RIPA
* RENAUD D'ARLES, drame lyrique en cinq actes et six tableaux paroles de M. Louis de Fourcaud, musique de M. Noël Desjoyeaux, représenté sur le théâtre de Monte-Carlo le 31 mars 1900. Le sujet, très dramatique, assez singulier, est celui-ci. Le vieux roi d'Arles a eu le tort d'épouser en secondes noces une jeune fille, la reine Guibel, qui n'a pas tardé à prendre pour amant le chevalier Renaud, dont l'âge est plus proche du sien et qui, cependant, veut bientôt briser cette chaîne criminelle, d'autant qu'il est devenu amoureux de la belle Juliane, fille du premier mariage du roi. Voici qu'Arles-la-Grande, attaquée par les Sarrasins, est en grand danger. Renaud se met à la tête de la jeunesse de la ville, combat héroïquement et sauve la cité. Le roi, pour récompense, lui donne un titreetlamaindesafille. Guibel alors, furieuse, fait connaître publiquement son déshonneur, dont Renaud est le complice, et le roi, écrasé par cette révélation, chasse les deux coupables. Pour se venger, Guibel ne trouve rien de mieux que de rappeler par trahison les Sarrasins qui, pour la seconde fois, se présentent devant la ville. C'est alors que Renaud surgit de nouveau, sauve Arles définitivement par des prodiges de vaillance, obtient du roi son pardon et s'unit enfin à Juliane. Mais tout n'est pas fini, Guibel, dont la fureur ne connaît plus de bornes, pénètre dans le palais pendant la fête nuptiale pour frapper celui qui fut son amant et, se trompant (!), tue le roi, après quoi elle se poignarde elle-même. Le chevalier Renaud, l'époux de Juliane, deviendra roi d'Arles. Sur ce livret un peu étrange, le compositeur a écrit une musique conçue dans la pure doctrine wagnérienne, une musique lourde, surabondante en leitmotive, fertile en longueurs excessives, manquant de mouvement et s'attardant trop facilement aux récits inutiles. On a signalé pourtant dans la partition quelques pages intéressantes, mais qui sont noyées dans des développements intempestifs. L'ouvrage avait pour interprètes M. Ibos (Renaud), M. Daraux (le Roi), M™0 Renée Vidal (Guibel) et Mme Lafargue (Juliane).
* RENDEZ-VOUS D'AMANDINE (LES), Opéra-
comique en un acte, paroles de M. Adolphe Faure, musique de M. Bar, représenté au Grand-Théâtre de Lille en 1879.
'répétition D'OPÉRA, opéra-comique en un acte, musique d'Albert Lortzing. Ce fut le dernier ouvrage écrit par ce musicien charmant, et on assure qu'il ne fut joué alors
qu'une fois, sans doute vers 1850. Il fut repris après un silence d'un demi-siècle et représenté avec beaucoup de succès, en novembre 1898, sur le théâtre royal de Stuttgard.
*RESPETABLE publico (el), zarzuelarevue, paroles de MM. Paso, Gabaldon et Canovas, musique de MM. Calleja et Lleo, représentée au théâtre Eslava de Madrid en novembre 1902.
* retour (le), opéra-comique en deux actes, musique de M. Cari Pottgiesser, représenté sur le théâtre municipal de Cologne en novembre 1903.
* RETOUR D'ULYSSE (le), opéra en trois actes et un prologue, poème et musique de M. Auguste Bungert, représenté sur le Théâtre-Royal de Dresde en décembre 1896. L'auteur avait entrepris, à l'imitation de Richard Wagner, d'écrire une tétralogie musicale sous le titre général de l'Odijssée. Le Retour d'Ulysse formait la troisième partie de cette tétralogie, qu'il offrait au public avant de lui faire connaître les deux premières. Cet ouvrage paraît avoir obtenu du succès, succès partagé par son principal interprète, le baryton Scheidemantel, qui jouait Ulysse. Au point de vue musical, les critiques de Dresde s'accordaient à constater que M. Bungert avait réussi à s'abstenir complètement de la servile et insupportable imitation de Richard Wagner qu'on peut trop justement reprocher à la plupart des compositeurs allemands contemporains.
