AVEC DES NOTES NOUVELLES
Peut-être croyait-il échapper ploa aiaémeiit par ce moyen k la satire liltéraire, qui épargne plif volontiers les écrits anonymes, parce que c'est toujours la personne et non l'ouvrage qui est le but de ses traits.
D'Alcmbert, « Eloge de Ifontesquien. •
§ L Nature tt objet de te Dictionnaire,
On appelle ouvrage anonyme celui sur le frontispice duquel Fauteur n*est pas nommé (1) : quelquefois le nom de Tau-
(1) Cette définition diffère de celle qui se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie, et elle ne donne pas même la juste idée que l'on doit se faire d'un ouvrage anonyme. Suivant l'Académie, le mot anonyme, appliqué aux ouvrages, se dit de ceux dont on ne connaît point l'auteur; et en effet telle est l'idée que l'on doit se former d'un ouvrage anonyme : cependant la définition que je présente est le résultat d'un travail fait sur une multitude d'ouvrages dont les auteurs, nommés dans Tintérieur, ne le sont pas sur les fron-
teur S9 trouve soit au bas d'une épître dédicatoire, soit dans une préface, soit
tispices. J'ai retranché beaucoup d'articles de ce genre dans la nouvelle édition de ce Dictionnaire; et autant qu'il m'a été possible, ils ne font pas partie des nombreuses additions qu'elle présente. Si je pouvais Atcr de mon ouvrage les articles de cette espèce qui s'y trouvent encore, il me resterait asses d'auteurs véritablement anonymes à dévoiler, et j'aurais la satisfaction de rnneuer le mot anonfftnê à sa signification la plus naturelle,
-f- Il nous a paru bon de revenir sur cette exclu Uon . un grand nombre d'amatenrt et de rédacteurs de catalogues continuant à regarder comme anonymes les ouvrages dont les titres ne portent pas de nom d'anteur.
DISCOURS PRÉUMINAIRE.
dans Fapprobation du censeur, soit dans le corps du privilège accordé pour Timpression. soit à la suite du même privilège. On pourrait donc distinguer différentes espèces d'ouvrages anonymes; mais Tusage est de les ramener toutes à une seule, et de s'en rapporter au frontispice pour la déterminer, .
Un ouvrage ps&udtm^e est celui dont le frontispice contient un nom qui n*est pas celui de son auteur. Il y a aussi différentes espèces d'ouvrages pseudonymes.
Les écrivains qui mettent sur le frontispice de l'ouvrage qu'ils publient le nom d'un auteur célèbre, doivent passer plutôt pour des imitateurs maladroits que pour des imposteurs. Beaucoup d'ouvrages de cq dernier genre ont paru vers le milieu du siècle dernier. « 11 pleut des Frérety des du MarsaiSy des Bolingbroke v, écrivait Voltaire à d'Alemberl eh 4766. Ceux qui mettent leur nom à des ouvrages qu'ils n'ont pas faits, se nomment plagiaires. Il existe beaucoup d'ouvrages qui, au lieu du nom des auteurs, ne contiennent que des termes appellatifs (i). Ainsi l'abbé Le Gros, chanome de la Sainte-Chapelle de Paris, a écrit contre J.-J. Rousseau, Court deliebelin et les économistes, sous la dénomination d'un solitaire; Condorcet, contre les « Trois Siècles » de l'abbé Sab attier de Castres, sous celle d'un théolo^ gien. L'illuminé Saint-Martin a publié plusieurs de ses ouvrages sous le nom du pkitosophe inconnu. Les « Aatecrrs déguisés » de Bailfët conlîetinent des détails curieux sur les pseudonymes en général, et en particulier sur les différentes espèces de termes appellatifs,
la dénomination d'anonymes et de pseudonymes s'applique aux auteurs comme aux éditeurs, aux ouvrages comme aux comme aux traductions.
La réputation d'un traducteur suffit souvent pour nous inspirer de l'intérêt en faveur de l'ouvrage traduit, parce que, dans tous les temps, des hommes de génie ont regardé la transmission des beautés d'une langue dans une autre, comme un des meilleurs moyens de perf»*ctionher leur goût et leur style. Fénéion avait traduit rOdyssée d'Homère et Virgile tout
(1) Ce sont cet appellatif* qui. considtirés par Qoérard commt Ae&tupercheriet, ont formé la plus grande parUe dei augmentations do sa 2* éd. — Il noos a paru cependant nécessaire de laisser anx anonymes les litres sommaires de ces articles, en renvoyant aux i Supercbertef « , ce qui permettra bien souvent de les retrouver plus facilement.
entier : combien n'at-on pas à regretter la perte de ce dernier ouvrage ? Parmi les traductions que nous possédons, beaucoup jouissent d'une réputation méritée ; les traductions forment donc une branche importante de notre littérature. La Croix du Maine, du Verdier, Charles Sorel, Baillet et l'abbé Goujet, nous ont laissé des détails précieux sur nos anciens traducteurs ; j'ai cru devoir marcher sur les traces de ces grands modèles.
