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VAIS

le 16 mai 1779. Ce fut un des douze opéras italiens entendus sous la direction de De Vismes au plus fort de la lutte des gluckistes et des piccinnistes.

VAISSEAU AMIRAL (le) , opéra , musique de Henri Berton, représenté à Feydeau en

* VAISSEAU -fantôme (le), opéra en trois actes, paroles et musique de Richard Wagner, représenté à. Dresde le 2 janvier 1843. C'est l'un des premiers ouvrages de Wagner, et il vient chronologiquement après Rienzi. L'auteur a raconté lui-même dans quelles circonstances particulièrement dramatiques son esprit s'était emparé de ce sujet, et comment il en avait fait un poème d'opéra. H s'embarquait en 1839 et quittait l'Allemagne pour venir en France par mer. Assailli par une tempête terrible, le navire qui le portait, détourné de sa route, dut s'estimer heureux de trouver un abri dans un petit port norvégien. Wagner avait entendu les matelots se raconter entre eux la fameuse légende populaire du « Hollandais volant », celui qu'on pouvait appeler le Juif errant des mers, espèce de capitaine sacripant qui avait encouru la colère du ciel en jurant de franchir une passe périlleuse malgré les vagues, malgré la tempête, malgré Dieu lui-même, et qui, pour punition de son sacrilège, avait été condamné à errer sur les mers pendant l'éternité. Sous l'impression de cette légende et de la tempête à laquelle il avait assisté, Wagner conçut la pensée d'un opéra dont le héros serait ce Hollandais volant, et de là naquit le Vaisseau- fantôme, dont le titre allemand est précisément le Hollandais volant [der Fligende Hollânder).

Après sept années passées sur mer, le Hollandais débarque sur la côte norvégienne. H implore la mort, qui ne veut pas de lui, et il sait qu'il devra retourner sur les flots et recommencer sa course éternelle s'il ne rencontre, pour le délivrer, une femme qui lui sera fidèle jusqu'au tombeau. Chemin faisant, il fait la connaissance d'un pêcheur, le vieux Daland, père d'une jeune fille nommée Senta ; l'entretien s'engage, la familiarité se produit, et, finalement, le Hollandais offre au pêcheur tous ses trésors s'il veut lui accorder la main de sa fille.

Daland ne demande pas mieux, bien que sa fille soit fiancée au jeune chasseur Erik. Il emmène chez lui le Hollandais, qui se fait connaître à Senta. Celle-ci, cœur généreux et compatissant, consent, pour le sauver, à

devenir sa femme, et jure qu'elle lui sera toujours fidèle. Le Hollandais s'éloigne. Erik a bientôt appris que Senta l'abandonne ; il vient lui reprocher cet abandon, se lamente auprès d'elle et, au milieu de ses plaintes, lui prend doucement la main. A ce moment le Hollandais reparaît, il a vu le mouvement, la main de Senta dans celle d'Erik, il se croit trompé par celle qui avait promis de le sauver... Brusquement il part, remonte sur son vaisseau, fait lever l'ancre par ses matelots et s'éloigne rapidement du rivage. Mais Senta n'est pas infidèle, et elle va le lui prouver. Senta gravit en courant l'une des plus hautes falaises qui dominent la mer, et, arrivée là, elle crie au damné : « Gloire à ton ange libérateur! Gloire à sa loi! Regarde, et vois si je suis fidèle jusqu'à la mort! ■> Et elle se jette dans les flots. A peine a-t-elle disparu, que le navire sombre et s'abîme à son tour. Et l'on voit alors s'élever au-dessus de la mer la double image des deux êtres que l'amour et la mort ont unis pour l'éternité, et qui apparaissent transfigurés, l'un et l'autre enlacés.

On ne peut nier que ce ne soit là le sujet d'un beau drame lyrique, dont l'auteur a su d'ailleurs entremêler l'action d'incidents et d'épisodes intéressants, les uns farouches et sombres, les autres pittoresques et gracieux. La mu sique se ressent de l'influence de Weber, le premier modèle de Wagner, mais non sans que la personnalité de celui-ci perce et s'accuse déjà par instants d'une façon très nette. L'œuvre n'est pas essentiellement originale, mais elle est intéressante et contient de fort belles parties. Plusieurs morceaux en sont célèbres, surtout l'ouverture et le délicieux chœur des fileuses; mais d'autres encore méritent d'être signalés, particulièrement les chœurs des matelots norvégiens, la ballade du Hollandais volant dite par Senta, son premier duo avec Erik, et surtout celui qu'elle chante avec le Hollandais. D'ailleurs, par l'époque à laquelle elle a été écrite, et surtout par la nature du sujet traité, la musique du Vaisseau-fantôme tranche avec celle des grandes œuvres de Wagner, et, si l'on y trouve déjà quelques longueurs, on peut constater que cette musique est moins tendue, moins grandiloquente que celle de ses fameux drames symboliques.