* RETRATO DE ADAN (el), jeu Comicolyrique, paroles de MM. Prieto et Casai, musique de M. Orejon, représenté au théâtre Comique de Madrid en novembre 1901.
* REVANCHE DE galathée, opérette en un acte, paroles de M. Paul Ferrier, musique de M. Edmond Piet, représentée à la Bodinière le 20 avril 1898.
* REY DE LOS AIRES (el), zarzuela, paroles de M. Labra, musique de MM. Fernândez Caballero et Hermoso, représentée au théâtre Comique de Madrid en novembre 1900.
*rhodope, opérette en deux actes, livret imité d'une comédie d'Emile Augier, la Ciguë, par MM. Engel et Hugo Félix, musique de M. Hugo Félix, représentée au Carl-Théàtre de Vienne le 1er février 1900.
* RIFANTAKA, opéra, musique de M. Alfred Toffi, représenté au théâtre Royal de Copenhague, le 1er janvier 1898.
ROI
SUPPLÉMENT
ROI
"RINALDO £D armida, opéra en trois actes, paroles et musique de M. Annibale Pelizzone, représenté le 3 décembre 1896 sur le Politeama de Casal-Montferrat.
* RINGO, opéra-comique en un acte, musique de M. Eugène de Volborth, représenté au théâtre municipal de Stettin le 13 mars 1898.
* RIP VAN WINKLE, opéra en trois actes, paroles de M. William Akermann, musique de M. Franco Leoni, représenté à Londres, sur le théâtre de Sa Majesté, le 4 septembre 1897.
*RITA MENDO, opéra sérieux, musique de Giovanni Sebastiani, représenté à Rome, sur le théâtre Valle, en juillet 1853.
*rita ferrant, opéra sérieux en trois actes, paroles anonymes, musique de M. Rocco Trimarchi, représenté sur le théâtre Victor- Emmanuel de Messine le 8 mars 1898.
*RIVALI (i), opéra sérieux en trois actes, paroles deM.AttilioTurco, musique de M. Antonio Virgili, représenté au théâtre Manzoni de Vérone le 1er mai 1898.
* RIVOLI, opérette militaire à grand spectacle en trois actes et quatre tableaux, paroles de Paul Burani, musique de M. André Wormser, représentée avec succès au théâtre des Folies-Dramatiques le 30 octobre 1896. Interprètes : MM. Jean Périer, Simon-Max, Gardel, Vavasseur, Loree, et M""s Dumont, Leriche, Mouline, de Beaumont.
robert-macaire et cio, opérette bouffe en doux actes, paroles de M. Charles Esquier, musique de M. W. Salabert, représentée au petit théâtre des Mathurins en mars 1901.
* rococo, opéra sérieux en un acte, paroles de M. Oberto-Daniele Marrama, musique de M. Emanuele Gianturco, représenté à Naples, sur le théâtre Mercadante (ex-Fondo) le 7 octobre 1897.
*ROi arthus (le), drame lyrique en trois actes et six tableaux, poème et musique (posthumes) d'Ernest Chausson, représenté au théâtre de la Monnaie de Bruxelles en novembre 1903.
*ROi carnaval (le), opérette en un acte, paroles de MM. Bannel et Puech, musique de M. Justin Clérice, représentée à Parisiana le 1er février 1898.
* ROI CHRISTIAN il (le), drame musical, musique de M. Jean Sibelius, représenté à
'"is on avril 189g,
*roidagobert (le), opérette burlesque en trois actes, paroles de MM. Pradels et Raboteau, musique de M. Marius Lambert, représentée aux Bouffes-Parisiens le 20 décembre 1900.
* ROI DE COGNAC (le), opérette, livret tiré d'un ancien vaudeville français de Scribe et Bavard, musique de M. François Wagner représentée sur le Cari-Théâtre de Vienne en février 1897.
*ROI DE LA MER (le) [The Sea King], opéra, musique de M. Richard Stahl, représenté à New- York en 1898.
