Ce second volume n'a pas été publié
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
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lières; lorsque M. Van Thol a su que mon ouvrage était sous presse, il a cru devoir prévenir le public, par la voie des journaux, qu'il s'occupait de la recherche des nomâ des auteurs français qui ont publié des livres anonymes ou pseudoymes en français, et cela pour conserver son droit de priorUé, M. Âmoreux, médecin de Montpellier, que je n'ai pas l'honneur do connaître, lui a très-bien répondu ^ans la « Revue philosophique » du i" novembre 1806, qu'on ne sait trop en quoi peut consister ce droit de priorité. D'ailleurs, M. Van Thol, d'après son propre aveu, ne s*est occupé que d'ouvrages composés en français ^'dr des Français. Ainsi il ne doit parler ni des étrangers qui ont écrit en français, ni des traducteurs, ni des éditeurs. Son ouvrage aura donc seulement, suivant ses expressions, en quelaue partie, quelque analogie avec le mien (i).
§ VI. MétlMde guej'ai suivie dans la rédac tion de ce Dictionnaire,
J'ai eu à choisir entre les deux principales méthodes employées jusqu'à ce jour pour l'indication des ouvrages anonymes.
^ La première consiste à suivre scrupuleusement les premiers mots de chaque titre ; la seconae à choisir le mot principal du titre, c'est-à-dire celui qui fait le mieux connaître le sujet de l'ouvrage,
La première est la plus simple et la plus sûre; elle n'expose à aucune erreur ni le rédacteur d'un catalogue, ni les personnes ' qui le consultent. Pour en faire sentir le mérite, il me suffira de dire qu'elle a été adoptée par le P. Audiiïredi, dans le magnifique catalogue de la bibliothèque Casanate. Il est à regretter quece chef-d'œuvre de bibliographie n'ait pas été achevé, et finisse avec la lettre I au quatrième volume qui parut en 1788. Le premier fut publié en 1708 ; si MM. les conservateurs actuels de cette bibliothèque ont le courage de le terminer, ils rendront à la ré-
(1) La miavaise santé de M. Van Thol, qui tonrlic à sa qnalre-vinglième année, l'empêchait depuis long^temps de compléter ses recherches snr les écrivains anonym«s et pseudonymes ; je l'ai fait prier par M. Barrois, son ancien ami, de m'ahandonner ses matériaux, à condition que je ferais suivre des lettres initiales de son nom les articles que j'y puiserais. M. Van Thol ayant accepté celte proposition, on trouvera dans la nouvelle édition de ce Dictionnaire, un nombre assez considérable d'articles snivis des lettres V. T. Il y en a de fort cnrienx. N. N.
publique des lettres un service inappréciable.
Les bibliographes qui ont suivi la seconde méthode ne sont point d'accord avec eux-mêmes ; ilss'attachent tantôt aux premiers mots des titres et tantôt au mot principal.
J'ai donc dû préférer la première méthode, et j'ai tâché de la suivre dans toute son exactitude et dans toute son étendue (1). Cependant, pour ne pas entrer dans des détails suggérés ordinairement par des raisons particulières aux auteurs ou aux libraires, je me suis contenté d'ajouter aux cinq ou six premiers mots de chaque titre ceux qui donnent une idée suffisante de l'ouvrage ; mais j'ai presque toujours cité le lieu où il a été imprimé, le nom du libraire, la date de l'impression, le nombre des volumes et leur format (2). La réunion de ces éléments est nécessaire pour faire connaître un ouvrage, surtout lorsqu'il est anonyme. Les biblicj^raphes qui en omettent plusieurs, ressemblent aux mathématiciens qui, dans les traités d'algèbre, donnent l'énoncé de plusieurs problèmes sans y ajouter le résultat des solutions. Un titre vaguement indiqué est en effet un vrai problème à résoudre.
Je me suis un peu écarté de l'ordre alphabétique des titres, lorsqu'il s'est agi d'annoncer les éloges des personnes distinguées par leurs vertus ou par leurs lumières,, parce qu'il m'a semblé que, dans ce cas, l'ordre essentiellement alphabétiaue était celui des personnes louées, et cela pour éviter la désagréable bigarrure qu'eût mise dans cette liste la diversité oui règne sur les titres de plusieurs éloges a une môme personne.
Ma méthode rendra l'usage de ce Dictionnaire aussi simple que facile. En eflet, c^uand désirons-nous savoir le nom de 1 auteur d'un ouvrage anonyme? c'est
(i)-}- Nous avons cra devoir faire ici une modification au classement adopté dans la 2* édition. L*auteur avait classé d'après l'orthographe du titre, de sorte que lo même ouvrage, selon l'exactitude de la transcription on la date de l'édition, pouvait se trouver placé par exemple à adventure* ou à aventures. Nous avons, dans ce cas, tout en transcrivant les titres avec toute l'exactitude possible, classé les ouvrages d'après l'orthographe usuelle.
(2) -|- Beaucoup de titres ont été trop abrégés. Nous les avons complûtt^s. et pour les ouvrages que nous n'avons pu voir nous-mêmes, nous devons de nombreuses indications à M. le W Hoffmann, de Hambourg, et à M. A. Ladraguc. le consciencieux bibliothécaire du comte Onvaroff.
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lorsque cet ouvrage est sous nos yeux : il ne s'agira donc, pour satisfaire cette curiosité, que de comparer le titre de l'ouvrage avec celui du Dictionnaire, qui lui ressemblera parfaitement. Si Ion trouve cet objet de comparaison, la curiosité sera satisfaite, puisque j'ai mis entre deux parenthèses l'anonyme que l'on cherche. S'il ne se trouve, parmi les titres du Dictionnaire, aucun article semblable au titre qu'on a sous les yeux, ce sera une preuve que l'ouvrage ne m'aura pas été connu, ou plutôt qu'il m'aura été impossible de découvrir le nom de son auteur. "^
On trouvera dans ce Dictionnaire quelques articles qui ne sont pas anonymes ; ils ont échappé à mon attention ; il en est d'autres qui le sont réellement, et qui ne paraîtront pas tels à tous les lecteurs, parce que quelques exemplaires portent le nom de l'auteur ; j'en ai fait quelquefois la remarque : mais je n'ai rien dit pour les a Contes et proverbes » ^e M. (>mbry qui sont dans ce cas (1).