Les deux rôles du Hollandais et de Senta ont été créés à Dresde par le chanteur Wachter et par la célèbre Mm° Schrœder-Devrient. Le Vaisseau- fantôme a été joué en français à Bruxelles, sur le théâtre de la Monnaie, le 6 avril 1878,

VAKO

VAKO

* VAISSEAU NOIR (le), opérette en trois actes, paroles de M. Rakosi, musique de M. le baron de Baussy, représentée à moitié à Pesth, en janvier 1883. L'apparition de cette pièce, qui était une sorte de parodie musicale d'un drame de Shakspeare, donna lieu à un scandale et à un tapage inénarrables. Le public, écœuré dès le premier acte par les énormes grivoiseries dont le livret était émaillé, finit par se fâcher tout rouge, et, dès la moitié du second, il fallut baisser le rideau et interrompre la représentation.

* VAKOUL LE FORGERON, opéra fantastique en quatre actes, livret tiré d'un conte populaire de Nicolas Gogol par M. Polonsky, musique de Pierre Tschaïkowski, représenté au théâtre Marie, de Saint-Pétersbourg, le 6 décembre 1876. Peu de temps avant sa mort, le compositeur Sérow, l'auteur des deux drames sombres de Judith etde Rognéda, avait conçu l'idée fixe d'écrire un opéra-comique. La grande-duchesse Hélène Pavlovna, qui lui portait un vif intérêt, voulut le mettre à même de satisfaire son désir et pria M. Polonsky de lui tailler un livret de ce genre dans la nouvelle de Gogol ( la Veille de Noël), qui est pleine de charme et de gaieté. Sérow s'en montra enchanté, et l'on raconte qu'un jour, tout malade qu'il était déjà, il en parlait en ces termes à un ami : « Quelles diableries il y aura là dedans, des diableries toutes particulières! Quel duoentre laLéonow et Sariotti (à qui il voulait confier les rôles de la sorcière et du diable}! Ensuite, la sorcière qui s'envole par le tuyau de la cheminée, à califourchon sur un manche à balai, et puis les pantoufles ou les brodequins de l'impératrice CaXherine-le-Grand, Potenkine et compagnie. Un saut à pieds joints de la Petite Russie dans les appartements du Palais d'Hiver 1 Tout cela sera étrange, bizarre, mais nouveau. Et avec quel amour, et en même temps avec quelle facilité je travaillerai à cet opéra! J'ai déjà en tête tout plein de sons qui se heurtent et s'agitent. Je ferai du fantastique à ma façon. Je ne sais pas, seulement, quel titre je donnerai à l'opéra. Est-ce opéra féerique , ou bien fantastique? Tout cela ne correspond pas à mon idée. Bast ! le public n'a qu'à comprendre, et il comprendra, j'en suis certain... •

Sérow mourut sans avoir pu écrire une seule note de l'ouvrage. Sur le désir de la grande-duchesse Hélène, qui offrit à cet effet un premier prix de 1.000 roubles et un second prix de 500 roubles, on mit alors au concours la musique du livret qui avait tant séduit

Sérow. Cinq partitions furent présentées à ce concours, dont l'une, qui portait cette devise : Ars longa, vita brevis, fut couronnée. Elle était due à Pierre Tschaïkowski, qui, âgé alors de trente-cinq ans, était professeur de composition au Conservatoire de Moscou, et avait déjà donné au public trois ouvrages : le Voïvode, Snegouroteka et YOpritchnik. L'ouvrage mt bientôt mis en répétitions et offert au public.

Sérow paraît s'être quelque peu trompé sur la valeur du livret dont il se montrait si enthousiaste. Voici comment un de ses compatriotes l'appréciait après la représentation : « Je dois avouer que je n'ai pas retrouvé dans le libretto tout ce que feu Sérow avait cru y voir. Il me semble d'abord que le sujet, très humoristique et piquant sous forme de récit, ne convient aucunement pour la scène. Il s'agit, comme on sait, de contenter le caprice d'une jolie femme qui veut être chaussée de la même manière que la tsarine. Toute l'action tourne autour de ce pivot. Oxana, c'est la jeune fille, déclare au forgeron Vakoul qu'elle ne l'épousera que quand il lui aura apporté des brodequins pareils à ceux que porte l'impératrice. On pourrait vraiment dire que tout le drame est « à propos de bottes », et la jeune fille n'excite aucun intérêt parce qu'elle est petite, égoïste, et qu'elle pousse son amoureux par pure vanité dans toutes sortes d'aventures. Le forgeron, le héros du drame, ne serait pas un héros s'il n'avait eu la chance d'attraper le diable par la queue. Le père d'Oxana est un soulard et un imbécile ; la sorcière Solokha, la mère du forgeron n'est qu'une dévergondée, de sorte que le personnage le plus intéressant de la pièce, c'est le pauvre diable qui se laisse attraper par la queue, et encore est-ce un sot, car il n'avait aucun besoin d'aller se fourrer dans un sac à charbon, ayant la faculté, soit de se rendre invisible à volonté, soit de s'en" voler par le tuyau de la cheminée, comme il l'avait fait quelques instants auparavant. »

De fait, le livret de Vakoul le Forgeron n'offre aucun intérêt, et, si la musique présente une tout autro valeur, encore peut-on dire qu'elle ne concorde guère avec lui, car son caractère mélancolique et tendre tranche un peu trop vivoment avec les situations souvent grotesques qu'elle était appelée à souligner. Son principal défaut, en dépit de jolies mélodies, est de manquer d'originalité. Mais, comme Tschaïkowski était un harmoniste très subtil ot très fin, comme il maniait l'orchestre en maître et que la matière sym-

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