PEIN
On les surprend, et tous deux doivent mourir. Zurga veut sauver son ami; mais la jalousie lutte dans son cœur contre l'amitié. Léila implore sa pitié et lui présente un collier qui lui rappelle une circonstance dans laquelle il a dû la vie à la jeune prétresse. Il n'hésite plus, et, pour sauver Nadir et Léila, il met le feu aux cabanes des pêcheurs. A la faveur du sinistre, les deux amants peuvent s'enfuir. M. Bizet , excellent musicien , a traité ce sujet d'après les formes du grand opéra et dans le style des écoles modernes , dont MM. Félicien David, Reyer, "Wagner et Gounod sont les principaux représentants. Les ensembles sont très développés, la sonorité puissante. Dans le premier acte, on remarque une belle introduction instrumentale, un duo de baryton et de ténor d'un grand caractère, d'un effet poétique et nouveau et une gracieuse mélodie sur les paroles : Je crois entendre encore. Dans le deuxième acte, le duo de Nadir et de Léila , le grand air de Zurga, et, dans le quatrième tableau, le chœur dansé, sont des morceaux écrits avec talent; mais, en général , on sent trop dans cet ouvrage l'imitation du style et des procédés de différents maîtres, en particulier de MM. Gounod et Félicien David. L'instrumentation en est fort travaillée. On désirerait que le quatuor y jouât un rôle plus soutenu. Ce début d'un jeune prix de Rome a fait concevoir les plus légitimes espérances. M"e Léontine de Maësen s'est révélée dans le rôle de Léila comme une cantatrice distinguée. Ceux de Zurga et de Nadir ont été fort bien chantés par Ismaël et Morini. La mise en scène a fait honneur au zèle et au goût de M. Carvalho.
PECORELLA SMARRITA (LA) , opérette italienne, musique de Furlanetto, représentée au théâtre Convitto Marco Foscavini , à Venise, en janvier 1877.
PEDANTE DI TARSIA (il) , opéra italien, musique de Bazzani, maître de chapelle du dôme à Plaisance, représenté sur le théâtre Formagliari, à Bologne, en 1680.
PEDRO ET ELVIRA, opéra italien, musique d'Eberwein (Traugott-Maximilien), représenté à Rudolstadten 1805.
* PEDRO DE zalamea, grand opéra en quatre actes, paroles de MM. Détroyat et Armand Silvestre, musique de M. Benjamin Godard, représenté sur le théâtre Royal d'Anvers le 31 janvier 1884. La critique s'est trouvée partagée sur la valeur de cet ouvrage, qui a d'ailleurs été favorablement accueilli
par le public, au moins en ce qui concerne la musique, car le livret a été jugé généralement avec sévérité. Parmi les morceaux dont l'effet a été le plus considérable, il faut signaler l'ouverture, où l'auteur a déployé toutes les qualités de son habile instrumentation, au premier acte un joli duo de soprano et ténor, au second une romance de baryton et une romance de ténor, au troisième un nouveau duo de soprano et ténor, et au quatrième un trio bouffe excellent et d'une excellente facture. L'ouvrage était chanté par Mmes Poissenot (Isabelle), Mounier (Rosaura) et Dupouy (Astolfio), MM. Warot (Alvar), Auguez (don Pedro) et Guillabert (Ricardo).
* pedrolino, opérette en un acte, paroles deM. Bertol-Graivil, musique de M. Boussagol, représentée à l'hôtel Continental le 13 avril
PEEP BEHIND THE CURTAIN (a) [le Jour passe à travers le rideau] , farce anglaise , musique de Barthélemon, représentée à Londres vers 1767.
PEEPING TOM , opéra-comique anglais , musique de Samuel Arnold, représenté sur le théâtre de Hay-Market, à Londres, en 1784.
PEGGIO IL RIMEDIO DEL MALE {le Re
mè de pire que le mal), opéra italieD, musique de Raimondi, représenté à Naples vers 1837
PEINES D'AMOUR PERDUES , opéra-COmique en quatre actes, paroles de MM. Michel Carré et Jules Barbier, d'après une pièce de Shakespeare, musique tirée du Cosi fan tutte de Mozart, représenté au Théâtre-Lyrique le 31 mars 1863. Le Cosi fan tutte {Comme elles font toutes) a eu de singulières vicissitudes. Après avoir été longtemps éloigné du répertoire à cause de la donnée immorale du libretto, on a essayé de reprendre la musique en l'adaptant à une pièce intitulée : le Laboureur chinois. C'était en 1813. On fit entendre l'œuvre originale au Théâtre-Italien en novembre 1862. L'impression primitive fut la même qu'à l'origine. L'auditoire était choqué du spectacle de deux amants mystifiant leurs maîtresses , provoquant leur infidélité et la leur pardonnant au dénoùment, sous prétexte que toutes les femmes agissent de même : cosi fan tutte. Mais autant le poème déplaisait, autant la musique était trouvée délicieuse M. Carvalho, jusqu'alors si heureux dans ses entreprises de traductions et d'arrangements, résolut de changer le poème en gardant la musique. On fit choix d'une pièce de Shakespeare :