‹ Dictionnaire des opérasChapitre 819 sur 928 · VICTOIRE DE DAVID DANS LA VALLÉE · texte numérisé non relu

VICTOIRE DE DAVID DANS LA VALLÉE

DES CHÊNES (la), drame lyrique, musique de Rolle (Henri), représenté à Leipzig en

VICTOR, opéra dont le premier acte a été composé par Schiefferdecker, et les deux autres par Mattheson et Bronner, représenté à Hambourg en 1702.

* VICTORIAN, opéra, livret tiré du poème de Longfellow intitulé l'Étudiant espagnol, musique de M. Julian Edward, représenté en

VIE

VIE

janvier 1884 à Londres, par la Royal Ënglish Opéra Company, dont Fauteur était le chef d'orchestre.

* VIE (la.), drame lyrique, paroles de L. Geelhand, musique d'Edouard Gregoir, représenté à Anvers le 6 février 1848, joué dans le courant de la même année à Amsterdam, et enfin, en 1851, au théâtre italien de Bruxelles.

* vie du poète (la), symphonie-drame en quatre parties, poème et musique de M. Gustave Charpentier, exécutée à l'Opéra le 17 juin 1892. L'auteur de cette œuvre d'une conception bizarre est un excentrique, mais un excentrique singulièrement doué au point de vue de l'art, et qui est fort loin d'être le premier venu. Grand prix -de Rome de 1887, M. Charpentier avait adressé à l'Académie des beaux-arts, pour son « envoi » de dernière année, cette Vie du poète, qui, exécutée le 18 mai 1891 au Conservatoire, dans la séance d'audition des envois de Rome, y produisit une telle impression qu'on jugea devoir la faire entendre à l'Onéra.

La Vie du poète était-elle, dans l'esprit de l'auteur, comme une sorte de pendant à YÈpisode de la vie d'un artiste de Berlioz, avec lequel il n'est pas sans quelque point de contact et de ressemblance? Toujours est-il que l'œuvre est à la fois singulière comme sujet poétique, nerveuse et puissante comme inspiration et comme forme musicales. Le « poète » fait d'abord de beaux rêves, comme tous les poètes; puis le doute et la tristesse envahissent son âme ; bientôt il se sent impuissant à traduire ses pensées, et il se révolte contre la destinée; et enfin, cetto révolte de son âme le mène à l'orgie, à l'ivresse et à leurs jouissances odieuses. Et où s'en va-t-il ainsi « faire la noce » en désespéré? Je vous le donne en mille. A Montmartre! Au Moulin de la Galette!... Voilà qui indique, je pense, chez l'auteur, une certaine indépendance d'esprit, et chez le musicien un talent de rare habileté pour faire passer condamnation sur l'excentricité inhérente à la mise en œuvre d'un tel tableau.

C'est qu'en effet, dans la quatrième partie dé la Vie du poète, M. Charpentier reproduit tous les bruits, tous les échos du Montmartre forain avec ses bastringues, ses pistons avinés, ses grincements de crécelles, et les éclats de rire des bandes deripailleurs, et les cris des femmes en joie, que sais-je? Et tout cela avec une crânerie, une verve, un ontrain inouïs, sans jamais cesser d'être vraiment

musical. C'est lé tour de force très curieux et vraiment amusant d'une imagination en délire qui sait régler même ses dérèglements. Mais il y a mieux et plus sérieux dans cette composition d'un incontestable intérêt. Il y a de la grandeur dans les ensembles de la première partie (Enthousiasme), mais il y a surtout un grand charme et une grande poésie dans la seconde (Doute), qui est empreinte d'une rare couleur poétique et qui se termine par un fragment symphonique dont le caractère mystérieux et original est tout à fait charmant. La troisième partie (Impuissance) se fait remarquer, comme la première, par la grandeur et la solidité des ensembles des chœurs et de l'orchestre. En résumé, c'est là une. œuvre essentiellement personnelle et originale, et qui décèle, on peut le croire tout au moins, un artiste de race et de tempérament, qui semble destiné à faire parler de lui.

* VIE mondaine (la), opérette en quatre actes, paroles de MM. Emile de Najac et Paul Ferrier, musique de M. Charles Lecocq, représentée au théâtre des Nouveautés le 13 février 1885. Interprètes : MM. Berthelier, Brasseur, Jourdan, Allart, Mmes Simon-Girard, Mily-Meyer et Juliette Darcourt.

VIE PARISIENNE (la), bouffonnerie musicale en quatre actes et cinq tableaux , paroles de MM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique d'Offenbach, représentée au Palais-Royal le 31 octobre 1866. C'est une pièce carnavalesque qui répond assez mal à son titre. Le vicomte Raoul de Garde-Feu s'est emparé, au débarcadère du chemin de fer, d'un baron suédois dont la femme est fort jolie, et il lui fait les honneurs de la capitale. Alors commence une série de mystifications extravagantes. Le vicomte installe le baron de Gondremark et la baronne dans son propre appartement, en leur faisant accroire qu'ils sont au Grand-Hôtel. Il improvise une fête en leur honneur chez un certain amiral suisse , dont les invités sont des domestiques travestis. La pièce se termine dans un salon du Café-Anglais. La partition, écrite sur cette fantaisie burlesque par le fécond musicien, se compose d'une suite de petits morceaux à la portée du personnel chantant du lieu. On a remarqué le finalodu premier acte, un rondeau chanté par M'i« Honorine,une tyrolienne chantée par. Mlle Zulma Bouffar, les couplets de la Colonelle, du Brésilien et de la gantière. Hyacinthe, Brasseur , Gil - Pérès , Priston , Lassoucho ,

VIE

VIE

Mmes Thierret, Montaland, Paurelle, Massin ont joué dans cette pièce, qui a eu un grand nombre de représentations.

