BARN
M. Aug. de Peellaert, représenté à Bruxelles.
BARKOUF, opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. Scribe et Boisseaux, musique de M. Offenbach , représenté à Paris , sur le théâtre de l'Opéra-Comique, le 24 décembre 1860. Le sujet de Barkouf est tiré d'un conte politique et philosophique de l'abbé Blanchet, qui a publié plusieurs nouvelles ingénieuses. On peut affirmer, sans crainte d'être démenti, que peu d'auteurs eussent osé transporter ce sujet sur les planches et confier le principal rôle à... un bouledogue. Il a fallu l'habileté de Scribe pour venir à bout d'une entreprise aussi étrange. Une des principales difficultés de l'ouvrage a été plus ou moins spirituellement tournée. L'action se passe, en grande partie, dans la coulisse, et le public ne connaît le héros que par ses aboiements. Mais, nous dira-t-on, plusieurs chiens fameux ont joué leur personnage dans une foule de pièces, témoin le Juif-Errant, la Bergère des Alpes, le Chien de Montargis : cela est vrai; ils sont nombreux, les drames , les vaudevilles, les féeries, où les collègues de Barkouf firent leurs preuves et obtinrent les bravos du public; mais citez-nous un terre-neuve qui se soit jamais risqué dans un rôle musical ; nommez-nous un bouledogue qui ait osé faire ronfler sa basse à la clarté du gaz, un king-charles qui se soit avisé de remplacer le ténor en vogue devant la rampe ? On craignait donc l'émotion inséparable d'un premier début. Aussi, de peur que Barkouf ne perdît la tête, la voix, le ton et la mesure, au premier coup d'archet, on l'a laissé prudemment à l'écart.
Il s'agit d'un chien que le Grand Mogol envoie aux habitants de Lahore, les plus turbulents, les plus séditieux de ses sujets. «Vous n'avez point voulu de votre dernier caïmacan, dit le Grand Mogol au peuple de Lahore. Voici un nouveau gouverneur; il a des crocs, il a des griffes , il aboie à merveille et saura bien vous mettre à la raison si le goût lui en prend. Tous les sujets du grand Mogol tremblent d'épouvante à chaque aboiement de Barkouf. Mais une jeune fille nommée Maïma apprivoise le dogue , et gouverne à sa place avec justice et bonté. La félicité la plus complète règne dans le royaume de Lahore ; malheureusement Barkouf est tué, et sa mort est pleurée par son peuple reconnaissant.
La musique n'a pas répondu à l'attente des habitués de l'Opéra-Comique. M. Offenbach s'est trouvé plus à l'aise à son petit
théâtre des Bouffes-Parisiens qu'à l'Opéra- Comique. Notons toutefois quelques jolis airs, entre autres les couplets :
loi, Barkouf.
au deuxième acte, et ceux du troisième :
Mais buvez donc...
Deux ou trois chœurs ont une facture légère, ingénieuse et pimpante; mais l'originalité, qui constitue , en définitive, le principal mérite du maestro , ne montre guère plus l'oreille en cette histoire de chien couronné que le chien lui-même. Tandis que la critique, qui a toujours gâté M. Offenbach, se montrait bonne personne envers la partition de Barkouf, il s' élevait, du sein de la Bévue des Deux Mondes, un coup de sifflet aigu , jeté par le sévère Scudo. Le même écrivain s'exprimait de la manière suivante dans le deuxième volume de son Année musicale: «Est-il possible d'imaginer une œuvre plus misérable, plus honteuse pour tous ceux qui y ont coopéré et plus indigne d'être représentée devant un public qui a le droit d'être respecté, que Barkouf, chiennerie en trois actes, de l'invention de M. Scribe ? Je dis avec intention une chiennerie, car c'est un chien, nommé Barkouf, qui est le héros de la pièce, et la musique de M. Offenbach est digne du sujet qui l'a inspirée. Comment l'administration d'un théâtre subventionné n'a-t-elle pas jugé ce que valait l'ouvrage qu'on avait mis à l'étude et que tous les artistes déclaraient impossible? Je ne serais pas étonné, cependant, qu'il se trouvât un éditeur assez hardi pour faire graver la partition de Barkouf. Faut-il en vouloir au compositeur qui verse ainsi la folie à Euterpe et l'entraîne aux mauvais lieux, sur les traces d'Erato, ou bien à ce public blasé, ignorant et grossier , qui ne trouve jamais que l'orgie soit assez décolletée, la farce assez grimaçante, l'épilepsie des auteurs, des comédiens et des chanteuses assez complète, assez hideuse, assez stupide ?»
Le critique de la Presse, laissant dormir pour un jour son atticisme ordinaire, s'est permis, de son côté, la phrase suivante : «Ce n'est pas le chant du cygne, c'est le chant de l'oie 1 »
Acteurs qui ont créé Barkouf : MM. Sainte- Foy; Berthelier; Nathan; Mmes Marimon (Maïma) ; Bélia ; Casimir, etc.
BARMécide (le), opéra en trois actes, musique de Peel laert , rep. à Bruxelles en 1 824 .
BARNABO VISCONTI, opéra italien, musique de Lucio Campiani, représenté à Milan, au théâtre Carcano, *e 13 juin 1857.