Le nombre des éditeurs s'étant multiplié dans les deux derniers siècles, j'ai pensé que Thistoire littéraire devait recueillir leurs noms, d'autant plus quel'on doit à beaucoup d'entre eux des renseignements curieux sur les auteurs qu'ils ont mis au jour. Souvent aussi ils ont ajouté au mérite de l'ouvrage qu'ils avaient entrepris de publier ; tel est le Service rendu par l'abbé de Rothelin, ou plutôt par Le Beau, à !'« Anti-Lucrèce » du cardinal de Polignac.
Le nom d'un auteur, et les recommandations de ses amis, contribuent souvent, au moins pour le moment, au succès d'un ouvrage* L'expérience prouve cependant, surtout depuis que l'impression a multi-
Elié à l'inûni le nombre des livres, que de ons ouvrages, décorés du nom de leurs auteurs, tombent dans l'oubli. Un ouvrage anonyme est bien plus «xposé à cette fatale destinée ; s'il ontient au succès, 11 le doit à un mérite bien réel : c'est, dit ingénieusemen.tM. de La Lande, l'odeur de la violette qui s'élève du sein do l'herbe (1).
On ne peut nier que de bons écrivains n'aient dédaigné de mettre leur nom aux fruits de leurs veilles, et des sa vans distingués, que nous avons encore le bonheur de posséder, ont fait paraître presque tous leurs ouvrages sous le voile ae l'anonyme ; aussi, il me serait facile de prouver que dans toute bibliothèque composée d'ouvrages utiles, il en existe un tiers sans indication d'auteurs, traducteurs ou éditeurs. Les connaissances que l'on peut avoir d'ailleurs en bibliographie restent toujours imparfaites, si l'on ne cherche pas à dévoiler ces anonymes. Il suit de là, qu'un ouvrage où ces noms seraient révélés avec justesse, pourrait devenir d'un usage aussi habituel que les dictionnaires historiques ; malheureusement l'on a négligé ce ^enre tie recherches pendant le dernier siècle.
(1) Voyez le « Magasin encyclopédiques, {)remière année, t. V, p. 141.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
§ II. Causes et inconvénients de la négligenre mise, pendant le dernier siècle^ dans ta découverte des anonymes et pseudonymes.
J attribue cette négligence à ces mêmes ouvrages qui, vers le milieu du dernier siècle, ont mis les connaissances bibliographiques à la portée de tout le monde; je veux parier des catalogues de livres, rédigés par le célèbre libraire Martin, et surtout de la c Bibliographie instructive» par de Bure le jeune, ouvrage qui, malgré ses défauts, est encore consulté avec fruit.
Martin a fait connaître, en général avec beaucoupd*exactitude, les noms desauteurs qui ont publié des ouvrages anonymes ; mais les tables qui suivent ses catalogues ne contiennent aucune indication relativement aux ouvrages anonymes dont les auteurs ne lui étaient pas connus; ce qui est une imperfection réelle, puisque l'on peut avoir à chercher uh ouvrage anonyme, comme celui d'un auteur connu(I).
Quant à Debure le jeune, non-seulement il a omis les ouvra^^es anonymes dans la table volumineuse qui termine sa « Bibliographie, » mais il a mis peu de soin, dans le corps de son ouvrage, à faire connaître les auteurs anonymes dont les productions lui ont paru dignes d'être citées. Le même libraire a publié, dans le même état d'knperfection, son Supplément à la «Bibliographie instructive, » ou le Catalogue des hvres du cabinet de Gaignat, Paris, 1769, â vol. in-8. Ce n'est qu'au bout de quinze ans que ces omissions et ces négligences ont été réparées par M. Née de Ùl Rochelle, dans la « Table destinée à la recherche des livres anonymes qui ont été annoncés dans la Bibliographie instructive, et dans le Catalogue do M. Gaignat.» Paris,, 1782, in-8. Ce volume, qui forme le dixième de la a Bibliographie instructive, » m'a été utile dans la composition de ce Dictionnaire. J'indique plusieurs anonymes qui ont échappé aux recherches de l'auteur, et (luelques erreurs dans lesquelles il est tombé.
ie dois dire ici que, dès 17.^3, Jacques Barrois, père des libraires de ce nom, avait fait sentir, dans la table du Catalogue des livres de Giraud de Moucy, combien était utile l'indication des ou-
{\)-^lAig litiM des ouvrages anonymesonl égademcnl été omis dans les tables de l'ancien calalogne de le BiblioUièqae da roi.
vrages anonymes. Il a rédigé dans les mêmes principes, en 1763, la table de son excellent Catalogue de la Bibliothèque du médecin Falconet. Ce savant libraire a donc misses confrères dans la bonne voie. Aussi, dès 1766, M. Musier indiqua-t-ij avec exactitude, les ouvrages anonymes, dans la table du Catalogue de Sénicourt. Depuis cette époque à peu près, M. do Bure l'aîné s'est conformé à cet usage, à cette différence près, au'il a fait une table particulière pour les ouvrages anonymes.