* vie pour le tsar (la), opéra en cinq actes, paroles du baron de Rosen, musique de Michel Glinka, repre'senté au théâtre impérial de Saint-Pétersbourg le 9 octobre 1836. Glinka revenait de son premier voyage en Italie, avec la ferme intention d'écrire un véritable opéra national russe. Il avait écrit à un de ses amis de Saint-Pétersbourg: « ...Je pense que je pourrais donner à notre théâtre un ouvrage de grandes proportions... L'important est de bien choisir le sujet. De toute façon, il sera absolument national. Et non seulement le sujet, mais la musique; je veux que mes chers compatriotes se trouvent là comme chez eux... » A peine de retour, il s'occupa de la réalisation de son projet. Comme sujet national, son ami le poète Joukovskilui indiqua celui d'Ivan Soussanine, qui rappelle l'un des épisodes les plus sombres et les plus dramatiques, de l'histoire du peuple russe et de sa lutte contre les Polonais alors tout-puissants. Glinka, enthousiasmé par cette idée, traça lui-même le plan du drame qu'il voulait mettre en musique, puis, ce plan une fois tracé, s'adressa au baron de Rosen, secrétaire du césarévitch, qui, quoique allemand, consentit à lui écrire un livret, dont l'action peut se résumer ainsi. Le drame se déroule en 1613, alors que les Polonais, à la suite de la mort du tsar Boris Godounof, avaient envahi l'empire russe et s'étaient avancés jusqu'à Moscou : sou s l'impression du danger immense que courait son indépendance, la nation tout entière se serrait autour du jeune tsar Mikhaïl-Fédorovitch Romanof, et, selon les chroniques, les Polonais avaient formé le dessein de s'emparer de la personne du jeune souverain. Quelques-uns de leurs chefs, qui s'étaient mis à sa recherche mais ne savaient où le trouver, s'adressent à un paysan, Ivan Soussanine, et, sans se découvrir à lui, lui ordonnent de les conduire auprès de son maître. Celui-ci, qui flaire une trahison, fait bravement le sacrifice de sa vie pour sauver son souverain et son pays : feignant alors d'obéir, il envoie secrètement Vania, son fils adoptif, prévenir le tsar du danger qui le menace, puis, se mettant à la tête des Polonais, il les égare au fond d'une forêt presque impénétrable, d'où il leur est impossible de retrouver leur chemin. Et quand ceux-ci s'aperçoivent qu'ils ont été trompés, le malheureux Ivan est sans pitié massacré par eux.

Si l'on ajoute à cette action principale les épisodes naissant de l'amour d'Antonide, la fille d'Ivan, avec le jeune Sabinine, puis certais épisodes caractéristiques, tels que la fête brillante au camp des Polonais qui constitue le second acte et le dénouement magnifique et plein de grandeur qui montre l'entrée solennelle du tsar dans sa capitale, on aura tous les éléments d'un poème en soi très pathétique et empreint d'un réel intérêt. Il y avait là, certes, de quoi exalter l'inspiration du compositeur et en même temps exciter l'enthousiasme d'un public pour qui, chacun le sait, le patriotisme n'est pas un vain mot. Et la musique de Glinka, d'une couleur si originale et d'un caractère si essentiellement national dans quelques-unes de ses parties, ne pouvait que donner à l'œuvre toute sa puissance et tout son éclat. Je dis bien : » dans quelques-unes de ses parties », car cette œuvre est un peu composite, ce qui n'a rien d'étonnant si l'on songe que, d'une part, c'est la première production dramatique de Glinka (sous ce rapport, d'ailleurs, la sûreté de main y est étonnante), et que, de l'autre, il l'écrivit à son retour d'Italie, où il avait fait un séjour de deux années pleines, à l'époque des triomphes de Bellini et de Donizetti et alors que le rossinisme était dans toute sa splendeur. Il n'est donc pas surprenant que les formes italiennes se présentent dans plus d'une page de la partition très touffue de la Vie pour le Tsar. On les rencontre particulièrement dans le trio du premier acte, qui est d'ailleurs d'un fort joli effet, et où la phrase principale, établie d'abord par le ténor, est reprise ensuite par le soprano, puis par la basse; on les retrouve encore, indéniables, dans l'ensemble du beau quatuor du troisième acte, qui est très harmonieux, très séduisant et d'une superbe ampleur de construction. Mais c'est dans d'autres parties que se fait jour l'originalité aussi bien du fond que de la forme, et qu'on peut jouir de la saveur toute particulière de l'inspiration du compositeur : c'est dans le joli chœur féminin qui ouvre le premier acte et dont l'accent est plein de grâce ; dans le duo de Soussanine et de Vania au troisième, qui est d'un caractère mâle et coloré ; dans la première scène de Soussanine et des Polonais, qui est d'une couleur chaude, inspirée et vraiment théâtrale ; dans un chœur charmant de jeunes filles, à cinq temps, qui conclut d'une façon vraiment singulière, sur la dominante; surtout dans l'admirable scène de la forêt qui est le point culminant de l'œuvre, cette

Page 1