D'autres ouvrages sont anonymes d'une édition étrangère, sans l'être de l'édition originale faite en France. De ce nombre sont l'a Essai ou les Essais historic^ues et critiques sur le goiH », par l'abbe Cartaud do La Villale ; « le Traité de l'obéissance des chrétiens aux puissances temporelles ï» , par l'abbé Brueys, etc.
Mon attention à décrire exactement les titres, justifiera le parti que j'ai pris dans ces différents cas.
C'est par les mêmes principes qae j'expliquerai l'insertion dans mon Diciionnaire de plusieurs articles qui ont cessé d'être anonymes à la troisième ou quatrième édition. En effet, dès qu'il existe une édition anonyme d'un ouvrage, c'est une raison suffisante pour faire connaître le nom de l'auteur à ceux qui la possèdent, et il arrive trop souvent que les éditions postérieures d'un ouvrage sont moins connues que les premières.
On ne devra point regarder comme des répétitions plusieurs articles donnés à un ouvrage qui a paru sous différents titres; il était impossible de satisfaire les personnes qui possèdent ces différentes espèces d'exemplaires ou d'éditions d'un même ouvrage, sans en insérer les titres à leurs places respectives.
Parmi les faux frontispices dont certains
ouvrages sont décorés, il en est qui se font remarquer par la maladresse de leurs inventeurs. Par exemple, celui qui fit annoncer en 1751, sous le titre de « Berlin, le Portefeuille de M™ de T***», publrépar M. de V***, crut probablement que ce volume aurait un grand débit, à l'aide du voile léger dont l'auteur et l'éditeur sembleraient couverts. Mais il fallait ne pas l'ouvrir pour être dupe de son litre.
C'est sans doute ce qui est arrivé au libraire Nyon l'aîné, qui l'annonce ainsi dans la seconde partie du catalogue des livres du duc de la Vallièro, n» 13,385 : « le Portefeuille de M-e de T***» (de Tencïn), publié par M. de V*** (de Voltaire). J'ai parcouru ce volume; ce n'est autre chose qu'un recueil de poésies ou de pièces mêlées de prose et de vers, par différents auteurs, publié à Paris, en ilii}. sous ce titre : a Portefeuille de M™' ***». Presque tous les morceaux qu'il renferme ont été réimprimés dans les « Amusements du cœur et de l'esprit »,
Kar Etienne-André Philippe. Il y en a de [mn (j'Uggé et de Simiane, du chevalier de Laubepin, do M. de Bainville, de Saint- Didier, etc., etc.
Si Ton me reprochait d'avoir cité un trop grand nombre de brochures, je répondrais qu'un ouvrage destiné à toutes les classes de lecteurs devait présenter jusqu'aux moindres opuscules. C'est souvent dans ces ouvrages que l'on trouve des détails précieux pour l'histoire des sciences, ou des anecdotes bonnes à conserver. Cependant, je n'ai pas voulu imiter les auteurs de « la France littéraire » de 1709, qui ont fait un article du « Musicien prédicateur », poëme, par l'abbé Goujet. C'est un conte de trente-neuf vers, dont l'objet était réel, et qui ne se trouve que dans quelques exemplaires du 10* volume de la « Continuation des Mémoires de littérature », par le P. Desmolets, et à la suite de quelques hymnes do M. Hémard de Danjouan, imprimées en feuilles volantes.
J'ai mis beaucoup de notes dans mon Dictionnaire (2), parce qu'elles m'ont paru nécessiiires pour soutenir l'attention de ceux qui voudront le lire de suite. Elles auront en général le mérite de la nouveauté ; puissent-elles y joindre celui de l'exactitude! elles seraient beaucoup plus nombreuses, si j'eusse voulu répéter ce
(1) Cette omission a été réparée dans la seconde édition. N. N.
(2) Ces notes se trouvent pins que doublées dans la nouvelle édition.
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que Ton trouve dans beaucoup d'ouvrages, discuter do nouveau ce qui Ta été cent fois, et rectifier toutes les méprises que j*ai remarquées dans les catalogues de livres môme les plus renommés. Mais je n'ai pas cru devoir reproduire des détails trop connus, ou des discussions éclaircies depuis longtemps. D'un autre côté, la célérité avec laquelle se rédigent et sMm- S riment les catalogues, m'a paru mériter e l'indulgence ; je me suis contenté d'indiquer des méprises qui ont été assez souvent répétées pour induire en erreur.
L'on peut croire d'ailleurs qu'en général j'ai eu de bonnes raisons pour no pas partager l'opinion de tel ou tel bibliographe. Si mes vœux étaient remplis, mon ouvrage pourrait ôlre regardé comme la table des « Dictionnaires historiques », en ce qui concerne les anonymes. Souvent, en effet, on possède un de'ccs livres dont l'auteur a son article dans nos dictionnaires. Je fournirai le moyen de consulter cet article, auquel on n'eût jamais pensé sans moi. Supposons, par exemple, qu'on ait sous les yeux r« Histoire universelle de Trogue Ponfipée, n'»duite en abrégé par Justin, traduction nouvelle avec des remarques par l'abbé A...., de Port-royal», Paris, 1698 et 1708, 2 vol, in-I2. On lit dans le privilège que l'auteur se nommait D.L.M. Ces lettres sont les initiales du fief de la Martinière que possédait Louis Ferrier. Nous trouvons des détails curieux sur cet auteur, dans les dictionnaires de Morery et de Chaudon.
C'est lui qui 6t, en 1702, représenter la tragédie de « Montézume »,dont parle Voltaire dans son Discours sur la tragédie, en tôte de«( firutus ». La scène ouvrait par un spectacle nouveau : c'était un palais d'un goût magnifique et barbare; Montézume disait à ses courtisans, prosternés le visage contre terre :
Leves-TOQS ; fotre roi vous permet aojoard'hni Et de renvisager et de parler à loi.
Ce spectacle charma, dit Voltaire, mais voilà tout ce qu'il y eut de beau dans cette 'tragédie.
