LA PRINCESSE
Courir après l'époux qui fuit, Pleurer l'ingrat qui nous trahit,
Sans doute c'est folie.
On a toujours quelqu'un de prêt A vous venger d'un tel méfait, Pour peu qu'on soit jolie, Le châtiment d'un tel dédain, Nous l'avons to'utes sous la main.
Chacun sait ça,
Oui, mais voilà, L'amour est un jeu de surprises;
On veut punir,
On va sévir Et paf ! on fait des bêtises.
Le terzetto de Lena, Zappoli et Matthias : Quelle faute déplorable ! est excellent dans son genre familier. Il est traité avec les procédés des farces italiennes. J'en dirai autant d'un autre trio : Allons, mignonne, je le veux, apaise tes alarmes, qui est très bouffon. C'est dans le finale du premier acte que se trouve la valse qui a décidé du succès de l'ouvrage. Il est vrai que le public aime volontiers ce qu'il connaît mieux, et le musicien a répété ce motif, assez joli du reste, à plusieurs reprises. Dans le second acte, on a remarqué la chanson tzigane : Pourquoi pleurer, pourquoi gémir? dont le motif a déjà été entendu dans l'ouverture. Les couplets du pâté d'anguille ont obtenu un succès aussi facile que la morale qu'ils expriment; ce pâté, néanmoins, est assaisonné de" trop gros sel flamand pour nous plaire. Le sel gaulois eût suffi comme dans les couplets du rire, chantés par Arabelle. Au reste, il n'y a plus de limites à déterminer dans ce genre d'ouvrages soi-disant lyriques. On ne peut que s'étonner de voir des artistes doués de quelque talent, des musiciens d'orchestre qui ont fait de bonnes études exécuter devant un auditoire choisi et ravi une musique sur dos paroles telles que celles-ci :