‹ Dictionnaire des ouvrages anonymes. 3d éd., rev. et augmChapitre 1 sur 335 · CI-DEVANT 9, RUE DES BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

CI-DEVANT 9, RUE DES BEAUX-ARTS

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Le Dictionnaire des anonymes de Barbier, dont la deuxième édition, déjà considérablement augmentée, a été publiée de 182:2 à 1827, est un livre trop connu des bibliophiles et des bibliothécaires pour que j’insiste sur l’opportunité de la publication d’une édition nouvelle.

Depuis longtemps déjà je songeais à utiliser les nombreux matériaux que j’avais rassemsemblés en vue de cette publication, lorsque MM. Daffiset P. .lannet qui se préparaient à donner une nouvelle édition des Supercheries de Quérard, revue et augmentée par M. Gustave Brunet, me proposèrent d’y joindre cette troisième édition du Dictionnaire des anonymes.

En acceptant, j’avais trop présumé de mes forces, et plus malheureux que Jannet, qui n’a pu voir les dernières feuilles des Supercheries, dans la publication desquelles sa collaboration avait été si utile, j’ai du craindre un moment de ne pas voir la première feuille des anonymes.

Après les fatigues du siège, j’ai été frappé d’un coup de sang et j’ai dû songer à me faire aider et au besoin suppléer.

M. René Billard, l’un des bibliothécaires de la Bibliothèque nationale, et M. Paul Billard, son frère, employé au département des imprimés de cet établissement, ont bien voulu me donner leur concours, et apporter à la publication de ce travail l’expérience par eux acquise dans leur collaboration à la rédaction du Catalogue du département des imprimés de la Bibliothèque nationale.

J’ai depuis repris en partie mes travaux et joint mes efforts aux leurs pour rendre cette édition aussi complète et aussi exacte qu’il nous a été possible de le faire.

Nous devons, avant tout, donner quelques détails sur le plan que nous avons suivi.

Nous avons éliminé du Dictionnaire de Barbier les pseudonymes qui sont tous dans les Supercheries de Quérard et qui se trouvent plus facilement à leur nom d’auteur supposé qu’à leur titre.

Nous avons ensuite examiné s’il fallait impitoyablement retrancher du Dictionnaire des anonymes tous les articles pris dans les Supercheries, à n’importe quel titre, et mutiler ainsi le travail primitif.

Quérard, en publiant son ouvrage, n’avait pas en vue sa réunion avec le Dictionnaire des anonymes, et par conséquent son plan avait pu s’étendre beaucoup plus qu’il n’eût été utile de le faire dans les circonstances présentes. 11 avait consigné dans son travail beaucoup trop de notes intéressantes pour que, dans une édition publiée si peu de temps après sa mort, on ne respectât pas entièrement son ouvrage. M. Gustave Brunet a fait de nombreuses additions à l’œuvre de Quérard et a conservé, en les complétant, toutes les curieuses indications de son devancier.

Nous n’avons nullement l’intention de lui adresser une critique à ce sujet, au contraire, mais nous avons pensé qu’il y avait lieu de conserver dans le Dictionnaire des

T. IV

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anonymes tout ce qui, ne constituant pas un pseudonyme ou une supercherie littéraire, est indiqué par tous les rédacteurs de catalogues et meme par la plupart des bibliographes comme anonyme.

Voici les ouvrages pour lesquels nous avons cm devoir procéder de la sorte :

1° Ceux où le nom de l’auteur n’est représenté que par des initiales;

2° Ceux où l’auteur n’est désigné que par des*""^.

3° Ceux où il est désigné par un qualificatif vague qui ne constitue pas une appellation ordinaire pour l’auteur (1).

Si ces ouvrages ne figuraient pas dans le Dictionnaire des anonymes il faudrait, et cela eût été indispensable si les Supercheries avaient été publiées seules, faire une table des titres. En les rappelant d’une façon sommaire, nous avions l’avantage de suppléer à cette table indispensable, de ne pas multiplier le nombre des nomenclatures, de ne pas trop défigurer le travail de Barbier, et enfin de lier d’une façon plus étroite les deux ouvrages par une série de renvois qui nous ont permis de supprimer les détails déjà donnés dans les trois premiers volumes.

