‹ Dictionnaire des opérasChapitre 878 sur 928 · FINE · texte numérisé non relu

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sujet avec les éléments qu'il pourrait employer pour écrire le drame le plus sombre et le plus violent, et il semble, même quand il a à faire parler deux amoureux, que toutes les puissances de l'orchestre lui soient encore insuffisantes. C'est proprement prendre un merlin pour écraser un fourmi.'Et puis, comme M. Pierné veut être « dans le mouvement », il se garderait comme du feu d'écrire une phrase qui ait une tournure naturelle et aisée, qui se poursuive pendant huit mesures avec un sens mélodique, qui ait un commencement, un milieu et une fin, et quand il paraît en vouloir commencer une, vite il l'interrompt et la dénature par une modulation ; tout est chez lui tourmenté et tortillé comme à plaisir. Il va sans dire que tout se passe chez lui en récits éternels, en dialogues interminables, selon la formule adoptée, et qu'il se ferait pendre plutôt que de perpétrer un .simple ensemble à deux voix. Notez qu'il a de l'inspiration, M. Pierné, et qu'il la dédaigne. Volontairement, arbitrairement, il l'étouffé comme s'il en rougissait.

Et il est facile d'en donner la preuve. On la trouve au troisième acte, dans la scène de la parade. Le compositeur a voulu faire là un petit pastiche de musique ancienne, à la manière de Grétry ou de Monsigny ; il l'a fait avec grâce, avec délicatesse, en traitant les voix comme elles doivent l'être, en les faisant véritablement chanter, et en consentant à en réunir plusieurs ensemble. Il y a là un petit trio de femmes d'une forme charmante, vraiment musicale, et un sextuor excellent, le tout accompagné par un orchestre allègre, pimpant, chatoyant, un petit orchestre fleuri, plein de couleur et d'élégance. On avait enfin de la musique, et il fallait voir la surprise et la joie du public à cette nouveauté inattendue ! Hélas ! pourquoi toute la pièce n'était-elle pas traitée de cette façon ! Nous aurions peut-être un petit chef-d'œuvre de plus. Et il a aussi le sentiment de la scène, M. Pierné. Il l'a prouvé au second acte, dans la rencontre de Mondor et de Tabarin. L'épisode était intéressant à traiter, il y a mis tous ses soins, et la scène ! est bien menée et bien venue, quoique, malheureusement, elle manque essentiellement d'émotion, là où justement l'émotion était indispensable. J'en dirai autant de la scène de Diane et de Roger au premier acte, qui est sèche, sans chaleur, et complètement dépouri vue de passion.

Mais enfin, M. Pierné a prouvé, avec ce second et ce troisième acte (il y a encore, au second, la scène comique du boniment de

Mondor, qui est excellente) qu'il aurait, quand il le voudrait, les qualités du compositeur dramatique. Qu'il les acquière donc complètement, qu'il se laisse aller à sa nature et qu'il rompe enfin avec les idées fausses, avec les doctrines délétères, avec' les tendances funestes qui tueraient la musique française si elle n'était pas si bien constituée. La Fille de Tabarin était jouée par MM. Fugère, Beyle, Delvoye, Boudouresque, Cazeneuve, et Mm«» Tiphaine, Garden, Landouzy, Daffetye , Chevalier et de Craponne.

* FILLE DES NEIGES (la) [Sneewittchen], fable lyrique, musique de miss Johnston Watson, représentée à Londres, à la salle Cavendish, en juillet 1901.

* FILLE DU VALLON DES ROSES (la) [Die Rosenthalerin], opéra en trois actes, paroles de M. Fritz Lemmermayer, musique de M. Antoine Riickauf, représenté avec succès au théâtre Royal de Dresde en mai 1897.

* FILS d'Achille (le), opérette, musique dé M. Fritz Baselt, représentée sans grand succès au théâtre municipal de Francfortsur-le-Mein en avril 1897.

*FILS DU mandarin (le), opéra-comique en un acte, musique de M. César Cui, représenté à l'Opéra impérial de Moscou en janvier 1902. Cet ouvrage datait de la jeunesse . de l'auteur et était connu depuis plus de vingt ans pour avoir été joué par plusieurs sociétés lyriques.

* FINANCIER ET LE SAVETIER (le), opérette en un acte, paroles d'Hector Crémieux, musique de Jacques Offenbach, représentée aux Bouffes-Parisiens le 23 septembre 1856.

* FIN de SWATOWTT (la), opéra, musique de M. Alfred Stelzner, représenté au théâtre de la cour, à Cassel, en décembre 1903.

*FINE Dl Mozart (la), drame lyrique en un acte, paroles et musique de M. Marcc Anzoletti, représenté au Théâtre-Lyrique de Milan le 25 octobre 1898. L'auteur, professeur de violon au Conservatoire de Milan, n'a pas été heureux en voulant faire chanter Mozart, le maître des maîtres. Un critique italien disait de son petit opéra que « c'est une œuvro complètement manquée ; manquée dans l'esprit qui l'a inspirée, manquée dans la forme, manquée dans la conduite musicale. » Leeom positeur, qui ('(ait son propre librettiste, avait eu d'ailleurs la singulière idée de mettre en scène à la fois Mozart et Beethoven ■

FIOR

SUPPLÉMENT

FLOR

se soucier autrement des données de l'histoire, de faire apparaître Beethoven au chevet de Mozart mourant, lui proposant de terminer le Requiem que celui-ci est en train d'écrire et qu'il n'aura pas le temps d'achever.