Pourrait- on, sans un dictionnaire des ouvrages anonymes, trouver facilement le nom de l'auteur de cette traduction estimable de Justin, nom qui est demeuré inconnu à Tabbé Paul, son dernier traducteur? Je pourrais citer mille exemples de cette nature ; si je me fusse jeté dans tous les détails dont mes articles étaient susceptibles, j'aurais reproduit les dictionnaires historiques sous une forme nou-
velle. Je ne devais donc justifier l'attribution de certains ouvrages à tels ou tels auteurs, que dans les cas où je n'étais pas d'accord avec les dictionnaires ; c'est ce que j ai fait assez généralement.
§ Vlï. Principaux ouvrages consultés pour la composition de ce dictionnaire.
Je n'ai presque consulté les ouvrages de Placcius et de Mylius, que pour rectifier leurs erreurs ; si je reproduis des articles qui se trouvent chez eux, c'est pour leur donner plus d'exactitude et de concision ; quant à ceux de leurs articles qui sont sans intérêt aujourd'hui, parce qu'ils n'ont rapport qu'à des disputes particulières et plongées dans le plus profond oubli, je n'ai pas cru devoir leur donner une nouvelle existence.
a La France littéraire » de 1769, m'a été bien plus utile que les deux auteurs que je viens de nommer : mais j'ai eu besoin de voir les ouvrages qui y sont indiqués, pour m' assurer s'ils sont véritablement anonymes. Lorsque ces ouvrages m'ont maAqué, je ne m'en suis rapporté qu'à des titres de livres consignés dans des catalogues dont les auteurs sont renommés pour leur exactitude. J'ai soumis à ces deux modes de vérification la plus grande partie des articles contenus dans le tome deuxième de l'ouvrage dont il est ici question. Sans cela, les pénibles et utiles recherches des abbés de La Porte et d'Hébrail eussent été perdues pour les biblio* graphes, comme elles le sont pour la plupart des gens du monde, qui ne voient dans cette longue série d'articles qu'un catalogue ordinaire.
J'ai dit plus haut ce que je pensais de « la France littéraire » de Hambourg (1|.
Au défaut d'autres ouvrages spécialement consacrés à la découverte des anonymes et des pseudonymes, j'ai consulté les catalogues ae livres les plus renommés. J'ai donc eu sans cesse sous les yeux les catalogues rédigés par MM. Martin, Barrois, de Bure, Musier, Née de La Rochelle, Le Clerc, Nyon l'aîné et les frères Bleuet
(1) Aa lien de cette publication arriérée, qni dn reste a été mite k profit par Qnérard dans sa t France littéraire *, Parit, 48i7-4S64, non> atons eontnité Tonvrage de ce dernier, ainsi qoe la suite qui en a été donnée sous le titre de t la Littérature iVançaise contemporaine. >
Le d Catalogue général de la librairie française » , 4840-1865, par Otto Lorenz, noos a donné un certain nombre d'articles modernes.
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fils. Plusieurs do ces catalogues sont dans toutes les bibliothèques bien composées (1).
Des hommes de lettres, des sa vans même, n'ont pas dédaigné de présider à la rédaction de ces sortes d'ouvrages qui ont acquis par là un nouveau degré d'utilité. Malgré les justes reproches adressés aux rédacteurs du catalogue de la Bibliothèque du roi, leur travail n'est pas moins recommandable par sa belle distribution et les renseignements bibliographiques que l'on y trouve.
On peut louer sans réserve le « Catalogue de la bibliothèque de M. le comte de Bunau (Bibliotheca Bunaviana) » (2), rédigé par Kranckius; celui de la « Bibliothèque publique d'Orléans », dont l'auteur est le P. Fabre, bénédictin ; le « Catalogue systématique et raisonné, fait sur un plan nouveau », qui est le catalogue des livres de M. VanGoens (3), dressé par lui-môme, et enrichi d'une multitude de remarques bibliographiques ; le « Catalogue de la bibliothèque Casanate », que je ne me lasso pas de citer par estime pour feu leP.Audiffredi, son principal auteur; enfin le « Catalogue de la bibliothèque » de M. de La Serna-Santander (4).
(4) Depuis l'impression de ce discours, M. Brunet, anlear de l'excellent ouvragée inlilalâ c Manuel du libraire et do l'amateur de livres » , a publié plusieurs catalogues aussi estimables que les précédents. Je dois les mêmes éloges à quelques catalogues rédigés par MM. de Bure frères, Renouard, etc. \ N. N.
-4- Pour la 3« édition, un grand nombre de catalogues rédigés par MM. Potier, Techcner. A. Labitte et Glaudiu ont été souvent utilement consultés.
(5) -4- M. A. Udrague, bibliothécaire du comte Alexis OuvaroiT, se propose de marcher sur les traces de J.-M. Frank dans la rédaction du catalogue de la bibliothèque de ce riche et savant étranger, catalogue dont il vient de publier un excellent spécimen sous ce titre: ff Bibliothèque Ouvaroff. Catalogue spécimen. Sciences secrètes, y Moscou, imp. de TV. Gautier, i870, pet. in'4 de xii et âl7 pages, 1883 numéros.
Ce conciencieux travail est terminé par 2 tables : i<» Table alphabétique des noms des auteurs, traducteurs, commentateurs, etc. 2" Talde alphabétique des titres des ouvrages anonymes, avec renvoi au nom des auteurs lorsqu'ils sont connus.
(3) Connu par la savante édition de l'ouvrage de Porphyre, « De antro nympharum». UUrajecti, 17G5, in-4. Il parait que des revers politiques ont éloigné pour toujours M. Van Goens de sa patrie et de la culture des lettres. Voyez c Saxii onomasticon lilicrarium. 9
(4) Depuis la publication de mon ouvrage, j'ai In avec soin le « Dictionnaire universel européen do livres <«, par le libraire Georgi, en trois langues, latine, allemande et rrançaise, imp, à Lcipsick do i74â à 4753. 5 vol. in-fol.
