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TIMO

scène. On peut se rendre compte de ce que sont les détails de la pièce. Certains couplets chantés par Mme Judic et redemandés chaque soir dépassent en crudité les chansons les plus lestes du répertoire de MUe Térésa; en raison de ces couplets si bien accueillis par les amateurs de gravelures, le nom de Mme Judic es"t devenu célèbre et a brillé en grosses lettres sur les murailles et tous les kiosques de Paris et même des villes de province. Je ne crois pas que de pareils divertissements préparent la revanche, ni que les milliers de gens qui se sont gaudis à ces spectacles sont bien disposés à mourir pour la patrie. Je me suis décidé à aller assister à la cent-douzième représentation de la Timbale d'argent. Je pensais que l'élégance et la valeur de l'œuvre musicale avaient servi de prétexte à la vogue de la -pièce; il n'en est rien ; les idées sont peu originales, la mélodie est contournée, l'orchestration bruyante. J'ai remarqué de fréquentes imitations des phrases ascendantes familières au style de M. Gounod. Les couplets sont même bien inférieurs à ceux des vaudevilles. Au troisième acte, il y a un duo à l'unisson auquel des cris violents ne donnent pas ce qui lui manque; je n'ai remarqué qu'un joli solo de violon avec sourdine au deuxième acte et un chœur bien traité : Bonne nuit, il est minuit. Chanté par Désiré, M™" Judic et Peschard.

TIMBRE D'ARGENT (le), opéra fantastique en quatre actes et huit tableaux, livret de MM. Michel Carré et Jules Barbier, musique de M. Camille Saint-Saëns, représenté à l'Opéra-National-Lyrique le 23 février 1877. Le sujet de la pièce est, à proprement parler, un cauchemar en quatre actes et qui dure cinq heures. Le public a trouvé que c'était un peu long, et l'opéra n'a eu qu'un très petit nombre de représentations Conrad, jeune peintre viennois, a conçu une passion insensée pour une belle danseuse et aussi pour la richesse qui lui permettra de séduire son idole. Il n'est sensible ni à l'affection d'Hélène, sa fiancée, ni à l'amitié de Bénédict. Son imagination s'échauffe, et l'hallucination commence pour ne finir qu'avec la pièce. Le docteur Spiridion annonce même la duréedelacrisedu jeune artiste. Un démon, sous la figure de ce même docteur Spiridion, évoque la belle danseuse Circô-Fiammetta, propose à Conrad un timbre d'argent magique. Il n'aura qu'à 1© frapper pour obtenir tout l'or qu'il délirera; mais il l'avertit qu'à chaque coup frappé sur le timbre une vio humaine sera brisée. Telle

est la donnée. Conrad accepte; au premier coup, un vieillard de ses amis tombe mort à sa porte ; mais la vue de l'or triomphe de ses remords. Au sein d'une vie de plaisirs et de fêtes somptueuses, Conrad voit toujours Fiammetta.son idole, échapper à sa poursuite. S'il lui offre un collier de grand prix, un rival mystérieux offre à celle-ci un diadème et un palais à Florence; Conrad veut renchérir et joue tout l'or qu'il possède et le perd. Ces rêves sont traversés par des scènes qui se passent entre Hélène et sa sœur Rosa, laquelle va épouser Bénédict. Elles forment un contraste par leur caractère doux et tendre; l'intention était bonne et l'idée poétique, et le musicien aurait pu en tirer parti. Au moment où Circé va encore fuir Conrad hésitant à la suivre, il frappe sur le timbre; Bénédict s'écrie: « Je meurs;» Hélène et Rosa jettent un cri de douleur. A partir de cet instant, une lutte intérieure s'accentue de plus en plus chez Conrad ; il se débat entre les conseils d'Hélène et de Spiridion jusqu'à ce qu'enfin il brise le timbre et se réveille. Cette vision lui a rendu la raison. Le chœur chante Noël! et un cantique :

Hommes, chantez sur la terre, Anges, chantez dans le ciel!

L'œuvre du musicien a été très laborieuse, et on ne peut que constater les efforts persévérants qu'il déploie pour occuper une place parmi les compositeurs contemporains. Mais la science musicale, la recherche obstinée d'effets symphoniques nouveaux, des combinaisons orchestrales, l'abus des dissonances dominent presque exclusivement dans son ouvrage, et lorsque quelque mélodie appréciable s'y rencontre, on est étonné de son peu de distinction. J'ai remarqué dans le premier acte la mélodie de Bénédict : Demande à l'oiseau gui s'éveille ; dans le troisième, le duo d'Hélène et de Rosa: Chère sœur, guel nuage; la chanson du Papillon et la fleur et, dans le dernier acte, la Valse des filles d'enfer. Les principaux interprètes de cet ouvrage ont été MM. Melchisédec, Blum, Caisso; M«ne» Salla, Sablairolles et la ballerine Mme Théodore.

timide (le) , opéra en un acte , musique de M. Auber, représenté à l'Opcra-Comique en 1826. Ce petit ouvrage n'obtint pas de succès. Il fut joué la même année que Fiorella. Rien no faisait présager encore l'auteur de la Muette, à laquelle il travaillait alors, et qui fut représentée deux ans après.

timoclée, mélodrame, musique de Lindraintner, représenté à S^uttgard vers 1832.

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