Envisageons maintenant les inconvénients qui résultent de la négligence dont j'ai tâché d'assigner la cause.
Dans le temps où la littérature était cultivée avec soin dans toutes ses parties, les meilleurs écrivains ne dédaignaient pas d'indicjuer les auteurs anonymes; le « Traité des Etudes » de Roliin, m'en a fait connaître plusieurs, entre autres J. Heuzet, auteur de l'excellent ouvrage intitulé : « Selectae è profanis scriptoribus historiée » (1). A mesure que les études ont dégénéré, l'ignorance de l'histoire littéraire s'est fait remarquer dans les ouvrages môme où cette connaissance est le plus nécessaire. C'est ainsi que, dans son < Examen des observations sur la littérature, » etc.. 1779, in-8, l'abbé Lenoir- Duparo, ex-jésuite, et dernier professeur de rhétorique de cette société, au collège de Louis-le-Grand, conseille la lecture de sept ou huit ouvrages anonymes sur l'art militaire, sans en nommer 1^ auteurs qu'il lui eût été facile de connaître en ouvrant c la France littéraire. »
Les ouvragesdu célèbre La Harpe ne sont pas exempts de ce défaut. Il a non-seulement omis le nom des auteurs anonymes, mais il a attribué plusieurs ouvrages à des écrivains qui n'en sont pas les auteurs. C'est ce que je crois avoir prouvé par mon c Examen » de plusieurs assortions hasardées par ce littérateur, dans la dernière partie de son Cours de littérature, qu'il appelle «Philosophie du dix-huitième.
(l)Bayle a consacré le soixante- sepUème chapitre de son ouvrage intilulé : « Réponse aax Questions d'un provincial a , à la découverte des auteurs anonymes et pseudonymes dont la connaissance avait échappé à Placcius. On lui doit aussi une lettre supplémentaire h l'opuscule de Decker, « De scriplis adespoiis ». lia dévoilé beaucoup d'écrivains anonymes dans ses « Nouvelles de la République des lettres « et dans sa correspondance particulière.
Charles-Etienne Jordan, dans son « Histoire d'an voyage lilléraire fait en 1733 t. La Haye, 1735, petit iu-8, fait connaître environ trente écrivains anonymes ou pseudonymes. N. N.
DISCOURS PRÉLIMINÂIUE.
siècle. » Vovez le « Magasin encyclopédique, mai i805, et surtout mon a Nouveau Supplément au Cours de Littérature de La Harpe», Paris, Barrois rainé, 1818, in-8. Un article (1) de ce Dictionnaire contient la réfutation d'une nouvelle erreur qui avait échappé à mes premières rectierches.
La « Correspondance littéraire » du même auteur, renferme plusieurs fautes gravesde la même espèce. Dans une courte notice sur Tabbé de La Porte (voy. le t. IH, p. 45), La Harpe présente ce fâsond écrivain comme auteur de V « Esprit de Marivaux, » et de celui de < Fontenelle ». Ûabbé de La Porte n*a publié ni Fun ni l'autre de ces deux ouvrages : le premier est de Lesbros, de Marseille ; le second de Prémontval, de l'académie de Berlin.
Le ^ brumaire an X, 13 novembre 1801, M. Buache alu, à Tlnstitut national, d'excellentes observations sur « l'Anonyme » de Ravenne (2), dont la géographie a été publié en 1688, in-S, par le P. Percheron, bénédictin. Mais depuis plus de 60 ans, cette géographie ne peut plus ôtre considérée comme anonyme. Une dissertation que Muratori a insérée dans le tome dixième de ses c Historiens d'Italie, » et qui a pour auteur le P. Beretta, bénédictin, tend à prouver que l'anonyme de Ravenne était un prêtre de ce lieu, nommé Guido, qui vivait dans le neuvième siècle, et non pas dans le septième, comme le prétend le P. Percheron, Les conjectures de Beretta ont passé pour des preuves sans réplique aux yeux de J. Albert Fabricius, qui donne un article à Guido, dans sa a Bibliothèque latine du moyen âge, » et à ceux du savant père Âudiffredi,
Sii, dans l'excellent catalogue de la Biiothèque Casanate (3), indique sous le nom de Guido, la Géographie anonyme publiée par le P. Percheron.
Les auteurs de la « Statistique générale et particulière de la France; » Paris, Buisson, an XII, 1804, 7 vol. in-8, attribuent à Ânquetil, auteur de l'a Esprit de la ligue, » 1 ouvrage intitulé « Esprit de la Fronde, » qui est de Mailly, professeur à Diion. Les mêmes écrivains disent que M. de Sainle-Croix a publié des « Disser-
(1) Voyex dans celte nouveUe édition, roavragecommeoçant par ces rooti : c Relatioo de l'Ile de Bornéo....» N. N.