Il me reste à juger bien différemment les deux catalogues où j'ai trouvé le plus de renseignements, relativement aux anonymes et aux pseudonymes, je veux parler du « Catalogue de la bibliothèque de feu M. Matheus Lestevenon » publié en i798, in-8, par Detune, libraire à La Haye, et du « Catalogue manuscrit des livres do l'abbé Goiijet » en 6 vol in-fol., que j'ai ac€(uis en 180â, à la vente de la bibliothèque do M. Béthune-Charost; plus je relis le premier, plus j'y trouve de fautes, et au contraire, plus j'étudie le second, plus j'y remarque la vaste érudition de son auteur. Je n'ai pas dit assez de bien de cet important ouvrage, dans la notice que j'en ai publiée dans le « Magasin encyclopédique », 8* année, 1803, t. V, p. 182 etsuiv.; ce catalogue est un précieux monument d'histoire littéraire et de bibliographie. Des savans à qui je l'ai communiqué, en portent le môme jugement que moi. Aucun ouvrage ne me présentait une aussi abondante moisson d'anonymes; mais comme un grand nombre ont rapport aux troubles qui ont agitél'Eglise de France dans la dernière moitié du xvii' siècle et au commencementdu xviii", jeme suis borné aux ouvrages oui ont survécu à ces trop fameuses querelles.
Certains catalogues m'ont présenté, dans la description fidèle des ouvrages anonymes, un autre genre d'utilité qui m'a epargé nombre de fausses démarches ; je l'ai trouvé à un éminent degré dans la seconde partie due Catalogue des livres de la bibliothèque du duc de La Vallière b, dressé par Nyon l'aîné. Que de richesses décrites dans ce catalogue composé do 26,537 articles I combien de fois il a rappelé à ma mémoire des anonymes dont les ouvrages m^étaient connus, mais n'étaient pas sous ma main !
Le second catalogue, où j'ai trouvé des secours du môme genre, est connu sous
Ce dicUonnaire contient plus d« vingt mille articles français, ranjés d'après un ordre alphabétique Irès-défeclueux. Les Utres en général fourmillent de fautes, soit pour la matière qui y est traitée, soit pour les dates, soit pour les noms d'auteurs. Un tel ouvrage doit donc être consulté avec de grandes précautions; et, quoiqu'il me fùl assez connu avant l'impression de mon dictionnaire, j'ai peut-être i me féliciter de ne pas l'avoir lu alors. Depuis 1806, les erreurs multipliées qu'il présente, n'avaient plus les mêmes dangers pour moi, et je l'ai consulté avec fruit pour découvrir plusieurs anonymes que l'auteur a indiqués d'après la notoriété publique pour le temps où il écrivait. Cet ouvrage m'a servi aus3i pour constater l'existence de certains livres devenus fort rares. N. N.
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le tilre de « Catalogue hebdomadaire des livres nouveaux », publié successivement par les libraires Despilly et Pierre ; il en a paru un volume par année, depuis 1763 jusqu'en 1789 inclusivement; les tabhs en sont très-bien faites ; j'ai su, depuis rimpressiondemon dictionnaire, que l'estimable Moutonnet de Clairfonds en avait rédigé sept ou huit.
M.deCheppe, ancien instituteur, traducteur* des Eglocues de Virgile, Parw, Desenne, an X, lâOS, in-8, possède une nombreuse bibliothèque : le catalogue qu'il en a dressé avec beaucoup de soin, par ordre alphabétique, m'a été extrêmement utile.
Parmi les bibliographies particulières, j'ai consulté utilement la a Méthode pour étudier Fhistoire » de l'abbé Lenglet-Dufresnoy, la a Bibliothèque des romans » du même auteur, la nouvelle édition do la et Bibliothèque histol'ique de la France «(1) à laquelle il n'a manqué pour être un vrai chef-d'œuvre, que d'avoir été revue et dirigée par un bibliographe doué des connaissances de l'abbé de Saint-Léger; la nouvelle édition des « Lettres sur la
Frofession d'avocat », par Camus; enfin excellente a Bibliographie astronomique » de M. de La Lande.
Les dictionnaires historiques de Bayle, Uoréry, Ladvocat, Feller, Chaudon, Delandine et autres, m'ont fait aussi connaître un grand nombre d'anonymes et de pseudonymes; mais ces ouvrages sont en général msuflisants pour cet objet, parce que les articles anonymes n'y sont pas distingués d'avec ceux qui portent je nom des auteurs; le P. Audiffredi mé parait avoir faitle premier cette distinction dans le catalogue de la bibliothèque Casanale rédigé par ordre alphabétique desauteurs et des ouvrages anonymes. 11 a été imité
Ear Jean-Christophe Âdelung, qui a pulié, en 1781 et en 1785, deux volumes de supplément au « Dictionnaire universel des hommes célèbres, de Jôcher ».
Les « Siècles littéraires de la France » par M. Desessai ts, pourraient encourir les mêmes reproches que les « Frances litté-
(4) Je possède on exemplaire de cet ouvrage, cliarsrâ d'une maliitnde de renmrqnes de la main de Beaueoustn, avocat. Elles sont en général relalivcs anx vies et éloges des hommes illustres, genre d'ouvrages qui formait la partie principale de la nombreuse bibliothèque que ce savant jurisconsulte s'était formée pendant une longue suite d'années. Voyez la « Notice des livres et manuscrits composant sa bibliothèque » . l^ariSt Mer^ lin, 4799, in-8 de 63 pages.
raires » de Pans et de Hambourg ; on y trouve cependant beaucoup d'articles trèsbien faits; la plupart ont été fournis par les auteurs eux-mêmes.
J'indiquerai ici quelques-unes des fautes que l'on peut justement reprocher à plusieurs des auteurs dont je viens de parler, dans la seule crainte qu'elles n'inauisent en erreur les étrangers.
M. Ersch cite comme deux ouvrages anonymes de Legouz de Gerland, la « Relation d'un voyage en Italie», et des a Lettres sur les Anglais ». Ces ouvrages n'ont pas vu le jour ; on en a la preuve dans l'Eloçe de M. Legouz parMaret, secrétaire perpétuel de l'Académie de Dijon, édition in-4. M. Dessessart a reproduit cette méprise. On trouve dans son ouvrage, comme dans celui de M. Ersch, « l'Histoire de Laïs », par le même Legouz, métamorphosée en une « Histoire des lois. »
L'habitude de confondre ainsi des manuscrits avec des imprimés n'est que trop commune.
§ VIIL Personnes vivantes, ou mortes depuis peu, qui m'ont aidé dans la composition de ce Dictionnaire (1).
