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dieu, puis-je, sans honte pour celui à qui je dois le jour, tomber entre les mains du premier venu? Fais du moins que celui qui m'éveillera sur ce rocher ne soit pas un lâche. « Soit ! répond Wotan. Je vais t'entourer d'un feu de fiançailles comme mortelle n'en connut jamais. Que ce rocher, environné de flammes, se dresse terrible, mur effroyable, et que tout lâche recule devant, épouvanté ! Seul, mortel plus puissant qu'un dieu, un héros pourra te réveiller. » Wotan étend alors sa fille au pied d'un arbre, la couvre de son bouclier, la baise au front, et, tandis que la Walkyrie s'endort, il évoque Loge, le dieu du Feu. Celui-ci allume autour du rocher une flamme immense, un brasier gigantesque, qui dévorera l'insolent, fera reculer le lâche et ne se laissera traverser que par le héros véritable, le guerrier hardi, sans peur et méprisant le danger, digne époux d'une vierge sans tache. Toute cette scène du demi-pardon et de l'incantation du feu forme l'un des tableaux scéniques et lyriques les plus admirables que l'on puisse imaginer.

Musicalement, la Walkyrie constitue une œuvre profondément inégale, clans laquelle Wagner n'a pas su éviter les longueurs cruelles, les hors-d'œuvre inutiles auxquels il condamne trop volontiers ses auditeurs. Mais il faut ajouter qu'en certaines parties il semble avoir reculé ici les bornes de la beauté connue. Si le récit de Siegmund et le « lied du printemps » au premier acte, ainsi que le combat des deux hommes au second, sont des pages extrêmement remarquables, que dire du troisième, qui, à part quelques longueurs encore dans le duo de Wotan et de sa fille, est un chef-d'œuvre incomparable? Il n'y a pas de mots pour exprimer l'admiration qu'excite un tel tableau : la chevauchée des Walkyries, les plaintes de Brunehilde dans la scène avec son père, les tendres paroles par lesquelles lui répond celuici tout en maintenant le châtiment qu'il lui inflige, l'épisode de l'incantation, tout cela est d'une beauté resplendissante, en quelque sorte surhumaine, qui produit une émotion indescriptible et que rien ne saurait dépasser.

A Munich, en 1870, la Walkyrie fut représentée isolément. Ce n'est qu'à Bayreuth, en 1876, qu'elle prit son rang dans la représentation générale de l'Anneau du, Nibelung. Voici comment l'ouvrage était alors distribué : Siegmund, Niemann; Wotan, Betz; Hunding, Nicring; Sieglinde,Mmo Sheffzky ; Brunehilde, M"10 Materna; Fricka, M" Griin. Pour la première apparition de l'œuvre en langue

française, à Bruxelles, l'interprétation était ainsi fixée : Siegmund, M. Engel; Wotan, M. Seguin; Hunding, M. Bourgeois; Sieglinde, M"' Martini; Brunehilde, M"0 Litvinne; Fricka, Mfl»e Balensi. Enfin, à l'Opéra de Paris, la distribution était la suivante : Siegmund, M. Van Dyck ; Wotan, M. Delmas ; Hunding, M. Gresse; Sieglinde, Mme Rose Caron ; Brunehilde, Mlle Bréval ; Fricka, Mme Jéhin-Deschamps.

WALLACE OU LE MÉNESTREL ÉCOS- SAIS, drame lyrique en trois actes, paroles de Fontanes, dit de Saint-Marcellin, musique de Catel, représenté à l'Opéra-Comique le 24 mars 1817. La pièce est un mélodrame de la couleur la plus sombre et dénuée d'action. Elle a été refaite par M. de Saint-Georges qui, tout en conservant le caractère général de l'ouvrage , a su y introduire quelques scènes intéressantes; elle fut représentée sous cette forme le 4 décembre 1844. La partition de Wallaee est considérée comme la meilleure de Catel. Le sentiment dramatique y a de la puissance ; la mélodie est franche ; le style, qui est un peu froid, est toujours pur, élégant. Quant à l'harmonie, on peut dire qu'elle offre les formes les plus parfaites qu'on puisse imaginer. Les chants écossais sont d'une grande fraîcheur. L'orchestration se fait remarquer par un heureux emploi des instruments à vent. Le musicien Rifaut avait déjà retouché la partition du maître. Après lui, M. Boulanger fut chargé de la remanier encore pour la reprise de cet ouvrage, qui eut lieu en 1844. Il ajouta même des couplets, chantés par Mme Darder, un air pour Hermann-Léon et un duo pour Mocker et Mme Darcier. Parmi les morceaux les plus remarquables de cet opéra, nous signalerons le magnifique duo en si mineur du dernier acte, entre Robert Bruce et Wallaee : La voix de la patrie, et la romance de Wallaee, qui est un chef-d'œuvre de sensibilité, de mélancolie et qui resph-e le plus tendre sentiment d'amour conjugal. Chollet a chanté avec succès cette belle romance dramatique.

* WALLACE 0 L'EROE SCOZZESE, opéra sérieux, poème de Felice Romani, musique de Jean Pacini, représenté au théâtre de la Scala de Milan, le 14 février 1820. Des soixante-quinze opéras de ce compositeur étonnamment prolifique et d'ailleurs distingué, quoique manquant d'originalité, c'est l'un de ceux qui obtinrent le plus de succès à leur apparition. Il est cependant bien oublié

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