*ROl DE PARIS (le), drame lyrique en trois actes, poème posthume d'Henry Bouchut, musique de M. Georges Hue, représenté à l'Opéra le 26 avril 1901. Le livret de cet ouvrage était dû à un jeune poète mort prématurément, à vingt-quatre ans, encore peu connu du public. Par quel hasard ce livret était-il tombé dans les mains du compositeur? Par quel hasard, plus grand encore, avait-il été accepté par la direction de l'Opéra, alors que l'auteur n'était plus là pour le défendre et que tant d'autres, bien vivants, assiègent en vain les portes de nos théâtres ? Ce sont là questions auxquelles on ne saurait répondre.
Le « roi de Paris, » c'est le duc de Guise, Henri le Balafré, et ceci indique aussitôt la nature du sujet. De même que Planard s'était inspiré, pour le Pré-aux-Clercs , de la Chronique du temps de Charles /X de Mérimée, l'auteur du Moi de Paris s'est inspiré de la Ligue de Vitet, et principalement de la partie qui a pour titre les États de Blois. Il a seulement transformé Loignac en Longnac, ce qui est moins euphonique, et de Charlotte de Noirmoutiers, la maîtresse d'Henri de Guise, il a fait Jeanne de Noirmoutiers. Et il a emprunté, à son dénouement, la réflexion que Vitet prête à Henri III lorsqu'il voit étendu à ses pieds le corps de son ennemi, tombé sous le fer de ses séides : « Qu'il est grand! Il ne m'a jamais paru si grand! » Ce livret nous fait donc assister au complot tramé par le Balafré et ses amis contre la puissance royale, auxivunions des ligueurs, aux amours du conspirateur avec la belle Jeanne de Noirmoutiers, enfin au guet-apens ourdi contre lui par le roi et à son assassinat ordonné par celui-ci. Écrit tantôt en vers, tantôt en prose rythmée, ce livret n'est ni meilleur ni pire que bien d'antres. Il a une qualit.'-, c'est d'être rapide et bref. Il a un défaut, c'est que le dénouement est connu d'avance, et que
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SUPPLEMENT
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ce dénouement, d'ailleurs, s'il est dramatique, manque de pathétique. Tel qu'il est, il pouvait, en somme, inspirer un musicien, si celui-ci avait su mettre en œuvre ses divers éléments. On pouvait l'espérer de la part de M. Georges Hue, grand prix de Rome de 1879, artiste instruit, auteur de quelques compositions symphoniques qui n'étaient dénuées ni de couleur ni d'intérêt. Il faut pourtant reconnaître que son début à la scène n'a pas été heureux, et que c'est précisément l'intérêt et la couleur, sans compter l'inspiration, qui manquent à la partition du Jioi de Paris. Celle-ci n'est pas d'ailleurs une œuvre de combat, et il n'y a pas, à son sujet, à partir en guerre contre certaines tendances plus ou moins accentuées, plus ou moins audacieuses, qui cantonnent et classent un artiste dans un parti et dans une école. Ce qui est plus grave, c'est que cette œuvre est insignifiante et morne, c'est que, loin d'exciter soit la sympathie, soit la colère, elle n'évoque que l'indifférence par son inconsistance, l'inattention par 'sa banalité. On voudrait s'attacher à. quelque chose, découvrir chez l'auteur une doctrine, une direction quelconque de l'esprit, trouver dans son œuvre une trace lumineuse, et l'on se bute à l'insignifiance, au vide, au néant. Point de passion, point de chaleur, pas même de sentiment dramatique, aucune trace apparente d'émotion. Même l'orchestre est sans vie, sans mouvement, sans action, sans originalité. Il était évident, et le résultat l'a prouvé, que c'était là une œuvre mort-née. On ne peut que souhaiter au compositeur, qui n'est pas le premier venu, de trouver prochainement l'occasion d'une revanche à ce début malheureux. Le Moi de Paris avait pour interprètes Mme Bosman (Jeanne de Noirmoutiers), MM. Delmas (Henri de Guise), Vaguet (Henri III) et Noté (Longnac).