Il est des connaissances que l'on trouve ailleurs que dans les livres; c'est ce que Quintilien appelle une teinture d'érudition acquise dans le commerce des sa vans. Elle m'était indispensable dans une science semblable à celle des anonymes et des pseudonymes, qui est plus traditionnelle que positive, au moins pour le siècle où 1 on écrit. J'ai eu l'inestimable avantage de converser avec les hommes de Paris les plus versés dans l'histoire littéraire ; jamais je n'oublierai les moments que j'ai passés avec le célèbre bibliographe Mercier, si connu sous le nom d'abbé de Saint-f^ger; il était alors attaqué de la maladie de langueur qui l'enleva à la république des lettres, le ai floréal an VUI, mai 1800; elle ne Tempôchait pas de parler sur la bibliographie et l'histoire littéraire, comme s'il eût joui de la plus brillante santé. Avec quel plaisir je t'ai souvent entendu déployer toutes les richesses de sa prodigieuse mémoire ! aucun do ses récits n'est sorti de la mienne ; les ouvrages enrichis
(i) -{- C'est à tort que Quérard a reproché 4 Barbier de ne pas avoir cité différentes personnes. J'ai fait Observer rinjuslîce de ces critiques dans plusieurs arti-
cles des t Supercheries » .
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DISœURS PRÉLIMINAIRE.
do ses notes, et la portion de ses manuscrits que j'ai acquis à la vente des livres de sa bibliothèque, ne m'ont pas été moins utiles ; on le verra par plusieurs articles de mon dictionnaire.
Je regarde aussi comme un bonheur d'avoir été admis dans la société d*un ancien bibliothécaire de l'Oratoire, M.Adry, aussi distingué par retendue et la variété de ses connaissances que par l'aménité de son caractère.
Ma liaison avec le savant Chardon de La Rochette, et M. Parison, son élève et son ami, ne m'a pas été moins avanta^ geuse.
J'ai pu entretenir les personnes que je viens fle citer, d'ouvrages relatifs à la religion, aux belles-lettres, à l'histoire, aux antiquités, etc., mais aucune d'elles n'avait été à môme de puiser à la source les renseignements qui m'étaient nécessaires sur les ouvrages dits phUosophiques^ publiés en si grand nombre dans la dernière moitié du siècle qui vient de s'écouler. J'ai obtenu ces renseignements de l'homme de lettres distingué qui était le plus en état de me les fournir. Que M. Naigeon reçoive donc ici mes remercîments pour la complaisance avec laquelle il m'a donné tous les détails que je pouvais désirer, concernant des productions qui feront époque dans l'histoire littéraire du genre humain (1). Je le cite souvent dans mon
(i) M. Naigeon est mort le S8 février 4810 ; il a emporté dans la tombe la réputation de l'amateur de livres le plus délicat et le plus exercé de ces derniers temps. Les relations que j'ai eues avec lui m'ont fait fiiire la connaissance de son frère, dit le Jeune, qui lui a survécu quelques années. Celui-ci m*a avoué qu'il avait copié presque tous les ouvrages philosophiques du baron d'Holbach, pour les envoyer à l'imprimeur d'Amsterdam. Marc-Michel Bey. Dans une longue note écrite de sa main, en tête de son exemplaire du « Système de la nature ». il raconte de la manière sniyante comment cette mission lui a été confiée. Je n'ai pas besoin de dire que je n'approuve ni le fond ni la forme de son récit.
c Quoique son écriture (du btron d'Holbteb) f&t bonne, très-nette et très-lisible, qn'il fit peu de ratures, et que ses renvois fassent très-exacts, ne voulant point la faire connaître, il s'est conflé à un de ses pins intimes amis, celui de tous peut-être dont les opinions étaient les phis conformes aux siennes, celui de tous aussi qni avait le plus de caractère, le plus de courage, le plus de zèle et le plts de talent pour l'aider dans ses projets, lui corriger même le style, et le relever de ses fausses idées, parce que sa tête, quelque froide et bien organisée qu'elle fOit, était parfois si fatiguée, qu'il ne s'apercevait pas ou de ses contre-sens, ou de ses contradictions, on même de certaines bévues parfois dignes d'un enlanL
» Il s'est confié, dis-je, à cet ami, et l'a prié de
dictionnaire, ainsi que ^n ami le baron d'Holbach, très-connu par sa bienfaisance, ses lumières en minéralogie et son goQt pour les arts. On sera étonné de la multitude d'ouvrages philosophiques composés pai* ce dernier.
J'ai également proOté de mes relations avec M.Grégoire, ancien évoque deBlois;
lui chercher un homme qui ftkt aussi sùr qu'aux deux, qui ne fût pas un ignorant, qui fiii même athée, qui eût une écriture nelte. correcte et extrêmement lisible, et qui eût le temps de copier ses manuscrits sans interruption et sans en faire copier une seule ligne à personne.
c Or cet ami est M. Naigeon, mon frtre, dont le nom est fort connu dans la république des lettres, auteur des articles c Richesse i et c Unitaires « dans la première < Encyclopédie », auteur presque en totalité, tant il y a fait de corrections, de la belle traduction de c Lucrèce s publiée par M. La Grange son ami. auteur aussi de presque toutes les remarques; auteur de la préface qni est en tête de la traduction des c Œuvres de Sénèque le philosophe > , publiée aussi tous le nom de M. La Grange; anteor de la «Morale d'Epictèle ». de Sénèque, publiée pour l'éducation de M. le Dauphin ; enfin auteur du < Dictionnaire de la philosophie ancienne et moderne», disant partie de l'tf Encyclopédie méthodique i, dont il paraît un demi-volume depuis trois mois (en 4794).
c Et cet homme tant désiré, demandé par l'anteur du c Système de la Nature » h mon Mre, est moi- MfiME ; ce que cet auteur n'a jamais su. J'étais alors contrôleur des vivres è Sedan. Comme j'avais la permission d'aller tous les ans passer six mois, soit l'été, soit l'hiver, à Paris, oh je suis né et où demeurait toute ma famille, lorsque j'y étais, je copiais les manuscrits qui étaient ou achevés ou en train ; quand je n'y étais pas, mou frère me les fiisait passer k Sedan par la poste, an moyen de son ami Bron, qui était taxateur et en même temps inspecteur général du bureau du départ.
