PIERROT ET LA BELLE ENCHANTÉE
opérette en un acte, musique de Frédéric Barbier, représentée au concert de l'Eldorado le 22 mai 1875.
PIERROT-FANTÔME, opéra-comique en un acte, livret de MM. Dubreuil et Staplaux, musique de M. Lionel (pseudonyme de M. le baron de Vercken), représenté au Théâtre-Lyrique (Athénée) le 6 juin 1873. La donnée de la pièce est originale et fantaisiste. Pierrot est représenté en effigie dans la pharmacie de Barnaba. Témoin muet et sympathique des amours d'Astolphe et de Carline, de la rivalité du fils du podestat, il ne demande qu'à revivre pour reprendre son rôle d'ami complaisant, de protecteur de l'innocence opprimée, d'ennemi juré des parents fâcheux. Une fiole brisée sur le tableau et contenant un élixir de vie le fait sortir de son cadre. Il se mêle à l'action, l'embrouille et la débrouille, et, avant l'heure fatale où il doit reprendre son poste d'observateur muet, il est parvenu à marier Astolphe et Carline. Sur cette ingénieuse fantaisie, M. de Vercken a composé une musique excellente, tant sous le rapport de l'art d'écrire que sous celui de l'adaptation des idées mélodiques et de l'harmonie aux situations et au caractère des personnages. Il est maintenant bien rare de trouver une telle correction dans l'usage de la langue musicale, et elle témoigne des fortes études du compositeur et de son goût. L'ouverture, composée de divers motifs de l'opéra, est terminée par le thème populaire : Au clair de la lune, accompagné dans plusieurs tons et avec un travail de contrepoint d'un bon effet. Tous les morceaux sont bien réussis. Je citerai de préférence le duo de Carline et d'Astolphe: Perdus! perdus! quel mot viens-je d'éitendre ? Un trio fort bien fait et où l'esprit de la comédie musicale brille dans tous les détails ; les couplets de Pierrot : Oui, monsieur, c'est Pierrot qu'on me nomme, et le finale. Ce