(S) Voy. ■ Soperchecies ». I, 359, a.
(3) Bii>liotb6qae léçaée par le cardinal Casanate, aocten bibliolliécaire du Vatican, an couvent de la Minerve des DomiDÎcatns à Rome.
talions latines ». Ils se trompent ; à moins qu'ils n'entendent parler des notes aue ce savant a fournies à Oberlin, pour l'édition de Vibius Sequester; Strasbourg, 1778,
J'attribue aussi à la négligence que l'on met trop généralement à découvrir les auteurs qui se cachent, la méprise çiue j'ai remarquée dans la a Table analytique et raisonnée des matières contenues dans les soixante-dix volumes des Œuvres de Voltaire (édition in-8, dite de Beaumarchais), par M. Chantreau.Le mot por/af t|^ est indiqué dans cette table comme le titre d'un libelle de l'abbé Destrées. Â l'endroit où M. Chantreau renvoie. Voltaire s'exprime ainsi : « Un abbé Destrées, jadis confrère de Fréron, a donné un Portatif au procureur général » ; ce qui signifie que l'abbé Destrées a remis ou dénoncé au procureur général le « Dictionnaire philosophique portatif » de Voltaire. [M. Chantreau pouvait aiâéments'assurerque l'abbé Destrées n'avait fait aucun ouvrage sur le frontispice duquel se trouvât le mot Portatif.
§ m. Principaux ouvrages sur les anonymes et pseudonymes.
Jusqu'à ce jour, les étrangers ont mieux senti que nous la nécessité de faire connaître les noms des écrivains anonymes et pseudonymes (I).
Dès le moment où les savans de France eurent fait une science de la bibliographie, c'est-à-dire dans le temps que Naudé, déjà connu par la publication du catalogue systématique des livres de la bibliothèque
(i)De nos jours encore ce sont les Allemands qni ont bien voula nous donner le détail de nos richesses littéraires. M. Reinvald a publié tous les ans, depuis i858, le « Catalogue gi^néral de la librairie française » oii se trouvent classés dans nne seule série alphabétique, sous les noms des auteurs ou sous l«s titres, pour les anonymes, tous les ouvrages de quelque valeur publiés en français, tant en France qu'à l'étranger. Le Catalogne de chaque année est terminé par une table méthodique. — M. Otto Lorenz, qui a été employé chez M. Reinwald, nous a donné le « Catalogue général de la librairie française», 4840-1865, ouvrage utile et consciencieusement faiidontrimpression fait infiniment d'honneur à la maison veuve Berger-Levrault de Strasbourg. — Plus récemment encore un libraire portant le nom français de Morin, mais qui, né à Berlin vers 1828, est mort à Paris en 18Câ. avait entrepris de publier c la Littérature moderne », 1850 à 18G0. ou Dictionnaire complet de tous les livres français. Il n'a {Miru que trois livraisons qui s'arrêtent au mot CtMuvel.
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de Fabbé de Cordes, formait la blbliothè- (jue Mazarine ; que les frères Dupuy et Ismaël Boulliau /"BuUialdusJ rédigeaient le catalogue de la riche bibliothèque fondée par Jacques-Auguste de Thou l'historien.
Vincent Piaccius, jurisconsulte et professeur à Hambourg, s'occupait avec zèle de la découverte des anonymes et des pseudonymes. Il publia en 1674, son « Thea- Irum anonymorum et pseudonymorum. »
Ce n'était alors qu'un petit volume in-4> dans lequel Fauteur dévoilait quinze cents écrivains tant anonymes que pseudonymes. Mais, dans la suite, soit par ses propres recherches, soit par le secours de plusieurs sa vans, il augmenta considérablement sa collection. On voit, en effet, près de six mille auteurs tant inconnus que déguisés, dans l'édition do son ouvrage, donnée après sa mort, par Dreyer, avec ui^e préface de J. -A. Fabricius, Hambourg ^ 1708, in-fol. Il ne se trouve dans ce nombre qu'environ mille écrivains français, les recherches de l'auteur s'étant étendues sur des ouvrages écrits en allemand, en hollandais, en anglais, en italien et en diverses autres langues.
En 1690, notre savant Adrien Baillet publia ses « Auteurs déguisés.» Ce n'était qu'un traité préliminaire qui devait être suivi du a Recueil des auteurs déguisés. i> 11 le termina par une liste purement his- . torique de son recueil. Mais il mourut en 1 706, sans avoir exécuté son grand projet et ne laissant qu'une préface. Elle contient, à la vérité, des recherches aussi curieuses que variées. Mon Dictionnaire indique plusieurs anonymes sur lesquels on n'avait que des notions vagues du temps de Baillet, entre autres le donatiste Tichonius, qui , depuis la savante dissertation do Fabbé Morel sur «l'Ambrosiaster», c'està-dire depuis 1 762, est regardé comme l'auteur des a Commentaires sur les Epîtres de saint Paul,» faussement attribués à saint Ambroise. Baillet n'a pas même placé Tichonius parmi les cinq auteurs à qui, de son temps, l'on attribuait ces Commentaires.