• Mon emploi ne me donnait rien à faire : étant né travailleur, aimant et cultivant aussi, en raison de mon intelligence, les belles-lettres et la philosophie, attachant un prix infini h la confiance de mon frère, et extrêmement curieux de lire, de copier ces sottes d'ouvrages, j'y travaillais avec un sèle et une exactitude incroyables. Quand j'avais le nannaerit entier, j'en faisais un paquet couvert en double toile cirée; je ra()ressais à Liège, à madame Loncin, correspondante de Marc-Michel Rey, auquel elle le faisait passer ; quand le manuscrit n'était pas complet, \m que mon frère le croyait susceptible d'être relu et corrigé encore par lui. je lui faisais passer et minute et copie sous le couvert de l'intendant général des postes ou d'un administrateur, pour le remettre 4 Bron, et celui-ci à mon frère, qui réunissait tout le ■uauserit corrigé, et l'envoyait à madame Loncin, ou à Rey même, par la diligence on par des voyageurs. »
Cette note est suivie d'une liste d'onvragei philosophiques, parmi lesquels on dittingve ceux du baron d'Holbach. M. Naigeon le jeune y a joint des observations qui s'accordent parfaitement avec les renseignemens que son frère m'a donnés verbalnneBl quinze ans après. N. N«
DISœURS PRÉLIMINAniE.
xLin
M. Brial, Fan des aatevrs et le continuateur du « Recueil des historiens de Fran* ce» ; M. Marron, président du Consistoire de J'Eplise réformée de Paris ; M. &iutreau de Marsy, Tun de nos plus estimables littérateurs; M. Auger, auteur de J éloge couronné de Boiieau ; M . Després, secré taire des commandements de S. M. le roi de Hollande ; le général de Grimoard, qui ma communiqué plusieurs articles importants sur rhistoire et sur l'art militaire ; M. Grouvelle, ex ambassadeur ; M. Démange, l'un des habiles correcteurs attachés à riraprimerie du gouvernement, etc., etc.
Je n'ai pas de moindres obligations à M. By, officier de santé très-versé dans rhistoire littéraire de la médecine, à M. Boulliot, ancien professeur de Tordre de Prémontré, qui est sur le point de livrer à l'impression une « Histoire littéraire du département des Ardennes » (1) ; enfin à M. boulard, notaire, dont le nom se trouve lié à toutes les entreprises utiles aux lettres, à l'humanité et aux mœurs, qui peuvent avoir lieu dans la capitale.
Depuis longtemps les gens de lettres ont à se louer de leurs liaisons intimes avec des libraires de Paris renommés par leur liabileté dans cette profession. Je jouis de cet avantage, et je puis citer ici M. Barrois l'aîné, dans la société duquel j'ai beaucoup pro6té depuis vingt ans; son amitié me sera toujours chère (S).
Je connais aussi depuis longtemps M. Bleuet fils aîné f3) Les Catalogues qu'il a publiés m'ont oeaucoup aidé dans mes recherches. M. Solvet, lioraire, m'a communiqué beaucoup d'articles, surtout pour les trente dernières années. J'ai dos obligations du même genre à MM. Colnet et Bru net fils.
Je prie MM. Lottîn le jeune, Costard et Musier, anciens libraires, connus parleurs
<l) -|-Cei ouvrage a para soas ce titre : c Biographie ardemuiie, on Histoire des Ardennais qui se sont fait renarqoer par lears écrits, leurs actions, lenrs Terias et lenrs erreors ». Paris, Ledoyerit 1881. 2 vol. in-8.
(2) J'ai aDJoard'hai la satisfactioa de le voir chargé de rimpression et de la vente de la nouvelle édition de cet ouvrage. H. Barrois a pris la fieine de lire mon manUKrit avec une aUention qui m'a vain de sa part de nombreuses améliorations. Les épreuves de l'ouvrage sont corrigées pas lui et par messieurs ses fils av«e tant de soin, que je puis affirmer que la seconde édition surpassera de beaucoup la première pour l'exactilode. N. N.
<3) « Supercheries littéraiies «, I. 63. Note. Quélard afflme que mon père ne elle pas Bleuet. Voy. ma note. IHd. Prélkee. page vin. 01. B — r.
lumières, d'accepter mes remercîments pour les notes qu'ils ont bien voulu me procurer.
Ma correspondance avec plusieurs savants do nos déi)artements m'a été enraiement utile. Je citerai entre autres M. Leschevin, commissaire des poudres et salpêtres, à Dijon ; M. Midi de Bosgueroult, amateur de livres, à Rouen; M. J.-B. Dubois, receveur des droits réunis, à Moulins ; M. Huvier des Fontenelles, ex-oratorien, domicilié à Coulommicrs.
Je n'ajouterai rien à la réputation dont jouissent mes confrères de Paris, .«surtout MM. Van Praetct Capperonnicr, en citant la complaisance avec laquelle ils m'ont
{)rocure les renseignements que j'ai eu à eur demander.
Plusieurs de mes confrères dans les départements m'ont fait part de leurs lumières; tels sont M. Achard, bibliothécaire de la ville de MarstMlle, principal auteur du « Dictionnaire des hommes illustres de la Provence », Marseille^ 1787, 2 vol. in-4 ; M. Peignot, bibliothécaire à Vesoul, avantageusement connu par son « Dictionnaire raisonné de la bibliologie » ; M. Moysant, bibliothécaire de la ville de Caen, auteur de plusieurs ouvrages estimés, entre autres d'une « BibliotIio(|uo portative des écrivains français, ou Choix des meilleurs morceaux extraits de leurs ouvrages», Londres^ 1800, 3 vol, in-8.
Enfin, j'ai mis à profit, pour l'accroissement de mes connaissances bibliographiques, jusqu'à mes promenades (1).
(1) La mort a mois»>nné seize des personnes mentionnées dans ce paragraphe, savoir MM. Achard, Adry, By.Cipperonnier. Chardon de \a Rochelle. Costard, Dubois, de Grimoard, Grouvelle, Leschevin, Lottin le Jeune. Midi de Bosgueroult, Moysant, Musier. Natgeon, Santreau de Marsy.
La pubiicaiioo des deux premiers volumes de ce Dictionnaire, faite en 180G, augmenta le nombre des personnes qui me communiquaient d'uUles renseignemens. Je me suis fhit un devoir de leur témoigner ma reconnaissance on 1809, lorsque Je mis au Jour les tomes III et IV de mon ouvrage.