Nous avons donc cité ces ouvrages, en renvoyant pour les notes aux Supercheries, et en supprimant tous les détails, excepté dans le cas où il nous a été possible de donner de nouveaux et utiles renseignements.

Cette édition a été tellement augmentée et modifiée que nous n’avons pas cru devoir faire précéder nos additions d’un signe particulier, comme il a été fait pour les Supercheries.

Les principales modifications apportées sont les suivantes :

1° Variétés d’orthographe ancienne pour le même mot initial réunies sous le mot tel qu’il s’écrit actuellement ; Advis = Avis = Cry = Cri.

Pour les articles historico-biographiques : Abrège de la vie de ; Eloge de; Histoire de; Vie de, etc., l’ordre alphabétique est établi d’après le nom qui forme le sujet du livre. Du reste ces noms ont été imprimés en caractères gras de manière à appeler l’attention.

3'^ Les titres dans lesquels entrent des articles avec élision sont placés avant ceux où

(1) Rien de plus commun que de trouver, même dans les meilleurs catalogues, des titres défigurés ou écourtés. En voici trois exemples ([ui prouvent combien il est utile de faire figurer ces ouvrages à leur titre dans le Dictionnaire des anonymes.

Ier exemple : Dictionnaire social et patriotique, ou précis raisonné des connaissances relatives à l’économie morale, civile et politique, par M. C. R. L. F. D. B. A. A. P. D. P., c’est-à-dire : M. C.-R. Le Fèvue de Beauvray, avocat au parlement de Paris. 1769 ou Amsterdam, 1770.

« La France littér. », de 1778, t. III, p. 44, donne ce titre en retranchant les initiales et en ajoutant le nom de l’auteur.

C’est en vain que vous cherchez dans les « Supercheries » à M. C. R. ou à C. R., etc., mais ouvrez la 2® éd. du (c Dictionnaire des anonymes », et vous trouverez ce titre sous le n» 3875, et comme cet ouvrage a reparu en 1774 sous le nouveau titre, toujours anonyme, de : « Dictionnaire de recherches historiques et philosophiques, vous rencontrerez ce titre sous le n® 3764.

2® exemple : Dans les deux éditions du « Dictionnaire des anonymes », l’on trouve ce titre : « les Souvenirs d'un homme de cour ». (Par M. de La Corse.) Paris, Dentu, an XIlI-1805, 2 vol. in-8.

Quérard s’est naturellement emparé de cet article, que l’on trouve dans les deux éditions des « Supercheries » sous « Homme de cour ». Mais ce titre, ainsi reproduit depuis 1806, est incomplet, car, après le mot cour, il faut ajouter : « ou Mémoires d’un ancien page, contenant des anecdotes secrètes sur Louis XV et ses ministres.., suivis dénotés historiques écrites en 1788, par ****’'„ Celui qui ayant cet ouvrage entre les mains, le chercherait dans la série des astéronymes, ne l’y trouverait pas, parce qu’il se trouve à « Homme de cour », (Juérard n’ayant pas eu le titre complet.

3« exemple : Correspondance deM. M**’'*” sur les nouvelles découvertes du baquet octogone, de l’homme baquet et du baquet moral, pouvant servir de suite aux Aphorismes. Recueillie et publiée par M. de p***** j******** B********. A Libourne et à Paris, 1785, in-32.