Le savant La Monnoye a relevé plusieurs fautes commises par Baillet, relativement aux pseudonymes ; mais il n'a rien dit do l'article concernant le président Claude Fauchet, que Baillet présente faussement comme s'étant déguisé sous le nom de Pyrame de Candole. 11 est probable que son erreur a été occasionnée par l'article de la « Bibliothèque françoise » de Charles Sorel, où il est dit que la traduction deTacite, par Claude Fauchet, parut sous le nom de Pyrame de Candole. Les exemplaires
que j'ai vus, sont anonymes (1). D'ailleurs Sorel donne seulement à entendre (jue Pyrame do (!^ndole avait publié une editi 6n de la version de Tacite, par Fauchet, ce qu'il avait déjà fait pour la traduction do Xénophon, par de Seyssel, En annonçant cette édition de la traduction française des « Œuvres de Xénophon, » je donne, sur Pyrame de Candole, des détails qui sont peu connus.
Je crois avoir découvert un pseudonyme dont Baillet ne parle pas, et qui a donné lieu à de fréquentes méprises jusqu'à ce jour. C'est le traducteur de Xiphi lin, Antoine de Bandole, nom imaginaire que prit Jean Baudoin, en arrivant à Paris, et qu'il mit en tôte de deux ouvrages. Les erreurs commises à ce sujet consistent en ce que Ton a dit et répété au'il avait paru, en 1610, deux traductions ae Dion Cassius, l'une par Jean Baudoin, et l'autre par Antoine de Bandole. En comparant, à la bibliothèque de l'Arsenal, un exemplaire portant le nom d'Antoine de Bandole, avec un exemplaire anonyme, connu pour être de Jean Baudoin, je me suis assuré que c'était la même édition de la même traduction de Xiphilin, abréviateur de Dion Cassius. L article de mon Dictionnaire relatif à l'a Histoire de Dion Cassius, D.... présente d'autres détails sur ce sujet.
Je reviens à l'ouvrage de Piaccius. Il se répandait dans la république des lettres, malgré les défauts qu'y remarquaient les savants. On reprochait à l'auteur de n'avoir pas suivi l'ordre alphabétique dans Tindication des ouvrages; d'avoir noyé, pour ainsi dire, ses anonymes et pseudonymes dans un déluge de citations; enûn, d'avoir traduit en latin les titres des ouvrages français, au lieu de les présenter dans leur propre langue. On avait aussi remarqué la multitude de fautes de tout genre qui défigurent cet ouvrage. Les omissions de l'auteur n'étaient pas moins nombreuses. En 1740, Jean-Cnristophe Mylius, bibliothécaire d'Iéna, publia un supplément à l'ouvrage de Piaccius ; il s'est borné aux ouvrages allemands, latins et français. Ses découvertes s'élèvent à trois mille deux cents articles, dont mille sept cents français. L'ouvrage de Mylius étant rangé par
(i) Ce sont les ôdilions imprimées à Paris, 1583, in-fol., 1583, in-4; i584, in*8. Après avoir rcra el amendé celle traduction en infinis paesa^es, Pyrame do Candole en donna une édition à Genève en 1504, in-8. Elle a été reproduite à Anvers en 159G, et à X>outi/co 1600, in-8. N. N.
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ordre alphabétiçiue, il est plus aisé à consulter que celui de son prédécesseur. Il présente aussi moins d'incorrections et moins de citations (1).
Vers le milieu du dernier siècle, l'abbé Bonardi, docteur et bibliothécaire de Sor* bonne, qui a aidé le P. Desmolets, dans la « Continuation des mémoires de littérature, > se livrait avec ardeur à la composition d'un dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes.il est mort en 1756, à l'âge de 64 ans, sans l'avoir publié. Avant la révolution de 1789, son manuscrit était conservé au séminaire de Saint-Irénée de Lyon ; il est sans doute perdu depuis les troubles qui ont agitécette grande ville, et c'est inutilement que j'en ai demandé des nouvelles à des personnes qui eussent pu en avoir la communication.
Il parut à Paris, en 1758, une « France littéraire », rédigée en partie par l'abbé de La Porte, sur le plan qu'avait donné Duport-Dutertre, en 1751, dans son c Almanach des beaux-arts ». On y inséra la liste alphabétiaue des ouvrages connus des auteurs : elle était suivie d'une autre liste indiquant les ouvrages anonymes.