On distinguait parmi ces personnes MM. Amanton, ancien avocat, maire de la ville d'Aoxonne, aujourd'hui membre du conseil général du département de la Cdte>d'Or, et rédacleur de l'intéressant « Journal de Dijon et de la C6(e-d'0r s ; Beuchot. homme de lettres très-sélé pour I«s recherches bibliographiques, et qui depuis s'est mis an rang de nos meilleurs bibliographes par les soins qu'il donne au t Journal général de la librairie t. par les articles qu'il fournit à la «Biographie universelle», par l'édilion des «Œuvres de Voltaire v que de malheureuses circonstances l'ont forcé d'interrompre, et par celle du « Dictionnaire historique et criUque de Bayle a, qui Joint à l'avan-
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
§ IX. Améliorations dont ce Dictionnaire est susceptible.
Malgré l'étendue do mes recherches et Tabondance des secours que j'ai reçus, jo crains encore que cet ouvrage ne paraisse
Uge d'un format plas commode à manier celui de renfermer d'uUles additions ; Boissonade. helléniste dis« tingné. membre de l'Institut de. France, un des savants les plus laborieux de l'époque actuelle ; Dourgeal, étudiant en droit, qu'une mort prématurée a enlevé aux lettres ; Hugues-Félicilé Bulrette, professeur au collège de Sainte-Menehould ; Le Brun jeune, de Caen; Coquebert de Taisy, amateur de livres, ft Reims, depuis collaborateur de la « Biographie universelle », mort en 4815; Fayolle, hommes de lettres; de Foucault, aujourd'hui chambellan de S . M. l'empereur d'Autriche ; Baudouin de Guémadeuc, ancien maître des requêtes, mort dans ces derniers temps ; Haillet de Couronne, ancien secrétaire perpétuel de l'académie de Caen, murt à Paris en 1810 ; Hammer, professeur d'histoire naturelle à Strasbourg; I^uis-Théodore Hérissant, ancien chargé d'alTaires à la dièle générale de l'empire d'Allemagne, mort en 1811 ; Hérisson, avocat i Chartres; Langlës, membre de l'Institut; Leblond, conservateur honoraire de la Bibliothèque Mazarine, mort en 4809 ; Millin, membre de l'Institut, mort en 1818 ; Uorelll, garde de la Bibliothèque de Saint-Marc, à Venise, mort en 4819 ; Renaud, libraire à Montpellier; Bouvière, employé au cabinet des esUimpes de la Bibliothèque du roi, mort en 1812; J.-B. Say, ancien collaborateur à la « Décade philosophique » ; Septier, bibliothécaire à Orléans ; Tarbé, imprimeur-libraire h Sens ; Charles Weiss. bibliothécaire de Besançon, l'un des plus féconds et des plus habiles collaborateurs de la « Bibliographie universelle i ; Villars, professeur de botanique à Strasbourg, mort en 1814.
Je conserve à peu près les mêmes relations depuis treineans; mais j'ai acquis de nouveaux correspondons, dont je dois consigner ici les noms pour les mêmes motifs d'estime et de reconnaissance.
Le plus remarquable est M. Chaudon, auteur du t Nouveau dictionnaire historique », dit de Caen ou de Lyon, mort en 1817. Ses lettres renferment une multitude de détails aussi neufs que curieux ; j'en ai cité beaucoup de passages daus ma nouvelle édition. Si l'on trouve encore dans son « Dictionnaire historique ■ tant de méprises et tant d'erreurs, cela prouve: 1^ que M. Ghaudon n'a pas commencé d'assez bonne heure à étudier l'histoire littéraire ; 2<> qu'un homme seul ne peut avoir l'universalité des connaissances nécessaires pour la composition d'un semblable ouvrage. Il faut néanmoins convenir qu'avec des corrections et des additions, le Dictionnaire de M. Chaudon tiendra toujours un rang distingué parmi les ouvrages de ce genre. On trouvera difficilement plus de justesse, de modération et d'impartialité dans les récits et dans les opinions. M. Le Bailly, un de nos plus ingénieux fabulistes, m'a communiqué plusieurs articles fort piquans.
Mon neveu continue à me seconder dans mes recherches liUéraires ; l'élude particulière de la littérature anglaise, à laquelle il se livre, l'a mis à même de me communiquer des articles remarquables. Je reçois aussi de temps en temps les agréables tributs de mon flis
rempli d'imperfections et d'omissions. Les personnes qui s'intéressent au perfection -
aîné, que les bontés du gouvernement ont associé à mes travaux depuis plusieurs années.
M. Boulliot, en continuant ses recherches sur l'histoire littéraire du département des Ardennes, s'est spécialement occupé de tout ce qui pouvait compléter mon Dictionnaire. J'ai choisi dans les nombreux matériaux qu'il m'a remis, et il sera souvent cité dans ma nouvelle édition.
M. Deville, mon camarade d'études, ci-devant secrétaire du général Armstrong, ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique, i Paris, M. Deville, dis-je, possède un cabinet de livres très-bien composé. Il m'a procuré la satisfaction de vérifier beaucoup d'articles sur les ouvrages même et de comparer entre elles plusieurs éditions.
Un jeune officier, M. Doisy, capitaine au régiment d'artillerie à pied de la garde royale, s'occupe depuis plusieurs années d'une bibliographie de l'artillerie et du génie. Je lui dois des observations utiles sur d'anciens articles de mon Dictionnaire, et quelques articles nouveaux.
M. Louis Dubois, ancien bibliothécaire de l'Orne, a fait preuve de connaissances très-variées par les ouvrages dont il est auteur ou éditeur, et par les nombreux articles qu'il a fournis an « Magasin encyclo|)édiqoe I. J'ai reçu de lui une assez longue liste d'ouvrages anonymes, et j'y ai choisi une quarantaine d'articles.
J'ai reçu plu>ieurs notices littéraires fort curieuses de M. Huband, membre des académies de Marseille et de Dijon, connu par !'« Essai d'un complément au Nouveau dictionnaire portaiif de bibliographie » de M. F.-I. Fouruier (1810), in-S de 330 pages, et iiar des t Observations bibliographiques » sur la première et la seconde édition du « Manuel » de M. Brunet. Il a dû trouver de grandes améliorations dans la troisième édition de ce dernier ouvrage.
