‹ Dictionnaire des ouvrages anonymes (volume 4)Chapitre 11 sur 351 · NOTICE BIOGR 4PHIQUE. XVII · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGR 4PHIQUE. XVII

sincèrement ami des lettres et des lettrés. L'étude faisait son unique délice; il ne chercha jamais ailleurs ni délassement ni récréation. Quiconque s' annonçait comme occupé de quelque travail littéraire^ était certain de trouver à Tinstant, dans le savant bibliographe, empressement, conflance et facilité. Sa mémoire était, d'ailleurs, un répertoire non moins vaste et non moins bien ordonné que les nombreux établissements confiés à sa garde. Aucun fait bibliographique des temps modernes n'y était égaré; la plupart du temps, il possédait ou il avait vu les manuscrits, les autographes, les exemplaires d'auteur, de tout ce qui fait question ou anecdote dans la science bibliographique. JSous ce rapport, son entretien était aussi curieux qu'instructif (l).»

A la Restauration, M. Barbier conserva le titre de bibliothécaire du Conseil-d*Etat, sans traitement, et, au lieu del'emploi de bibliothécaire particulier du souverain, il eut celui d'administrateur des bibliothèques particulières du roi.

Ce fut à cette époque qu'il créa en quelque sorte^ sous les ministères de M. le comte de Blacas et de M. le comte de Pradel, la bibliothèque placée dans la galerie du Louvre (2), en réunissant la bibliothèque du Conseil-d'Etat à celle du prince» qui jusqu'alors avait été dans un local à part, et en les augmen-

(1^ Nous ajouterons ici un portrait du bibliographe, que M. Barbier a tracé dans T «Encyclopédie moderne:» de M. Courtin (tome IV, p. 391), et où il semble s'être peint luimême : « Le bibliographe digne de ce nom, sera celui qui, préférant les bons ouvrages à ceux qui ne sont remarquables que par leur rareté ou leur bizarrerie, aura puisé une véritable doctrine dans les meilleurs auteurs anciens et modernes, et saura communiquer aux personnes qui lui feront l'honneur de le consulter, les renseignements les plus capables de les bien diriger dans les études auxquelles elles voudront se livrer. Les recherches diverses dont il se sera occupé lui donneront en outre la facilité d'assigner à chaque ouvrage la place qui lui convient, ou de retrouver cet ouvrage dans une collection de livres, quelque nombreuse qu'on la suppose, pourvu qu elle soit rangée suivant l'ordre des matières. On n'apprécie pas assez ce talent, qui ne peut être que le fruit d'une immense lecture et de protondes méditations. En effet, les livres sont presque aussi multipliés aujourd'hui que les productions de Is nature, et comme le génie de l'homme, nécessairement borné, ne peut faire éclater, dans les sujets qu'il se propose de traiter, l'enchaînement et la régularité que l'on admire dans les diverses espèces d'êtres créés, le bibliographe doit éprouver, dans le classement des travaux de l'esprit, humain, plus de difficultés que n'en rencontre le naturaliste dans la classification des êtres. Un bibliographe tel que je le dépeins ici mérite aussi le nom de bibliophile, c'est-àdire an»ateur de livres, et il ne faut pas le confondre avec les bibliomanês^ qui ne s'attachent qu'à certains livres rares et chers, ni avec lesbibliotaphet, qui ne possèdent des livres que pour eux-mêmes, sans vouloir les communiquer à leurs amis. »

(9) -«-Cette bibliothèque, appelée alors Bibliothèque du cabinet du roi, et depuis Bibliothèque du Louvre, avait été transférée en 1860 dans le pavillon où elle a été entièrement brûlée au mois de mai iffli. On trouve des détails sur cet établissement et sur son fondateur, dans le tome II, page 371, de l'ouvrage suivant : c a Bibliographical, antiquarian and pieturesque tour in France and Germanj v, by Rev. Th. Fr. JJibdin. London, 1821, 3 vol. in^; et dans le tome 4 page 45 de la traduction de cet ouvrage, par Théod. Licquet, etG.-Â. Crapelet. Paris, 1825, 4 vol. in-8. A.-T. Barbier neveu, ancien secrétaire des bibliothèques de la Couronne, a donné dans cet ouvrage la traduction de la lettre zxxiii, spécialement consacrée à la bibliothèque du Louvre.

M. J.«R. Rathery a publié depuis :

c Notice historique sur l'ancien Cabinet du roi et sur la Bibliothèque impériale du Louvre. > Paris, Techener, 1858, in-8. (Extrait du « Bulletin du Bibliophile >.)

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tant considérablement. Par ses soins elle s'enrichit successivement de plusieurs collection» fort précieuses, et pendant les années 1816 à 1819, il en rédigea le catalogue, ainsi que ceux des bibliothèques des châteaiuc royaux. Peu de temps après, il forma en quelques mois une bibliothèque au minis^ tère de la maison du roi, et en lit également le catalogue.

Comme administrateur des bibliothèques particulièr«3s du roi, il eut à donner son avis et à faire des rapports sur la plupart des demandes de souscription qui furent adressées, de 1814 à 1822, aux différents ministres de la maison du roi. Il s'acquitta de ces fonctions avec la plus exacte impartialité. On saiti par exemple, qu'il procura une souscription très-avantageuse à la « Bibliographie universelle^ ]» quoiqu'il eût publié sur cet ouvrage un a Examen critique » assez sévère.

En 1819, M. Barbier s'associa à la rédaction delà «Revue encyclopédique, s Dans la même année» il se chargea de refaire ou de retoucher les notices littéraires des principales éditions et traductions de la collection des classiques latins, publiée par M. Lemaire. Tout en marchant sur les traces des Fabricius, des Heyne, des Oberlln, des Schwabe, et des Valpy^ il chercha surtout à donner sur les traductions françaises des classiques anciens des détails ignorés ou négligés jusqu'à ce jour^ et dans plusieurs de ces notices il redressa des erreurs ou des inexactitudes, reproduites dans des ouvrages d'ailleurs très-estimés.

En 1821, M* Barbier, qui depuis la publication de la première édition de son « Dictionnaire des ouvrages anonymes, )!> n'avait point passé un seul jour sans y faire des corrections et des additions très-considérables, en commença la réimpression, qu'il regardait lui-même moins comme une nouvelle édition que comme im ouvrage tout à fait nouveau.

Il faut lire, à la suite de cette Notice, le discours préliminaire, plein de détails curieux et instructifs sur l'histoire littéraire, pour avoir une idée des recherches et des travaux auxquels Tauteur s'est livré afin de donner à son dictionnaire toute la perfection désirable, travaux qui semblent avoir dû excéder les forces d'un seul homme. C'est dans l'avertissement de la deuxième édition qu'il se félicitait de Theureuse situation où il se trouvait depuis longtemps, à En me livrant, dit-il, à ma passion pour les recherches littéraires, je remplis une partie essentielle des fonctions dont je suis chargé. Quelles obligations n'ai-je donc pas à M. le marquis de Lanriston, ministre de la maison du roi, qui me fournit tous les jours les moyens d'accroître mes connaissances par les augmentations dont il enrichit le précieux dépôt confié à mes soins I »

Ce fut cependant peu de semaines après avoir donné ce témoignage public de sa reconnaissance, qu'au mois de septembre 1822^ par une décision de M

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