WIDE
gale que la richesse et la générosité de son imagination. Puis, tout à coup, pendant cette lecture de Charlotte, sa sœur pénètre auprès d'elle, et l'entrée de cette enfant naïve donne lieu, entre Charlotte et Sophie, à un duo exquis, dans lequel la grâce juvénile et folle de la fillette forme un contraste délicieux aveclatendrcmélancolie qui semble s'épandre sur le chant de Charlotte. C'est un éclair lumineux dans une situation qui, après le départ de Sophie, va s'assombrir de plus en plus. Arrive Werther, et là se place un duo d'un autre genre entre les deux amants, duo pathétique, plein d'élans, vraiment inspiré, auquel on ne saurait reprocher qu'une conclusion peut-être un peu brutale dans sa sonorité stridente. Et le beau lied sur les vers d'Ossian, quelle mélancolie, quelle émotion poignante s'en dégage, et quelle couleur étonnante a su lui donner le musicien! Enfin Werther est parti, Albert est de retour, soucieux, inquiet et presque soupçonneux, il reçoit le billet par lequel Werther lui fait demander ses pistolets, et il charge Charlotte, émue comme on le comprend, de les remettre elle-même au messager. Tout cela est traité, musicalement, de main de maître, avec l'aide de l'orchestre, dont l'intervention est ici tout naturellement indiquée. Toute cette scène encore est rapide et superbe.
Puis, pour finir, l'entr'acte en action, dans lequel on voit Charlotte sortir, sous le vent et la neige, pour se rendre chez Werther, dont elle ne craint que trop le funèbre projet, et enfin le dernier acte, où elle arrive chez l'infortuné pour le recevoir mourant entre ses bras. Tout cela sobre, contenu, d'uu dramatique discret, mais souverainement pathéthique et d'une intensité d'effet dont on ne peut se faire une idée.
En résumé, la partition de Werther est une œuvre supérieure, d'un art exquis et d'un sentiment profond, qui ne pouvait être conçue et menée à bien que par un musicien de génie. Elle est digne en tout point de l'auteur de Alarie-Magdeleine, de Manon, d'IIe'rodiade et des Érynnies. Si elle ne le grandit pas, ce que je ne saurais dire, elle le maintient à la première place des musiciens de ce temps, et ne dis pas seulement des musiciens français, mais de ceux de tous les pays. Et pourtant, telle est l'organisation de nos théâtres que ce Werther, signé du grand nom de M. Massenet, dut, avant de se faire acclamer du public parisien, accepter L'hospitalité d'une scène étrangi Vienne, en effet, à l'Opéra
impérial, que Werther lit sa première et écla-
tante apparition, joué, pour les deux rôles principaux, par deux artistes excellents, M. Van Dyck, le fameux ténor wagnérien, et M"6 Renard. A l'Opéra-Comique, l'ouvrage était ainsi distribué : Werther, M. Ibos ; Albert, M. Bouvet; Charlotte, M»e Delna; Sophie, MUe Laisné. Il n'est que juste de constater que MU» Delna a fait du rôle de Charlotte une création admirable.
WERTHER ET CHARLOTTE , comédie en un acte , en prose , mêlée d'ariettes , paroles de Dejaure, musique de Kreutzer, représentée aux Italiens le 1" février 1792. Le roman de Goethe n'offre pas assez d'action pour être mis sur une scène lyrique ; la description analytique des mouvements de la passion ne saurait convenir au compositeur dramatique. La musique de Kreutzer fut néanmoins appréciée ; on remarqua particulièrement l'invocation à la nature, chantée sur des paroles imitées d'Ossian.
* westward HO ! opéra-comique, paroles de M. Ware, musique de M. Benjamin E. Wolf, représenté h Boston en décembre 1894, avec beaucoup de succès.
WHAT A BLUNDER! (Quelle e'tourderie!), opéra anglais, musique de Davy John, représenté sur le théâtre de Hay-Market, à Londres, en 1800.
WHIM OF THE MOMENT (the) [le Caprice du moment), intermède musical anglais, composé pour les paroles et pour la musique par Dibdin, qui le jouait et le chantait seul. Ce fut en 1789 que cet artiste, doué d'une imagination vive et heureuse, écrivit The whim of the moment, pour une soirée qui eut lieu dans King-street. C'est dans cet ouvrage que se trouve la mélodie délicieuse Poor Jack (Pauvre Jacques), qui a eu autant do succès en France qu'en Angleterre, et dont bien peu de personnes connaissent l'origine britannique.
WHITE PLUME (the) [le Panache blanc], opéra anglais, musique do Rceve, représenté à Londres en 180G.
WHO WANTS A WIFE? ( Qui veut une femme?), mélodrame anglais, musique de Bishop, représenté sur le théâtre de Covont- Garden, à Londres, en 18H.
WIDERSPENSTIGEN ZÀHMUNG (ni'.R) [la Récalcitrante mise à la raison], opéra-comique allemand en quatre actes, musique do M. Hermann GOtz, do Zurich, représenté au théâtre do la cour, h Mannheiu), en octobre 1874. La