MM. Abel et Victor Hugo, jeunes littérateurs distingués par leurs talcns, me font de fréquentes visites à la bibliothèque des galeries du Louvre; ils m'ont donné sur les ouvrages anonymes plusieurs renseignemens dont j'ai profité avec plaisir.
M. Justin Lamoureox, avocat à Nancy, a prii un intérêt si vif à mes recherclies, qu'il m'a envoyé de nombreuses remarques sur la première édition de mon ouvrage, et des additions plus considérables encore pour îa nouvelle édition dont je m'occupais depuis si longtemps. J'ai distingué dans ce travail tout ce qui concerne la Lorraine, que M. Justin Lamoureux connaît très-bien, ainsi qu'on peut en juger par son c Mémoire pour servir à l'histoire littéraire du département de la Meurlhe. ou Tableau statistique du progrès d^s sciences, des lettres et des arts dans ce département, depuis 1789 jusqu'en 1803.» Nancy, Vigueulle, 1803. in-8 de 134 pages.
M. Miger, homme de lettres fort laborieux, m'a communiqué plusieurs articles remarquables.
J'ai reçu plusieurs articles de M. Pillet. chef du bureau de la c Biographie universelle ». Je dois à ce même bibliographe la communication des recherches de l'abbé Saas et de M. Haillet do Couronne sur les écrivains anonymes et pseudonymes: ces manuscrits de deux hommes connus par leur érudition m'ont été de quelque utilité.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
nement de T histoire lillcrairc, m'obligeront beaucoup si elles veulent bien me faire connaître les unes et les autres ; je proGterai de leurs observations et leur témoignerai la même reconnaissance dont ceux qui m'ont aidé de leurs lumières trouvent ici le témoignage.
Quelque commode que soit Tordre alphabétique suivi dans ce Dictionnaire, les savants pourraient regretter de ne pas voir d'un coup d'œil les principaux ouvrages anonymes relatifs a telle ou telle science, et les gens du monde, de ne pas avoir la facilité de connaître les ouvrages anonymes à l'aide du nom de leurs auteurs ; c'est pour satisfaire les uns et les autres que je publierai un troisième et dernier volume (t), contenant lo le catalogue des ouvrages anonymes et pseudonymes rangés par ordre de matières (!2) ; â' la table des faux noms, mis en regard des vrais noms, avec le premier mot du titre de chaque ouvrage pseudonyme, et le renvoi au numéro du Dictionnaire où ce titroserd détaillé ; 3<» la table des auteurs anonymes mentionnés dans le Dictionnaire, avec un renvoi à celle des pseudonymes, lorsqu'il y aura lieu.
M. PlaqaeC, ci-devant phannacien à Bayeux, depuis libraire & Paris, et disposé aoJoQrd'bai k repreodre MD ancien état, a acquis la connaissance de bêancoop de livres rares et curieux. Les amateurs doivent regretter qn'il quitte le commerce de la librairie ; mais on peut croire qu'il continuera les recherches qu'il a commencées sur les hommes célèbres de la Normandie, Neveu de l'estimable abbé PInqoet, il doit avoir à cœur de montrer qu'il ne porte pas ce nom en vain. Je lui dois beaucoup d'articles, dont plusieurs méritent de fixer l'attention.
M. Psaume, ancien avocat à Nancy, connu par plusieurs ouvrages, est fort au courant de l'histoire littéraire du pays qn'il habile. Je dois i ce jurisconsulte inslrnitdes notes étendues, dont je ferai usage soit dans la nouvelle édition de ce Dictionnaire, soit dans le second volume de mon c Examen critique des dictionnaires historiques. »
M. Le Rouge, amateur de livres, à Paris, se donne beaucoup de peine pour recueillir des ouvrages curieux dans tous les genres; il m'a communiqué plusieurs notes d'un intérêt réel. N. N.
(1 )H- Ce projet qui s'appliquait à la 1<^* édition de ce Dictionnaire n'a pas été réalisé.
{%) Ce catalogue formerait on ouvrage ullle. mais si Tolnminenx que son exécution ne pourrait avoir lieu que par la voie d'une souscriptie»» . J'offrirai peut-être les mêmes résultats aux amateurs, mais d'une manière plus économique. N. N.
Ces tables seront bien plus utiles que la liste de Baillet, qui ne fait connaître ni lo titre des ouvrages, ni l'année de leur impression, ni leur format.
Je placerai en tête de ce volume mille à douze cents anonymes et pseudonymes latins; il sera mis incessamment sous presse (1).
Les personnes qui possèdent le « Catalo^edes livres de la oibliothèque du Conseil-d'Ëtat », en 2 vol. in-fol., et celui des « livres de la bibliothèque de S. E. M. le comte de Boutourlin », Paris, Pougens, an XIlI-1805, in-8, ouvrages dans lesquels j'ai indiqué beaucoup d'anonymes et do pseudonymes, sont invitées à préférer aux indications qui y sont contenues, celles qui se trouveront* dans mon Dictionnaire, toutes les fois qu'il y aura de la différence entre elles, les dernières ayant été données d'après les renseignements qui m'ont semblé les plus certains.
J'ai placé à la fin du premier volume des corrections et additions; j'invite les lecteurs à les consulter avant de prononcer sur le3 articles du Dictionnaire qui leur paraîtraient inexacts. Ces fautes paraîtront peu importantes et peu nombreuses, si on veut bien penser aux difficultés queprésentaient un ouvrage de cette nature. Les soins donnés à son exécution ar les propriétaires de Flmprimerie biliograpnique (2) méritent ma reconnaissance autant que le désintéressement dont ils ont fait preuve, en se chargeant, dans des circonstances difficiles, de Timprobsion d'un ouvrage dont rien ne leur garantissait le succès.
La longueur des deux suppléments contenus dans la première édition de ce Dictionnaire, occasionnait aux amateurs des recherches pénibles et fastidieuses ; je les ai réunis au corps de l'ouvrage dans ma nouvelle édition : cependant je n'ai pu éviter de donner encore quelques articles additionnels à la fin de chaque volume (3),
(1) Ce volume a paru en 1809, mais accompagné d*un quatrième contenant la lable des pseudonymes et la table générale des auteurs. N. N.
(2) EUblie rue Gitrle-Cœur, par MM. Hugot et Donblet.
(3) Ces suppléments particuliers avaient été refondus en un seul, publié en télé du tome IV de la 2* édition.