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musical contre son honneur? Il découvrira le coupable, coûte que coûte, et prompte justice en sera faite. « Cet homme, assurément, n'aimait pas la musique ; » mais les citadins de Parme l'adorent,' eux : la musique et la barcarolle sont fredonnées de toutes parts, car le comte de Fiesque a eu grand soin de les répandre. Le comte de Fiesque, jeune seigneur de la cour, amoureux de Clélia, la fille même du premier ministre, ne comprend pas d'abord l'émoi du grand-duc au sujet d'une barcarolle dont il est l'auteur, lui, pour les paroles et la musique, à quelques variantes près pourtant, et qu'il a composée pour Clélia, la fille du ministre ; il n'hésite donc pas à en réclamer la paternité. Détournée de la tête du marquis de Félino, la colère du grand-duc menace celle du comte; mais Fabio, le jeune musicien chez qui a été troavée l'œuvre criminelle de lèse-majesté, viendra au secours de Fiesque; par lui sera éclairci le mystère qui enveloppe les destinées de cette barcarolle, à laquelle il avait été chargé seulement d'ajouter un accompagnement. Fabio s'introduit, à cet effet, dans le jardin du palais ducal; il se met aux écoutes derrière les charmilles, et surprend une double conversation entre Félino et son complice, il signor Caffarini, et entre celui-ci et sa nièce Gina, jeune couturière fort gentille et fort espiègle. Possesseur du galant secret, il attache à son silence deux conditions : la délivrance du comte de Fiesque, déjà emprisonné, et le mariage du même comte de Fiesque avec Clélia ; Félino souscrit à tout. Mais le duc pourrait fort bien ne pas sanctionner tous ces petits arrangements ; il lui faut un coupable ; Fabio se dévouera. En sa qualité de musicien, sa raison est sujette à caution : c'est dans un moment de folie , dit-il, qu'il a commis cette insulte envers la femme de son souverain ; mais la barcarolle, vers et musique, est de lui, et il la destinait à Gina. Bref, le comte de Fiesque épouse Clélia, et Fabio épouse Gina ; du même coup, voilà deux bons mariages arrêtés. — La musique dont M. Auber a brodé ce frêle canevas, bien qu'élégante, facile et distinguée, comme tout ce qui vient de l'illustre maître, n'a peut-être pas assez de nouveauté ; plusieurs motifs éveillent des réminiscences ; M. Auber ne se souvient pas toujours — et il est le seul — des airs charmants qui lui échappent, et parfois il se pille lui-même. Le thème de la Barcarolle n'a pas toute l'originalité désirable ; c'est la phrase principale de l'ouvrage ; elle est prise, reprise , répétée à chaque instant.

i II aurait fallu là, dit M. Théophile Gautier, une de ces mélodies nettes, franches, incisives, se gravant invinciblement dans la mémoire, comme M. Auber en rencontre à chaque pas, surtout lorsqu'il ne les cherche point. Il est singulier que le compositeur qui a fait tant de charmantes barcarolles , dans des pièces où elles n'étaient qu'accessoires , ait manqué celle-ci, qui donne le titre à l'ouvrage , et qui en était , en quelque sorte , la pensée musicale. » La critique ici n'est pas fondée ; car ce thème principal,

O toi dont l'œil rayonne, est une mélodie facile qui a eu un succès populaire. Le premier mouvement de l'ouverture, où est placé un effet mystérieux de sourdines, deux airs de femme et un duo bouffe, ont été fort applaudis.

On a remarqué l'air de soprano Personne en ces lieux ne m'a vue, au premier acte , puis le duo pour deux voix de basse :

Viens, que par toi nos muses...

qui est d'une bonne déclamation musicale, et enfin le chant de la barcarolle en quatuor, à la fin de l'ouvrage. — Acteurs qui ont créé la Barcarolle : MM. Roger, Gassier , Hermann- Léon; M'ies Révilly et Delille.

bardes ou OSSIAN (les) , opéra en trois actes , paroles de Dercy et Deschamps, musique de Lesueur, représenté à l'Académie royale de musique, le 10 juillet 1804. La scène se passe enCalédonie. Rosalmaest l'héroïne, et Ossian le héros. Le songe dans lequel Ossian croit voir tous les héros de sa race est la scène la plus remarquable de l'ouvrage. Les décorations et la perspective des palais aériens étaient, dit-on, d'un effet magique. La musique de Lesueur , composée dans un style qui s'écartait des idées reçues, eut des admirateurs enthousiastes et des détracteurs non moins passionnés. On ne peut en méconnaître l'originalité et le caractère grandiose et simple, mais plutôt religieux que dramatique. L'empereur Napoléon I« passait pour faire ses délices de la lecture des poèmes d'Ossian, cette mystérieuse compilation de Macpherson. C'est par ce goût singulier de mélancolie rêveuse et de sentiments vagues .qu'il appartenait à la fin du xvme siècle. Oscar, Malvina et Fingal avaient le privilège d'émouvoir sa sensibilité, ce qui explique la protection qu'il accorda à l'ouvrage de Lesueur.

barigel (le), opéra-comique, musique de

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