PERS
PERRUQUE ET MUSIQUE, opéra-comique, musique de J. Miller, repr. à Dresde en 1846.
PERRUQUIER DE LA RÉGENCE (le),
opéra-comique en trois actes, paroles de Planard et Duport , musique d'Ambroise Thomas, représenté à l'Opéra-Comique le 30 mars 1838. Cet ouvrage est le second que le compositeur ait fait représenter. Il eut un assez grand nombre de représentations. Le poème ne valait pas celui de la Double Échelle, ce qui n'empêcha pas M. Ambroise Thomas de le traiter avec une élégance et une pureté de style qui ne se démentent jamais. Le duo, le trio et l'ensemble du second acte surtout ont été remarqués. Chollet et Mlle Jenny Colon y ont rempli les principaux rôles.
PERSÉE, tragédie lyrique en cinq actes, avec un prologue, paroles de Quinault, musique de Lulli, représentée à l'Académie royale de musique le 17 avril 1682, et ensuite à Versailles, dans le mois de juin. Ce sujet avait déjà été traité, par Thomas Corneille, sous le nom à' Andromède, tragédie dans laquelle la mise en scène et les machines tenaient lieu de beautés littéraires. On ne trouve pas dans le prologue de la pièce de Quinault les adulations banales dont le grand roi était presque invariablement l'objet. Le poète célèbre la Vertu, l'Innocence, et aussi la Fortune. Le motif du chœur suivant est
gracieux.
O Vertu charmante !
Votre empire est doux.
Avec vous, tout nous contente, On n'est point heureux sans vous.
O Vertu charmante !
Votre empire est doux.
L'opéra de Persée offrait un des plus beaux spectacles qu'on puisse imaginer. On célébrait d'abord des jeux en l'honneur de Junon, puis au second acte, on voyait les jardins du palais de Céphée, roi d'Ethiopie, père d'Andromède; ensuite, l'arrivée des cyclopes, des nymphes guerrières apportant à Persée, de la part de Pallas, un bouclier de diamant; des Divinités infernales lui offrant le casque de Pluton. Au troisième acte, le théâtre représentait l'antre des Gorgones, Méduse y déclamait son récitatif célèbre :
J'ai perdu la beauté qui me rendait si vaine.
Si je perds la douceur d'être l'amour du monde, J'ai le plaisir nouveau d'en devenir l'effroi.
On voyait Persée trancher la tête de Méduse, des monstres se former du sang de cette Gorgone, et Persée vainqueur s'envoler dans les airs,
L'acte IV se passait au bord de la mer. Andromède, attachée à un rocher par des Tritons et des Néréides, excitait la compassion des Ethiopiens placés sur des rochers, et le désespoir de ses parents, impuissants à la secourir. On voyait la mer en fureur, le monstre s'approcher de l'infortunée jeune fille, et Persée dans les airs accourant la délivrer.
Au dernier acte, les noces de Persée et d'Andromède étaient célébrées. On voyait descendre le palais de Vénus, et le spectacle ■ était terminé par l'apothéose de Céphée, Cassiope, Persée et Andromède, entourés d'étoiles étincelantes.
C'est une des meilleures partitions de Lulli. Nous citerons particulièrement l'air de Mérope :
Ah 1 je garderai bien mon cœur.
Si je puis le reprendre.
L'air de ténor, chanté par Mercure :
Je ne puis dans votre malheur.
Celui de Phinée :
L'amour meurt dans mon cœur, la rage lui succède;
J'aimo mieux voir un monstre affreux.
Dévorer l'ingrate Andromède, Que la voir dans les bras de mon rival heureux.
L'air de l'Ethiopien, suivi d'un chœur d'un effet charmant :
Que n'aimez-vous,
Cœurs insensibles?
Que n'aimez-vous?
Rien n'est si doux.
Et enfin, au cinquième acte, le récitatif du grand prêtre, suivi du chœur :
O doux hymen, sois propice à nos vœux. Le rôle de Phinée , dans l'opéra de Lulli, a été écrit pour baryton , alors appelé bassetaille, et le chanteur Thévenard donna à ce genre de voix une importance jusque-là inconnue. Il fut suppléé dans ce rôle par Chassé. L'opéra de Persée a été repris sept fois de 1682 à 1746. Le rôle de Mérope a été chanté successivement par M'ies Le Rochois, Desmatins', Pestel, Antier, Chevalier; celui de Persée par Dumesnil, Cochereau, Murayre, Tribou et Jélyotte. Nous avons mentionné plus haut le célèbre chanteur Thévenard.
PERSÉE, tragédie lyrique de Quinault, réduite en trois actes par Marmontel , remise en musique par Philidor, représentée par l'Académie royale de musique le 24 octobre 17S0. Le compositeur se montra à la hauteur de cette tâche ambitieuse. Les chœurs sont très beaux, et le rôle de Méduse, interprété par Ml'e Durancy, fut surtout très admiré. Cependant cet ouvrage ne resta point au répertoire. Un décor incrusté de diamants, représentant le palais de Vénus , dont le roi
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