Cet ouvrage eut trois suppléments,*^ jusqu'en 1763 inclusivement.
Le succès qu'obtint ce livre, détermina le libraire à en annoncer une nouvelle édition, très -augmentée, pour l'année 1767; elle ne parut qu'en 1769, mais c'était^ pour ainsi dire, un ouvrage nouveau, et l'on est redevable à l'abbé d'Hebrail, plus qu'à l'abbé de La Porte, des augmentations qu'il contient. Sur 6,000 ouvrages, environ, annoncés dans le catalogue alphabétique du tome deuxième, il s'en trouve au moins 3,000 tant anonymes que pseudonymes. Malheureusement aucun signe particulier ne distingue ceuxci d'avec les autres, et d'ailleurs, la comparaison que j'ai faite des titres avec les frontispices mômes des ouvrages, m'a fait voir qu'un grand nombre de ces titres sont tronques, c'est ainsi que r« Instruction théologiaue en forme de catéchisme » , par Osmont au Sellier, est indiquée sous
(1) On letroave dans soa oBYrage, avec d'utiles augmentaliODS, rexcelle&le dissertation d'Heuman sur les ( Vivres anonymes el pseudonymes », publiée pour la première fois en 1711. Les noms de ces auteurs sont lon^urs citéa^ avec 61oge; l'ex-jâsuite de Valois a UottbU maladroitement ce concert dans un discours ior les • Anonymes», où l'on rencontre d'ailleurs de justes réflexions. Voyea son i Recueil da dissertations littéraires ». NanUt, 1766,in-8,p. 245. U yaquaUo tintei d'iiBpr«stion dans les cinq dobi qu'Ucila, N. N.
le titre de « Cathédiisme > ; de même € l'Amitié après la mort , contenant les Lettres des morts aux vivants », ouvrage traduit de l'anglais, de M"*« Rowe, figure sous le titre de « Lettres des morts aux vivans ». Beaucoup de titres ne sont suivis d'aucune date; ceux-là sont souvent imaginaires. Je considère comme tels les « Lettres littéraires sur divers sujets, » «. d. , 2 vol. in-lS, et les a Mémoires historiques et curieux »* aussi «. ci., 2 vol« in-lz, indiqués sous le nom de l'aJ^bé de La Roche, connu par l'édition qu'il a donnée des c Maximes » de La Rochefoucauld, avec des notes. L'auteur a peut-être voulu parler des « Lettres curieuses sur divers sujets », Paris, 1725, â vol. in-12, attribuées à un nommé Duval (1), dans le Catalogue de la Bibliothè(]ue du roi. J'ai indiqué dans mon Dictionnaire plusieurs autres fautes du môme genre. L'on ne trouve pas dans ce volume le catalogue des ouvrages anonymes annoncé dans l'avertissement qui précède le tome premier. Cette omission est à regretter, car les éditeurs des suppléments qui ont paru en 1778 et 1784, eussent sans doute trouvé dans ce catalogue beaucoup d'ouvrages dont les auteurs étaient connus depuis 1769, et celui qu'ils nous ont transmis en serait plus satisfaisant. £n général, ces deux suppléments sont très-inférieurs aux deux premiers volumes. J'ai remarc^ué dans le môme avertissement une omis* sion répréhensible, relativement aux savants qui ont communiqué des articles aux premiers éditeurs ; ceux-ci avaient proclamé avec reconnaissance les noms de l'abbé Saas, connu par ses critiques du Catalogue de la Bibliothèque du roi, du Dictionnaire de Ladvocat et des sept premiers volumes de l'Encyclopédie, etc. ; de D. Grerou, bénédictin, qui a laissé une Bibliothèque des auteurs Orléanais; de l'abbé Sepher, bibliographe renommé ; du P. Roset, dominicain, qui avait envoyé la notice de tous les écrivains de la Franche- Comté : puisque les nouveaux éditeurs ont proQté aes recherches et des renseigne ments de ces hommes laborieux, ils devaient en perpétuer le souvenir par une mention expresse.
M. Ërsch, bibliothécaire de l'université d'iéna, a copié dans « la France littéraire», imprimée à Hambourg depuis 1797 jusqu'en 1806, et composée aujourd'hui
(1) J'ai découvert plusieurs ouvrages anonymes de cet auteur. Voyes son article dans mon « Examen critûioa des Dicdonnairef hitloriques p. N. N.
