SURPRISES (LES) OU L'ÉTOURDI EN
VOYAGE, opéra-comique en deux actes, paroles de Sewrin, musique de Kreutzer, représenté à Feydeau le 2 janvier 1806.
' SURPRISES DE L'AMOUR (les), Opéra -
ballet de trois entrées, paroles de Bernard, musique de Rameau, représenté à l'Académie royale de musique le 31 mai 1757. L'Enlèvement d'Adonis , la Lyre enchantée et Anacréon, tels sont les titres des trois actes de ce ballet, un des derniers ouvrages du célèbre compositeur.
SURPRISE de L'AMOUR (la), opéra-comique en deux actes, livret de M. Ch. Monselet, d'après la pièce de Marivaux, musique de M. Ferdinand Poise, représenté à l'Opéra- Comique le 31 octobre 1877. La comédie charmante de Marivaux a été jouée au théâtre des Italiens en 1722 avec succès. M. Ch. Monselet l'a arrangée avec goût et y a ajouté de fort jolis vers. Les personnages sont : la comtesse, Lélio, Colombine, Arlequin. La scène se passe dans un parc. Lélio, trahi dans un premier amour, non seulement est devenu misanthrope, mais encore s'est juré à lui-même de fuir le beau sexe et de ne plus se laisser entraîner à aucun tendre sentiment. La comtesse, une jeune veuve, a aussi, de son côté, résolu de résister à toute séduction. Colombine feint de partager l'aversion de sa maîtresse pour les soupirants, et Arlequin épouse la querelle de son maître. Lélio et la comtesse commencent par se témoigner une froideur mutuelle tempérée toutefois par les égards que la politesse exige entre personnes distinguées. On déclare de part et d'autre qu'on s'en tiendra aux liens de l'amitié. De leur côté, Arlequin et Colombine se querellent à tout propos et en recherchent à plaisir toutes les occasions. Mais l'amitié se change insensiblement en une affection plus tendre dont les marqnes sont surprises par le valet et la servante, qui prouvent àleurs maîtres qu'ils s'adorent malgré eux, les obligent à se le dire, et tout finit par le double mariage d'usage au théâtre. Le compositeur a traité cette comôdio de demi-caractère avec la délicatesse qu'elle comportait, et son ouvrage est remarquable sous ce rapnort. L'ou-
SUZA
verture en forme de menuet est orchestrée avec élégance. Dans le premier acte, on distingue particulièrement la romance de Lélio: Cet or qui rayonne sur le vert gazon; un quatuor scénique plein de finesse, l'air de Colombine : Une vipère, plein de brio, et le duo de la comtesse et de Lélio : Puisque le destin nous amène. Je signalerai dans le second acte la chanson de Oiombine : Chacun connaît de Colombine >* Vied fripon ; l'air de la comtesse : En vexant ici, Colombine, et le quatuor final, Chanté par MM. Nicot, Morlet ; Mmes Galli- Marié et Irma Marié.
SURRENDER OP CALAIS (la Prise de Calais), opéra anglais, musique de Samuel Arnold, représenté sur le théâtre de Haymarket, à Londres, en 1791.
* SURVEILLANCE EN DÉFAUT (la), opéracomique en un acte, musique de Darondeau, représenté à l'Ambigu-Comique, le 13 juin
SUSMALLA, duodrame, musique de Weber (Bernard- Anselme) , représenté au théâtre Royal de Berlin en 1802.
SUSPECTS (les), opéra- comique en un acte, musique de Lemière de Corvey, représenté au théâtre Louvois, à Paris, en 1795.
* SUSTOS Y ENREDOS, zarzuela, paroles de MM. LustanoetGranes.musiquedeM. Catala, représentée à Madrid, sur le théâtre Eslava, en février 1888.
SUZANNE au BAIN, opérette, musique de Gustave Lafargue ; représentée au théâtre Tivoli, en février 1872.
