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TÉLÉMAQUE AU TEMPLE DE VÉNUS

opéra turc, livret tiré de Télémaque, de Fénelon, musique de ***, Arménien; représenté en janvier 1872, sur le Théâtre-Français de Constantinople. Dans cet ouvrage singulier, les jeunes filles remplissent successivement les rôles de choristes et de ballerines. La composition vocale et l'orchestration ont été trouvées d'une simplicité et d'une naïveté toutes particulières. L'art lyrique est encore à l'état d'enfance sur les rives du Bosphore.

TÉLÉMAQUE DANS L'ÎLE DE CALYPSO OU LE TRIOMPHE DE LA SAGESSE, tragédie lyrique en trois actes, paroles de P. Dercy, musique de Lesueur, représenté sur le théâtre Feydeau le il mai 1796 (floréal an IV). Cet ouvrage avait été écrit d'abord pour l'Opéra; on supprima les récitatifs, auxquels on substitua le dialogue pour la représentation à Feydeau. Ce beau sujet n'a pas encore été bien traité au théâtre. Dans cette pièce, Télémaque arrive dans l'île au premier acte, et inspire à Calypso et ù Bucharis une violente • passion. Il aurait fallu séparer l'action do l'avant-scène et ne pas enflammer au bout de peu d'instants trois cœurs à la fois. Mentor au troisième acte remplit l'office que l'on sait, un a reproché avec quelque raison au

TÉLÉ

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compositeur d'avoir mis trop d'accent dramatique dans ses œuvres religieuses et de ne pas en avoir mis assez dans ses opéras. Le lieu et l'époque du sujet invitaient le compositeur à se livrer à ses tendances archaïques et à chercher l'explication du système de la musique des Grecs, qu'assurément personne ne connaissait plus mal que lui. Il déclare que l'ouverture de Télémaque a été écrite sur le mode hypo-dorien et sur le nome spondaïque, en observant la mélopée mésoïde. Passe encore pour le nome spondaïque, en raison des nombreuses blanches qui alourdissent la première moitié de cette symphonie ; mais quant au reste, nous ne voyons pas en quoi une ouverture qui commence en sol majeur et s'achève en sol mineur, en employant tous les accords connus en musique, peut rappeler le mode hypo-dorien. Le motif principal est une gamme descendante de mi à mi avec le fa naturel ; c'est l'échelle du mode lydien. Lesueur s'est trompé même en ceci. Ces prétentions pédantesques n'empêchent pas que l'ouvrage ne renferme certaines beautés. Le joli chœur de nymphes, l'air pantomime de la toilette de Calypso,le chœur souterrain des vents qui bientôt sont déchaînés par Eole, la tempête et la scène dans laquelle Calypso et les nymphes accueillent Télémaque, forment un premier acte trèsagréable. Dans le second, les airs d'Eucharis, de Calypso et de Télémaque sont longs et ennuyeux; les nomes tribrachiques, les mélopées mésoïdes et systaltiques ne sont pas parvenus à leur donner de l'intérêt. Le tableau de la forêt a fourni l'occasion d'un grand spectacle. Les faunes, les sylvains, les satyres, les dryades, les bacchantes et les grâces en font libéralement les frais, et la musique descriptive ne manque ni de couleur ni de variété. Le chœur des nymphes, qui se transforme en tutti général, est très beau. Mentor ouvre le troisième acte par un bon récitatif :

Il est temps d'opposer l'égide redoutable Aux traits que l'Amour a lancé; Tendons au fils d'Ulysse une main secourable Dans le danger cruel dont il est menacé.

Au lieu de demander à son poète des noms dactyliques propres à une mélopée diastaltique, Lesueur aurait dû exiger qu'il ne fît pas de fautes de français.

Cet acte renferme, je crois, la plus belle scène dramatique que Lesueur ait écrite. C'est le duo d'amour d'Eucharis et de Télémaque, interrompu par l'arrivée de Calypso ; la fureur de celle-ci contre Eucharis est bien exprimée, et l'entrée du chœur aui intercède

en faveur de la nymphe, produit un bon effet. L'air de Calypso, qui suit : Cruel, fuis, crains ma rage , a de l'énergie ; mais qu'il y a loin de cette passion formaliste aux accents déchirants de cet air de Piccinni, dans Iphigénie en Tauridc : Cruel, et tu dis que tu m'aimes! Les objurgations de Mentor sont assez véhémentes toutefois, et amènent assez bien le dénoûment :

Lâche fils d'un père si «âge,

Esclave d'une indigne ardeur,

Seul sur cet odieux rivage,

Languissez, rampez sans honneur.

La pièce se prêtait aux décors et aux machines. On y voyait aussi un vaisseau, comme dans la Reine de Chypre, Haydée, l'Africaine, et même un vaisseau en flammes. Télémaque est précipité du haut d'un rocher dans la mer par Mentor, sous les yeux de Calypso et d'Eucharis, ce qui fait un coup de théâtre. Le tonnerre éclate, la scène se couvre de nuages argentins, ils s'ouvrent et laissent voir Minerve, qui descend de l'Olympe dans toute sa gloire. La déesse console Calypso et Eucharis, et tout se termine par un chœur général. C'est là, on en conviendra, un dénoûment qu'il est rare de rencontrer au théâtre. Quoique le livret ait été conçu en dehors des habitudes dramatiques, quoique la musique ait un caractère assez singulier, l'opéra de Télémaque a joui d'un certain succès, et peut-être en aurait-il encore à cause des beautés réelles qu'il renferme.

TÉLÈPHE, tragédie lyrique en cinq actes , précédée d'un prologue, paroles de Danchet, musique de Campra , représentée à l'Académie royale de musique le 2S novembre 1713. Le prologue, qui a pour sujet l'apothéose d'Hercule, renferme deux beaux chœurs :

Qu'il soit adoré des mortels et Protecteur des vertus, il punit les forfaits. Le sujet de la pièce est assez intéressant. Télèphe, guerrier inconnu, a combattu victorieusement les ennemis d'Eurite , roi de Mysie. Se livrant à la recherche d'Isménie, princesse qu'il aime passionnément, mais dont on ignore la destinée, il s'expose aux aventures les plus hasardeuses; il s'abandonne au désespoir et s'expose à la mort ; mais sa bravoure en fait le héros de la Mysie , le rend redoutable au roi même qui lui doit la conservation de son trône. En outre, il est aimé d'Arsinoé, sœur du roi. Eurite, pour s'emparer du trône de Mysie, a tué de sa main le vieux roi Teutras , père d'Isménie. Il a fait élever cette jeune princesse en secret et se dispose à l'épouser, lorsque Télèphe retrouve en elle sa

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