblige à chercher de l'or partout, à lui en apporter des monceaux et à lui forger d'innombrables joyaux. On n'entend là que le bruit des enclumes, on ne voit que la rouge lueur des

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