SUZANNE, opéra-comique en trois actes, livret de MM. Lockroy et Cormon, musique de M. Paladilhe, représenté à l'Opéra- Comique le 30 décembre 1878. Quoique la pièce offre quelques scènes intéressantes, la donnée en est trop invraisemblable pour captiver le spectateur. Suzanne est une orpheline élevée chez des paysans dans une ignorance contre laquelle sa nature distinguée réagit au point de vouloir s'instruire atout prix. Richard, jeune étudiant anglais, la rencontre et, sans en être autrement épris, consent à l'emmener suivre les cours del'université de Cambridge àla condition qu'elle prendra des habits d'homme et le nom de Claudius. Installés tous deux dans le même logement, Richard ne tarde pas à aimer la jeune fille et à lui déclarer son amour. Celle-ci, effrayée du danger qu'elle court, re-
SVIP
prend les habits de son sexe et veut fuir. Dalton, ami de Richard, a découvert son secret; il prend Suzanne pour une aventurière et la signale comme telle aux étudiants. Richard défend fort mal sa protégée, qui finit par s'échapper de la taverne, au milieu d'une sorte d'orgie. Au bout de quatre années, Suzanne est devenue une tragédienne célèbre. Dalton, qui la reconnaît et veut réparer l'affront qu'il lui a fait dans la scène de l'auberge, lui offre de l'épouser. Il est pair d'Angleterre. Suzanne est disposée à accepter cet honneur. Mais Richard, devenu officier de marine, revient sur ces entrefaites et l'emporte sur son rival dans le cœur de la tragédienne, qui consent à lui donner sa main. Les autres personnages de 1» pièce sont : la joyeuse servante Eva , le quaker Paterley, un financier boursouflé et ridicule et un petit domestique, dont les auteurs ont tiré un parti assez comique. La partition est meilleure que le livret et a été plus goûtée que les précédents ouvrages du compositeur. Elle renferme de jolis morceaux et a un caractère de fraîcheur et de simplicité que l'on n'attendait plus de l'auteur de l'Amour africain et du Passant. On a surtout remarqué au premier acte : un chœur de paysans, un air de Dalton, une gigue, la romance de Richard : Comme un oiseau posé sur le chemin, dans le second, la romance de Richard, la chanson d'Eva : Si j'étais garçon ,-un quatuor: Elle est charmante, en vérité; enfin, dans le dernier acte, un bon trio. Les rôles principaux ont été chantés par MU« Bilbaut- Vauchelet, M"e Ducasse ; MM. Nicot et Barré.
* SUZANNE AUX YEUX BLEUS, opéra-COmique en deux actes, paroles de MM. Sims et Pettitt, d'après un ancien drame de Douglas Jerold, musique de M. F. Osmond Carr, représenté au théâtre du Prince of Wales, à Londres, en mars 1892.
* SUZETTE ET COLINET OU LES AMANTS HEUREUX PAR STRATAGÈME, opéra-comique en un acte, paroles du chevalier de Bernainville, musique de Louis Piccinni, représenté au théâtre des Beaujolais le 25 juillet
SVATOJANSKÈ PRONDY, opéra bohème, musique de M. Rozkosny; représenté au Théâtre-National de Prague le 3 octobre
SVIPVAN WINKLE, opéra national américain , musique de Bristas , représenté à New-York en novembre 1855.
SYBA
SYLV
SWEDISCH PATRIOTISM (le Patriotisme suédois) , mélodrame anglais , musique de Bishop, représenté à Covcnt-Garden de Londres en 1819.
SWITARD'S ZAUBERTHAL (la Vallée enchantée de Switard), opéra allemand, musique de Fischer (Antoine), représenté à Vienne vers 1806.