DISœURS PRÉLIMINAIRE.
de 5 volumes, toutes les fautes de celle de Paris, et il y en a ajouté de bien plus graves ; telle est la confusion des auteurs les uns avec les autres : par exemple, il prend Ribaud de La Chapelle pour Besset de La Chapelle; le marquis de Guasco pour l'abbé de Guasco ; M. André, bibliothécaire de d'Ag:uesseau, pour Tabbô André, instituteur du comte Desfours à Prague, auteur d'une « Histoire de Bohème » ; Elle Bertrand, né en Suisse, pour M. Bertrand né à Besançon ; Tabbé Champion de Nilon pour Tabbé Champion de Pontalier ; le ministre Calonne pour M. de Calonne, cultivateur des en virons de Paris ; Tavocat Dumont pour Dumont l'architecte; M. l'abbé Jacquemont, ancien chef de division au ministère del'intérieur, pour l'abbé Jacquemont du Valdahon, etc., etc., etc. Ces fautes, qu'il était bien difficile à un étranger d'éviter, ne m'empêchent pas de rendre justice au zèle et aux connaissances de ce savant, qui est aujourd'hui professeur de l'université de Halle.
Cest d'ailleurs cet estimable bibliographe qui a ranimé mon goût pour les recherches relatives aux anonymes et pseudonymes, par l'invitation c]u'il a faite aux littérateurs français de lui communiquer des remarques sur son ouvrage; il trouvera dans mon dictionuaireles articles que j'avais d'abord eu dessein de lui envoyer.
Je déclare encore que l'ouvrage" do M. Ersch a souvent facilité mes recherches et mes vérifications. Des litres qu'il n'a indiqués qu'imparfaitement m'ont cependant mis à mémo de découvrir de véritables anonymes ; c'est ainsi que les mots: « Histoire de la barbe de l'homme », 177.., dans l'article de D. Fange, m'ont désigné l'auteur des « Mémoires pour servir à l'histoire de la barbe de l'hommo ». Liége^ Brenearty i774, in-8.
On trouve dans le troisième volume du u Dictionnaire bibliographique», connu sous le nom de Cailleau, quoiqu'il ait été composé par Tabbé Duclos, amateur do livres, mort vers 1790, un petit a Dictionnaire de livres rares, dont les auteurs ne sont pas connus ». Le seul énoncé du titre prouve que Fauteur s'est attaché aux livres rares ; aussi, ne parle- t-il point des livres utiles. Quant aux raretés, il n'a pas connu les auteurs de la plus grande partie de celles dont il fait mention. Mon dictionnaire indique beaucoup de noms qu'il ignorait.
Quelque incomplet que soit le dictionnaire des anonymes de l'abbé Duclos, il a son utilité; et M. Fournier, qui s'est donné la peine de réduire en un volume
l'ouvrage entier, y compris le supplément de M. Brunet fils (1), devait bien ne pas omettre la partie des anonymes, d'autant moins qu'il a reproduit toutes les fautes de ses modèles.
Tels sont les principaux ouvrages qui ont été composés exprofuso sur la matière que j'ai traitée.
|:i IV. Nécessité dun nouvel ouvrage pour faciliter la découverte des anonymes et des pseudonymes.
La nécessité d'un nouvel ouvrage destiné à faciliter la recherche des écrivains anonymes et pseudonymes, est sentie depuis longtemps ; la plupart des bibliothécaires de Pans se sont aonné la peine d'écrire de leur main sur le frontispice des ouvrages anonymes contenus dans les bibliothéoues confiées à jeurs soins, les noms aauteur» qu'ils ont pu découvrir ; j*ai vu nombre d'ouvrages enrichis de notes de cette nature, dans les dépôts lit • téraires nationaux où ont été transportés, à l'époque de la révolution, les bibliothèques des ^établissements supprimés. Les savans les plus distingués de nos derniers temps ont pris les mêmes soins pour leurs bibliothèques particulières. Je m'en suis également convaincu, en jetant les yeux sur des ouvrages anonymes qui leur avaient appartenu .; tels étaient les livres provenant des bibliothèques de MM. Sepher, Beaucousin, Mercier-Sain t-Léi;er, Godescard, Anquetil-Duperron etVilloison (â).
""La dispersion ;des anciennes bibliothèques et la vente des cabinets particuliers ont fait évanouir ces recnerches précieuses. Elles sont entièrement perdues pour nous. D'un autre côté, on 'ne remarque plus dans les catalogues de livres qui se publient aujourd'hui, la connaissance des auteurs anonymes et pseudonymes qui distinguait les Martin, les Barrois, les Née de la Rochelle, etc. Cela vient en partie de ce que, depuis environ dO ans, on a préféré les livres rares et curieux aux ouvrages véritablement utiles.
(i) Voyez le « Dictionnaire portatif de bibliograpliiej». par F.-I. FoDRNnsR, Paria, cft^s Fournier frère» ^ 1805. in-8 ; — nouvelie édition, 1809, tn-8. Cet ouvnçe n'est remarquable que par une exécution typographique attei élégante.
(2) Je puis joindre à ces noms plus ou moins célèbres celui de l'abbé Morellet, dont la nombreuse bibiioUièqnd a été vendue en 1810*
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
D'nprès tous ces détails, j*ai dû penser que le dictionnaire que je publie aujourd'hui, était devenu d'une indispensable nécessité.