Ce titre, quoique reproduit inexactement et de diverses manières 1° dans la 2® édit, du « Dictionnaire des anonymes », 2® dans la (c France littéraire » de (Juérard, t. VI, p. 87, col. 1, 3“ dans la 2® édit, des « Supercheries », I, 426, a, et 4°, tout récemment, dans les « Notes bibliogr. pour servir à l’iiistoire du magnétisme animal », par A. Dureau, p. 66, sera toujours facilement trouvé au « Dictionnaire des anonymes. »

Mais ces mêmes inexactitudes montrent combien le procédé employé par (luérard dans ses « Supercheries » est difficile à suivre. Ce seul article l’a fait tomber dans (|uatre fautes :

Au t. 1, 426, e, au lieu de B,, il faut lire jî******** (Boisüelin).

Au l. 11, 2, b, il faut remplacer F par F'**** (Foktia).

Et même volume, 352, c,au lieu de J***, il faut j******** (.Jourgniac).

Eiiliu, meme vol., 1U12, f, ce n’est pas M*** que i)ûrte le titre, mais m***** (Mes.uer).

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il n’y a pas d’élision : Abrégé de l’anatomie, — Abrégé de l'institution, viennent avant Abrégé de la Bible, etc.

4° Nous avons cru devoir revenir sur l’exclusion des ouvrages dont les noms d’auteurs se trouvent dans les privilèges, épîtres, approbations, etc., presque tous les amateurs et les rédacteurs de catalogues continuant à citer comme anonymes les ouvrages de ce genre qui se trouvaient dans la première édition du Dictionnaire et qui avaient été retranchés de la seconde.

Nous observerons à ce sujet que nous avons vu un ouvrage dans lequel le nom de l’auteur se trouvait au milieu du volume, dans une note. Tous les bibliographes le citent comme anonyme et, le volume en main, il n’est pas sûr que l’on trouve le nom de l’auteur. Dans un autre cas, nous trouvons le nom de l’auteur dans une approbation placée également dans le milieu du volume. Nous multiplirions facilement ces exemples, mais nous croyons que ceux-là suffiront pour motiver la règle que nous avons adoptée, de citer comme anonyme tout livre dont Iç nom d’auteur n’est pas mentionné sur le titre.

Il ne me reste plus en finissant qu’à remercier tous les bibliothécaires et amateurs qui ont contribué à augmenter cette édition.

Mon frère m'a remis un certain nombre d’articles recueillis par lui et d’autres laissés par mon père.

M. Gustave Brunet, de Bordeaux, nous a envoyé de nombreux renseignements qui nous ont permis de compléter et de contrôler utilement nos recherches personnelles.

M. Poulet-Malassis qui a remplacé le regretté Pierre .lannet dans la surveillance de la partie typographique de notre publication, nous a fourni de nombreux renseignements sur la librairie moderne française et belge. Sa parfaite connaissance de la bibliographie littéraire, ancienne et moderne, nous permet de faire disparaître un certain nombre d’erreurs de notre travail et de celui de nos prédécesseurs.

Nous avons puisé de nombreux renseignements dans les ouvrages de J. -G. Brunet, de Quérard et de M. Otto Lorenz. Nous avons reçu des communications directes de MM. Benoît, conseiller à la cour d’appel de Paris, Ulysse Capitaine, le D'' Hoffmann, de Hambourg, A. Ladrague, de La Sicotière, d’Alençon, J. Ravenel, Maurice Tourneux, Van Doorninck et de beaucoup d’autres personnes dont nous avons autant que possible indiqué les noms lorsque nous avons pu profiter de leurs envois.

Nous avons indiqué par des initiales les noms des auteurs et des personnes (pue nous aurions dû répéter trop souvent à cause des nombreux emprunts que nous leur avons faits :

MM. Delecourt • J. D.

De Manne D. M.

Ulysse Capitaine Ul. C.

Ladrague A. L.

Van Doorninck V. D.

Les éditeurs se suivent et ne se ressemblent pas. Barrois l’aîné, éditeur de la seconde édition, relisait toutes les épreuves pour abréger arbitrairement les titres et supprimer des indications nécessaires que nous avons dû rétablir avec beaucoup de travail.

M. P. Daffisnous a laissé toute latitude à cet égard, c’est un hommage que nous devons lui rendre.

22 Janvier 1872.

Olivier Barbier.

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