VIER
scène dans laquelle Soussanine, pressentant qu'il va être massacré par les Polonais qu'il a trompés, fait un retour en lui-même sur son passé et songe aux êtres aimés dont ils se sépare volontairement en sacrifiant sa vie pour son pays et pour son maître. Tout ce long monologue, toute cette mélopée, empreinte d'un sentiment de tristesse indicible, est d'un accent très beau, très pénétrant, et qui découle de la plus noble inspiration. 11 y a là un souffle plein de puissance, d'une émotion intense, qui ne pouvait jaillir que de l'âme d'un grand artiste. Quant au tableau final du Kremlin, il est d'une ampleur superbe et conçu, au point de vue musical, dans un sentiment absolument héroïque.
On conçoit qu'une œuvre d'une telle valeur et conçue dans un tel esprit devait infailliblement rencontrer le succès, jouée qu'elle était d'ailleurs d'une façon superbe par d'excellents artistes : Pétrof (Ivan Soussanine), Léonof (Sabinine), M"e Vorobief (Vania) et Mme stepanovna (Antonide). Les critiques de la première heure ne lui furent pourtant pas épargnées, mais elle triompha rapidement de toutes les hostilités, et depuis longtemps, grâce à elle, Glinka est justement considéré comme le fondateur et le véritable créateur de l'opéra national russe. La Viepour le Tsar a été jouée beaucoup plus de six cents fois à Saint-Pétersbourg, et depuis soixante ans elle n'a cessé de faire partie du répertoire de toutes les scènes lyriques de la Russie.
* VIEIL AIR, JEUNE CHANSON, prologue,
paroles de M. André Lenéka, musique de M. Francis Thomé, représenté au théâtre de la Galerie Vivienne le 13 décembre 1893.
VIEIL ÉTUDIANT (le), opéra, musique de Maltiz, représenté au théâtre Kœnigstadt vers 1820.
VIEILLARD amoureux (le), opéra, musique de L.-C. Moulinghem, représenté en province vers 1810.