Un ouvrage de cette nature peut seul empêcher de confondre les masques qu'un auteur a pris pour se déguiser, avec les personnes cachées sous ce déguisement, ou avec celles qui n'y ont jamais pensé .
Nous avons deux exemples assez récens de méprises de cette espèce. M. Thoriilon, ancien procureur, ayant envie de publier des vues nouvelles sur les finances, crut devoir se déguiser, en 1787.
sous les noms de Th. Minau de la Mis- TRiNGUË. La tournure singulière de ces noms pouvait donner lieu à quelques réflexions plaisantes : aussi les auteurs du « Petit almanach de nos grands hommes»
ne manquèrent-ils pas de s'amuser aux dépens du nouveau financier. Ce qu'il y a de risible, c'est qu'ils ont pris un nom masqué pour un nom réel ; il n'est point du tout étonnant que M.Ersch ait partagé leur erreur ; mais notre compatriote Desessarts a su se garantir de ce piège.
Si en 1786, époque à laquelle Jean Senebier écrivait son « Histoire littéraire de Genève », il eût existé un Dictionnaire des pseudonymes, le savant bibliothécaire n[eût pas placé, dans son article « Bourdillon », 1 ouvrage intitulé : a Essai historique et critique sur les .dissentions des églises de Pologne ». publié par Voltaire. en 1767, sous le nom de ce pasteur.
^ Les bibliothécaires en général sont intéressés à la publication d un dictionnaire tel gue celui-ci ; car je sais, par mon expérience, qu'ils doivent quelquefois se trouver embarrassés lorsqu'on leur demande des ouvrages sous le nom d'un auteur qu'ils ne connaissent pas.
§ V. Travaux auxquels je me suis livré avant la composilwn de mon dictionnaire ^ et motifs qut m'ont déterminé à le faire imprimer.
La bibliographie et l'histoire littéraire ont toujours été l'objet plus ou moins direct de mes études. Ayant été chargé pendant six ans, soit en qualité de mem- Dre de la commission temporaire des arts, adjointe au comité d'instruction publique de la Convention nationale, soit comme membre du conseil de conservation des objets de sciences et d arts dans le ministère de l'intérieur, de diriger les travaux qui s'exécutaient dans des dépôts littéraires nationaux, j'ai pu facilement con<
sulter. vérifier et comparer entre eux les ouvrages les plus divers et les plus curieux.
Obligé de livrer à Timpression le catalogue de la bibliothèque au Conseil-d'Elat, j'ai eu le soin de nommer la plupart des auteurs des ouvrages anonymes et pseudonymes qui en faisaient partie. Ce c^talo^ue, sorti en 1803 des presses do l'imprimerie du gouvernement, parait avoir obtenu, malgré ses imperfections, le suffrage des amateurs tant nationaux qu'étrangers.
Je puis dire ici qu'outre l'indication de beaucoup d'anonymes et de pseudonymes, il renferme un bon choix d'ouvrages précieux et surtout utiles dans tous les genres de connaissances.
Le plan conçu en 1805, pour l'embellissement intérieur du château des Tuileries, nécessita la démolition du local où était placée la bibliothèque du Conseil-d'Etat. J'ai profité du loisir forcé que me donnait cet événement, pour réunir et mettre en ordre les notes et renseignements que j'avais recueillis depuis longtemps; c'était une occasion de compléter, autant qu'il était en moi, les découvertes consignées dans le catalogue de la bibliothèque du (Conseil-d'Etat ; j'étais aussi encouragé par l'idée que ce travail me serait utile pour le « Nouveau dictionnaire historique » qi^ j'ai entrepris de publier, car, il faut l'avouer, celui que nous connaissons, souvent augmenté, jamais corrigé, roule depuis une quarantaine d'années sur le môme fonds d'erreurs et de méprises (\). J'ai parlé, dans la préface du catalogue de la bibliothèque du Conseil-d'Etat, d un ouvrage du môme genre que celui que je publie aujourd'hui, et dont s'occupe depuis plusieurs années M. Van Thol, hollandais, ancien conservateur du dépôt littéraire do Saint-Louis-ia-Culture. Les retards qu'il a mis à sa publication ont aussi contribué à la détermination que j'ai prise de livrer à l'impression mes recherches particu-
(1) L'impossibilité de rédiger ce DicUonoaire avec les soins qu'il exige et l'indépendance de caractère que mes lecteurs ont droit d'attendre de moi, m'a réduit à faire sealemeni la revue des ouvrages de ce genre publiés dans le xviii« siècle et dans ces derniers temps. Voyez le tome I*' de mon c Examen critique des Dictionnaires historiques les pins répandus i, Paris, liey et Gravier, 1820, in-8. Je m'occupe avec zèle de la composition du second et dernier volume de cet ouvrage, qui paraîtra trois mois après la publication de la dernière livraison de la i Biographie univer'selle. 9 N. N.