*FINTI masnadieri (i), opéra-comique, musique de M. C.-G. Mor, représenté à Forlimpopoli en février 1899.

* FIONA, légende irlandaise en trois actes et six tableaux, poème de M. Léon Durocher, musique de M. Alfred Bachelet, exécutée en partie (les deux seuls premiers actes), et sous forme de concert, au Conservatoire, dans la séance d'audition des envois de Rome, le 17 décembre 1896. C'était, en effet, l'un des envois de Rome de M. Alfred Bachelet, qui avait obtenu le premier grand prix de composition musicale à l'Institut en 1890. Sur un poème qui ne brillait pas par la nouveauté du sujet, lequel sujet symbolisait « la lutte entre l'amour pur et l'amour sensuel » , telle qu'on la retrouve, entre autres, dans Tannh'aiïser, M. Bachelet avait écrit une partition qui était loin d'être dénuée d'intérêt, mais dans laquelle le fond, c'està-dire l'inspiration, était un peu trop sacrifié à la forme, c'est-à-dire à l'effet matériel. On trouvait dans cette partition un heureux sentiment dramatique, des intentions scéniques bien rendues, une bonne déclamation (quoique avec une prosodie parfois vicieuse), un orchestre riche, étoffé, souvent curieux, un ensemble digne enfin d'estime et d'attention; ce qui manquait, c'est le charme, c'est la nouveauté, c'est la fraîcheur de l'inspiration, c'est cette fleur de jeunesse d'une idée musicale qui, rien qu'en se présentant aux voix et à l'orchestre, fait courir dans toute une salle comme un frisson de joie et un susurrement de plaisir. L'œuvre, néanmoins, était écrite d'une plume solide et d'une main d'artiste, et l'on peut espérer qu'avec l'expérience qu'il a acquise et les moyens dont il dispose, le jeune compositeur, en sollicitant avec conscience son imagination, nous donnera quelque jour une œuvre digne de son talent, de son savoir et de son intelligence. Les interprètes de Fiona étaient Mlle Lafargue, qui a bien fait ressortir la grande scène avec chœur du premier acte, ainsi que, au second, le grand duo de Fiona avec Patrick : Si c'est un rêve..., Mme Georges Marty, MM. Noté, Gautier, qui a bien dit l'air curieux du nain Turl : Je suis Turl, fils des bruyères, et Delpouget.

* FIORAIA (la), opéra semi-sérieux en deux

actes, musique de M. Ettore Lucatello, représenté sous la direction personnelle de l'auteur, à Polesella, le 4 avril 1898.

* flamenca (la), drame musical en quatre actes, paroles de MM. Henri Cain et Eugène et Edouard Adenis, musique de M. Lucien Lambert, représenté au Théâtre-Lyrique de la Gaîté le 31 octobre 1903.

* flamencos (los), saynète lyrique, paroles de M. Sanchez Pastor, musique de MM. Torregrosa et Valverde fils, représentée à l'Eldorado de Madrid le 13 juillet 1899.

* fleur d'amandier, zarzuela en un acte, musique de M. Costa Nogueras, représentée à Barcelone en mars 1901. L'auteur était professeur de piano au Conservatoire de cette ville.

* FLEUR MAUDITE, opéra en deux actes, livret tiré d'une légende populaire du Valais, musique de M. Charles Hœnny, représenté à Sion (Suisse), en juin 1896. L'auteur remplissait les fonctions de directeur de l'école de musique de Sion.

*FLOCONS DE NEIGE (les) [Die Schneeflocke], opéra-comique en un acte, paroles de M. Villner, musique de M. Henri Berté représenté à l'Opéra royal de Budapest en mars

* FLOR de almendro, opéra, paroles de M. Trullol y Plana, musique de M. Costa Nogueras, représenté au théâtre Principal de Barcelone en mars 1901.

*FLOR DE LA MONTANA (la), zarzuela,

paroles de M. Jackson Veyan, musique de M. Saco del Valle, représentée à Valence en février 1900.

* FLORENTINA, opéra, musique de M. A.

Thierfelder, représenté à Brandenbourg en juin 1896.

*FLORERA SEVILLANA (la), jeu COinico-

lyrique, paroles de M. Jackson, musique de MM. Angel Rubio et Estelles, représenté au théâtre des Maravillas de Madrid le 13 juin

* FLORETTA , opéra- comique , tiré par M"e Farjeon d'une nouvelle de Henri Zschokke, musique de M. Henry Farjeon, élève de la Royal Aeademy of Music de Londres, exécuté par ses condisciples de cette Académie en janvier 1899.

*FLORlDOR, zarzuela, paroles de M. Gonzalo Canto, musique de M. Barrera, repré-

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