SYBARITES (les), acte d'opéra, paroles de Marmontel, musique de Rameau, représenté par l'Académie royale de musique le 12 juillet
SYBARITES DE FLORENCE (LES), drame lyrique en trois actes, paroles de Laffite, musique de Weber, Beethoven, Rossini, Meyerbeer, Aimon et Barbereau, arrangée par Castil-Blaze, représenté au théâtre des Nouveautés dans le mois de novembre 1831. Le complot ourdi par les Pa2zi contre les Médicis en 1478, a fourni le sujet de cette pièce dont l'auteur, marchant sur les traces de Scribe, a rabaissé l'action au niveau d'une scène invraisemblable de mélodrame. On sait que Laurent et Julien de Médicis furent assaillis le 2 mai 1478 par une troupe de conjurés aux ordres de plusieurs familles puissantes de Florence, dans l'église de Santa-Reparata ; que Julien fut poignardé, que Laurent s'échappa, et que, le peuple étant accouru en armes à la défense des Médicis, les assassins payèrent de leur vie leur odieux attentat. L'auteur du livret a imaginé de remplacer François par un cardinal, le poignard par une machine infernale envoyée sous forme de coffret par le pape Sixte IV. Laurent doit ouvrir cette boîte en sa qualité de premier de l'Etat. Un chevalier, qui est dans le secret et qui veut sauver Médicis, arrache la boîte de ses mains et déclare que le rang du cardinal lui confère le droit et le devoir de l'ouvrir. Celui-ci est contraint de céder et tombe foudroyé par ses propres armes. C'est aussi puéril que maladroit. Cet opéra, dont la musique avait été originairement composée par Aimon pour le théâtre de l'Odéon, avait été refusé à l'Opéra- Comique. Le directeur du théâtre des Nouveautés s'en empara ; mais pour éviter d'usurper le privilège du théâtre de la rue Monsigny, il chargea Castil-Blaze, l'intrépide arrangeur, de joindre à la partition des morceaux de Fidelio, à'Euryantlie, d'Oberon, du Crociato, de Tancredi. Grâce à cette combinaison, les Sybarites de Florence intéressèrent le public et eurent un succès peu mérité. M. Barbereau, le savant professeur au
Conservatoire, a composé la musique d'un duo chanté par Damoreau et MUe Pougaud, fille adoptive de MUe Mars, et d'un air de ténor au dernier acte.
Sydney E tumma, mélodrame polonais, musique d'Elsner, représenté à Brùnn en, 17.94.
SYLPHE (der), opéra, musique de Danzi, représenté à Munich en 1782.
SYLPHE (le), opéra-comique en deux actes, paroles de M. de Saint-Georges, musique de M. Clapisson, représenté à l'Opéra- Comique le 27 novembre 1856. Angèle de Senneterre a toujours cru que le monde était peuplé de gnomes et de sylphes. Elle vient d'épouser le marquis de Valbreuse, un marin qui n'est ni crédule ni sentimental. Un certain chevalier de Sainte-Laure veut profiter de cette différence d'humeur entre les époux. Angèle est sur le point d'écouter les protestations du chevalier; mais la voix du sylphe se fait entendre et à plusieurs reprises donne de si bons conseils qu'Angèle comprend qu'elle fera bien de les suivre. Elle demande à voir les traits de ce mystérieux ami. Le sylphe y consent et se révèle enfin sous la figure du marquis de Valbreuse. C'est lui qui a tenté avec succès de guérir sa femme de ses superstitieuses hallucinations. Chaque fois que le sylphe va témoigner de sa présence , une phrase caractéristique , suave et vaporeuse, se fait entendre. L'instrumentation affecte dans cet ouvrage des coquetteries raffinées. L'emploi de la harpe, des flûtes et des violons con sordini est d'un heureux effet. Nous rappellerons la chanson du veneur, le petit duo d'Angèle et du chevalier, la romance du marquis et un air chargé de vocalises brillantes. Les rôles ont été créés par Faure, Ponchard, M<n« Vandenheuvel-Duprez.
sylphes (les), opéra, musique de Himmel, représenté à Berlin en 1807. Tous les opéras de Himrael sont aujourd'hui complètement oublies, malgré la très grande renommée que ce compositeur avait acquise de son vivant.
sylphide (la.), opérette, musique de Drechsler (Joseph), représentée à Vienne vers 1818.
