ABEN
Alexandre. Ce fut à Saint-Pétersbourg qu'il écrivit la musique d'Abderkan, sur un livret d'Andrieux, ancien auteur du théâtre Favart.
ABDUL ET EREUNICH OU LES DEUX MORTS, opéra allemand, musique deCurschmann, représenté à Cassel vers 1825, avec quelque succès. Curschmann a écrit la musique d'un grand nombre de chansons populaires.
* abel , opéra en trois actes , paroles d'Hoffman, musique de Rodolphe Kreutzer, représenté à l'Opéra le 23 mars 1810.
ABELAZOR, opéra anglais, musique de Purcell, représenté à Londres, en 1677. C'est un drame en prose pour lequel ce compositeur, aussi original que fécond.écrivit une ouverture et des airs. Sa musique affecte les formes de la belle et sévère école napolitaine du commencement du xvne siècle. On peut se rendre compte du style large, peut-être un peu emphatique de Purcell dans YOrpheus briiannicus, publié à Londres en 1702.
abencérage (l'), opéra en deux actes, paroles de Mme Colet, née Révoil, musique de Colet; représenté, au mois d'avril 1837, au théâtre de l'hôtel Castellane. On pouvait attendre des époux collaborateurs des œuvres distinguées, car tous deux avaient beaucoup de talent. La partition de Y Abencérage renferme de fort belles scènes traitées avec science et développées dans un bon style. Elle a été interprétée par le comte de Lucotte, le vicomte Bordesoulle, le baron Christophe, amateur distingué et doué d'une belle voix de basse, Junca et Mme Valkin.
abencérages (les), opéra en trois actes, paroles de Jouy , musique de Cherubini , représenté à l'Opéra, le 6 avril 1813. Quoique cet ouvrage ne soit point resté au répertoire, des fragments ont obtenu un succès durable. L'ouverture, la belle scène d'Almanzor : Suspendez à ces murs mes armes , ma bannière , dans laquelle on a souvent applaudi l'excellent professeur Delsarte ; les deux airs : Enfin , j'ai vu naître l'aurore , et Poursuis tes belles destitues, sont au nombre des œuvres musicales classiques.
* aben-hamet, grand opéra en quatre actes et un prologue, paroles de MM. Léonce Détroyat et de Lauzières-Thémines, musique de M. Théodore Dubois, représenté au Théâtre- Italien le 16 décembre 1884. La musique de cet ouvrage avait été écrite sur un livret français de M. Détroyat ; lorsque M. Victor Maurcl, le chanteur bien connu, voulut rendre au public
parisien le Théâtre-Italien disparu depuis plusieurs années et qu'il installa ce théâtre dans la salle construite naguère sur la place du Châtelet pour le Théâtre-Lyrique, disparu aussi depuis lors, il eut connaissance de la partition de M. Théodore Dubois et exprima le désir de monter Aben-Hamet. Il fallut alors faire traduire le poème en italien; M. de Thémines fut chargé de ce travail, l'ouvrage fut mis en répétitions et bientôt put être offert au public, qui l'accueillit avec une évidente et véritable sympathie.
C'est du roman célèbre de Chateaubriand, le Dernier des Abencérages, que M. Détroyat a tiré l'épisode émouvant qui forme le fond du drame par lui mis en scène. Le fils de Boabdil, Aben-Hamet, se rend à Grenade pour soulever les Maures contre les Espagnols, leurs vainqueurs ; il quitte donc Carthage en y laissant, avec sa mère Zuléma, la jeune et belle Alfaïma, dont il doit devenir l'époux. Mais voici qu'à peine arrivé à Grenade, il s'éprend de la fille du gouverneur, le duc de Santa-Fé, qui lui fait tout oublier à la fois, sa fiancée, sa mère et sa vengeance. Comme le temps s'écoule et qu'elles sont inquiètes, les deux femmes ont pris le parti, elles aussi, de venir à Grenade. On voit donc, sous des déguisements de bohémiennes, Zuléma et Alfaïma s'introduire dans le palais ducal, ou elles constatent la trahison d' Aben-Hamet. Celui-ci, découvert, a honte bientôt de sa conduite ; il se réveille, fomente l'émeute contre le duc, se met à la tête des siens, mais, grièvement blessé dans le combat, il vient mourir au pied du mont Padul, là précisément où son père Boabdil avait rendu le dernier soupir. C'est ainsi que finit le dernier des Abencérages.
Ce livret ne manque ni d'ampleur, ni de poésie, ni de situations dramatiques, et il était bien fait pour inspirer un musicien, bien qu'il trahît de-ci de-là quelque gaucherie et quelque inexpérience. M. Théodore Dubois en a tiré très bon parti, et sa partition, à qui l'on peut reprocher peut-être un peu de froideur dans la forme, n'en est pas moins intéressante sous bien des rapports. Tout le prologue, dont l'action se passe à Carthage, est d'une heureuse couleur et d'un joli sentiment poétique ; on y peut signaler l'arioso d'Alfaïma engageant son fiancé à se rendre à Grenade, l'intéressant cantabile d' Aben-Hamet : Fatal meslizia arcana, et son trio avec les deux femmes. Au premier acte, le salut qu'il adresse à Grenade en y pénétrant est d'un grand style et d'une belle venue. Mais ce