SYLVA ou LE POUVOIR DU CHANT.
musique de Krebs, représenté à Hambourg vers 1815.
SYLV
SYLV
SYLVAIN, comédie en un acte, en vers, mêlée d'ariettes, paroles de Marmontel, musique de Grétry, représentée pour la première fois aux Italiens le 19 février 1770. Sylvain, fils d'un gentilhomme, a épousé par inclination une femme de basse extraction, mais vertueuse. Il en a eu deux filles , dont l'une est promise au fils d'un riche laboureur. Sylvain, quoique depuis longtemps exilé de la maison paternelle par suite de sa mésalliance, va chasser sur la terre du gentilhomme ; il est arrêté par des gardeschasse. Sa femme et ses filles vont se jeter aux pieds du seigneur pour demander sa grâce ; ce qui amène une scène de réconciliation et de pardon. Sur ce livret, d'une assez pauvre conception, Grétry a écrit une de ses meilleures partitions. L'ouverture en ut, avec un assez joli motif en fa, n'est pas inférieure à celle de l'Epreuve villageoise. Nous citerons l'air d'Hélène en sol : Nos cœurs cessent de s'entendre , suivi du monologue de Sylvain , qui ne manque pas de puissance et d'originalité : Je puis braver les coups du sort ; .le chœur des gardes-chasse; le duo d'Hélène et Sylvain : Dans le sein d'un père, qui est le morceau le mieux traité de l'ouvrage. Grétry en a fixé les accents principaux d'après les avis et la déclamation de la célèbre Mi'c clairon. Le trio entre Lucette, Pauline et Dolmon : Venez, venez vivre avec nous, est écrit trop haut pour le soprano. Le baryton Cailleau chanta avec succès le rôle de Sylvain. Cet opéra eut autant de succès que Lucile, du même compositeur.
sylvana, opéra allemand , musique de Weber, représenté à Stuttgard vers 1807. Le compositeur adapta à ce nouveau poème la nvusique de son opéra Das Waldmaedchen (la Fille des bois), qui avait été représenté avec succès à Munich sept ans auparavant. Weber n'avait alors que quatorze ans. Sylvana resta au répertoire allemand. On fit une reprise brillante de cet ouvrage à Berlin, dans la salle Kroll, en novembre 1858. Quelques années plus tard, au mois d'avril 1872, Sylvana parut sur une scène française, au Théâtre- Lyrique de l'Athénée, divisée en quatre actes, avec une adaptation française de Mestépès et Victor Wilder. C'était une dernière transformation de cette œuvre remarquable en bien des points et digne du génie juvénile de Weber.
Le sujet a toute la simplicité naïve d'une légende. Le duc Mathias, soupçonnant son fils Rodolphe d'être le fruit d'un adultère,
l'a chassé de ses domaines ; il veut faire épouser sa nièce Hélène au comte Albert ; Rodolphe revient à ce moment et réclame ses droits ; en outre, il aime Hélène ; le duc le chasse de nouveau; mais Sylvana, la muette des bois, fait parler le bohémien Melchior qui dissipe les doutes de Mathias ; Rodolphe, réconcilié avec son père, va épouser Hélène ; quant à Sylvana, elle aussi aime Rodolphe, et plutôt que d'accorder sa main au bohémien qui la réclame, elle se précipite dans un abîme. Le premier acte est le plus remarquable; l'air de Rodolphe, la romance du comte Albert sont dignes de l'auteur du Freischiitz ; les autres actes manquent d'unité. On comprend qu'il y a eu là des interpolations, des additions, des arrangements arbitraires. Le grand finale du troisième acte n'a pas produit l'effet désirable. Le chœur des bûcherons au quatrième est original et a été entendu avec plaisir. Chanté par Duwast, Caillot, Neveu, Mlles Balbi et Douau. Les rôles de Sylvana et de Melchior ont été joués par Mlle Pallier et Clément-Just.